Elu président en 1937, il conservera la barre de l’U.N.C. jusqu’en 1968 où, avec l’âge et la maladie, il la transmettra au Dr. Jacques Auclair. En 55 ans, l’U.N.C. n’avait connu que deux présidents et l’on ne verra plus la casquette blanche de René Levainville à tous les départs et toutes les arrivées. Ce fût lui aussi qui, en 1955, avait lancé la souscription qui permit de financer l’achat de l’Aile Noire, le ketch que G. Baldenweck avait dessiné et fait construire pour le Fastnet 1937. Confiée à notre commodore, le commandant de kerviler, futur amiral, vainqueur de tant de compétitions, afin de créer et commander une école de formation d’équipiers, Aile Noire va, pour sa première année, parcourir 2 500 mille en cinq stages de dix jours et prendre part aux courses du RORC.
Faute d’obtenir les subventions espérées, Aile Noire sera vendue.
Dés après la guerre, René Levainville s’était activé, avec succès, pour développer les courses en Méditerranée. La Giraglia va connaître un succès croissant et l’on verra Barcelone-Saint Tropez ou Cannes-Palma.
Entre temps, le 9 novembre 1949, l’U.N.C. change de statut et devient « Association de propriétaires de yachts de croisières et leurs équipiers ». Pour être membre actif, il faut avoir la qualification d’amateur, être âgé de plus de 25 ans et avoir pris part à une course au large reconnue, de plus de 100 milles. Et ce changement de statut ne sera pas le dernier en raison de des rapports toujours difficiles avec la FFV, dont l’appétit et les tendances hégémoniques s’accordent assez mal avec la compétence, l’expérience et l’ancienneté de l’U.N.C..
La jauge du RORC est partout appliquée et, de temps à autre, plus ou moins modifié à la seule discrétion des anglais, ce qui sera parfois l’objet de déconvenues pour les architectes et concurrents français.
La classe III du RORC étant limitée à une longueur de 7,32 m, c’est l’U.N.C. qui va prendre l’initiative de promouvoir la classe IV, alors que les anglais avaient créé le JOG, une situation quelque peu confuse découle de cet état de choses. On voit réapparaître et prospérer l’usage du Handicap National pour les plus petites unités et bientôt va naître et se développer le dynamique Groupe des Croiseurs Légers (GCL), ce qui ne va rien clarifier.
C’est Jacques Auclair qui, en 1968, va succéder à René Levainville. Avec « Striana », son superbe classe 1, il participe depuis longtemps à toutes les courses, tout en se désolant du destin incertain de l’UNC qui voit disparaître, un à un, ses plus gros et plus beaux bateaux battant son pavillon.
Gravement malade, Jacques Auclair, à la veille de sa mort, va demander à Robert Degain de lui succéder. Nous sommes, alors, en 1969, si Jacques Auclair avait assuré la difficile succession de René Levainville, c’est à Robert Degain qu’il reviendra, avec l’aide de quelques uns, de conduire un rapprochement avec le dynamique GCL dont les petits bateaux ont une activité intense, et cela malgré l’hostilité de son fondateur Alain Maupas. Les négociations furent longues et difficiles jusqu’au jour où l’action du nouveau président du GCL, Robert Denoix, permettra d’aboutir rapidement à la fusion.
L’UNCL est née de cette fusion, sous la présidence de Robert Degain lequel en 1974, mission accomplie, cédera sa place à Jacques Fayard qui va assurer l’expansion du grand club qu’est devenue l’UNCL.
La course-croisière, avec son côté mi-course, mi-vacances, va faire place à la pure compétition de la course au large dont l’UNCL devra gérer et maîtriser le développement considérable.
L’heure des grandes courses océaniques est arrivée. La tâche est lourde et, après 1979, les présidents vont se renouveler tous les deux ou trois ans, chacun apportant, successivement, son énergie, son expérience et son habilité. Ils seront sept en vingt ans, cependant que le siège social du boulevard Haussmann transitera par la rue Galilée avant de se stabiliser sur les bords de la Seine et que l’UNCL sera devenue ce qu’elle est aujourd’hui, pour fêter bientôt son 85ème anniversaire…comme le soussigné, membre depuis 1946.

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