Gascogne 45/5: 350 milles dans le Golf de Gascogne

Conçue essentiellement pour les Duos, la flotte la plus représentée (23 IRC1, 15 IRC2) et les Solos, l’épreuve était aussi ouverte aux équipages.

Retour sur cette édition à travers le récit du duo inédit (voir plus bas) composé de Patrice Carpentier et Alix, avec le JPK 9.60 Groupe 5 Planète Urgence.

 

MERCI ALIX

« En raison d’une météo incertaine et de mon obligation de rallier La Trinité sur Mer le 9 juin, décision fut prise à La Rochelle d’opter pour la 45/5 au lieu de la 45/11, initialement programmée, et ce faisant de nous mesurer aux nombreux concurrents rochelais. Jeudi, le 3 juin, mon camarade Jérôme Croyère apprend que sa femme doit subir une opération chirurgicale.

Après une rapide analyse météo, il nous apparaît impossible qu’il puisse sereinement effectuer la course. Il me faut rapidement trouver un(e) équipier(e) de substitution car le départ a lieu dans quelques heures. J’en avise immédiatement Xavier Dagault qui possède une voilerie éponyme à La Rochelle. Et tout aussi rapidement, une de ses employées prénommée Alix me dit qu’elle est partante avec non seulement le consentement mais plus encore les encouragements de son employeur. Le temps de rassembler ses vêtements de navigation et de pourvoir sa cambuse en aliments sans Gluten, la jeune Alix qui a une solide expérience de la navigation, moins de la régate hauturière, me rejoint à bord. Quelques mots suffisent à expliquer à cette élégante personne le maniement du bateau et la lecture du piano. Alix pige tout de suite et l’expérience montrera que point n’est besoin de répéter les choses. J’ai vraiment une chance inouïe de me retrouver avec une équipière de cette qualité qui parle volontiers de ses expériences, de sa vie à La Rochelle à bord d’un Romanée, et qui voue une adoration aux mammifères aquatiques, notamment les dauphins croisés dans le golfe de Gascogne et même un cachalot.

 

Dès la sortie du pertuis d’Antioche, le vent forcit comme prévu et c’est du tout droit vers la bouée météo située par 45°12 N et 5°W. Enfin du presque tout droit car chacun a son idée comment concilier une vitesse optimale avec la trajectoire recommandée. La nuit ressemble à un ballet lumineux oscillant entre le blanc, le vert et le rouge au gré des caps suivis avec parfois des situations bord à bord du meilleur effet… Le jour se lève tôt, merci mois de juin. Il fait beau mais le vent mollit et devient variable en direction. D’une position dessous la flotte, on se retrouve plutôt au dessus car je ne tiens pas à tirer un bord pour contourner la bouée météo. Les voiliers croisés à ce point de ralliement me rassurent. Le ciel bleu est de rigueur durant la journée mais le vent devient carrément évanescent en fin d’après midi, perturbé par une houle résiduelle pour le parcours retour. On s’occupe avec de fréquentes manœuvres entre le grand spi bleu lourd, le spi rouge un peu moins grand mais plus léger, notre magnifique Code 0 tout neuf, et le foc (on ne peut plus décemment qualifier de génois cette voile d’avant IRC devenue riquiqui avec le temps). Un bateau que je surveille de près à l’AIS est le J 99 de l’ami Grassi accompagné de sa fille Amélie (un des rares « autres » équipages mixtes de la course !). Il serre le vent de très près avec son spi et il va plus vite que notre JPK 9.60. La nuit n’apporte pas de changement notable sinon que les « grands » voiliers disparaissent de notre AIS comme s’il y avait en permanence un peu plus de pression devant ou tout simplement parce qu’ils vont naturellement plus vite… ?

Le vent forcit enfin dans l’après midi de samedi en prenant de la droite. C’est au reaching serré que la partie s’achève à belle allure nous permettant de couper la ligne d’arrivée en tout début de nuit alors que les voiliers plus loin derrière vont souffrir d’un nouveau ramollissement. Nous finissons 3ème en TR des « doubles » de notre groupe (23 partants) et aussi 3ème en TC car le JPK 10.10 SNA-Numerobis de Jean Passini et Dominique Dubeau a fait une course remarquable et finit loin devant, et le SF 3200 Pour Aster Bretagne de Pascal et Eric Chalaux, crédité d’un TCF de 0.982 alors que notre « mobylette » certes un peu gonflée accuse 0.992, s’adjuge la deuxième place sur le podium.

Voir article : Gascogne 45/5 ET Cap 45/11 2021 : Des régatiers HEUREUX !

A la lecture des résultats, je ne peux m’empêcher de tirer un grand coup de chapeau au solitaire Alex Ozon, une fois encore imbattu toutes catégories confondues à bord de son SF 3300 Sapristi, sinon par le grand Akela 50 mené en équipage (60 voiliers en tout étaient au départ de la 45/5 !).  

J’ai été enchanté par ces deux jours et demi de navigation en compagnie d’Alix et je salue tout le travail accompli par Etienne Chabry et son équipe de la SRR. »

Patrice Carpentier

Groupe 5 Planète Urgence

Crédit Photo : Christophe Breschi

christophe@breschi-photo-video.com

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