Mardis de l’UNCL : une saga et une aventure !

Mardi 25 avril, une sympathique réunion s’est tenue à l’UNCL, d’abord en terrasse puis à l’intérieur car il soufflait un vent bien frais sur les bords de la Seine. Cette soirée a été l’occasion pour le Club de revenir sur l’épopée de la revue « Course au Large » présentée par Patrice Carpentier et Didier Dardot, et de recevoir en voisin Stéphane le Diraison, de retour du Vendée Globe.

 

LA SAGA « COURSE AU LARGE »

Ironie de l’histoire, c’est un premier avril qu’est née la revue Course au Large.

« Le nouveau bulletin de l’UNCL » titrait le comité de rédaction auquel appartenait Patrice Roynette à l’origine de cette parution avec son ami Jacques Fayard, alors président de notre club. Au menu de cette brochure de 36 pages en noir et blanc un résumé de la saison 1975 avec en vedette l’Admiral’s Cup, le Révolution de Jean-Louis Fabry, le tragique accident survenu à bord de Morning Cloud au premier ministre britannique Edward Heath, et déjà des sujets techniques sur la Quarter Ton Cup, l’informatique à bord des Twelve de la Coupe de l‘America…

42 ans après, le titre existe toujours malgré une vie parfois tourmentée que Didier Dardot et Patrice Carpentier nous ont résumée lors de cette soirée.

Réalisée dans un premier temps avec les moyens du bord, notre revue « Course au Large » s’est petit à petit professionnalisée avec une pagination augmentée et surtout une diffusion en librairie. Dans les années 80, elle est devenue un périodique spécialisé à diffusion trimestrielle puis bimestrielle destinée aux « voileux » avides d’infos sur leur sport préféré et réalisée sous la férule passionnée et conjointe de Patrice Roynette et Pascal Faure.

La rançon du succès est qu’il fallut bientôt confier le timon à un vrai éditeur, en l’occurrence Claude Perdriel, homme de presse bien connu, notamment patron du Nouvel Observateur, et membre du club. La rédaction et la pub sis dans une pièce mitoyenne de l’UNCL dans les locaux prestigieux de l’Aéro Club de France ont déménagé près de la place de la Concorde : un endroit aussi fort agréable. Patrice Carpentier en était le rédacteur en chef épaulé par le talentueux Jean-Pierre Pacquier à la maquette, à qui succéda Denis Robert.

En 1989, « Course au Large » devint « Au Large », une publication plus largement consacrée à la mer. Elle n’aura qu’un temps. Patrice est parti courir le premier Vendée Globe et quand il revient, Claude Perdriel lui rétrocède le titre. Course au Large renaît de ses cendres sous la forme d’une lettre hebdomadaire diffusée uniquement par abonnement consacrée à l’actualité sportive et technique. Patrice est aux manettes épaulé bénévolement par l’excellent Olivier Péretié. Les deux compères se régalent et un public de mordus, Eric Tabarly fut un de leurs premiers abonnés, leur est fidèle jusqu’à l’apparition d’Internet et de l’info instantanée et gratuite.

A la fin des années 90, le titre est repris par Olivier Goubault à Rennes. La « Lettre » » poursuit vaille que vaille sa parution à laquelle s’ajoute une nouvelle publication : « les Cahiers de Régate ». De nouveau Patrice abandonne son job pour le Vendée Globe qu’il termine premier des 50 pieds et onzième au scratch. A son retour, Pierre Giboire, gérant de la société de communication Mer et Media à Rennes et amoureux du titre relance la parution du magazine Course au Large qui n’aura jamais été aussi beau. Patrice en assure la rédaction en chef jusqu’à ce qu’il reparte pour un troisième Vendée Globe, en 2004… Et quand il s’en revient de sa cinquième giration planétaire (deux Whitbread et trois VG !) on le retrouve tout aussi évidemment à la rédaction de Course au Large.

Chemin faisant, Pierre Giboire et son compère Fabrice Thomazeau reprennent à leur compte la parution du mensuel « Bateaux ». L’opportunité est intéressante de diversifier l’offre mais à la différence de Course au Large seul sur son créneau, Bateaux se mesure à des titres solidement installés sur le marché de la plaisance et peine à (re)trouver sa place.

En 2015, l’éditeur rennais jette l’éponge. Les deux titres sont cédés séparément. Et c’est de nouveau un passionné, Ludovic Sorlot, déjà éditeur de « Cup Legend » et d’autres magazines de niche, qui reprend le flambeau et perpétue la diffusion de cette belle revue Course au Large comptant parmi ses rédacteurs un certain… Patrice Carpentier, très probablement la seule personne au monde à posséder l’intégralité des publications Course au Large. Et pour cause !

 

LE DIRAISON VENU EN VOISIN

Stéphane Le Diraison, concurrent du dernier Vendée Globe à bord du 60 pieds Compagnie du Lit-Boulogne Billancourt, un puissant plan Finot Conq conçu à l’origine pour Alex Thompson, est venu raconter son aventure en ce même « mardi de l’UNCL » après le speech de Didier et Patrice sur la Saga Course au Large.

La première remarque est que ce marin raconte bien. Il faut dire que son aventure autour du monde n’a pas été un long fleuve tranquille. Avec son vieux bateau, il s’est battu pour figurer aux avant-postes de son groupe jusqu’au moment où son mât s’est cassé « dans des conditions qui n’avaient rien d’extraordinaire ». Bref la méchante et mauvaise surprise quand cela vous arrive à plus de 700 milles de la côte australienne. L’ingénieur, régatier, coureur au large très expérimenté a trouvé les ressources pour ériger un gréement de fortune et rallier cahin-caha Melbourne après bien des péripéties qui ont tenu son public en haleine. Son bateau a été rapatrié sur un cargo pour être réceptionné en France mi-mars.

Stéphane n’en a pas fini avec le règlement de ce coûteux sinistre mais se projette d’ores et déjà sur le prochain tour du monde en solitaire. Trois options sont envisageables : vendre le bateau actuel pour en racheter un autre plus performant, garder le bateau existant pour l’optimiser à moindre frais, soit complètement le transformer avec de nouveaux appendices… « La carène est une très bonne base, avec un fort potentiel d’évolution. Dans tous les cas, l’objectif final est bien de boucler la boucle lors du prochain Vendée Globe », pouvait-on lire à son sujet dans la dernière livraison du magazine Course au Large. Stéphane Le Diraison associe toutes les qualités pour séduire un sponsor : capacité technique, expérience de la course au large adossée à un palmarès flatteur, goût naturel pour communiquer et raconter avec sobriété et simplicité une aventure hors du commun.

L’UNCL le remercie de sa présence et lui souhaite bon vent.

 

Quelques photos de notre soirée :

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