Transquadra : Retour sur cette deuxième étape à bord de Shamrock V

Bruno Maerten et Olivier Guillerot reviennent pour nous sur cette seconde étape de la Transquadra 2021 – 2022. Pour rappel, créée en 1993, La Transquadra est une course transatlantique pour des marins confirmés amateurs de plus de 40 ans, qui a lieu tous les 4 ans. Cette 10ème  édition, se courre sous la jauge IRC, et aura rassemblé 80 bateaux, ayant un TCC compris entre 0,950 et 1,050.

A peine arrivés à Funchal, les ennuis commencent pour tous les équipages, qui ont pourtant laissé leur bateau en parfait état en partant fin août. Mais les bateaux n’aiment pas que l’on les laisse seuls aussi longtemps. Problèmes de moteur, d’électricité, d’électronique surtout. Mais aussi problème de santé pour certains, ou même accident sur le chantier. Bref, tout le monde aura du mal à être prêt sur la ligne de départ à 15h le 29 janvier.

Les prévisions météo ne sont pas du tout favorables, la route du Sud est coupée, les alizés perturbés par une onde d’est et une dépression. Il va falloir contourner les dépressions par le Nord pour garder les vents portants, aller presque aux Açores. La plupart des équipages révaient de longs surfs au soleil dans les alizés, il faut revoir les plans.

Bref les quelques jours à Funchal avant le départ ne seront pas des vacances.

Sur Shamrock V, après une belle victoire en double Med sur la première étape, pas de changement d’objectifs : 1- arriver 2- se faire plaisir 3-une bonne place.

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Les premiers jours, nous serons concentrés sur l’objectif 1, dès le deuxième jour le vent se renforce à 20-25 noeuds, la mer est mauvaise, nous levons le pied. Une fois cette onde d’est, qui deviendra dépression L1, passée, nous nous préparons à aborder la seconde dépression L2. Une solution semble se présenter par le sud, route plus courte, quelques heures vent de face et front à négocier, mais ca semble jouable, on joue. Mauvaise pioche, le lendemain L1 s’est comblée vite et laisse une zone de calmes qui durera plus de 24h, et L2 est descendue plus sud, rendant notre option impraticable. Il faut remonter au Nord, près de 100miles perdus… Et L2 sera plus dure que prévue avec pour nous des vents à 40 noeuds et une mer très desordonnéee. A la sortie de L2, enfin des vents d’Est qui ressemble fort à de l’alizé. Une semaine déjà que l’on n’a pas quitté le ciré et les bottes. Tout est trempé à l’intérieur, ca sent le chien mouillé… Bref soleil, vent plus stable et route directe remontent bien notre moral. Surtout que maintenant, rassurés sur le comportement du bateau, et la distance déjà parcourue, on attaque et on reprend bien sur nos concurrents. Notre limitation est le repos indispensable de l’équipage, difficile avec les surfs incéssants.

Néanmoins, alizés ça veut dire grains, et nous allons découvrir que leur négociation tient plus de, l’art que de la science. Leur développement, trajectoire, et évolution ne ressemble pas à ce que l’on a pu lire dans les livres. Ça nous vaudra quelques vracs, un spi, quelques frayeurs et des records de vitesse.A l’arrivée on apprendra que ces grains ont posé problème à tous les concurrents. Mention spéciale à “Coeur de Chauffe 3” membre UNCL: pointe à 21.8 noeuds, avec pourtant un reste de spi dans le safran tribord.

Les sargasses, tant redoutées, seront assez peu présentes sur cette route Nord, enfin une bonne nouvelle.

A l’arrivée, notre fan club, famille et amis, arrivé sur place deux jours avant, nous accueille sur l’eau avec champagne et banderolle de félicitations. Quel bonheur de les retrouver.

Au total 2845 miles parcourus (pour 2600 en route directe) et 14j 22h et 31′ soit 8 noeuds de moyenne. Une semaine sans quitter le ciré, un spi déchiré, et une cuisse ébouillantée. Bidibulle (Antoine et Julien Lacombe, UNCL) arrivé 13h après, gagne l’étape en compensé et prend la première place des Méditerranéens au général. Bravo à eux, ils ont fait une très belle course. Shamrock V prend la seconde place de l’étape et du général.

Chapeau bas aux deux vainqueurs du classement Lorient, Alexandre Ozon sur Sapristi, et Noel Racine et Ludovic Senechal sur Foggy Dew, arrivés 22h avant nous…

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Cette Transqudra 2022 aura été, de l’avis de tous, une des plus dures éditions. Une dizaine d’abandons, et de mutiples avaries, certaines très sérieuses (rupture d’étai, épontille affaissée…) d’autres plus mineures bien qu’handicapantes (pilote, hâle bas, voiles déchirées), nul n’aura été épargné.

Article rédigé par Bruno Maerten, membre du bureau de l’UNCL.

Site internet Transquadra : https://www.transquadra.com/

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