Pornic Baiona 2016, elle a tenu ses promesses ! par Jean-Louis Goblet

     13 doubles et 9 solitaires en IRC et 4 équipages en Osiris sur les deux manches de 460 milles de la Pornic-Baiona 2016.

     Avec notre A35 Galatée, nous courions dans la flotte double où s’alignaient nombre d’équipages très affûtés, majoritairement sur Sun Fast 3200.

     Le départ de la première manche est donné à 11h le 11 juillet.

     Le vent est d’Ouest au sud d’une dépression qui se déplace vers le nord-est des îles britanniques alors que dans la deuxième nuit du 12 au 13 juillet s’établit une dorsale anticyclonique avec rotation au NE par le nord.

     Après un petit parcours banane constitué d’une bouée au vent avec dog leg et d’une porte sous le vent devant le port de Pornic, suit un louvoyage d’une dizaine de milles vers le chenal de la Grise au Nord de Noirmoutier dans des courants favorables de marée descendante. Les bateaux sont groupés, avec en tête les doubles Galatée et Georgia, l’un des trois 3200 à mât carbone en lice avec JP Concept et Tikocco. Avec la prévision de la rotation à droite en fin de traversée, les routages indiquent de faire de la vitesse et de laisser porter sous la route, la question étant de combien et de mesurer le risque d’une rotation tardive et de vents souvent plus faibles à l’approche du cap Ortegal. Tout le monde est sous la route, mais avec un écart transversal qui atteint les 15 milles. Les bateaux les plus proches de la route directe, perdent du terrain, d’autant que les vagues de la mer croisée ralentissent facilement les bateaux. Avec notre A35, nous sommes ainsi à deux milles derrière Georgia et à égalité avec JP Concept. Mais en milieu de la deuxième nuit, nous pouvons lancer plus tôt le code 0 et au matin le spi de tête. Nous sommes en tête le 13 juillet à midi avec une avance de 3,5 milles sur Georgia au passage d’une porte entre le cap Prior au Nord de La Corogne et une bouée virtuelle à 10 milles dans son Nord-Ouest. Cette porte est un point de passage obligé où la direction de course peut interrompre la course si les conditions de passage des caps deviennent trop dures.

     Après la porte du cap Prior, deux questions se posent : subira-t-on les 30 nœuds prévus ? C’est une situation fréquente en été avec la dorsale anticyclonique et la dépression thermique sur l’Espagne. Et quand empanner de tribord en bâbord pour arrondir les caps et ce avant que le vent ne soit trop fort, mais pas trop tôt non plus pour ne pas risquer une molle près de la côte ?

     Autour des caps, des Iles Sisargas à l’Ouest de La Corogne, au Cap Finisterre le vent tourne avec la côte, d’abord au 40°, il passe ensuite Nord, si bien que ce contournement des caps sur 40 milles s’effectue en tribord puis bâbord amure, proche du vent arrière.

     Les options divergent, Galatée et l’équipage de SailGrib (SF 3200 équipage) choisissent une route près de la côte, JP Concepts assez loin de la côte empanne assez tôt ce qui lui permet de passer devant Georgia à bord duquel Jean-Paul Mouren, échaudé par des expériences antérieures de molles sous les caps, s’écarte de plus de 7 milles de la route directe.

     Le vent forcit à l’approche du cap Finisterre, jusqu’à 22 nœuds réels, avec pour conséquence de jolis surfs dans une mer formée. Se pose alors une nouvelle question tactique pour les 50 milles restant jusqu’à l’arrivée : faut il poursuivre direction sud vers le large pour garder le vent fort, au risque de devoir affaler le spi si le vent revient à droite à l’embouchure des rias ou la route directe au 160° avec le risque d’un vent qui s’effondre en approchant la côte ? Galatée s’engage sur la route directe, les poursuivants se placent un peu plus au large avec Georgia toujours plus loin. Le vent tient, en direction à 10° et en force jusqu’au sud des îles Cies à cinq milles de l’arrivée. Il refuse ensuite puis tombe rapidement à l’approche du promontoire du Monterreal qui protège à l’ouest le port de Baiona. Le final se dispute en début de nuit au louvoyage dans des vents très faibles et variables. Les cinq bateaux de tête sont alors très proches en temps compensé. Galatée franchit le premier la ligne d’arrivée de la jetée du port à 1h04 le 14 juillet après 2 jours et 14 heures de mer, suivi par le JP Concept de Jean-François de Prémorel qui a le mieux négocié la délicate fin de parcours et arrive avec près de 30 minutes d’avance en temps compensé sur les quatre suivants dans un mouchoir de poche. Dans l’ordre : les Sun Fast 32000 Georgia, Groupe 5, Tikocco puis Galatée.

