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L’America’s Cup à Toulon : Si près, si loin

Quelques difficultés pour voir les régates de l’un des stops mondiaux des AC45 à Toulon. Car, sur l’eau, nous étions parqués à environ un mille et demi du stade nautique (finis les bananes, les ronds, soyons modernes passons au rectangle façon terrain de foot !). Le tout surveillé par une gendarmerie maritime armée jusqu’aux dents et agressive à souhait.

Bien sûr, par les temps qui courent, il n’est guère surprenant qu’un surcroit de prudence soit mis en œuvre. Mais là, il faut bien avouer que cela semblait à la fois excessif et mal ficelé.

actoulon2016_groupamaPartis de Saint-Mandrier, nous avons pu approcher les bateaux au mouillage avant et après l’épreuve sans souci. Il faut bien dire que c’est le seul moment où on a pu voir un peu ces dragsters des mers.

Car suivre les courses qui ne durent guère plus de 10 minutes (…) à une telle distance, même avec le commentaire en VHF, c’était impossible. Et pourtant avec trop peu de vent, ils n’ont pas pu lever la « papate » et en allant relativement lentement, cela paraissait théoriquement envisageable. Sur l’eau, il y avait plus de curieux en semi-rigides, White Shark et autres écume de Mer hors d’âge que de bateaux supporters de gens impliqués. C’est donc la déception qui a dominé notre équipage parti se baigner et naviguer un peu à la voile après 2 heures de tentative assidue.

Sur la partie sportive : ces bateaux sont à la régate ce que les dragsters sont à la Formule 1 : Quand les conditions sont réunies (Portsmouth), c’est certainement spectaculaire mais quand Éole dort, même sur le plan d’eau magique de la rade de Toulon (ou de New York), ça fait un peu chat mouillé…

actoulon2016_landroverMon point de vue critique sur ce format de  Coupe de l’America s’est donc renforcé mais j’en tire toutefois la leçon suivante :

Le format choisi est un format qui s’inspire largement des sports américains comme le baseball, le basket ou le football américain : Le jeu n’est qu’un prétexte à organiser une énorme machine marketing et communication, basée sur la mise en avant des meilleurs professionnels entourés de pompom girls et produisant des images retransmises dans des tribunes  et sur des chaines payantes : Cela ne servait à rien d’aller sur l’eau, ce n’est pas fait pour les gens de la voile !

Ils peuvent même s’affranchir d’avoir un message (ou une marque) simple : Essayez de prononcer LVACWS !

D’ailleurs les médias locaux sont dithyrambiques (la vente d’espace pub sur Var Matin a du bondir…), les Toulonnais , ça leur a fait une sortie pour aller au concert , au balleti (bal populaire provençal) ou au feu d’artifice, les sponsors ont fait venir clients et partenaires, les hôteliers étaient pleins, les propriétaires de belles maisons les ont super bien louées et le Maire de Toulon a essayé un nouveau casque. Donc tout le monde est content et bravo TPM d’avoir réussi à convaincre ACEA et Russel Coutts.

Donc, pas de public aux Bermudes, ce n’est pas un problème car ce n’est pas le « Business Model ».actoulon2016_emirates

Cela va-t-il aider Canal a recruter de nouveaux abonnés ? J’en doute mais ils trouveront toujours un consultant pour apporter un peu de vernis Nautix (Pub !) à leurs journalistes sportifs habituels qui, s’ils ne connaissent rien à la voile, raconteront toujours des trémolos dans la voix pourquoi Franck Cammas a du mérite de finir au pied du podium.

Bref, en phase avec l’époque (…)  ce qui ne nous empêche pas de continuer à trimbaler lentement du plomb entre des bouées avec un grand plaisir.

 

Philippe Sérénon

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