L’UNCL, acteur et partenaire officiel du « One Ocean Summit à Brest »

Par Anne de BAGNEAUX-SAVATIER Past-Présidente UNCL

L’UNCL, acteur et partenaire officiel du « One Ocean Summit à Brest », du 9 au 11 février, pour mieux protéger les Océans, et construire des initiatives fécondes en terme de recherche, de responsabilité et de politique internationale.

L’Océan couvre plus de 70 % de la surface de notre planète mais reste cependant trop souvent en marge des grands rendez-vous de l’agenda international et européen.

Régulateur des grands équilibres environnementaux, et en particulier du climat, pourvoyeur de riches ressources de toutes natures, vecteur majeur d’échanges économiques, lien essentiel entre pays et communautés humaines, l’Océan est aujourd’hui menacé par de nombreuse pressions, comme les effets du changement climatique, les pollutions, et notamment celles dues aux plastiques et à la surexploitation marine.

Pour mobiliser la communauté internationale à agir concrètement et à réduire ces pressions sur l’Océan, le Président de la République Française a décidé d’organiser du 9 au 11 février 2022 à Brest, un One Planet Summit dédié à l’Océan. Ce « One Ocean Summit » se tiendra dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, et est organisé avec le soutien des Nations Unies.

Olivier Poivre d’Arvor, Ambassadeur des Pôles et des Enjeux maritime, a été chargé par le Président de la République, d’organiser ce Sommet des chefs d’Etats au chevet de l’Océan. Francis Vallat, fondateur du Cluster maritime, qui est très impliqué dans l’organisation du One Ocean Summit, présidera deux Forums, dont un, créé sur son initiative, avec la collaboration active de l’Union Nationale pour la Course au Large représentée par Anne de Bagneaux-Savatier et Géry Trentesaux, qui sera consacré à l’Appel  des navigateurs nationaux et internationaux aux Grands dirigeants de ce monde.

En effet, au début du mois de Décembre 2021, Olivier Poivre d’Arvor, Ambassadeur des Pôles et des Enjeux maritimes, et Anne de Bagneaux-Savatier, Présidente de l’Union Nationale pour la Course au Large, ont co signé une lettre invitant les grands navigateurs à participer au Forum des Navigateurs, destiné à officialiser l’Appel de ces marins aux Grands  Dirigeants, pour une prise de conscience de la gravité de la situation actuelle et à venir, si les actions en faveur des Océans n’étaient pas internationalement intensifiées !

Francis Vallat et Anne de Bagneaux-Savatier co animeront le Forum de l’Appel de Navigateurs, le Jeudi 10 février, de 18 h à 20 h.

Le Ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Jean-Yves Le Drian, ouvrira le Forum des Navigateurs, qui sera clôturé par Madame Annick Girardin, Ministre de la Mer !

Des consultations auprès des Navigateurs, en amont du Forum des Navigateurs, ont abouti à une Appel pour l’Océan à nos Dirigeants, qui a été signé par 73 marins.

Un appel à « réparer les mers » sera proclamé à l’occasion du One Ocean Summit, premier sommet international sur les océans organisé à Brest du 9 au 11 février 2022

Le magazine « Le Point » du 3 Février l’a publié en avant première ! Le voici !

L’appel des 80 marins pour l’océan :

« Nous, marins de course au large, rameurs transocéaniques, explorateurs des mers, refusons toute fatalité mortelle pour l’Océan !

La communauté maritime avait lancé en 2013 un « Appel de Paris pour la haute mer ». Il n’a pas été entendu. Depuis près de dix ans, sous l’égide des Nations unies, les négociations internationales concernant plus de la moitié de la surface du globe n’aboutissent pas, faute d’un véritable engagement politique des États. La mer, pourtant, nous nourrit largement, fournit la moitié de l’oxygène de notre atmosphère, séquestre une partie significative de nos émissions de gaz à effet de serre, équilibrant ainsi un climat dont on sait la dramatique perturbation. Si l’Océan permet la quasi-totalité des échanges des marchandises, il est aussi un lien inaltérable entre les pays et les cultures du monde entier, inspire poètes et créateurs, et fait rêver, autant, voire plus, que la Lune et l’espace, les enfants de tous les continents. L’Océan est bien notre dernier espace commun de liberté, notre ultime frontière.

