Retour sur les cinq années de présidence de Jean-Philippe Cau

Les évolutions d’une communauté, notamment celle d’un club, sont relatives à un contexte et à son dirigeant. C’est pourquoi il faut se garder de comparer un président à un autre quand ils n’ont pas été dans le même contexte.

En revanche, on peut célébrer un Président quand sa stratégie et son attitude ont été en phase avec le contexte dans lequel son mandat s’est inscrit. Et je crois que l’on peut dire de Jean-Philippe qu’il a été en phase avec son époque, et qu’il a su trouver en interne les leviers pour mobiliser les énergies, et qu’il a en externe, perçu les évolutions de la Course au Large.

En interne, il a très vite mis le doigt sur le besoin de renforcer le Comité et le Bureau et a su à la fois, faire rentrer du sang neuf comme Gilles, Yves, Penny, Franck et Frank parmi d’autres, et s’appuyer sur quelques fidèles attachés au club – dont je me targue d’être – avec notre nouvelle Présidente notamment. Sa tempérance naturelle et son obstination bienveillante ont été essentielles pour diriger un club dont les membres sont animés par une passion commune, passion qui entraine parfois des opinions volontiers tranchées et éruptives. Son implication et son travail ont fini par forcer le respect, même si son style discret ait pu inquiéter dans cet univers souvent bruyant et pas toujours efficace. Enfin, sa culture d’entreprise, en particulier dans le pilotage de projet, a permis de mener à bien plusieurs dossiers, sans se perdre dans les méandres d’idées souvent excellentes mais dont la faisabilité n’est pas toujours avérée. Finalement on a fait des choses que l’on n’imaginait pas pouvoir faire, et pas fait des choses que l’on avait envie de faire par manque de moyens, le plus souvent humain. Enfin, il s’est inscrit dans la lignée de nombreux président de l’UNCL tels que Viant, Fabry, Roynette et Hérold qui naviguaient plus de 50 jours par an, ce qui lui a donné une indéniable légitimité notamment vis à vis de l’extérieur. Ce qui ne veut pas dire que les autres Présidents (dont moi) n’aient pas apporté leur pierre à l’édifice, ni laissé une trace prégnante au club, mais plutôt par d’autres traits de personnalité ou par une expérience différente.

Ce fut particulièrement vrai vis-à-vis du RORC : rien de tel que de partager des bières au Pier View ou au Anchor Inn pour échanger et faire avancer les dossiers : Les anglais savent si bien manœuvrer le On et le Off, comme on dit dans les médias ou le lobbying ! La renégociation de nos accords avec le RORC ne fut pas le moment le plus plaisant de son mandat : Imaginez Jean-Philippe dire « je vous aime » aux Anglais ! C’est pourtant comme cela que nous avons fait et que nous avons pu, non seulement reconstruire, mais plus encore renforcer une relation vitale pour nos deux clubs, et ce, en ces temps de Brexit, autre virus qui traverse le RORC comme le reste de la société britannique.

Sauver cette relation était non seulement vital pour sauver l’UNCL, mais cela fit vraiment prendre conscience au comité directeur, de la nécessité de diversifier les activités du club pour ne pas être autant dépendant de la jauge IRC. Et cette diversification passe notamment par un retour vers l’organisation de courses, à commencer par la Cap Martinique, sans s’interdire d’autres projets à l’avenir !

Jean-Philippe a également compris l’impérieuse nécessité d’être en phase avec les clubs côtiers organisateurs de courses. Il a notamment su organiser le championnat d‘Europe à Marseille en associant l’UNCL et les 3 clubs du Vieux Port, dans une co-construction comme on dit aujourd’hui, qui permit un championnat de haute tenue.

Il y aurait encore mille choses à mettre à l’actif du bilan de Jean-Philippe, mais la place dans ces colonnes est limitée !

Il est un point essentiel qui mérite d’être souligné : Sa manière de gérer, avec l’aide d’Anne et de Penny, la relation et la carrière de nos permanents. Au cours de son mandat, entre déménagement, dossier IRC et situation sanitaire, nos salariés n’ont pas eu la vie simple et le management à distance n’a pas facilité les choses. Mais il a su non seulement les accompagner, les renforcer dans leurs fonctions et les faire progresser, mais aussi trouver un juste équilibre entre l’intérêt du club et les besoins des salariés.

Pour conclure, il n’y pas plus différents que Jean-Philippe et moi (sauf notre mois et notre année de naissance !) mais je dois dire que, comme copropriétaire de bateau ou comme membre actif de l’UNCL à ses côtés, notre entente fut toujours excellente dans une écoute mutuelle, ce qui a rendu productifs nos accords, comme nos divergences de points de vue. Au-delà de l’amitié, je retiendrai qu’à chaque situation, il y a une voie de sortie par le haut, si chacun veut se donner la peine de se hisser sur la pointe des pieds pour y arriver. Jean-Philippe transmet un club en forme, que ce soit financièrement ou sur le fond de son activité, et nous continuerons ensemble, en équipiers fidèles, à accompagner notre nouveau skipper dont les qualités humaines et l’expérience vont continuer de propulser l’UNCL vers un avenir radieux !

Par Philippe Serenon, membre de l’UNCL

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *