Sydney-Hobart : consécration pour l’IRC

« Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Belle citation de Blaise Pascal mais je proposerai volontiers d’inverser la proposition concernant l’IRC depuis Sydney-Hobart.

L’automne a été très occupé à réfléchir sur la jauge, à la fois pour attirer plus de bateaux sur les plans d’eau et aussi pour répondre aux interrogations des uns et des autres. Mais voilà que la fin d’année apporte des réponses tout à fait probantes lors de Sydney-Hobart qui d’une certaine façon closent le débat.

Pour ceux qui n’ont pas suivi la course sur le site, ils ont raté quelque chose et le récit d’Alexis Loison leur offrira une session de rattrapage (voir autre article). À bord de Courrier Léon, Alex n’a pas pu voir le départ d’anthologie des super maxis , notamment celui de Wild Oats : en bout de ligne, bâbord amure, du grand art ! … et des coronès grandès … Voir la vidéo !

Mais là n’est pas l’objet de cet article et revenons à l’IRC. Cette course se présentait dans une configuration idéale : Une large flotte de 34 à 100’, une météo offrant à tous les bateaux tous les types de temps de 5 à 35 Knts et plus, à des moments différents ; parfait pour … jauger la jauge.

Et que croyez-vous qu’il advint ? Que le podium overall est partagé entre un TP52 vainqueur, un JPK 10.80 sur la seconde marche et un SS34 de 1976 sur la troisième. Parfait panachage entre une luge dite « super taxée », un cruiser-racer moderne et un vieux grèm’ ou presque « sous taxé ».

Comment interpréter cela ?

D’abord, notons qu’Alexis Loison dans son papier désigne le SS34 comme un concurrent avéré, avec perspicacité et respect. Au lieu de dire que c’est un « bateau avantagé par la jauge », comme on l’entend trop souvent. Dans son rôle de navigateur-tacticien, il a repéré sans état d’âme qu’il était de ceux qui potentiellement étaient des concurrents. Dans un tel équipage, on a une approche rationnelle sans chercher d’excuse anticipée à une potentielle mauvaise performance…

Rendons à César – Jean Sans est bien le César de l’IRC non ? – ce qui lui appartient et de fait, il n’y a rien à ajouter à son commentaire quand il dit :

« Les conditions de la réussite  sont simples :

  • réunir un très bon équipage à tous les postes,
  • avoir un bateau bien construit ou bien « refité »,
  • avoir un bateau bien dessiné,
  • avoir de bonnes voiles,

Et cela quel que soit l’âge du bateau ou du capitaine. »

Lorsque ces paramètres ne sont pas réunis, les performances ne suivent pas, les propriétaires sont déçus et mettent leurs insuccès sur le compte de l’IRC. La phrase la plus répandue est : « ça ne sert à rien que je prenne le départ, je suis massacré par la jauge !! ».

Bien sûr, c’est frustrant de se faire battre systématiquement par Géry Trentesaux mais c’est aussi le cas des clubs de D1 quand ils rencontrent le PSG ou ceux de Top 14, quand ils rencontrent le RCT ! Mais moi qui ai eu la chance de naviguer une fois avec Géry et François Lamiot, j’ai pu apprécier leur concentration, leur implication de tous les instants dans la recherche de la vitesse et leur capacité à mettre l’équipage sur le même tempo. Il n’y a donc aucun mystère : de la préparation, du travail et également du talent et de l’expérience bien sûr.

Donc, en ce début d’année propice aux résolutions, n’en prenez pas 36 mais seulement 4 :

  • Non seulement j’arrête de m’interroger sur l’équité de l’IRC mais comme membre de l’UNCL, je m’appuie sur cet exemple – que je partage largement auprès des éventuels sceptiques – pour renforcer ma confiance dans la jauge,
  • Je prépare mon bateau du sol au plafond – de la quille à la pomme de mat – le guide IRC à la main et si j’ai des doutes, j’en discute avec le Centre de Calcul,
  • Je monte un équipage fait de gens avec qui j’aime naviguer, conscient du niveau de chacun, qui s’entraine pour atteindre un niveau de performance collective optimal, visant un niveau de classement réaliste qui ne nous décevra pas,
  • Je monte un programme de courses pour attirer les meilleurs à bord, pour partager le plaisir de régater et je participe à un championnat de plusieurs épreuves, la régularité finissant toujours par payer !

Bonnes navigations IRC en 2016 et meilleurs vœux de plaisir et de performances !

PHILIPPE SÉRÉNON

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