« Tout le monde connaît son passé d’homme politique et d’écrivain, son coté baroudeur lorsqu’il partait à l’autre bout du monde défendre la liberté, la paix, l’intérêt des hommes.
Mais c’était d’abord un marin, comme le confirme Jean d’Ormesson, son ami de toujours,"C’est un marin. Pas un marin de plaisance, ni du commerce. Mais un marin de rêve et de courage à la poursuite de son Grall" Que ce soit pendant son adolescence à Granville, où il naviguait en bisquine avec les pêcheurs, ou au fil de ses postes qui lui ont permis de naviguer, notamment en Espagne avec le roi Juan Carlos. Il était toujours présent aux départs des grandes courses, proches des coureurs avec lesquels il aimait passer de longues soirées à refaire la course, la croisière, ou la "belle" manoeuvre…. Il a fait l’une de ses dernières navigations en multicoque en s’embarquant comme convoyeur d’un catamaran pour la traversée de l’Atlantique alors qu’il était rongé par un cancer et après avoir subi un triple pontage cardiaque. A l’arrivée ou il est salué comme il se doit par la Marine il déclare "Je voulais donner un message d’espoir" En vérité, il n’a jamais voulu renoncer, céder à la maladie. Il a toujours fait front tant moralement que physiquement. Toute la communauté des amoureux de la mer perd un ami très cher qui a défendu de nombreuses causes. Avec Eric Tabarly ils avaient milité pour que le musée de la Marine soit conservé au Trocadéro.
Rappelons aussi l’un de ses ouvrages, « La mer est ronde », livre culte sur l’amour de la mer, de la navigation et dont les titres des chapitres parlent d’eux mêmes : « partir, naviguer, escales, gros temps, survie, voiles, étoiles.... ». Il aimait à répéter " la mer résume tout ce que j’aime et tout ce que je crois"
J’étais présent à ses obsèques aux Invalides, représentant l’UNCL, mais aussi en qualité d’ami. Nous étions nombreux à lui rendre hommage et à partager les paroles du chef d’état-major de la Marine,
"Si, selon votre volonté, cher Jean-François, vos cendres seront dispersées en Iroise, vous resterez à jamais parmi nous par vos œuvres et votre témoignage d’une vie exceptionnelle"
Je suis sur que tu as retrouvé Eric et qu’ensemble vous tirez des bords au milieu des étoiles"
Gérard Petipas
Jean François DENIAU (1928-2007)
Grand officier de la Légion d’honneur
Croix de guerre (T.O.E.)
Croix de la Valeur militaire avec palme
Homme politique, essayiste, romancier
Biographie
Né à Paris, le 31 octobre 1928, d’une famille de viticulteurs et forestiers, établie en Sologne depuis quatre siècles, du côté paternel. Du côté maternel, un trisaïeul né à Dubrovnik, aide de camp du maréchal Marmont. Un autre, irlandais, exilé en Australie. Un arrière-grand-père rédacteur en chef de L’Univers.
Deux fois lauréat du Concours général. D.E.S. d’économie politique, licence ès lettres (ethnologie et sociologie), Institut d’études politiques. Il part en 1949 pour l’Indochine où il sert dans une unité de partisans montagnards et passe l’écrit de l’ENA à Saigon.
Très tôt il s’intéresse à l’Europe. Chargé de mission en 1955 au secrétariat général du Comité interministériel auprès du président du Conseil, il est l’un des responsables du traité de Rome fondant la Communauté européenne.
Membre de la Commission européenne à Bruxelles, chargé de l’aide au développement, puis des relations extérieures. Il crée les principaux mécanismes d’aide en faveur des pays associés du tiers-monde et conduit les négociations européennes et internationales.
Nommé par le général de Gaulle ambassadeur en Mauritanie la veille de ses trente-cinq ans. Ambassadeur auprès du roi d’Espagne en 1976 pour la période de la transition démocratique. Six fois ministre de 1973 à 1980, notamment à la Coopération, aux Affaires européennes, au Commerce extérieur. Élu député du Cher en 1978 et président du conseil général en 1980. N’a plus aucun mandat politique.
À partir de 1982, il se consacre au combat des peuples qui, du Cambodge à l’Érythrée et du Liban à l’Afghanistan, sont victimes d’une dictature ou d’une occupation étrangère, à différentes missions, dont la libération d’otages.
Il mène ces activités sans jamais abandonner deux autres passions, celle d’écrire qui lui a valu en 1990 le grand prix Paul Morand de l’Académie française, et celle de la mer. Il est membre de l’Académie de marine et président fondateur du corps des Écrivains de marine.
Élu à l’Académie française, le 9 avril 1992, au fauteuil de Jacques Soustelle (36e fauteuil).
1995 : Traversée de l’Atlantique à la voile, après un triple pontage.
1999 : Elu à l’Académie de Marine, en remplacement d’Eric Tabarly le groupe des, qui lui vaudra le "Grand Prix de la mer".
2003 : Fonde le groupe des « Ecrivains de marine ».
2004 : Grand Prix de la Mer pour son action de président-fondateur des « Ecrivains de marine ».
2006 Elevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur.
Décédé le mercredi 24 janvier, il s’est éteint à l’âge de 78 ans.