          Loin devant

     Le départ de la seconde manche était programmée le mardi matin du 19 juillet, mais les prévisions météo étudiées le dimanche et le lundi donnent des vents très faibles et une arrivée aléatoire le samedi pour les plus rapides. Une majorité des concurrents demande à partir dès le lundi. La direction de course fixe le départ à 22h le lundi 18 après la remise des prix, avec divers plans de repli en fonction de la force du vent et de la visibilité sur la zone de départ. En soirée du lundi, le vent devient très faible et une brume épaisse s’installe. Le plan de repli est retenu : il consiste à faire route au moteur dans la nuit pour un départ au matin le 11 au sud du cap Finisterre lorsque les conditions de vent et de visibilité seront correctes.

     A 7h le départ est donné à 8 milles du cap. La visibilité reste médiocre, inférieure à deux milles, le vent est de 10 nœuds de Sud/Sud est. Une petite bouée est mouillée, le bateau suiveur Phil’s fait office de bateau comité en se maintenant au moteur en position pour une ligne de départ sous spi « à l’anglaise » orientée Est /Ouest. Les équipages un peu endormis par la nuit de veille au moteur franchissent la ligne qui n’est pas facile à identifier sans précipitation.

     Les prévisions météo du mardi 19 au matin sont très différentes de celles des jours précédents. La dépression à peine esquissée la veille au centre du golfe de Gascogne s’est précisée et donne un vent assez fort d’Ouest/ Nord Ouest jusqu’à 30 nœuds au large du cap Ortegal puis rotation au Nord en faiblissant avec le développement de l’anticyclone. Le premier routage donne une arrivée le jeudi 21 au matin. Sur les 25 milles qui mènent jusqu’au cap Villano, c’est une course à vue avec parfois plus de vent au large et parfois plus à la côte. Les deux Archambault, le A31 Hagat et le A35 Galatée, sont à l’aise au portant sous spi et prennent la tête.

 

Le duo Jean-Louis Goblet / Catherine Adam vainqueur de la course à bord du A 35 Galatée.

     Comme lors de la première manche, le vent contourne les caps, passant du Sud-Est au Sud-Ouest avec du vent arrière principalement tribord amure. Passé le cap Villano, la question tactique est celle du moment de l’empannage pour une route de traversée bâbord amure, puisque le vent va tourner Ouest et que la route est au 50°. Éventuellement difficile à tenir sous spi si le vent est au Nord Ouest à plus de 25 nœuds. Le routage indique logiquement de se décaler vers le Nord avec un vent un peu plus soutenu le lendemain et une anticipation du refus en fin de parcours. Il faut donc empanner tôt avant la rotation Ouest, et ne pas longer la côte avec ses risques de molles vers les îles Sisargas et donc viser un point de route calé à 15 ou 20 milles au Nord-Ouest de la route vers la mi- parcours. Les concurrents tardent à empanner comme JP Concept et Be Happy, qui perdent rapidement un mille. En fin de journée du premier jour de course alors que l’on perd de vue la côte espagnole, toute la flotte s’est recalée au Nord ouest de la route. Le vent reste plus Ouest que prévu entre 15 et 20 nœuds. Dans la nuit l’écart se creuse à 10 milles entre Galatée et Hagat, puis reste stable toute la journée du 20. On y voit le système nuageux de la dépression se déployer du nord et le vent passer rapidement du 270° au 310°, vers 15h puis 330° en mollissant en milieu de nuit du 20 au 21. Code 0 puis génois donc.

     Au début de la journée du jeudi 21, le vent faiblit et s’oriente Nord-Est dans l’axe de la route sous l’effet de la dorsale anticyclonique qui se développe. Le fichier grib donne des zones sans vent sur la route, la question est donc de contourner la bulle soit par le nord d’où viendra le nouveau vent mais avec beaucoup de route, soit par le sud. Galatée qui a, à ce moment 30 milles d’avance sur le A31 Hagat, subit une molle moins prononcée et se cale sur un bord bâbord vers l’Est tablant sur l’avantage à se rapprocher de la côte pour bénéficier de thermique et sur la prévision d’une rotation Nord-Ouest au développement de la dorsale suffisante pour atteindre le nord de l’île de Noirmoutier sans tirer de bords. Effectivement dans l’après midi, le vent bascule progressivement Nord en remontant 10 à 15 noeuds à l’entrée en baie de Bourgneuf avec une fin de parcours rapide au largue sous spi.

     Les poursuivants, Hagat et Groupe 5 en double et Darling en solitaire, prennent aussi l’option Sud qui leur permettra de contourner la zone sans vent et d’arriver plus de 9 heures avant le reste de la flotte.

     La Pornic-Baiona a tenu ses promesses de course au large, bonne préparation pour la Transquadra pour le passage toujours délicat des caps entre Ortegal et Finisterre, choix tactiques ouverts, déterminants et à actualiser en permanence dans des vents de 0 à 25 nœuds, soleil presque toujours et température clémente… Le tout agrémenté par une grande convivialité à terre et du niveau sur l’eau.

          Jean-Louis Goblet, Galatée


Les Sun Fast étaient massivement représentés dans la course. Ils gagnent dans tous les compartiments du jeu au général, sauf en double où le SF 3200 Groupe 5 finit à égalité de points avec le vainqueur Galatée, mais second…

 

 

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