GQUENOT_Armen2016

L’ARMEN RACE 2016 en IRC et en Double par Gérard Quenot

Après un Spi Ouest France amputé pour cause de mauvais temps et avec une participation en berne, on avait hâte de renfiler les cirés pour prendre du plaisir sur l’eau. Côté double, la demi-clé avait donné le signal départ d’une saison IRC dont l’ArMen Race promettait d’être l’une des courses les plus intéressantes.

Et elle a tenu ses promesses :

  • Un plateau à faire pâlir d’envie le Spi : 48 bateaux en catégorie double,
  • Un Parcours qui a été adapté aux conditions météo du moment et qui nous a permis d’aller taquiner les cailloux du phare de L’Ar Men, soit 235 Nm,
  • Du courant,
  • Des passages à niveaux,
  • Une météo complexe le premier jour,
  • Une flotte homogène et de très haut niveau qui a permis à tous de régater au contact pendant deux jours non-stop,
  • Et cerise sur le gâteau, une convivialité à terre bien agréable.

Donc tout pour faire de cette édition une très belle course qui devrait marquer les concurrents, les organisateurs et partenaires.

Après une excellente saison 2015 en équipage, nous avions décidé de mêler courses en équipage et en double pour cette année. Et comme notre liste d’équipiers s’est agrandie l’année dernière, chaque course en double de cette année sera courue avec un co-skipper différent. Pour la demi-clé, c’était Frédéric Augendre, avec qui j’avais déjà gagné Pornic/Gijon/Pornic l’année dernière. Pour l’ArMen Race, c’était au tour de Cédric, mon fils ainé.

Notre course

La météo et les routages faits avant le départ et juste après le passage de la Teignouse nous ont donné mal aux cheveux, car le routage nous proposait de faire un long bord bâbord pour aller raser les poulains. Pas vraiment sur la route !

Après examen plus approfondi du fichier Grib d’Arôme, il annonçait bien une grosse molle près de Quiberon à cause du thermique qui venait contrer le synoptique de SE.  Donc OK pour mettre de l’ouest dans notre cap, mais avec modération quand même pour limiter le risque. C’est cette route ouest modérée qui nous a permis de nous échapper dès la fin de l’après-midi.

Le  premier passage à niveau à l’occidentale de Sein nous a coûté cher, car on n’est pas arrivé assez haut et on a dû tirer un contre-bord qui a permis à Vaïmiti et Mary de s’échapper et à Crews Control de nous doubler. La descente au près où il a fallu bien anticiper les bascules et jouer avec le courant a été tout aussi intéressante.

Le deuxième passage à niveau à Sud Guérande et le vent faiblissant dans la dernière partie du parcours nous privent malheureusement de la 3ème place en compensé. Mais le match race avec Leclerc Hennebont dans cette dernière partie nous a vite consolé.

De cette très belle course, je retiens plusieurs choses qui pourraient alimenter nos réflexions sur le type de courses et les organisations :

Les courses inshore en équipage ont de plus en plus de mal à faire recette. Même Le Spi Ouest France qui est « la » grande régate de l’année et pour laquelle les chantiers viennent faire briller leurs dernières nouveautés, a de plus en plus de mal à attirer les équipages. Le manque de convivialité y est manifeste et cela nuit sans doute à ce grand évènement. La concurrence des jauges avec l’Osiris Habitable est tout aussi néfaste, car elle divise les flottes au lieu de les regrouper.

Mais au milieu de ce tableau un peu sombre brille une nouvelle étoile, c’est la course en IRC en double et au large. En double on a plus besoin de constituer un équipage pléthorique pour arriver à boucler une saison. La course au large mêle à la fois la tactique, la stratégie, les performances du bateau et celles des deux co-skippers. Dès lors, rien d’étonnant à ce que la course en double soit la pratique qui monte.

Quand en prime on a un parcours qui n’est pas une simple traversée du golfe de Gascogne et qui mêle du côtier, du courant, voire du large sur plusieurs jours, on a à coup sûr une recette gagnante. L’exemple le plus célèbre est sans doute le Fastnet qui réunit à merveille tous ces ingrédients.

L’ArMen Race est du bois dont on la fait et je ne doute pas que cette belle édition va concourir à augmenter encore sa notoriété et le niveau de participation.

Dans le même esprit, la toute nouvelle Drheam Cup promet également d’être intéressante, avec un parcours plus long comportant une partie côtière en Bretagne Sud, et une double traversée de la Manche.

Gérard Quenot – Jpk 10.10 ATLANTIC LOISIRS

 

Championnat Atlantique en Double IRC-UNCL 2016 – Classement après deux épreuves

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