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voile > Les bateaux et la Jauge
Salona 42 IBC : un nouveau venu plein d’avenir
7 mai 2009
par Ludovic ABOLLIVIER

Après une entrée discrète sur le circuit méditerranéen IRC l’an passé, le Salona 42 IBC est en tête des Trophées Méditerranée IRC UNCL 2009, avec plus de 300 points engrangés à l’issue des 4 premières épreuves en IRC 1. Olivier Duthoit, propriétaire et membre de l’UNCL nous ouvre les portes du rapide et raffiné "JubilationS".


- Un Course croisière bien pensé :

Le SALONA 42 est le dernier né de la gamme du chantier croate AD Boats, dessiné par le cabinet slovène J&J. Tout comme le reste de la gamme, ce nouveau bateau est résolument tourné vers la course croisière, avec le plus de cette version par rapport au standard : l’IBC, pour Infusion, Basalte et Carbone. De fait, coque et pont sont produits en vinylester, par procédé d’infusion sous vide. Les cloisons sont infusées en fibre de basalte (fibre minérale aussi légère et résistante que le carbone).

Le cockpit est vaste, les passavants larges, les hiloires bien placées et pas trop hautes participent à la facilité de déplacement à bord. Le plan de pont de l’option “Performance” n’est autre que celui qui équipe les SALONA en version standard.

Au niveau des appendices, la quille dite “IRC” est constituée d’un voile en fonte et d’un bulbe torpille en plomb. La mèche de safran est en carbone.

L’intérieur est clair, léger (frêne clair), et l’optimisation course ne concède rien au grand confort du bord : vaste glacière, cuisine équipée, bain à l’avant, trois cabines doubles, quatre couchettes de mer dans le carré, table de carré rabattable, vaste table à carte, douche dans le cockpit, chaude et froide (on est en Méditerranée, tout de même) … Il est prêt pour l’offshore, sans que l’on ait besoin d’embarquer du supplément, et pour les parcours tactiques, sans débarquer quoique ce soit. Le "poids IRC" est de 7,135 tonnes, pour un TCC de 1,127. En conclusion, c’est un plan d’aménagement bien pensé qui permet de régater avec tous les éléments en place à bord, sans contrainte de débarquer ou de déplacer la table de carré, les portes ou la cuisine et de voir son TCC augmenter en conséquence.


- Le gréement et les voiles de JubilationS

Comme sur beaucoup de bateaux de 40 pieds et plus, on retrouve un mât, une bôme et un tangon carbone … Sur JubilationS, le mât est en haut module de chez Z Carbon, à deux étages de barres de flèche. Le gréement dormant est en Rod et les cadènes sont placées à l’extérieur dans la version IRC. Un bon réglage du mât me semblant tout à fait suffisant, nous n’avons pas de “mast Jack”.

Pour la garde robe, notre choix de matériaux s’est porté sur des membranes D4 de chez Dimension Polyant. Christophe Mandeix, notre voilier, gérant de la société Sud Voilerie à la Ciotat, a étudié le cahier des charges, tant sur les conditions méditerranéennes que sur la jauge. Après quelques navigations avec des voiles en Dacron, il a pu réaliser les voiles que nous utilisons aujourd’hui et qui sont très satisfaisantes.

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Le plan de voilure : Génois sans recouvrement, légers ronds de chute de GV et grand spi en tête © Flypictures.com
Le plan de voilure : Génois sans recouvrement, légers ronds de chute de GV et grand spi en tête © Flypictures.com

Je peux révéler ici qu’en 2008, lors des premières sorties en IRC, à savoir Les Voiles de Saint-Tropez et le Tour de Corse, nous n’avions qu’une voile d’avant, un spi et la grand voile. Ce qui ne nous a finalement pas trop mal réussis …

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Olivier Duthoit
Olivier Duthoit

- Olivier, le bateau a-t-il fait l’objet d’une optimisation IRC ? Quel a été le processus adopté ?

Le bateau m’a été livré en septembre 2008, juste à temps pour le Festival de la navigation de Cannes. Plusieurs sorties ont été nécessaires, avec les représentants de Salona France et de Sud Voilerie pour mettre au point le cahier des charges. Les premiers tests, ayant valeur de “couturière”, ont été Les voiles de Saint-Tropez et le Tour de Corse en octobre 2008. Cela nous a réellement permis de régler la raideur du bateau, d’affiner le dessin des voiles, et d’avoir une première idée des réactions du bateau sur toutes les phases d’une régate.


- Cela semble être payant cette année ?

Oui, bien sûr, le travail en amont est toujours payant, surtout sur une première saison, même si l’expérience sur différents “champs de bataille” est irremplaçable. Je suis satisfait du travail effectué.


- Lors de la dernière Massilia IRC Lexus Cup, vous nous disiez vouloir améliorer encore cette optimisation, quelles sont vos pistes ?