Notre responsabilité de navigateurs vis-à-vis de mers chaque jour plus attaquées, affaiblies, malades, nous impose de lancer un ultime cri d’alarme : l’Homme se condamne s’il continue à empoisonner et à asphyxier l’Océan.

Le One Ocean Summit de Brest doit marquer le coup d’arrêt de cette destruction dramatique d’un bien aussi vital que commun. Nous appelons donc, à cette occasion, les gouvernants du monde à une initiative immédiate, résolue, cohérente, durable. Nous savons les actions vertueuses, mais insuffisantes, déjà engagées. Nous savons surtout que sans leur accélération, sans l’élaboration simultanée d’une stratégie en profondeur, sans décisions englobant la totalité du défi dans la décennie, c’est la Terre qui ne survivrait pas à la mort de l’Océan !

Ni meilleurs, ni plus exemplaires, mais plus conscients de l’état des mers, nous mettons notre légitimité au service de l’avenir de la Terre. Les mots « Océan, bien commun de l’humanité », nés à Montego Bay il y a quarante ans, doivent enfin inspirer les politiques des États et des organisations multilatérales. Car l’Océan, immense, baigné par mille horizons sur les trois quarts du globe, est un monde fini, fragile, dont les équilibres sont exponentiellement menacés.

Sans ignorer les colères, et parfois la cruauté de la mer, nous pensons que les hommes ne peuvent ignorer ses indispensables bienfaits. Notre empreinte ne doit plus la défigurer, trahir sa grandeur, l’empêcher de remplir ses missions : permettre au vivant de respirer, être le principal moteur de la machinerie climatique de la planète, unir les hommes au lieu de les séparer, les sauver au lieu de les noyer.

Nous ne sommes que des lanceurs d’alerte.

Mais nous ne sommes que des lanceurs d’alerte. Nous n’avons ni la compétence, ni le pouvoir légitime et nécessaire pour décider et faire appliquer les solutions dans leur complexité. Cela, c’est le défi, l’honneur et le devoir des gouvernants !

Néanmoins, inspirés par les belles valeurs dont la mer est porteuse – audace, vision à long terme, rêve, liberté –, nous ne pouvons pas nous dérober : seule une gouvernance internationale partagée, transparente, démocratique permettra de sauvegarder et de gérer durablement les richesses de ce bien commun unique qu’est la mer. L’utopie apparente de ce constat ne doit pas être une excuse à l’immobilisme ou aux lenteurs de négociations de traités, alors que le monde ne peut plus attendre.

La seule voie, ambitieuse mais raisonnable, est une co-construction pacifique et exemplaire des États. À eux de s’organiser, en acceptant le leadership de certains, plus volontaires, pour bousculer les habitudes, refuser l’arrogance de certains sachants, le défaitisme, le cumul d’obstacles plus difficiles à déplacer que des montagnes. Aux États de redonner du lustre au courage de gouverner. À eux de tirer des bords quand il le faut, mais sans perdre le cap, avec, pour amers, l’intérêt général et l’urgence.

Il faut donc à Brest accélérer, pour que soit conclue en 2022 la négociation sur la haute mer, multiplier les aires marines protégées répondant aux critères internationaux, demander plus d’engagements aux pays membres de l’Organisation maritime internationale, faire l’inventaire des risques pesant sur la colonne d’eau ou sur les fonds marins, évaluer objectivement les initiatives inspirées d’abord par la communication, dénoncer publiquement les États et les acteurs ne respectant pas les règles, créer une plateforme internationale scientifique de l’Océan à l’image du Giec, disposer d’un grand rendez-vous international dédié à l’Océan qui ne soit plus un appendice des réunions consacrées au climat ou à la biodiversité… Aider en somme l’Homme à casser la spirale mortifère condamnant les mers, comme il y réussit naguère pour celle menaçant la couche d’ozone.

