Chargé du développement des gammes First et Monotypes au Chantier Bénéteau, Éric Ingouf nous explique les motivations qui ont présidé au lancement du tout nouveau First 40.
Les First 40.7 obtiennent encore et toujours de très bons résultats en IRC. Le First 40 élargit la gamme First. Mais ne risque-t-il pas de faire de l’ombre à son prédécesseur ?
Le First 40 vient remplacer le First 40.7 lancé en 1997. En un peu plus de dix ans, nous en avons produit 800 unités ! 10 ans, c’est une durée exceptionnelle pour un modèle, qui est devenu “La” référence des quarante pieds sur un segment “performance”. Le First 40.7 a acquis ses lettres de noblesse, tant par sa définition course croisière (trois cabines, un cabinet de toilette) que par son impressionnant palmarès, aussi bien en ORC qu’en IRC.
On note un renouvellement des gammes de plus en plus rapide dans les chantiers … Quelle en est l’explication selon vous ?
Jusqu’en 2005 environ, nous développions des bateaux orientés à la fois vers l’IMS et vers l’IRC. Le compromis était difficile à établir tant ces deux systèmes de jauge sont différents. Depuis trois ans, nous développons des bateaux destinés à l’IRC. Nous avons donc reconsidéré notre gamme dans cette optique, afin de proposer des bateaux plus compétitifs et de gagner aussi sur le terrain de la séduction. Le “look” du First 50, par exemple est primé dans le monde entier.
Les succès des bateaux de chantier dans les grandes compétitions IRC ont-ils de l’importance aux yeux des propriétaires Bénéteau, y compris ceux qui ne régatent pas ?
Absolument. La gamme First revendique la performance et celle-ci se décline en termes de vitesse et de facilité d’utilisation. La seule manière d’en apporter la preuve, c’est de gagner partout et le plus souvent possible.
À nouveau un plan “Farr Yacht Design”, dans quelle mesure l’IRC entre-t-elle en ligne de compte dans le choix de l’architecte ?
L’IRC ne rentre pas en compte dans le choix de l’architecte. En revanche, l’IRC rentre dans la définition du cahier des charges que nous remettons à l’architecte. Nos exigences portent notamment sur trois critères : une longueur à la flottaison statique minimum, une attention particulière sur le faible recouvrement des génois et enfin sur un déplacement relativement élevé du bateau, ce qui est favorisé par la Jauge IRC et qui correspond également à la définition croisière revendiquée par la gamme First.
Quelles innovations sur le First 40 (Le chantier vendéen annonce “un bateau conçu pour la croisière, modulable pour la régate”) ?
Le First 40 reprend les clefs du succès de son ainé (trame générale des aménagements, capacités, cockpit modulable avec coffres amovibles). De plus, il fait évoluer différents points, toujours dans l’esprit course croisière du bateau : la poutre arrière amovible améliore sa silhouette “racing” tout en facilitant l’accès à la baignade. D’autre part, la recommandation de non recouvrement des voiles d’avant, avec un gréement plus élancé pour l’IRC, offre plus d’aisance en croisière avec des changements de voiles moins fréquents et le maintien d’une belle vitesse. Enfin, le First 40 est doté de spinnakers bien plus grands que ceux proposés sur son prédécesseur.
Les First 45 Race et First 44.7 ont eu d’excellents résultats en IRC avec une quille plate et sans bulbe. Pourquoi une quille torpille sur le First 40 ?
Pour les First 44.7 et First 45, nous avions retenu le principe d’un grand bateau doté d’un petit rating, d’où notre choix de minimiser les “pénalités”, telle celle d’un bulbe. Nous nous placions sur un segment où la concurrence directe en bateaux de production était peu présente. Le First 40 se situe quant à lui sur un créneau fortement concurrentiel, où les bateaux sont tous équipés d’une quille à bulbe ou bénéficient d’un rapport de lest très important. Ceci explique cela, on veut se battre avec les mêmes armes.
Le plan de voilure “régate” : Grand-voile et spinnakers généreux, génois réduit par rapport au plan de voilure “standard”… Influence de l’IRC ?
