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Crue de la Seine : L’UNCL ferme ses locaux

En raison de la crue importante de la Seine, qui empêche l’accès aux bâtiments situés le long du Quai Alphonse Le Gallo, les locaux de l’UNCL seront fermés du Mardi 23 au Vendredi 26 janvier inclus.

Nous suivons avec attention les évolutions météorologiques et vous informerons de l’évolution de la situation dans les plus brefs délais.

Bien entendu, l’équipe continue le traitement des demandes de certificats IRC et toutes les demandes concernant le club. En l’absence de ligne téléphonique, contactez-nous par email aux adresses suivantes :

En vous remerciant de votre compréhension,

L’UNCL.

Cahiers du Fastnet 2017 : Crescendo à l’arrache !

Fastnet un peu à l’arrache, étant sur la liste d’attente, et n’ayant été prévenus que mi-juin. Finalement nous étions bien à Cowes l’avant-veille, avec notre Jpk1010 pour en découdre en IRC 4 contre 83 autres concurrents!

Équipage de 6, familial au 2/3,  complété par 2 amis des enfants et neveux, et jeunes en dehors du skipper ! Expérience limitée de l’offshore pour les jeunes mais beaucoup d’envie.

Le bateau était bien préparé, si ce n’est la GV de 4 ans, dont 1 Transquadra, qui s’est déchirée dans un grain la veille de la course. Heureusement nous disposions de celle de convoyage qui a été tout à fait efficace dans le petit temps et la brise, mais plus difficile dans le médium.

La préparation stratégique s’est faite un peu moins dans l’inconnu grâce aux excellents topos de Nicolas Lunven que je remercie encore.

Cette course à été passionnante, très segmentée, incluant des routages généraux assez fiables et des situations locales qu’il ne fallait pas rater. Beaucoup d’effet de sites( vent ou courant) sur les différents caps, pas tous perçus à temps, mais qu’on a retenu pour la prochaine fois !

Trois jours de près pour monter au Fastnet, avec de tout comme vent en force et direction. La couverture était assez nuageuse et les fronts pas toujours bien visibles. Finalement, il y avait beaucoup de petits gains à faire en montant l’escalier, sauf sur la fin de la remontée où le vent s’était stabilisé au Nord.

Le passage du rocher s’est réalisé pour nous dans la pétole, à toucher le caillou, ce qui ne doit pas arriver très souvent. La descente vers les Scilly sous spi a été rapide, un peu trop, les surfs ayant grisé mes habitués de la planche et du kite, ce qui nous a écarté de la route directe. Nous nous sommes rattrapés ensuite grâce au Code 0, jusqu’au cap Lizard, puis battus contre un autre JPK 1010 suisse, jusqu’à la dernière minute de la course.

Arrivée inoubliable en plein feu d’artifice ! Grosse ambiance à Plymouth, les Anglais battus n’étant pas rancuniers et l’organisation digne du standing du sponsor. Très heureux du résultat, 6 ème en réel et 11ème en compensé sur 83. Les enfants conquis et la relève assurée.

J’ai débriefé grâce au tracking, bien analysé notre course et nos erreurs, et apprécié celles de nos prédécesseurs ! Bravo à eux. Cette course est unique. Mais elle est anglaise ! A imiter, soit une Ar Men agrandie, soit la Drheam Cup. Bonne réflexion !

Philippe Sauzières

Image : Carlo Borlenghi

Cahiers du Fastnet 2017 : Orange Mécanix, analyse en plusieurs points

Pour faire un bon résultat au Fastnet, il fallait plusieurs conditions :

