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Cherbourg Race 2014 : course lacustre en Manche
11 septembre 2014
par Etienne PINTEAUX

La Cowes Cherbourg qui a eu lieu le weekend dernier, et avant elle cet été Le Tour du Finistère à la Voile, disputé du 4 au 9 aout au départ de Roscoff, marquent de leur empreinte les classements du Championnat Manche Équipages IRC-UNCL 2014 avant les deux dernières étapes, le Grand Prix de Deauville - Crédit Maritime, organisé par le Deauville Yacht Club le weekend à venir et le Trophée des Minquiers, organisé par le Yacht Club de Granville et la Société Nautique de la Baie de Saint-Malo les 20 et 21 septembre. D’ores et déjà, les classements du Trophée Offshore Manche IRC UNCL 2014 sont arrêtés avec en vainqueurs Scarlett Oyster en IRC 1, Exception en IRC 2, Foggy Dew en IRC 3 et Longue Pierre en IRC 4. Troisième du Tour du Finistère à la Voile en IRC 2 et second de la Cowes Cherbourg, Exception de Patrick Ponchelet, garde toutes ses chances de victoire au Championnat Manche Équipages dans sa classe. Équipier à bord du X40, Étienne Pinteaux nous offre son récit de la Cherbourg Race. Quand à notre vidéo, elle a été réalisée à bord de Foggy Dew, le Jpk 10.10 de Noël Racine, second de la Cherbourg Race en Classe 3 du RORC derrière l’intouchable High Jinks (J97), vainqueur Toutes Classes de cette édition.


Cowes-Cherbourg est l’avant-dernière manche du Championnat du RORC et compte pour le Championnat Manche Équipages IRC UNCL. Pour Exception, c’est l’occasion de marquer quelques points, d’engranger quelques milles de qualification à moins de douze mois du Fastnet, et surtout de passer de très bons moments ensemble. Le moins que l’on puisse dire est que nous avons été servis en émotions. Les facéties d’Éole y sont pour beaucoup. Au point de transformer parfois la Manche en casino.

Tout d’abord, le départ contre le courant dans un vent de nord-nord-ouest agonisant est l’objet d’un long débat : longer la côte de l’île de Wight en profitant du contre-courant déjà amorcé ou bien la côte anglaise, où le vent est souvent mieux établi. Nous partons au ras des canons du Royal Yacht Squadron, comme une minorité de concurrents. Les IRC 3 et 4 partis dix minutes avant nous sont encalminés aux deux extrémités de la ligne à quelques longueurs.

Pourtant, notre option paye au-delà de toute espérance. Nous touchons le nouveau vent de ouest-sud-ouest les premiers et nous nous échappons en louvoyant en compagnie des jeunes académiciens d’Artemis en Figaro II, dans un petit temps et sur mer plate que le X40 affectionne.

Nous virons Needles Fairway en troisième position en temps réel, derrière l’Imoca Artemis et le Ker 46 Tonnerre de Breskens. Nous envoyons le spi pour un long bord de largue serré, en choisissant de rester à l’est de la flotte. À 1h, deux bateaux nous rattrapent : un Class 40 et le Ker 40 Hooligan VII. Forcément, le moral est au zénith à bord. Pourvu que cette brise inespérée tienne…

Dans la nuit, la molle dans laquelle nous rentrons ne saute pas aux yeux. Les feux rouges et verts se rapprochent irrésistiblement. La nuit est pénible, d’autant que l’AIS indique que les bateaux les plus à l’ouest gardent le vent plus longtemps et nous dépassent même. Le flot étant plus fort que le vent, le travail du barreur est subtil et les discussions deviennent psychédéliques :

« Mais si ! Je t’assure ! Plus tu te mets bout au vent et plus tu fais de vitesse !

_Oui, mais sur l’autre amure, on ferait quasiment le même cap mais plus vite. »

Avec l’aube, l’obscurité cède la place à une brume diaphane flottant sur une mer d’huile : ce spectacle, qui n’est pas sans rappeler Turner et Deep Purple, est une magnifique invitation à la rêverie. Mais le réveil est difficile. Notre belle avance s’est évanouie avec le vent. Heureusement, la présence de clients sérieux à nos côtés, tels Azawakh (le MC 34 qui court quasiment en temps réel avec nous), Raphaello (le nouveau JPK 10.80 avec lequel nous avons bataillé âprement à Saint-Malo en mai), Foggy Dew (le JPK 10.10 en IRC4) et Cracklin’ Rosie (Corby 40), crée une émulation. Nous déployons nos meilleurs efforts pour tirer le maximum du bateau.

Une légère brise d’ouest irrégulière rentre progressivement. L’équipage se montre combattif et réactif : le génois léger, le code zéro et le spi valsent sur la plage avant au gré des risées. La brise tient et adonne. Il reste à affiner la trajectoire de l’atterrissage prévu à l’heure de l’énième renverse. Nous choisissons de ne pas nous laisser griser par la vitesse (toute relative pendant cette course) et de garder la possibilité de lofer dans la probable future molle près de la côte. Nous restons donc résolument à l’est de la flotte. Raphaello fait de même, mais sa vitesse supérieure le rend intouchable. L’AIS révèle que nos concurrents directs s’échappent plus à l’ouest. La situation devient vraiment stressante mais nous persévérons. Le vent mollit et les tenants de l’ouest souffrent à leur tour. Il reste un dernier empannage pour viser la passe de l’ouest : nous sommes devant.

Après plus de 20h30 de course à 3,7 nœuds de moyenne, nous terminons deuxièmes en IRC2, derrière un Figaro II, et septièmes toutes classes : un résultat honorable avec une météo qui favorisait assurément les petits ratings. Cette course particulièrement lente s’est avérée pleine de rebondissements et formidablement riche en émotions. De quoi combler un équipage motivé et heureux !

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Photo en introduction : Exception au Tour Du Finistère à la Voile 2014, ©Patrick Alemany


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Vidéo : UNCL - Say’Sea Sailing Prod.

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