C’est tout à fait vrai, mais le plan de voilure standard n’en est pas moins performant. Il s’agit simplement d’une configuration différente qui autorise les focs à recouvrement (voir le placement des cadènes sur les passe-avants) pour ceux qui pourraient craindre, à tort, un léger déficit de performance dans le petit temps. En contrepartie, le TCC est plus fort avec ce plan de voilure standard.
Le First 40 est destiné à l’IRC1, quels seront ses principaux concurrents ?
Ils nous sont tous connus et bien identifiés. Ce sont les modèles de quarante pieds qui sont apparus depuis un ou deux ans. Nous espérons les avoir bien analysés, ce qui est un plus pour notre nouveau First 40.
On sait que les premiers grands évènements de la saison sont attendus aussi dans les chantiers. Combien de First 40 seront présents au Spi Ouest-France Bouygues-Télécom ou à la SNIM 2009 ?
Les livraisons des premières unités ont commencé courant janvier 2009. À ce jour, une vingtaine de bateaux sont livrés. Au moins trois bateaux seront présents au “Spi”. On retrouvera d’autres unités avec nos clients et concessionnaires sur les plans d’eau européens, afin de participer aux divers championnats de printemps.
Sur ce nouveau modèle, Bénéteau poursuit sa collaboration avec Géry Trentesaux et son équipage. Nous serons donc présents au “Spi”, ainsi que l’équipage affuté de “Coup de Cœur” (Marc de Saint-Denis, Philippe Sérénon, Jean-Philippe Cau, Hervé Borgoltz), de même que le bateau de notre concessionnaire “Cornouaille Magic”, dont le projet est mené par Olivier L’Helgoualc’h.
Sans nul doute, ces premiers First 40 seront optimisés pour l’IRC. Quelle est la démarche du chantier sur ce point ? Une préparation particulière ?
La préparation se concentre surtout sur la carène et sur les appendices, avec une reprise des profils. Ensuite, nous avons choisi un beau mât carbone de chez Hallspars. Enfin, chaque bateau mène un gros travail sur la voilure, en association avec la voilerie de son choix.
Nous remercions vivement Éric Ingouf pour le temps qu’il a su nous accorder. Tournons-nous à présent vers les équipages, qu’attendent-ils de ce nouveau bateau et de la saison à venir ?
Géry Trentesaux, “Courrier Zen”
“Notre nouveau First 40 s’appellera “Courrier ZEN”, en référence à l’attitude conseillée pour survivre dans l’époque quelque peu tendue dans laquelle nous vivons, mais aussi en hommage à notre équipage en quête de spiritualité qui commence ensemble sa onzième saison ! Avec un nom pareil ce bateau sera interdit aux gueulards ! C’est toujours très excitant de mettre au point un nouveau bateau qui, je l’espère, se montrera digne de ses prédécesseurs.”
Marc de Saint Denis, Philippe Sérénon, Jean-Philippe Cau et Hervé Borgoltz, “Coup de Cœur”
“Ce nouveau bateau, on en attend tout ! Bonne vitesse, régularité et bien sûr, petit rating ! Après un mois de chantier pour préparer la carène et reprendre le voile de quille, le bateau devrait être mis à l’eau le 23 février prochain… Le matage est prévu le lendemain. Nous devrions être prêts pour le week-end d’entrainement du 28 février à la Trinité, pour naviguer avec notre sistership, mené par Géry Trentesaux, et combler un manque de compétition que nous avons tous à cœur de rattraper.”
Olivier L’Helgoualc’h, “Cornouaille Magic”
“Après deux First 36.7 et un First 34.7, Cornouaille Nautique, part pour une nouvelle saison de régate avec le dernier né des First du Chantier Bénéteau , le nouveau FIRST 40.
L’équipage, mené par Hervé Ricoux, a tiré ses premiers bords dans la baie de Bénodet, le 14 février, sous un grand soleil et par 5 à 10 nœuds de vent.
Les premières impressions sont prometteuses : un bateau bien équilibré, à l’aise dans les petits airs, avec de bonnes sensations de barre et une bonne conception pour naviguer en équipage.
Notre objectif reste le même, régater tout en s’amusant, optimiser le FIRST 40 pour en faire bénéficier nos clients, promouvoir la marque Bénéteau et la gamme First et positionner Cornouaille Nautique comme le spécialiste First du réseau Bénéteau. ”

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