Régates à bord d’un «avion de chasse»

Nicolas Lunven, double vainqueur de la Solitaire du Figaro, a profité d’une fenêtre libre pour lui, entre deux étapes de la Volvo Ocean Race, pour remporter le championnat d’Europe IRC qui se disputait du 10 au 16 juin dernier à Cowes (Angleterre). Embarqué comme navigateur-tacticien à bord de J Lance 12, un J/112 Elégance du chantier J Composites, il revient sur sa course à bord de cet «avion de chasse», comme il le qualifie lui-même pour Voiles et Voiliers.

Alors, ce J/112 ?
Nicolas Lunven : Un bateau étonnant, franchement. Au près, c’est un véritable avion de chasse. Il est redoutable. Mais en plus, il est polyvalent ; ce n’est pas par hasard, du coup, que nous avons remporté ce championnat d’Europe. Victoire en catégorie IRC 3 mais aussi au classement toutes classes. En dessous de 10 nœuds de vent, nous étions au coude-à-coude avec un X-37 danois qui avait plus de mal à nous serrer quand le vent est monté mais au-dessus de 15 nœuds, notre concurrent le plus redoutable a été un First 40.7 optimisé qui a eu plus de mal, lui, dans les petits airs. Dans la brise, un Sun fast 3600 et des JPK 10.10 et 10.80 nous ont donné du fil à retordre, aussi. Mais c’est notre polyvalence qui a payé, au final.

Jolie victoire, pour un bateau de croisière, non ?
N.L. : Je ne suis pas là pour faire la pub de ce nouveau modèle mais il a tout, je trouve, pour se tailler un joli succès. En plus, je le trouve très joli. Ce qui n’est pas toujours le cas des bateaux de conception moderne. Au près, il ne craint personne, notamment grâce à une facilité à faire du cap. Au portant VMG, il s’en sort également très bien, mais nul n’est parfait: c’est évident qu’au reaching et au largue, les JPK et autres Sun Fast font parler leur largeur de carène. Mais avec un Code 0, une voile qui nous manquait à bord, je pense que la perte aux allures débridées reste négligeable ».

Et à la barre ?
N.L. : Pour vous dire la vérité, je ne suis pas un adepte de la barre à roue. Mais celle de notre J/112 était pas mal, pour une barre à roue ! Les transmissions sont très directes, c’est agréable. Le dessin des appendices, et du safran notamment, ont été bien pensés.

Régates à bord d’un « avion de chasse ».J Lance 12 a eu tendance à montrer son meilleur profil, autour de l »île de Wight.Photo @ Jean-Marie Liot

On a les mêmes sensations, sur les Volvo Ocean 65 de la Volvo Ocean Race ?
N.L. : Difficile de comparer ce qui n’est pas comparable ! Les VO 65 sont très puissants et vont très vite au reaching. En revanche, au près, on navigue en permanence ou presque sur la tranche alors qu’avec ce J, on reste beaucoup plus longtemps à plat.

Comment se sont déroulées les courses en elles-mêmes ?
N.L. : Nous étions 13 bateaux dans notre catégorie et nous avons eu le droit, durant cette petite semaine de course, à un panel à peu près complet de conditions météo. Quant aux abords de l’île de Wight, cela reste pour moi le plus beau plan d’eau du monde, sans doute. Il y a eu des parcours banane, un peu de côtier, plus le tour de l’île. Faute de vent, la grande course de 24 heures a été annulée mais dès le passage de cette dorsale anticyclonique avec sa pétole, nous avons pu recommencer à jouer avec les bancs de sable et les rochers en se cachant au mieux pour éviter les courants. Ce n’est pas le tout, d’avoir le bon bateau !

Régates à bord d’un « avion de chasse".Nicolas Lunven : deux fois vainqueur de la Figaro mais aussi navigateur et tacticien, à l’occasion.Photo @ James Blake

 

Article de Voiles et Voiliers Publié le : 21/06/2018

http://www.voilesetvoiliers.com/course-regate/regates-a-bord-dun-avion-de-chasse/

 

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