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Trophée IRC Méditerranée Est : vainqueurs à Monaco, suspens à Saint-Tropez
13 février 2013
par La Commission Courses de l’UNCL

La Primo Cup - Trophée Crédit Suisse s’est terminée dimanche dernier dans les eaux monégasques. Faute de vent et à regret, le Yacht Club de Monaco a annulé la dernière journée de régates. Cette 29ème édition n’en reste pas moins un excellent cru qui aura réservé son lot de surprises et de saisissants contrastes météorologiques. Ce même weekend, la SNST déclarait ouvert le 36ème Festival ARMEN auquel participent 41 bateaux IRC. Déjà sur les parcours côtiers au menu du premier weekend, certains bateaux démontrent leur potentiel et laissent entrevoir leurs ambitions.


Sur la Primo Cup Trophée Crédit Suisse, ce fût un duel à distance, mais extrêmement serré en tête entre Éleuthera (IRC1) et Checkmate (IRC4). Le Grand Soleil 44 l’emporte pour une poignée de secondes après une “vraie” régate, comme en témoigne Philippe Sérénon ci-dessous. Notons également les performances du troisième, Esparlica (IRC2), le Xp 38 d’Olivier Maubert, et du Jod 35 de Loïc Bègue Mistral Gagnant, cinquième et premier IRC3 de l’épreuve monégasque.

Retrouvez ci-contre le classement du Trophée IRC Méditerranée Est, IRC1, IRC2, IRC3 et IRC4.


- Primo Cup - Trophée Crédit Suisse : Checkmate, échec et mat pour 4 secondes !

Par Philippe Sérénon à bord d’Éleuthera

Éole était parti skier Dimanche et les résultats définitifs ont donc été donnés par les points acquis après les deux premières journées de régate. Notre victoire dans la dernière manche de samedi nous donne ainsi la victoire sur notre concurrent anglais bien qu’il ait le même nombre de points que nous : c’est un peu comme au football le match joué en extérieur vaut un peu plus à égalité de points. Or sur cette dernière manche, nous ne gagnons que de quatre secondes devant lui en temps compensé, même pas une demi-longueur de bateaux après 20 milles de course !

De la chance ? Peut-être mais pas si sûr… Alors pour une fois, essayons d’expliquer ce qui a marché :

Tout d’abord le bateau et ses voiles Ullman : en faisant les bons choix de voile au bon moment, nous avons certainement optimisé ce capital.

Ensuite, l’équipage sur lequel il faut revenir en détail (ci-dessus lors de la remise des prix) :

Commençons par la cellule arrière. Certes nous n’avons pas été surpris du coup de barre de Marc Pajot, qui, de sa médaille olympique à la victoire dans la Route du Rhum et à ses campagnes dans la coupe de l’America, a un palmarès qui parle pour lui. Mais quand même, de visu, c’est autre chose …

La grosse surprise pour moi vint de sa fille que je ne connaissais pas, Eve, qui à la tactique a fait des miracles dans des conditions incroyablement complexes. Ce fut une véritable leçon de voile de voir leur complicité entre barreur et tacticien, leur niveau de concentration, la continuité de leurs échanges, leur capacité d’adaptation immédiate à l’évolution d’une situation et la clarté de leurs décisions : Vous voyez sur les barres de flèche souvent ce cylindre blanc sur lequel est marqué en général Furuno ? C’est un radar. Hé bien nous, nous avions 2 radars au raz de l’eau qui scannaient en permanence à 360° tout ce qui se passait. J’avoue avoir été bluffé par la lecture du plan d’eau, leur capacité à anticiper d’où venait le vent et à quelle force, guidant les régleurs de voiles avec une maestria exceptionnelle.

Claude à la grand-voile, Bill au génois et Yann au spi n’ont pas été en reste et ont appuyé sur la pédale avec la même attention, un grand talent et une furieuse énergie. Au milieu, France, Zoé Pajot, Hugues, Hervé et moi avons tout fait pour essayer de suivre le rythme pour que les manœuvres se passent au mieux. Le chef d’orchestre qui occupait la plage avant est l’inénarrable Louis qui assisté de Patrick et Julien au mat, nous a guidés avec le talent que nous lui connaissons.

