SFS II : Le Comité d’Éthique Centre de Calcul IRC rend son rapport

Vous trouverez ci-dessous le rapport du Comité d’Éthique du Centre de Calcul IRC concernant le cas SFS II.

Suite au travail effectué, le Président de l’UNCL a demandé au Comité Technique de porter à son agenda de sa réunion annuelle de milieu d’année le problème soulevé par cette configuration vélique et de porter à la connaissance du PSG (Policy Steering Group RORC et UNCL) les conclusions de ces travaux.

 

 

DOSSIER LIONEL PEAN – Bateau SFS II

 

Rappel des faits et de leur chronologie

En mars 2016, Lionel Péan, skipper du VOR 70 SFS II conteste le sort qui lui est fait quant au traitement de la jauge IRC du bateau, suite à une réduction de la surface de sa voile d’avant. Il pense que cette réduction de voilure aurait dû faire baisser son rating et fait part de son incompréhension face à cette situation.

Par la suite, Lionel Péan a renouvelé ses sollicitations auprès de l’UNCL (Centre de Calcul, Jean Sans, Jean Philippe Cau, Jean Claude Merlivat), afin qu’une réponse s’inscrivant dans une « logique mathématique » soit apportée à sa demande. Tel n’a pas été le cas.

Dans ce contexte, après en avoir informé l’UNCL le 26 mai 2016, il fait connaitre publiquement le 28 mai son mécontentement au travers d’une lettre ouverte notamment relayée sur le site PROP-IRC Hub, dans un total souci de transparence.

Immédiatement le Comité d’Éthique Centre de Calcul IRC UNCL s’auto-saisit du dossier SFS et rend ses conclusions auprès de l’UNCL le 8 juin 2016.

 

Éléments d’analyse du dossier

Par rapport à la demande de correction de son TCC faite par Lionel Péan, il faut noter que le type de bateau concerné (avec à l’origine une rule box très spécifique) n’est entré dans la jauge IRC qu’il y a peu années sur la base d’une adaptation du dispositif existant de calcul du TTC. Comme pour l’ensemble de la flotte IRC ce bateau a été ou pu être impacté depuis par les évolutions que les concepteurs de la jauge apportent annuellement à la formule de calcul.

Il convient de ne pas perdre de vue que la particularité de l’IRC est d’avoir une formule de jauge secrète. La demande même d’un certificat conduit à s’inscrire dans cette logique et à respecter l’ensemble du règlement IRC, comme cela est mentionné sur les certificats délivrés :

« Je confirme avoir lu et accepté les règles de l’IRC des chapitres A, B , C, D. Je déclare sur l’honneur m’y soumettre et renoncer à toute contestation de la règle IRC. J’accepte irrévocablement que tout litige concernant mon certificat de jauge puisse être (soit) tranché par l’Autorité de rating (ou) et en cas de contestation, présenté au Conseil d’Orientation de l’IRC, ainsi que le prévoit l’article 7.5 de la règle IRC. »

Concomitamment, l’analyse du dossier met en avant différents points techniques :

  • Une erreur relative à la mesure du STL figure sur le certificat SFS du 22 mars 2016. Ce certificat était donc erroné. La production le 1er juin du certificat avec le bon STL s’est traduite par une augmentation de 0,005 par rapport au TCC en cours jusqu’à cette date. On peut considérer que cet écart s’inscrit à la limite de tolérance admise pour prise en compte dans les épreuves – les classements publiés peuvent être considérés comme valides.
  • Il doit être précisé que les voiles ont été mesurées par un Mesureur Agréé Endorsed (Michel Duchatelle). Dans le règlement actuel de l’IRC, cela ne désengage pas le propriétaire responsable de l’ensemble de la communication des données de son bateau au Centre de Calcul IRC UNCL.
  • Le positionnement du point d’amure (en avant de l’étrave), la longueur du HLUMax et la coupe même de la voile d’avant maximale désormais utilisée par SFS II laissent supposer des impacts sur le TCC autres que celui de la simple variation de surface d’une voile (à la baisse) – meilleure performance due à la coupe de la voile. Cela peut justifier un avantage de performance au près d’après les gestionnaires de la formule de jauge. Ce n‘est peut-être pas le cas à des allures plus abattues de l’avis du Comité d’Éthique.
  • Il appartient au Comité Technique et au Comité d’Orientation IRC d’intégrer ce point à leurs réflexions en matière d’évolution de la formule de jauge, si ce n’était déjà le cas, étant entendu que le Comité d’Éthique juge souhaitable de ne pas modifier les formules de calcul en cours d’année.

 

Recommandations du Comité d’Éthique Centre de Calcul IRC UNCL

Début juin 2016 l’UNCL a produit un communiqué abordant une partie des points sus mentionnés. Le Comité d’Éthique recommande dans un souci de clarté et transparence de publier les éléments majeurs de son analyse.

S’appuyant sur la réglementation en place (amendée annuellement), le Comité  d’Éthique préconise de ne rien changer en 2016 à l’actuelle situation. Toutefois, il souligne que dans le cas de bateaux sortant des standards (comme c’est le cas pour le VOR 70) il lui parait indispensable d’avoir une meilleure synergie entre les différents acteurs de la jauge afin d’éviter des délais cumulatifs de traitement des informations et de renforcer le contrôle de cohérence des données.

Dans le même temps, il recommande au Comité d’Orientation d’approfondir ou compléter, sur la base des constats effectués, les différents éléments intégrés dans la formule de calcul appliquée. Il est à noter que des pondérations ou variations de paramètres  peuvent s’annuler ou se compenser sans qu’un propriétaire ou les architectes ne puissent le constater directement.

Le Comité d’Éthique recommande au Centre de Calcul IRC UNCL, et plus directement à l’UNCL, de renforcer sa communication quant aux différentes structures de gestion de la jauge mises en place, ceci n’étant pas nécessairement très lisible pour un propriétaire choisissant d’adopter la jauge IRC.

Le Comité d’Éthique Centre de Calcul IRC UNCL, profite également de ce dossier pour souligner que la responsabilité du seul propriétaire quant aux données de son bateau lui parait devoir être remise en perspective lorsque des mesureurs agréés interviennent dans le processus de collecte des données nécessaires au calcul du TCC du bateau.

Le Comité d’Éthique tient enfin à souligner qu’aucun élément du dossier SFS II ne saurait mettre en doute la probité de son skipper Lionel Péan.

 

Le Comité d’Éthique – Centre de Calcul IRC

 

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