Philippe Hartz : dans le sillage d’Eric Tabarly

De Patrice Carpentier

Philippe Hartz participe actuellement à la course en solitaire du Figaro sur son monotype baptisé Marine Nationale-Fondation de la Mer. A l’issue de la deuxième étape qui s’est achevée à Fécamp, il occupe la 20ème place du général et surtout la 3ème place du classement Bizuth dans une flotte comptant 12 « débutants ». Ce qui est plus qu’honorable pour un homme ayant débarqué sur la scène figaresque seulement en début de saison.

Philippe a 39 ans, est militaire de carrière, possède le grade de premier maître (ce qui correspond à adjudant dans l’armée de terre) et a beaucoup servi dans une discipline d’excellence : le commando marine. A force de pratiquer la régate depuis tout jeune, d’abord en dériveur, Optimist puis 420 avec d’éloquentes victoires, associé à  son copain du SNO Adrien Hardy (champion d’Europe et de France), et après sur des quillards, le militaire de carrière, marié sans enfant, a décidé en faire son métier l’an dernier. Et il a obtenu de l’état major le privilège de se faire détacher à la course à la voile, comme un certain Eric Tabarly en son temps, et de monter un projet Figaro Marine Nationale. Avec le soutien de mécènes et de partenaires, Philippe a pu s’initier au Figaro 3 en compétition en début de saison et savoure actuellement un parcours du combattant devenu sa nouvelle mission : la Solitaire du Figaro. Son espoir est de pouvoir continuer encore longtemps à porter les couleurs de la Marine Nationale et il s’y emploie.

 

Depuis notre Tabarly devenu héros national en remportant la Transat solitaire de 1964, la Marine ne comptait pas de coureurs hauturiers dans ses rangs. Avant le départ de la Solitaire, Philippe déclarait : « Il me reste mille et une choses à régler avant le départ, je n’ai donc vraiment pas le temps d’avoir une boule au ventre. Et surtout, je me dis que je suis là pour vivre une expérience de plus et que ce n’est pas la peine de se laisser impressionner. A la base je suis voileux, et je viens d’une autre Marine et c’est la continuité d’être là pour découvrir la course au large. Sur ce premier parcours il va falloir aller vite, mais l’un des plus gros enjeux sera de gérer son sommeil, sur la durée de cette étape, mais aussi pour l’ensemble de la course. Je serai vigilant à l’approche de La Corogne pour ne pas faire d’erreur au moment de faire demi-tour. Mon mot d’ordre sera de prendre les choses une à une en essayant d’anticiper au mieux. Je vais aussi m’efforcer de naviguer à mon niveau, sans trop regarder ce que font les autres qui ont plus d’expérience ; Au risque de faire une bêtise qui pourrait gâcher ma première Solitaire ! ».

Philippe Hartz – Solitaire du Figaro 2021 – Membre de l’UNCL

A mi-course, lors de son escale à Fécamp (les premiers jours de septembre), nous l’avons contacté pour faire le point. « Je parfais la connaissance du bateau à chaque étape. En gros je me « Figarise » en collant de plus en plus près aux vitesses cible. Le temps de m’améliorer m’a un peu manqué car j’étais pas mal pris avec la gestion de projet. Je fais encore des erreurs que j’arrive à gommer petit à petit et ça me laisse de bonnes perspectives pour l’avenir ». Le commando marine n’est pas vraiment gêné sur le plan physique (il considère d’ailleurs que le Figaro c’est plus du mental que du physique) et à l’issue de ces deux première étapes exigeantes, la gestion du sommeil n’a pas posé problème. Son souhait pour l’avenir est de mieux connaitre son bateau qu’il a loué à Benoît Hochard et qu’il entend acquérir pour continuer dans le circuit. « Je veux pouvoir intervenir efficacement et rapidement face à des problèmes mécaniques, électriques et électroniques ».

Ses ambitions dans les deux prochaines étapes sont de continuer dans le tempo des deux premières : faire au mieux à tout instant mais sans pression de résultat. « Je ne lâche rien et on comptera les points à la fin. Comme on dit dans le vélo : « Quand il y a grosse étape à franchir, il faut la décomposer col par col ». Avant le départ, Philippe s’était quand même fixé de rentrer dans les 20 et c’est précisément la place qu’il occupe à mi chemin de la course après des places successivement de 23 et 18. « Au Figaro, la place est une chose mais le temps est déterminant. Il faut éviter les options trop hasardeuses juste pour gagner une place au risque de perdre un temps précieux ». Globalement, il aime bien le Figaro 3. «Notamment entre 80 et 110° du vent sous gennaker, le monotype est très réactif, il faut être dessus. Ca donne la chance à l’opportuniste d’aller chercher des choses originales… ».

Quant à l’ambiance sur la course, il l’a trouve  un peu aseptisée à son goût. Il aimerait un peu plus de convivialité, voire de spontanéité dans ce circuit « pro ». Souhaitons bonne chance à ce membre de l’UNCL, comme l’était son vénérable ainé Eric Tabarly, dans les deux étapes à venir : la troisième, à destination de la baie de Morlaix et la quatrième et dernière, retour à  St-Nazaire après avoir viré le Fastnet.

De Patrice Carpentier

Crédit Photo : @RPDL / S.Dacher

Solitaire du Figaro 2021 : http://www.lasolitaire.com/

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