Si le monde restait sourd à ces demandes, l’Europe, elle, ne peut faillir. Elle est le premier domaine maritime mondial et ne doit pas rougir, loin de là, face aux grandes puissances, d’afficher sa volonté de reprendre le leadership de la cause océanique. Puisque le sommet de Brest est l’événement central sur le plan environnemental de l’actuelle présidence française de l’Union européenne, le président français et l’Europe doivent se montrer à la hauteur en termes d’engagements pour « réparer » l’Océan.

Pour l’Océan dans lequel s’écrit notre avenir, pour privilégier le meilleur moyen de lutter contre le dérèglement climatique et les menaces qui pèsent mortellement sur la biodiversité, nous saluons la création à Brest du One Ocean Summit, mais lançons aussi cet appel aux dirigeants de la planète. »

Les 80 marins signataires :

Isabelle Autissier, Anne de Bagneaux-Savatier, Ghislain Bardout, Alexia Barrier, Éric Bellion, Yannick Bestaven, Yvan Bourgnon, Éric Brossier, Dee Caffari, Antoine Carpentier, Catherine Chabaud, Patrick Deixonne, Bruno Dumontet, Charlie Enright, Maud Fontenoy, François Gabart, Jonas Gerckens, Clément Giraud, Mike Golding, Damien Grimont, Marc Guillemot, Pip Hare, Philippe Héral, Conrad Humphreys, Roland Jourdain, Francis Joyon, Olivier de Kersauson, Robin Knox-Johnston, Gilles Le Baud, Yves Le Blevec, Jean Le Cam, Armel Le Cléac’h, Camille Lecointre, Erwan Leroux, Arthur Le Vaillant, Éric Loizeau, Nicolas Lunven, Halvard Mabire, Xavier Macaire, Andrew McIrvine, Paul Meilhat, Miranda Merron, Gaston Morvan, Gildas Morvan, James Neville, Merfyn Owen, Jimmy Pahun, Marc Pajot, Yves Parlier, Kito de Pavant, Lionel Péan, Emmanuelle Périé-Bardout, Gérard Petipas, Aloïse Retornaz, Marie Riou, Vincent Riou, Lalou Roucayrol, Alan Roura, Thomas Rouxel, Thomas Ruyant, Damien Savatier, Melodie Schaffer, Damien Seguin, Max Sirena, Marie Tabarly, Géry Trentesaux, Armel Tripon, Capucine Trochet, Bruno Troublé, Romain Troublé, Morgane Ursault-Poupon, Jean-Luc Van den Heede, Julia Virat, Blair Tuke, Peter Burling, Sally Paterson, Matteo di Nora, Thomas Whidden, Jo Blackman, Ross J Blackman.

Le One Ocean Summit a pour objectif de relever le niveau d’ambition de la communauté internationale sur les sujets maritimes et de traduire en actions concrètes notre responsabilité partagée sur l’Océan.

Les 9 et 10 février, plus d’une trentaine d’événements, ateliers, forums, évènements , rencontres et initiatives se tiendront en amont du segment de haut niveau, pour mobiliser la Communauté internationale. Ils couvriront une multitude  de thèmes de portée globale, pour aborder l’océan dans toutes ses dimensions, et apporter, en plus des constats déjà faits, des solutions.

Dans la matinée du 11 février, le Président Emmanuel Macron réunira un nombre restreint mais déterminés de chefs d’Etat et de gouvernement, de responsables d’institutions multilatérales, de chefs d’entreprises, de décideurs de la société civile prenant des engagements ambitieux. Plusieurs initiatives importantes seront ainsi lancées à cette occasion pour la protection des écosystèmes marins, et la pêche durable, la lutte contre les pollutions, notamment plastique, la réponse aux effets du changements climatique, comme promouvoir une meilleure gouvernance des Océans.

Site internet : https://oneoceansummit.fr/

Anne de BAGNEAUX-SAVATIER

Past-Présidente UNCL

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