4 points séparent Cavok 4 de son dauphin Walhalla, JPK 9.60 mené par Yves Sales et Benoît Champanhac auteurs d’une belle seconde place lors de l’Étai Indien, dernière manche du Trophée Double IRC 2009. Á seulement 8 points de Cavok 4, on retrouve les vainqueurs de l’an dernier, Geneviève Le Vaillant et Alain Leroux sur Bidourik.
Victoire serrée donc pour le couple brestois qui participe à notre Trophée Double IRC UNCL depuis sa création en 2006. Victoire et expérience, deux raisons de poids pour demander à Anne et Patrick Farcy de nous raconter leur Trophée 2009 et de nous donner leur vision sur l’organisation de ce Trophée et de l’avenir de la navigation en double le long de nos côtes.
Comment expliquez-vous votre performance ?
Il n’y a pas qu’une seule raison pour l’expliquer mais une succession d’éléments qui permet d’arriver à ce résultat final.
Tout d’abord, il vaut mieux avoir un très bon bateau, performant, agréable à manœuvrer et à vivre : bref, un bateau sur lequel on se sent bien et qui donne envie de naviguer et de régater. Le JPK 9.60 est, de ce point de vue, un excellent bateau et en trouver quatre aux quatre premières places du Trophée Double IRC UNCL n’est pas le fruit du hasard. Ensuite, et cela est vrai pour nombre de disciplines, il faut posséder une bonne connaissance du bateau, ce qui permet d’optimiser les réglages et la vitesse, et de ce fait, dégager du temps pour mieux se concentrer sur la navigation et la tactique. Avec plus de 12 000 milles en double sur Cavok, nous avons appris à le connaître, le régler, le barrer. Une bonne entente et une bonne répartition des tâches dans l’équipage ne peuvent pas nuire aux résultats. Enfin, il faut également être régulier et bénéficier d’une dose de chance : lors d’une régate de la Solo Duo Atlantique le passage d’une bouée près de Groix aurait pu nous coûter 40 places et sûrement la première place du Trophée. Mais un léger souffle d’air nous a permis de contourner la marque (alors que d’autres n’ont pas réussi ou ont du mouiller) et ainsi de terminer second de la manche.
Quels ont été vos principaux adversaires ?
Ce n’est pas surprenant de considérer que nos principaux adversaires ont été les autres couples en JPK : Geneviève Le Vaillant/Alain Leroux et Dominique Goupil/Didier Parez, qui finissent respectivement deuxièmes et quatrièmes du trophée. Les Sun Fast 3200 ont montré également de belles performances dans tous les types de temps (ils terminent aux première et deuxième places de la Solo Duo Atlantique).
Le meilleur souvenir ?
Le fait d’être sur l’eau, au milieu d’une flotte de voiliers qui viennent pour les même raisons que vous, c’est à dire se faire plaisir en naviguant le mieux possible, c’est déjà un élément positif. Si on devait cependant retenir un souvenir plus qu’un autre, ce pourrait être notre arrivée sous le soleil en rade de Brest (c’est plus courant qu’on ne le croit), lors de la Ballade Irlandaise, rade que nous avons traversée sous spi lourd, par 25 à 30 nœuds de vent réel, avec toujours plus de 10 nœuds au speedomètre sauf à une centaine de mètres de la bouée du Moulin Blanc où nous avons fait un magnifique « départ au tas », mais sans conséquence matérielle. De bons souvenirs, il y en a eu plein d’autres : les victoires à la Ballade Irlandaise et à la Celtikup, les pièges et la beauté de la navigation dans le chenal du Four et l’archipel de Molène, les manches de la Solo Duo Atlantique qui nous ont permis de longer les côtes de Belle Ile et de Groix, sans oublier un passage du Béniguet à contre courants et sans vent…
Le moins bon ?
Le corollaire de ce qui a été dit précédemment est que, sauf accident, casse ou mauvaise météo, il n’y a pas de mauvais souvenirs. N’ayant eu ni casse (à l’exception d’une poulie de hâle-bas de bôme lors de la dernière manche de la Ballade Irlandaise), ni accident, ni conditions météo déplorables (un crachin breton en été n’est pas à classer dans les mauvaises conditions météo), il n’est pas facile de dire quel a pu être nôtre moins bon souvenir : peut-être notre dernière manche de la Solo Duo Atlantique, qui nous a fait chuter du podium, ou le passage du Béniguet lorsque la moitié de la flotte nous a doublés …
Que pensez-vous du schéma du Trophée Double IRC UNCL tel qu’il existe aujourd’hui ? Comment l’améliorer selon-vous ?
La création du Trophée Double contribue au développement de la course en double. Il allie des courses de différents types comme les régates à la journée, sur un week-end, ou une semaine, et des courses au large comme la Ballade Irlandaise ou la Celtikup. Ceci permet de varier les plaisirs.
On peut cependant regretter que les épreuves hauturières n’attirent pas encore suffisamment de bateaux, car il est probablement plus difficile de se libérer une semaine entière plutôt qu’un week-end. L’absence de brassage entre les bassins Nord et Sud est également regrettable : le raz de Sein semble constituer une frontière ; les épreuves du sud attirent plutôt les régatiers du sud et celles du nord, les régatiers du nord (sauf peut être le JPK « Bidourik » qui a participé à cinq épreuves du calendrier, en Bretagne sud, ouest et nord).
Pour continuer à promouvoir ce type de course en double, peut-être faudrait-il travailler davantage sur une communication plus large et plus offensive que pourrait apporter l’UNCL, les clubs organisateurs ayant souvent un rayon d’action limité à leur région et leurs coureurs.
Une classe IRC en Double au prochain Spi Ouest France Bouygues Telecom, qu’en pensez-vous ?
La tendance chez nos amis (et néanmoins concurrents) anglo-saxons est de généraliser les classes en double au sein de leurs régates traditionnelles, qui sont généralement des courses hauturières ou côtières. La démarche a semble-t-il fait ses preuves dans toutes les courses du RORC, dont Cowes-Dinard. Le Spi Ouest France Bouygues Télécom est-il le meilleur champ de test ? Peut-être si on considère qu’il y a un potentiel de coureurs capables d’être séduits par cette opportunité en Bretagne Sud. Mais ma réponse serait plus probablement non si la formule du « Spi » appliquée aux doubles reste la même que celle des équipages : des parcours bananes avec des flottes qui se croisent aux bouées seraient plus dangereux pour les équipages réduits (et aussi les autres), déjà qu’en équipage les frottements sont nombreux. Sans parler des bousculades aux départs et arrivées aux pontons et de ce qui fait le succès des courses en équipages réduits : une convivialité renforcée, un élément essentiel de l’intérêt de ces courses. Une idée plus intéressante pourrait être d’ouvrir aux doubles des régates comme le Tour de Belle Ile.
Remettrez-vous votre titre en jeu en 2010 ?
Bien évidemment, en souhaitant qu’en plus des anciens, il y ait de nouveaux venus pour en découdre sur l’eau, ainsi qu’une participation plus nombreuse aux courses hauturières dont la convivialité et l’intérêt n’ont plus besoin d’être démontrés.

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