Jean-Luc Van den Heede remporte la Golden Globe Race 50 ans après la première édition

Jean-Luc Van den Heede, célèbre figure de la navigation française en solitaire, a déjà accompli par cinq fois le tour du monde. Il détient le record de vitesse du tour du monde à la voile, en solitaire et sans escale, contre vents et marées et vient de rajouter à son palmarès la Golden Globe Race, une course autour du monde de 30 000 miles, sans escale, sans assistance et en solitaire.

Jean-Luc VDH, 73 ans, 214 jours de mer, monté de multiples fois dans son mat pour bricoler son gréement, résistant aux bernacles, moins de 6 nœuds de moyenne quand Spindrift est à 21 et un tour du monde aux alentours de 40 jours, tout ceci semble sorti d’un autre temps. Et de fait, c’est sorti d’un autre temps puisque la GGR se courrait dans les conditions du Globe Challenge.

Beaucoup a été écrit sur cette course revival, certains la trouvant inepte, la FFV s’y opposant au nom de la sécurité et de ce putain de principe de précaution qui tue les initiatives comme les idées.

Fort heureusement, l’esprit de liberté et de responsabilité individuelle a été plus fort et a permis de renouer avec ce qui est l’essence même de la décision d’un marin de larguer les amarres. En ces temps où le monde numérisé nous fait voir de nouvelles facettes de l’obscurité de l’âme humaine dans une sorte de schizophrénie collective, qu’il est bon de voir que quelques individus ont la détermination de s’affronter au réel dans quasiment le plus simple appareil.

Et tant mieux si ce long voyage ne démontre rien, n’a pas d’objectif ni d’autre sens que l’envie d’une poignée de jusqu’au boutistes d’aller se confronter à eux-mêmes, dans des conditions que la raison pousse à éviter. Car ne nous y trompons pas : avant d’être une aventure maritime, c’est un voyage intérieur et l’histoire, si elle a fait de Robin Knox Johnson un héros, a aussi démontré que tout le monde n’est pas en mesure de l’accomplir (Donald Crawhurst).

Mais VDH l’a fait, alors oui, je l’avoue, j’ai autant d’admiration si ce n’est plus pour VDH que pour François Gabart. Car il faut de sacrées qualités d’Homme (ou de femme, bravo à Susie Goodall) et de marin pour accomplir un tel exploit. Cela aura-t-il un grand retentissement public ? Je le souhaite si c’est pour en tirer des leçons de vie et pas si c’est pour la gloriole personnelle que d’ailleurs VDH n’a jamais recherchée.

Alors, Monsieur VDH, je pense que nombreux sont les membres de l’UNCL qui sont comme moi bouche bée devant un tel exploit. Félicitations et si d’aventure, vos pas vous guident jusque sur les bords d’une Seine bien docile comparativement à ce que vous avez vécu sur tous les océans du monde, nous serions ravis de vous y recevoir simplement. Entre marins.

Toutes les informations de la course : https://goldengloberace.com/fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Philippe SERENON

Président de l’Association des propriétaires de bateaux IRC.

Photo Credit: Christophe Favreau/GGR/PPL

Franck Dubray/Ouest-France

 

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