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voile > Les bateaux et la Jauge
Nouveau Grand Soleil 43 : a new rising sun ?
18 mars 2009
par Ludovic ABOLLIVIER

La nouvelle version du Grand Soleil 43 semble très prometteuse en IRC. Le Chantier Del Pardo annonce un bateau conçu pour la croisière en tout confort et performant en course. Alors, croiseur ou “racer” ? Pour un panorama complet, nous avons interrogé les spécialistes qui ont travaillé sur ce bateau, et ceux qui vont le mener durant cette saison 2009. Jean Claude Nicoleau, propriétaire de CODIAM et membre de l’UNCL, prend la barre d’un bateau dont il découvre l’étonnant potentiel au fil des entrainements Trinitains.


Cruiser, racer, bateau mixte ? Une petite analyse du Grand Soleil 43 sous l’angle du facteur de coque IRC, peut apporter des éléments de réponse. Le DLR, inférieur à 200, est celui d’un croiseur bien conçu pour la régate. La coque en forme est réalisée en sandwich verre, l’allongement de la quille en plomb sans bulbe est moyen, le bateau dispose d’un safran suspendu à grande profondeur. Côté aménagement, c’est un bateau qui dispose de tous les équipements nécessaires pour une croisière en tout confort. Rien d’exceptionnel à priori, ce qui conduit donc au calcul d’un facteur de coque tout à fait raisonnable. Il correspond bien à celui d’un bateau de course/croisière, somme toute assez classique en IRC.

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Paré à hisser sur Codiam©Eric Rousseau www.veloximages.com
Paré à hisser sur Codiam©Eric Rousseau www.veloximages.com

CODIAM, le Grand Soleil 43 de Jean-Claude Nicoleau, réalise ses tours de chauffe sur le Challenge de Printemps à la Trinité. Les premiers résultats sont excellents. Ce week-end encore, une place de troisième sur le long côtier de samedi et dimanche : premier en réel et en compensé ! L’écurie, les préparateurs et les pilotes se prêtent au jeu de l’interview et dévoilent les atouts du bolide.

LE BATEAU VU PAR SES CONCEPTEURS :

Cantiere Del Pardo - Botin Carkeek Yacht Design [1]


- Quelles sont les grandes nouveautés sur ce bateau ? Des études et des choix spécifiques pour l’IRC ?

La grande nouveauté du Grand Soleil 43 réside principalement dans l’ouverture à la mer de son tableau arrière et dans ses deux barres à roue. Le chantier Del Pardo a souhaité créer une version renouvelée du Grand Soleil 43 sorti en 2005, de concevoir un bateau qui soit plus au goût du jour.

Sur le marché actuel, beaucoup de bateaux possèdent un tableau arrière ouvert. Le chantier Del Pardo et les architectes Marcelino Botin et Shaun Carkeek ont redessiné l’arrière du Grand Soleil 43 pour en faciliter l’accessibilité, principalement pour la Méditerranée où les bateaux sont amarrés par l’arrière.

Il en va de même pour le choix de la double barre à roue, proposée en option. Nous pouvons donc en déduire que, dans l’optique du chantier, cette version favorise l’aspect croisière et se place commercialement en rapport avec la concurrence.


- Quelle réflexion a été menée sur le choix de la quille ? Pas de craintes vis-à-vis de vos concurrents en régate, dont la plupart on tendance à s’équiper de quilles à bulbe ou à torpille ?

Le choix de la quille droite est en rapport étroit avec la volonté d’allier la performance et le confort. Certes, le centre de gravité se trouve plus haut que sur la version quille torpille, mais il ne faut pas oublier que l’orientation première du chantier Del Pardo est de produire des bateaux de série performants.

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Un joli profil à la mer © Michel Sauget
Un joli profil à la mer © Michel Sauget

LA PRÉPARATION DU BATEAU :

Ghislain Gomiot - Grand Soleil France - Trinité sur Mer


- Comment se prépare un bateau comme CODIAM pour une saison de course en IRC ?

