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Hervé Benic et IRITIS : Juillet « So British »

Hervé Bénic, membre de l’UNCL et abonné aux courses anglaises à bord de son First 40 Iritis, nous explique son Tour de l’Ile de Wight 2017. Évènement traditionnel et attendu sur les côtes anglaises, le tour se déroulait une semaine avant la mythique Cowes-Dinard, auquel Iritis a également pris part (7ème en Classe IRC 2).

 

Le Tour de l’Ile de Wight … s’il y a bien une course spectaculaire, c’est celle là !  1365 bateaux inscrits cette année, je dirais « seulement » 1365 car c’est plus souvent aux alentours de 1600 bateaux inscrits. Iritis en est à son 3ème tour de Wight.

Iritis, mon First 40,  est basé cote Nord, à Saint-Malo : il est plus facile pour nous de « monter » en Angleterre que d’aller en Bretagne Sud, même si on doit franchir le redoutable Raz Blanchard (10 nds de courant  par coefficient 95).

Départ de convoyage le jeudi après midi. Nous amenons avec nous un des équipiers de Space Oddity à Grégory Bertrand, parti quelques heures plus tôt ainsi que « China Girl » à Marc Noël, même Black Jack à Eric Gicquel parti la veille et Nutmeg à François Lognoné convoyé plusieurs jours auparavant. Il y aura donc quelques Malouins sur la course.

Plutôt que de stationner à Cowes, nous préférons le Royal Southern Yacht Club où l’accueil est toujours topissime. J’avais jumelé ce Club au Yacht Club de Dinard quelques années auparavant et nous sommes accueillis à bras ouvert par Tim, le manager des pontons.

On sait tous qu’ils sont fous ces Anglais ! Pour preuve, le premier départ est prévu à 5h30 BST et il y  a un départ toutes les 10 minutes… pour 11 séries au total. Dernier départ à 7h10. Il y a de tout sur l’eau en ce matin un peu gris. Les premiers à partir : Les Open 60, les IRC 0, les Class 40 et les Clippers… Puis 10mn plus tard les multi et les Gaffers. Viennent ensuite les Sportsboat, les J70 et la nombreuse flotte de Sunsail First 40.

Nous sommes prêts à partir, 9 personnes à bord : Erwan Tessier le fidèle et brillant Numéro 1, Patrick Lemerle n°2. Au Piano la charmante Rozenn Dagorn. À l’embraque Michel Renouard, Thierry Bergerault. Au réglage génois Jean-Michel Hoarau, à la GV Morgann Pinson. À la tactique Jean Ado et moi-même à la barre.

Iritis (voiles noirs) bord à bord avec Black Jack

Iritis (voiles noires) bord à bord avec Black Jack

Et c’est parti, en milieu de ligne environ, 16 nds de vent NNW. Nous sommes avec le courant, sous GV haute et code 2 à l’avant. Les autres First 40 sont plus côté Ile. Nous sommes bord à bord quasiment avec le J133 Black Jack légèrement devant nous mais que nous ne perdrons jamais de vue. Arrivés à Hurst, nous passons sous code 0. Nous sommes au contact des autres First 40 et notamment La réponse l’ancien bateau de Géry Trentesaux, à quille plate. Les autres n’ont pas envoyé de code 0 !

Iritis aux Needles (Spi rouge)

Iritis aux Needles (Spi rouge)

Nous arrivons aux Needles à plus de 11 nds sur le fond, avec 12 nds de NNW (Ci-dessous). Là il faut jouer serré car le chemin le plus court passe près du caillou au nord du phare des Needles et l’épave du Varassi. C’est ce chemin que nous prenons, contrairement à Black Jack. Il est impensable en France d’envisager de faire passer des bateaux à cet endroit en course « #Raceforall » comme c’est indiqué sur tous les avis de course. En 2016, dans des conditions de vent beaucoup plus fortes, c’est le half Alchemist au commodore de l’Island Sailing Club (club organisateur) qui coulera à cet endroit. Cette année c’est Quokka un Grand Soleil 43 qui fera un arrêt brutal sur cette épave comme on le voit sur l’image ci-dessous.

Le Grand Soleil 43 Quokka au moment de l’impact, safran hors de l’eau.

Le Grand Soleil 43 Quokka au moment de l’impact, safran hors de l’eau.

 

Au niveau de ce passage « délicat » il faut empanner. Le premier qui empanne « gagne ». Et c’est nous ! Mais le contact avec les autres First 40 est toujours très proche.  Nutmeg n’est pas très loin non plus, ainsi que Yes le JPK 10.80.

Une bouffe de vent, je passe devant, pas de bouffe de vent je repasse derrière … Cela jusqu’à Sainte Catherine. Là le vent qui avait molli à 12 nds environ forcit un peu. Le spi est plus dur à tenir. Le premier à l’affaler est  La réponse.  Du coup il passe devant, plus près de la côte du côté de Dunnose. Là il faut bien se résoudre à affaler. Le spi est remplacé par le code 0.

Nous le tiendrons jusqu’à Bembridge où nous sommes en tête des First 40, toujours en visu de Black Jack devant nous et Nutmeg derrière. Les rating sont respectés mais nous pensons être très bien en compensé …

Après 4h40 de barre, je la passe à Jean Ado qui va faire du près jusqu’à l’arrivée. Les autres First 40 ont apparemment  plus de vitesse au près et utilisent à fond les rentreurs. Cela a le grand mérite de nous jauger par rapport à eux, car à Saint-Malo c’est plus contre le temps compensé que nous nous battons, sans l’émulation d’une « bataille » avec un sistership. D’un autre côté sur les autres bateaux, l’équipage est de 12 personnes… mieux au rappel.

Je passe à la table à carte et surveille attentivement les hauts fonds. Le but est de rester où il y a le moins de courant contre nous, donc là où il y a le moins d’eau. Il faut éviter de s’échouer sur le banc de Ryde entre autres …

Le vent, au fur et à mesure deviendra pétoleux, rendant difficiles les derniers milles. C’est à la porte Nord de la ligne d’arrivée que nous devons passer.Nous rageons de voir La Réponse passer 18s devant nous et  Sfida 16s. Mais ce groupe de 4 First 40 a dominé toute la flotte des First 40 : 14 en IRC et 25 en Sunsail (le 1er mettra ¾ d’heure de plus que ce groupe de 4).

Nous rentrons tranquillement à Hamble quand nous apprenons les résultats (Il faut confirmer son arrivée par SMS avec l’heure d’arrivée, le numéro du bateau qui précède et de celui qui suit). Nous sommes 1er des First 40, 1er des Français engagés dans la course, 3ème dans la classe et 4ème toutes classes sur 450 bateaux engagés en IRC  ! Le grand gagnant en IRC est le JPK 10.80 Yes. Black Jack finit 9ème toutes classes, Nutmeg 15ème

Pendant ce temps là, le record du Tour de Wight aura été battu par Concise et 2h22’23’’ quand nous aurons mis 6h43’20’’… Un autre monde.

Trophées_IRITIS_TIW2017

Le rôle de barreur est parfois frustrant, ne permettant pas de profiter totalement du magnifique spectacle, du mur de voile permanent, mais nous avons bien rigolé et ramené les coupes à la maison …

Nous laisserons le bateau sur place, toujours à Hamble puis retour par la Brittany Ferries. La semaine prochaine, nous remontrons avec la Brittany Ferries (commandant connu des voileux : Hervé de Kergariou) pour courir Cowes Dinard.

Hervé Bénic – IRITIS

4 juillet 2017

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