Même s’il peut être amélioré après chaque course, le bateau est de mieux en mieux accastillé et Christophe Mandeix de Sud Voilerie, qui est aussi mon barreur, essaye d’améliorer la garde robe après chaque sortie. Actuellement nous travaillons les “range” des différentes voiles, ce qui laisse prévoir quelques nouveautés. Mais pour l’instant nous continuons de travailler sur l’existant en remaniant les guindants et autres ronds de chute. Le plus gros de l’optimisation actuelle c’est de former un équipage de qualité. La recette c’est compétence, entente et surtout prendre du plaisir.

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La recette du Team JubilationS : "compétence, entente et surtout prendre du plaisir" © Flypictures.com
La recette du Team JubilationS : "compétence, entente et surtout prendre du plaisir" © Flypictures.com


- Toute comparaison étant question de “référentiel”, JubilationS est un petit rating chez les gros IRC 1 méditerranéens que nous verrons surtout en fin de saison… Même pas peur ?

Peur ? Non pas vraiment. Pour l’instant, à mi-parcours des Trophées Méditerranée, nous sommes en tête mais nous savons que ce n’est pas fini et que tout reste à faire. L’opposition est rude. En ce qui concerne notre positionnement face aux unités plus importantes, notre état d’esprit est toujours le même : nous savons que nous ne luttons pas à armes égales donc nous modifions notre angle d’attaque en fonction des forces en présence. Je sais que je ne peux pas véritablement lutter contre les GP et autres Swann 42, donc il faut “tactiquer” davantage. L’objectif de cette première saison pour JubilationS est de se placer. Mais, sait-on jamais …


- En septembre prochain, JubilationS et son équipe se dirigeront vers Barcelone pour courir l’IRC Med Challenge, Mediterranean Commodore’s Cup, organisé par l’UNCL et le RCNB. Quelles sont les raisons qui vous incitent à participer ?

En premier lieu, c’est avec une certaine fierté que j’ai accepté ce défi. C’est l’opportunité de participer à une belle aventure, de régater avec des bateaux et des équipages venus d’autres horizons, et le plaisir de naviguer sur le plan d’eau de Barcelone. Je suis sûr qu’avec Tchin-Tchin (Jean-Claude Bertrand) et Sayann ( Cyril Bailli), nous ferons notre possible pour représenter au mieux nos couleurs. D’autre part, ce sera pour JubilationS et pour SALONA, l’occasion de se situer dans un autre classement de celui des Trophées Méditerranée. C’est très intéressant.


- Votre avis sur le découpage des classes des Trophées Méditerranée en 2009 ?

Le découpage des classes cette année ? Il fait que certains constructeurs ont décidé de créer des bateaux purement IRC et de passer dans une classe inférieure, pour se retrouver dans les gros bateaux de leur classe. Moi, ce n’est pas ma philosophie.

Je me suis lancé un défi avec le Salona 42 IBC et avec le chantier qui nous a suivi dans ce nouveau challenge. L’idée était pour moi de rester dans la philosophie de l’IRC c’est-à-dire d’avoir le bateau de “Monsieur tout le monde”, un peu optimisé, de courir un jour et de pouvoir partir le lendemain pour une croisière familiale avec le même bateau en ayant tout le confort à bord.

Je dois dire que je suis très satisfait du résultat et que je ne m’attendais vraiment pas cela.

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La flotte du Festival Armen 2009, course gagnée par JubilationS. © Flypictures.com
La flotte du Festival Armen 2009, course gagnée par JubilationS. © Flypictures.com

Je pense que quel que soit le découpage, les stratégies iront toujours bon train … La mienne ? Faire 5 manches “qualifiantes” pour les Trophées et ensuite, rester en tête de tableau sur un maximum d’épreuves. Si tout se déroule normalement, mon objectif est de courir toutes les manches et d’arriver le mieux affûté possible à Barcelone, même si les Trophées ne sont pas encore terminés.


- Hormis l’IRC Med Challenge et les Trophées Méditerranée ? D’autres objectifs sportifs pour cette saison déjà bien remplie ?

Si tout continue ainsi, pourquoi pas la Finale des Trophées UNCL ? Mais là, il nous faudra quitter JubilationS …

Le véritable objectif sportif, c’est de placer le bateau le mieux possible. C’est un formidable challenge pour un bateau inconnu et très récent qui a vu le jour en septembre 2008. J’avoue que je me suis pris au jeu de l’optimisation et de la mise au point d’une nouvelle unité. En cela, je dois remercier ceux qui ont cru en ce défi dès le début, à savoir Pierre Bernard, importateur Salona France et Christophe Mandeix. Ils n’ont pas compté leurs heures et ce fut très enrichissant et rassurant pour moi de les avoir à mes cotés durant ces mois de création et de fabrication du bateau. Le résultat est là et aujourd’hui, l’équipage qui me suit depuis le départ y est pour beaucoup également.

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L’équipage de JubilationS lors de la SNIM 2009
L’équipage de JubilationS lors de la SNIM 2009

L’idée majeure à bord est surtout de se faire plaisir, ce qui devrait faire jour de plus en plus quand les petits tracas de la mise au point seront loin derrière nous. Je pense qu’en 2010 ce sera un vrai plaisir…Et si un sponsor m’accompagne, il ne sera pas déçu !

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