La préparation d’un tel bateau n’est guère différente de celle d’un bateau de croisière. L’accastillage reste le même et les petites optimisations qui sont souhaitées par les régatiers s’avèrent souvent bénéfiques pour la croisière. Dans tous les cas, croisière ou régate, la clientèle Grand Soleil recherche la performance et la sécurité, en gage de son plaisir de naviguer.

Toutefois, Il est vrai que nous attachons une importance plus particulière sur la préparation de la carène. Les peintures “antifouling” pour la régate sont plus épaisses (une couche en plus), ceci afin d’améliorer le ponçage et le lissage de la carène dans le but d’obtenir une glisse optimale.


- Quelles sont les motivations ayant conduit à l’adoption d’un mât en carbone sur CODIAM ?

Aujourd’hui encore, le choix du mât carbone est une option financièrement très coûteuse et reste réservée aux régatiers. Concernant la jauge IRC et notamment pour les courses au large, le gain du mât carbone est significatif, principalement parce qu’il accroit la rigidité. La taille importante du bateau et son programme de régates qui inclue les courses au large, justifient parfaitement le choix du mât carbone au regard du rating du bateau. Selon moi, la prise en compte du mât carbone par la jauge IRC ne justifie par le choix d’un tel mât pour les bateaux d’une taille inférieure à quarante pieds et qui s’orientent vers un programme classique de régates en baie. Mais certains propriétaires aiment aussi se faire plaisir et c’est là un choix tout à fait honorable !


- Quels sont les points forts sur lesquels pourra compter le nouveau Grand Soleil43 ? Un bon bateau pour l’IRC, jauge que vous connaissez bien ?

Le vrai point fort de ce bateau est qu’il s’agit d’un véritable bateau de croisière performant. L’intelligence de l’IRC est d’attacher une grande importance aux bateaux de série (à condition que la série soit constituée par des bateaux véritablement identiques) et également conçus pour la croisière en famille. Le choix du chantier Del Pardo reste axé sur cette optique.

LE PLAN DE VOILURE :

Michel Sauget - Delta Voiles - Trinité sur Mer


- Quelle réflexion menée sur le plan de voilure ? Sur le choix des tissus ?

On est parti de “Roark”, le Grand Soleil 43 avec lequel Jimmy Pahun avait gagné le Spi Ouest France. C’est un bateau que nous connaissons bien pour l’avoir retrouvé assez régulièrement “dans nos pattes” en temps réel dans les courses anglaises avec l’ancien Codiam (IMX45). Sur la nouvelle version du Grand-Soleil 43, les modifications sont relativement mineures (design du tableau arrière, double barre à roue, ergonomie de pont). En revanche, il présente un tirant un peu plus raisonnable que celui de la première série, ce qui le place de prime abord comme un bateau polyvalent, avec des ratios très équilibrés et un rating qui devrait être assez bas, souhait principal de Jean Claude Nicoleau.

Ce premier état des lieux étant fait, en concertation avec Jean Claude et son équipage, il a été décidé d’adopter une stratégie qui consiste à corriger ce qui, à priori, aurait pu être le point faible du bateau : les petits airs.

Dans un premier temps, nous avons donc décidé de prendre tous les cm² possibles pour les voiles de près, quitte à reprendre des millièmes économisés par le tirant d’eau. Dans un second temps, on s’ajustera sur la taille des spinnakers, choisie initialement identique à celle de Roark.

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Le Grand Soleil 43 sous spi ©Eric Rousseau www.veloximages.com
Le Grand Soleil 43 sous spi ©Eric Rousseau www.veloximages.com

Conséquence simple : adopter les mesures maxi possibles sur les espars et doter la grand-voile d’un rond de chute assez fort. Même recherche du maximum pour les génois : définir, pour le génois maxi, une triangulation telle qu’en bordant la voile au près serré et en position “inhaulée” extrême, elle vienne au contact simultané des deux barres de flèches et du “D1”, dans une configuration de cintrage de mât cohérent avec ce réglage de génois. Les triangulations ont été ainsi définies avec des courbes qui filent naturellement, sans accidents dans le lissage des chutes.

Résultats : la grand-voile est vraiment grande (60 m²), un peu “caractérielle” à passer à l’empannage et au virement de bord dans le petit temps, mais ça reste encore acceptable. Devant, nous avons décliné le jeu de voiles de la même manière que sur l’IMX45 : deux génois maxi (47 m²) dont la triangulation et la position du point d’écoute sont quasi identiques, un génois 3 très légèrement plus petit que les deux premiers, mais plus plat et plus lourd, puis un ORC et un tourmentin.

Coté spi, dans un premier temps nous prévoyons d’embarquer trois des quatre spinnakers disponibles : un asymétrique léger porté en tête, un symétrique “runner” et un symétrique lourd, tous deux portés en tête également, et enfin un “Code 5” au capelage.

Concernant les tissus, dès le départ, Jean Claude Nicoleau a souhaité disposer des matériaux les plus performants. Nous avons donc choisi une membrane en carbone pour les quatre voiles principales.


- Une optimisation IRC ?

Nos premiers bords nous ont beaucoup rassurés. Dans cette configuration de départ le bateau est simple et facile, surtout en cap. Le bateau monte très bien au près. Nous allons déjà continuer comme ça, il y a encore beaucoup à observer et à découvrir. On ne connaît pas encore la brise et on sait qu’il y aura d’autres clients sérieux dans ces conditions. Nous allons uniquement essayer de mieux nous “caler” sur les spinnakers. Mais, nos choix étant faits, nous prêtons davantage attention à optimiser le bateau, l’équipage et les réglages, plutôt que de spéculer sur d’hypothétiques corrections de jauge.


- Comment concevoir un jeu de voile polyvalent et équilibré pour les différents types de parcours à prévoir pour ce bateau ?

Parmi les meilleurs résultats de l’IMX45 Codiam, beaucoup ont été obtenus sur des courses au large, avec un jeu de voile unique. Nous repartons donc avec la même configuration. Seule variante, l’ajout du “Code 5” qui comblera l’inflexion de la polaire sur des allures statistiquement plus probables au large. Pour les courses incluant beaucoup de parcours côtiers et “offshores”, nous embarquerons les quatre spis avec la prise en compte associée par la jauge.

LES OBJECTIFS SPORTIFS DE CODIAM EN 2009 :

Jean Claude Nicoleau


- Forte concurrence en IRC1 en 2009 ! Comme chaque année, gagner le Spi Ouest France va relever de l’exploit. Quelles sont vos ambitions sur ce premier évènement phare de la saison en Atlantique ?

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Des entrées d’eau très fines © Michel Sauget
Des entrées d’eau très fines © Michel Sauget

On vise un podium, c’est le challenge que nous allons relever malgré la concurrence. Nous partons avec de réels atouts. En effet, ce bateau de série est étonnant, avec des entrées d’eau très fines. Il semble vraiment nous autoriser à viser cet objectif. Notre équipe est soudée et se connaît bien, l’efficacité des voiles semble égaler leur beauté… Ça serait sympa de faire un résultat avec un “team” amateur sur un bateau de série, sans préparation particulière.


- Résultats encourageants dès les premiers entrainements à la Trinité, dans des conditions météorologiques parfois un peu tordues ? Déjà des enseignements au cours de ce premier galop d’essai ?

C’est effectivement très encourageant, on nous avait prédit quelques possibles difficultés dans le petit temps et normalement plus d’aisance dans le medium et plus. Le moins que l’on puisse dire, c’est que d’entrée de jeu, nous marchons déjà très bien dans le petit temps ; ce qui est pris est pris… Le reste, on verra quand ça se présentera.


- Quel programme pour CODIAM cette année ?

Nous envisageons un programme complet qui débutera avec le Spi Ouest France et se prolongera sur l’ensemble des Trophées Atlantique IRC UNCL 2009. Nous prévoyons également de participer au Championnat du RORC avec Cowes-Dinard, la Channel Race, la Rolex Fastnet Race et la Cowes Week. Puis, retour au bercail avec le Challenge d’automne à La Trinité…

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Même le tau est réussi !© Michel Sauget
Même le tau est réussi !© Michel Sauget
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