Outre les contributions de chacun, Marc et Louis, à force de briefings et débriefings, ont réussi à souder un équipage composite qui a pu donner le meilleur de lui-même dans une excellente ambiance, courtoise, sans éclats de voix et sans trop de bruits parasites à bord. Il faut bien comprendre que la communication dans un équipage est un paramètre extrêmement important, tant pour la coordination des manœuvres que pour le moral des troupes. Alors il faut dire les choses utiles, éviter les informations redondantes et ne pas se raconter ses vacances sur le rail.

Tout n’a pas été simple et la victoire permet de minimiser les défauts. Mais soyons honnêtes, nous avons encore la possibilité de progresser. Ce qui m’a beaucoup surpris fut notre capacité collective à ne jamais baisser pavillon quand nous étions dans une mauvaise position et de toujours trouver les ressources pour nous en sortir, revenir et passer devant.

Quant à la Primo Cup, si elle la un peu souffert de la concomitance d’une autre course à Saint-Tropez pour la classe IRC, nous avons été séduits sans restriction. Tout d’abord la Côte d’Azur hors saison est vraiment formidable et la ville de Monaco aussi agréable qu’originale. L’accueil du Yacht Club de Monaco et de ses équipes, sur l’eau mais surtout au bar(!), a tout simplement été aussi sympathique que professionnel. Quant au plan d’eau, il est tordu et hors normes ce qui lui donne un caractère tout à fait original et particulièrement attirant… Surtout quand on gagne !

tous ceux d’entre vous qui ne l’ont jamais faite, précipitez-vous en 2014 : nouveaux bateaux, ils seront bien accueillis et “cocoonés” dans le port. Tout ce ceci ne serait pas arrivé sans l’idée originale de Louis et ses amitiés grâce auxquelles on a pu combiner l’affaire en un temps record. Comme disait Hannibal Smith : “J’aime bien qu’un plan se déroule sans accroc”. Rendez-vous dans un mois à la Massilia !

Suivez la saison d’Éleuthera sur son blog : www.yachteleuthera.fr

- … Pendant ce temps à Saint-Tropez,

Les 41 concurrents IRC du Festival ARMEN, qui accueille également une trentaine de bateaux en HN, s’en sont donnés à cœur joie dans un vent parfois soutenu sur un aller retour Saint-Tropez / Cavalaire, tout en profitant des premiers fastes du Festival : vernissage le vendredi soir et retrouvailles chaleureuses à Cavalaire le samedi puis à Saint-Tropez le dimanche.

Les résultats du premier weekend du Festival ARMEN : ICI

Ce premier weekend n’a rien d’un tour de chauffe et déjà, les “habitués” frappent fort : Team Vision Future a pris une belle option pour jouer les récidivistes en IRC1, mais Cachou, le Sly 42 de Guy Curnillon ne lui a pas laissé prendre le large. En IRC2, Jean-Louis Pezin et son Grand Soleil 39 Race Albacor V ont le leadership du Trophée à portée d’étrave. En IRC3, on retrouve déjà les ténors avec Give Me 5, le Farr 30 d’Adrien Follin, devant un Tchin Tchin toujours au top et le First 40.7 Pen Kalet de Georges Le Troquer, très à l’aise sur son terrain de jeu favori. Enfin en IRC4, Zulu, le Jpk 10.10 de François Alicot et Nutella, le First 34.7 de Max Laout, laissent entrevoir un beau final, avec Ar Wech All, le Jpk 10.10 de Michel Pelegrin, menant un proche groupe d’embusqués.

Après les descentes à Isola 2000 qui donnent au Festival ARMEN de la SNST sa teinte de glisse originale et recherchée, les équipages se retrouveront samedi en baie de Saint-Tropez pour les parcours tactiques au programme du second acte. Rendez-vous dimanche prochain pour une remise des prix toutes catégories qui met sur le devant de la scène toute la convivialité du Festival ARMEN.

Images : Primo Cup - Trophée Crédit Suisse / YC Monaco / Carlo Borlenghi

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