  • avoir un bon bateau et un bon équipage : nous l’avions,
  • être au rendez vous aux 3 moments clés :
    •  passer la première pointe de Darthmouth à la cote : nous ne l’avons pas fait (perte 1h00),
    • ne pas s’enfoncer dans la baie de Plymouth et virer dès que le front passait : nous l’avons fait,
    • aller chercher la bascule et le vent au Nord, en mer d’Irlande : nous l’avons fait,
  •  ne pas casser du matériel : nous en avons eu beaucoup trop, on fait sans doute des erreurs à ce niveau : têtière de gv qui casse 1h00 après le départ et qui entraine un trou dans la gv, soit perte 25 mn vs nos concurrents, j2 qui se déralingue en mer du nord et se déchire au passage, A3 qui se coupe en deux au bout de 5 mn (il devait y avoir un accroc), puis point d’écoute du spi lourd qui s’arrache, entre le Fastnet et Scilly donc plus de spi, donc 2h00 de perdues !
  • prendre beaucoup de plaisir à faire cette course : nous l’avons eu à 100 % !

Malgré ces problèmes nous pensions avoir acquis notre place de 8ème au Fastnet, le reste était tout droit … Un bout de dynema ‘sur-dimensionné’ parait-il en décidera autrement, nous faisant passer à la 23 ème place à l’arrivée. C’est la première année avec ce xp 44 qui une fois réglè et fiabilisé un un gros potentiel.

Nous avons beaucoup appris :

  •  la course se gagne avec une préparation et une attention minutieuse sur le matériel
  • la gestion d’un équipage à 11
  • la gestion d’un bateau beaucoup plus puissant que le précédent (x-41), avec des problématique différentes.

Malgré tout ces problèmes les 11 ont vécu un moment d’intense bonheur, y compris les 4 qui découvraient la course au large. On reviendra.

Notre raison d’être : la course en équipage amateur sur des bateaux de série, qui nous permet de vivre une aventure humaine et technique sans équivalent.

Pour cela il nous faut :

  • Des concurrents avec des équipages 100 % amateurs.
  • Des bateaux qui ressemblent à des bateaux de série accessible a tout le monde.
  • Des règles du jeu claires et qui soient appliquées par tout le monde (donc contrôlées, il n’y a pas de règles qui ne tiennent sans contrôle).

Sur ces 3 points nous n’y trouvons pas trop notre compte en IRC1.

Attention à ne pas décourager les équipages ‘amateurs’ (qui ne font forcément que de la course saucisson) c’est eux qui font le gros des lignes. Il me semble que L’UNCL et le RORC devraient sur ces 3 points avoir une vision et une stratégie claires, et ensuite l’annoncer de manière compréhensible par tous. Pour l’instant nous n’y comprenons rien.

Des propositions :

  • des classements 100 % amateurs
  • des contrôles sur les bateaux qui gagnent (difficile de contrôler toute la flotte, mais pourquoi pas contrôler les 3 premiers à l’arrivée)
  • taxer plus les protos, (ou les protos qui se font passer pour bateau de série …)

Maxime

Image : RORC Fastnet 2017 Gallery – Kurt Arrigo

 

Cahiers du Fastnet 2017 : Pintia et Lisa en match-racing

Mon J 133 Pintia participe  au championnat du RORC et notre objectif principal est de tenter de remporter, comme l’an dernier, ce championnat en IRC 2. Avant le départ du Fastnet, Pintia est en tête devant Lisa le bateau de Michael Boyd, Commodore du RORC ; celui des deux qui arrivera devant l’autre à Plymouth est pratiquement assuré de ne pouvoir être rejoint.

C’est dans ce contexte que nous avons pris le départ de cette course emblématique et des 68 concurrents de notre classe nous ne retenons qu’une chose : il faut être devant  Lisa, à bord de Lisa il en est de même et quelques virements très match-racing au sortir du Solent campent le décor.

Des vents de secteur ouest sont annoncés et nous nous préparons a tirer des bords jusqu’au rocher, premier obstacle Portland Bill contre le courant, nous passons a terre malgré les routages qui préconisent le large, cette option se révèle très payante nous place largement en tête de la classe et même de toute la flotte IRC en temps compensé !

Nous maintenons à peu près notre avance sur les bateaux de la classe jusqu’aux Scillies, seul Lisa parvient a réduire l’écart, en entrant dans la mer d’Irlande nous attaquons un parcours banane XXL. 165 N dans l’axe du vent pour virer Fastnet rock et retour au portant, même le dog leg est prévu, nous choisissons de rester plutôt au milieu avec Codiam en exploitant les bascules et nous laissons partir Lisa à droite. Cette erreur de débutant a bien failli nous couter cher et notre belle avance des Scillies a été réduite des deux tiers a la bouée au vent. Malgré tout nous attaquons le portant en tête c’est l’essentiel. Sous spi Pintia creuse un peu grâce au talent de nos barreurs de dériveur et d’un travail incessant à l’écoute (deux écoutes brûlées sur le winch).

Notre arrivée sur la ligne à Plymouth est saluée par un coup de canon, Pintia gagne sa classe et Lisa est second, nous sommes également 4èmes toute classes, notre compétition privée nous rend plus alertes sur la distance par rapport aux autres concurrents et ça se voit.

Pour nous permettre de rentrer au Havre rapidement, Michael Boyd et Eddie Owen organisent une remise de prix privée pour nous le Jeudi Midi et ensuite les équipages de Lisa et Pintia se retrouvent dans un restaurant de Plymouth pour partager leur vécu de cette course légendaire qui a pris la tournure d’un match amical et privé.

Je suis fier de l’équipe qui, course après course, a su mener mon bateau à son maximum et je les remercie tous de leur engagement et de leur fidélité.

Gilles Fournier

Image : Paul Wyeth

 

Cahiers du Fastnet 2017 : Sun Hill Made it !

Profitons des fêtes pour revenir sur le Fastnet  2017 et la performance des bateaux IRC français que même la presse anglaise juge « enormissime. » Témoignages inédits, rappels de publications ultérieures, l’UNCL ré-ouvre les Cahiers du Fastnet. Pour François Charles et son Dehler 33 Sun Hill III, ce Fastnet était une première. Au final un superbe parcours et un équipage conquis par cette course mythique.

 

Épisode 1 : L’avant course

 

La course du Fastnet 2017 était l’objectif de l’équipage du Dehler 33 « Super U Lanmeur – AXA Aballéa Morlaix ». Depuis septembre 2016, nous étudions attentivement les OSR (Offshore Safety Rules) et le programme de course pour nous qualifier à cette mythique régate.

Le coup d’envoi de ce projet fut donné le lundi 9 janvier à 12h UT+1 avec l’inscription en ligne. Inscrits dans les 5 premières minutes nous faisons les frais du succès phénoménal de la course, nous nous retrouvons sur la liste d’attente. En effet, les 340 places dévolues aux IRC ont été pourvues en 4 minutes et 24 secondes.

Encouragés par Darren COLE du RORC et Jean-Philippe CAU, président de l’UNCL, nous proposons notre programme de qualification pour le Fastnet. Nous devons parcourir 300 milles en course dont 70 de nuit. Le programme sera : Le Télégramme Tresco Trophée, 160 nm. La Morgan Cup, 120 nm. La Cowes Dinard, 150 nm.

Pour la première fois nous obtenons un certificat IRC pour notre Dehler 33. Il est certain qu’il faudra quelques optimisations pour obtenir un rating intéressant, le nôtre est de 0.986

Cependant aux courses qualificatives en IRC, nous obtenons deux places de dixième qui nous satisfont amplement. Nous nous familiarisons petit à petit avec l’organisation du RORC et la navigation dans le Solent.

 

Convoyage Fastnet

 Partis de Morlaix le samedi 29 juillet, nous avançons vers Guernesey avec la certitude du passage d’un front avec pluie et vent. Nous rallions Guernesey en 10h juste avant l’arrivée de la perturbation orageuse. Nous passons la nuit à l’abri et au sec. Le lendemain, nous empruntons le petit Russel puis passons entre les Casquets et Alderney direction les Needles. Il y a 20/25 nœuds de vent d’ouest, le convoyage est rapide. Douze heures plus tard nous sommes amarrés à Cowes. Il y a une quantité incroyable de beaux bateaux, plus de mille bateaux régatent pour la semaine de Cowes.

Dès lundi matin, nous sommes devant Cowes TV pour assister aux départs en direct des nombreuses flottes. Nous avons l’occasion tout au long de la semaine d’observer cette extraordinaire manifestation du rivage au milieu de milliers de spectateurs.

Les bateaux quittent chaque matin le port vers 9h et sont de retour vers 14h. Des écrans géants, dans chaque port, permettent de suivre la course toute la journée. Cette Cowes-Week en tant que spectateur restera une belle découverte et un excellent moment pour l’équipage. Ce sera l’occasion de journées et soirées festives pour les équipages, à chaque sortie de pontons, un bar est installé pour l’événement.

 

Épisode 2 : The Rolex Fastnet Race 2017

 

Pendant cette semaine de préparation à Cowes, nous peaufinons les derniers détails sur le bateau, en vue de cette aventure. Notre monture répond désormais à toutes les exigences du RORC en terme de sécurité. Nous pouvons donc équiper « Sun Hill III » aux couleurs du Fastnet. Nous installons également la balise Yellow Brick qui permettra un suivi de course très précis.

C’est maintenant le grand jour, Dimanche 6 août. Nous quittons le port, suédoise et tourmentin à poste, gilets et longes en place et passons la porte de contrôle qui fait aussi office d’émargement.

Le départ est à 11h10 (TU+1) pour notre classe. Nous commençons à nous concentrer et observons les départs des Multis, IMOCA et Class 40. Ces départs s’enchainent avec précision, sans aucun temps mort.

 

Nous prenons un départ prudent. Il n’est pas facile, voire impossible de visualiser les alignements avec cette flotte de 83 concurrents, sans compter les (gros) bateaux des autres classes.

Pour ce départ, nous sommes les Français les plus à droite de la flotte. Une fois n’est pas coutume, nous sommes encore à droite à la sortie du Solent après de nombreux bords de près. Les JPK 10.10 « Night & Day », « Cocody » et « Foggy Dew » caracolent en tête. Nous sommes bord à bord avec le First Class 10 « Short Good » juste devant le JPK d’Alexis, « Cheyenne 2 ».

Les bords s’enchainent, nous distançons peu à peu le First Class 10, pendant que l’équipe de JPK 10.10, rejointe par « Ad Hoc » nous sème déjà. Il va falloir améliorer un peu nos réglages et rester très pointilleux sur la tactique et la barre. Après une première « vague scélérate » qui baptise tout l’équipage (barreur y compris), nous passons les Needles en 6ème position en temps compensé. Nous sommes le bateau le plus au Nord du groupe de tête et un des plus rapides avec « Night & Day », toujours au près.

Le Norlin 37 « China Girl » est le premier à virer et à se recaler sur la route. Quelques minutes plus tard, « Cheyenne II » et « Cocody » se recalent à leur tour. Suivis très vite par les 3 autres JPK. Quelques milles plus loin, « Sun Hill III » et « Short Good » virent quasiment en même temps. Plus rapides que « Short Good », nous le distançons lentement. Profitant d’une belle adonnante, nous reprenons un peu de notre retard sur l’équipe de JPK 10.10 de tête.

À l’approche de Portland Bill, deux groupes se sont formés. Au nord, « Night & Day » (JPK 10.10), « With Alacrity » (Sigma 38), « Cheyenne II » (JPK 9.60) et « China Girl » (Norlin 37), plus au Sud, nous, « Cocody » (JPK 10.10), Foggy Dew (JPK 10.10) et Winsome (S&S 41). Nous, le groupe du Sud, avons bénéficié d’un courant favorable tout l’après-midi, mais allons être moins abrité désormais, à l’approche de Portland.

« Night & Day » est le premier à contourner la pointe, suivi de « Foggy Dew », « Cocody », puis du Sigma 38 et « Sun Hill III ». Nous devançons un peu les autres concurrents. Moment mémorable, nous virons au ras de la côte et nous apercevons que des centaines de personnes sont venus voir le passage de la flotte de bateaux.

La nuit tombe, nous sommes toujours au près. C’est aussi l’heure de mettre en route nos quarts (2 au lit, 2 en stand-by sur le pont et 2 au taquet) de 2 heures… et la route mal pavée rend le repos difficile.

Pour notre première nuit de régate le long des côtes anglaises, il va falloir être attentif. Les options commencent à se dessiner. Un groupe s’enfonce dans la baie, en direction de Torquay, tandis que l’autre partie reprend le large. Passé le premier tiers de la baie, seuls « China Girl » et « Sun Hill III » continuent bâbord dans l’Ouest. À mi-parcours dans la baie, « China Girl » vire à son tour. Nous décidons de continuer et de profiter de la belle adonnante encore un peu. À l’approche de Torquay, le vent refuse. Nous virons à notre tour. Faisant l’intérieur de la baie, nous sommes proches de la côte au passage de Start Point, que nous franchissons au petit matin.

 

Nous en sommes au deuxième jour de course et cette option nous a permis de conserver notre écart avec le leader, tout en dépassant le Sigma 38 et en distançant le Norlin 37.

D’ailleurs le courant est toujours contre nous. Nous choisissons donc de faire du rase cailloux, ou plutôt du rase falaise, afin de progresser le plus rapidement possible dans l’Ouest. Nous découvrons le paysage. C’est une météo plutôt irlandaise qui nous attend au passage de Start Point.

Les falaises de Salcombes sont découpées par un rideau nuageux. Mais la photo est magnifique avec ces vertes prairies qui descendent jusqu’à la mer. Il faudra que nous revenions en croisière. Péniblement, à force de bords et de virements dans un vent toujours plus faible, nous entrons dans la baie de Plymouth.

Le vent est maintenant très mou, cela fait déjà quelques heures que le Solent a laissé sa place au génois. Nous n’avons pas un rating IRC très favorable à cause de notre génois à recouvrement, c’est donc un réel avantage quand nous pouvons l’utiliser, nos concurrents étant assez souvent sous-toilés dans ces conditions.

 

 

À l’approche du phare d’Eddystone, le vent mollit encore d’un cran (2 à 3 nœuds de vent réel) et devient très instable en direction. Autant dire que nous sommes à la recherche du moindre souffle. Nous sommes encore une fois, deux bateaux un peu plus au Nord de la flotte avec « With Alacrity ». « Foggy Dew » et « Night & Day » bataillent toujours, au centre du groupe de tête. Plus au Sud, on retrouve « Winsome » et « Cocody ».

Pendant cette journée hautement stratégique, nous n’aurons pas vraiment vu le soleil, ni mis à profit le calme du vent et de la mer pour récupérer un peu de sommeil. Nous approchons lentement du Cap Lizard, au milieu des cargos au mouillage. La lumière faiblit peu à peu. Après un bref retour à 15nds, le vent s’est totalement essoufflé. Il faut être très attentif et patient pour ne pas arrêter le bateau. Arrivant une nouvelle fois à l’abri du courant, nous avons ralenti, mais sommes moins gênés qu’une majeure partie de nos concurrents. Certains font d’ailleurs demi-tour maintenant, emportés par la marée.

En tête de la flotte IRC 4, « Night & Day » et « Foggy Dew » sont vraiment ralentis (Vitesse fond de 0,5 nds). Nous profitons alors d’une bande de vent le long de la côte et marchons à un peu plus de 4 nds, ce qui nous permet de rejouer aux avants postes. Au passage du Cap Lizard, nous sommes 2ème en temps compensé en IRC 4. Quel plaisir de passer pour la première fois en régate ce célèbre cap, extrémité de la ligne de départ et de conclusion du Trophée Jules Verne, et d’être toujours dans le match. Nous attaquons notre 2ème nuit. Cap maintenant sur Land’s End.

Tous ces noms sont évocateurs pour nous. Ce sont des passages à niveau où nous avons suivi avec attention les options de Nicolas Troussel sur la Normandy Channel Race, mais aussi des figaristes lors de nombreuses Solitaires. Le jeu est passionnant mais naturellement bien plus difficile sur l’eau que derrière son ordinateur.

Il est environ 1H00 (TU+1) quand nous passons Land’s End. Nous sommes proches de « Foggy Dew » et « Night & Day » et avons mis un peu de distance au reste de notre groupe. Petite option inutile, je tente un passage entre le phare et la terre. Plus de courant au début nous donne une vitesse fond de plus de 8 nds, mais il y a une zone sans vent à la sortie, zone dont nous avons un peu de mal à nous extirper, ce qui permet le retour du Sigma 38.

Nous contournons ensuite le DST. Toujours au près, nous devrons tirer des bords jusqu’au Fastnet. Le bord rapprochant est tout de même bien tribord amure. Peu à peu le vent se renforce. Le jour se lève et nous attaquons notre 3ème journée de course. Alors que la proximité de la côte nous permettait de rythmer notre navigation au gré de la réception des classements internet, c’est maintenant le large qui nous attend. Nous sommes les plus au nord de notre groupe, toujours 3ème en temps réel et 2ème en temps compensé. Le vent tombe à nouveau mais nous avançons bien malgré tout et enchainons les virements au gré des adonnantes et refusantes.

L’après-midi nous rencontrons un nuage type « Pot au Noir ». Le vent change brusquement de direction et durant une quinzaine de minutes, alors qu’il faisait beau, une pluie diluvienne s’abat sur le bateau. Un peu plus tard dans l’après-midi, le vent forcit de nouveau. Les JPK s’envolent. Nous hésitons à changer de voile d’avant, mais attendons. Nous faisons route parallèle avec « Cocody » et avons un peu perdu sur « Night & Day » et « Foggy Dew ». En début de nuit, nous repassons sous solent. Nous gagnons en cap et conservonsnotre vitesse. Nous aurions sans doute dû effectuer ce changement plus tôt.

Vers 2H00 (TU+1), nous avons un ris dans la grand-voile et l’anémomètre affiche 38 nds de vent apparent dans les rafales. Nous décidons alors de prendre un 2ème ris. C’est à ce moment-là que nous voyons la GV se déchirer sur le dernier panneau entre ris 1 et 2, à 20 cm de la chute. Il fait nuit et malgré la lune, le pont est très humide, nous terminons la manœuvre et continuons notre route. Au lever du jour, le vent mollit. Il est temps d’évaluer l’étendue des dégâts. Deux déchirures de 20/25 cm sont visibles. Une attaque le renfort du deuxième de ris. Il est très facile, sans forcer, d’agrandir ces deux déchirures. Nous collons tant bien que mal un patch d’insigna et du scotch dans l’humidité du matin. Il y a 8 nœuds de vent nous sommes sous génois et GV 2 ris autant dire que depuis l’incident nous avons bien perdu le groupe de tête. À l’approche du DST du Fastnet nous renvoyons notre grand-voile affaiblie. Il y a moins de 5 nœuds de vent. Le pansement semble tenir.

Nous approchons de notre objectif et par chance, il fait jour, nous aurons le plaisir d’admirer ce phare dont on entend tant parler. Nous passons le légendaire phare du Fastnet à 9h16 UT+1 le mercredi 9 août, après 46h et 6 min de course, en neuvième position en temps compensé.

Le passage aura été laborieux, nos concurrents de devant sont passés assez vite, en ligne droite, tandis que la pétole s’installait. Nous sommes cinq bateaux à tirer des bords pour contourner le phare. Nos poursuivant, eux, reviennent avec du vent. Ça sera un peu le thème des journées suivantes.

Nous attaquons le contournement du DST sous spi, le vent est plutôt à droite, mais je ne veux pas faire trop de route et risquer un hors cadre qui nous obligerait à faire battre notre GV fatiguée. Je n’aime pas du tout ce genre de tactique, mais maintenant notre objectif est de terminer la course en nous appliquant à maintenir à distance le plus grand nombre de concurrents possible.

 

Ennui technique mis à part, nous apprécions particulièrement ce retour à plat sous le soleil. C’est le moment de faire sécher toutes les affaires et le bateau. C’est aussi l’occasion de manger tranquillement, accompagnés par les dauphins. Les dauphins, nous en aurons rencontré tout au long de notre route.

Le vent revient et monte jusqu’à 25 nœuds pendant la nuit. Un peu trop sur la route directe, nous nous faisons déposer par tous les JPK mais aussi par le Sigma. On peut dire qu’il va falloir travailler la tactique sous spi à l’avenir et améliorer la prise de fichier météo. Malgré tout, nous profitons de surfs splendides sous spi. Une fois digéré ce bord difficile jusqu’au DST des Scilly, nous reprenons la course dans le petit temps une fois encore pour cette partie de la flotte.

Nous abordons les Scilly le 10 août à 11h UT+1 à moins d’1 nœud tandis que « Night & Day » passe déjà le cap Lizard à 6,7 noeuds. Le petit temps et le grand soleil nous laissent rêver à une croisière dans l’archipel des Scilly, depuis le temps que nous en parlons, c’était aujourd’hui le créneau idéal. Malgré ce passage lent et laborieux, nous ne nous laissons pas abattre et en profitons pour faire un peu de « cuisine » et goûter entre autre, quelques plats lyophilisés emportés pour l’occasion, l’occasion aussi de bonnes tranches de rigolades, notamment en mangeant les délicieux sandwichs goût fromage de Philippe (sans fromage…).

« Shortgood » et « With Alacrity » sont à portée de vue. Nous sommes 26èmes en temps compensé. Nous décidons d’un nouvel objectif, rentrer dans le top 20. Nous affalons la GV pour améliorer la réparation.

À ce stade de la course, nous espérons que l’arrière de la flotte ralentisse également à l’approche des Scilly et pourquoi pas, qu’une zone sans vent à l’arrivée attende les premiers. En pratique, l’arrière ne ralentira pas, et la zone sans vent à l’arrivée concernera toute la flotte. Dommage.

 

Au cap Lizard, nous effectuons un dernier décalage sous le vent en prévision de la molle à l’arrivée. Ce décalage paiera finalement. Nous arrivons à doubler « Shortgood » avant l’arrivée et rester devant « With Alacrity ». Il y a encore beaucoup de bateaux autour nous et une bonne moitié de la flotte derrière.

Nous terminons 19ème/83 en IRC 4 en coupant la ligne après 4 jours et 14 heures de course et 658 milles parcourus.

Nous sommes heureux d’avoir bouclé le parcours, et satisfait de notre place. Le début de course a largement dépassé nos espérances.

Une chose est sûre, nous reviendrons. C’est un équipage enchanté qui passe la ligne. WE MADE IT !

 

Épisode 3 Plymouth 4h du matin TU+1

Nous accusons tout de même un peu de fatigue. Nous sommes ravis d’arriver au port. Il y a déjà beaucoup de bateaux des autres classes amarrés. Et une super ambiance nous attend sous la tente de la course. Nous apprécierons également cette nuit au calme.

À 18h30, le vendredi, a lieu la remise des prix. Il y a foule et un film retrace déjà la course. Nous prenons conscience avec émotion que nous avons enfin couru notre première Rolex Fastnet Race. Ces débuts en IRC nous ont vraiment plus, nul doute que désormais nous retournerons régulièrement à Cowes pour de palpitantes navigations.

Nous avons bien enregistré une partie de nos points faibles. Il ne faudra pas repartir avec une grand-voile de course en film de 4 ans, si nous avons un doute quant à sa tenue. Il serait temps d’équiper Sun Hill d’un logiciel de navigation capable d’intégrer les fichiers météo et de produire des routages. Il nous faut trouver un moyen d’acquérir facilement une météo fiable et revoir l’installation de la nouvelle antenne VHF/AIS, car ne pas avoir de réception nous a beaucoup handicapé dans le marquage de nos concurrents. Autant de points à revoir pour améliorer nos résultats, avec une bonne expérience déjà acquise.

 

Nous félicitons Alexis et Pascal Loison pour leur course superbe, un modèle de précision dans la tactique et une vitesse incroyable au portant. De même que nous applaudissons la performance d’Alexis Bondu et Christophe Prigent nos copains de la Baie.

Un très grand merci aux partenaires SUPER U et AXA qui nous ont permis de réaliser ce rêve de navigation. Remerciement également à Jean-Philippe Cau pour ses conseils avisés. À Illy pour toute son aide que ça soit pour le mat ou les différents contacts. À Jean Galfione pour le prêt de matériel de sécu. À Yvon Quillec pour le partage de son expérience. À nos familles qui ont accepté cette saison chargée. Au RORC à l’organisation de cette ROLEX FASTNET RACE 2017 Et à l’équipage du tonnerre (Jean-Louis, Philippe, Olivier, Mickael, Jean-Gabriel et François) avec qui nous nous sommes tous amusés.

Sun Hill III – François Charles

Demandez le Programme!

Le site UNCL a été caréné, les menus reprofilés pour une meilleur glisse. Bonne Navigation.

Pour 2018, retrouvez les plus de 110 régates sur 350 jours au calendrier et les coordonnées Internet des 43 clubs organisateurs.

Le Championnat IRC, les Trophées: Equipages, Solo, Duo, Offshore et autres courses en Manche, Atlantique et Méditerrannée sont en ligne

Faites votre choix, filtrez, sélectionnez, et téléchargez les dates en « ics » dans vos agenda de Smartphone, tablette, PCs… Préparez votre saison.

La section Jauge IRC a été enrichie avec une FAQ, les coordonnées des mesureurs et correspondants, la liste des +4000 TCCs, les 400 modèles, la règle de jauge, et bien d’autres informations que nous vous espérons utiles et didactiques aussi bien pour les habitués que ceux qui souhaitent se lancer sur une ligne de départ pour la première fois.

N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions sur uncl@uncl.com. Nous améliorons régulièrement le site pour faciliter votre usage. De nouvelles fonctionnalités sont prévues début 2018!

Disparition d’Alain Maupas

Nous apprenons avec tristesse le décès d’Alain Maupas, figure emblématique de la plaisance et de la régate dans les années 60 et à l’origine, avec d’autres, de l’UNCL actuelle.

 

Il a créé le GCL (Groupement des Croiseurs Légers) en 1960 avec son frère mais également Alain Gliksman, Michel Malinovsky et Roland de Greef, marin, skipper pour les chantiers Jouët et photographe accompli. Le GCL souhaitait coller à la pratique de la plaisance naissante de l’époque : Après avoir épuisé les joies du Sharpie 9m² , du Vaurien et autres canetons, avec les nouveaux moyens financiers de l’économie florissante au cœur des trente glorieuses, on voulait naviguer plus au large sur de petits quillards, Corsaire et autres Muscadet, sans pour autant abandonner les joies de la régate.

Alain Maupas

Eric Tabarly, Jean Lacombe, Alain Maupas et le Général de Gaulle – Salon de la Navigation 1964

Ces nouveaux propriétaires audacieux n’hésitaient pas à partir au large sur des voiliers minuscules quand l’envie de courir prenait le pas sur le confort et le «tout sécurité». Le GCL fut la maison de ces pratiquants et fut également à l’origine du magazine Neptune-Nautisme.

Après quelques années d’une concurrence stérile entre l’UNC et le GCL, la raison finit par l’emporter et les deux clubs fusionnèrent en 1969 sous l’impulsion d’Alain Maupas et de Robert Degain encouragé par Gérard Petipas.

L’UNCL était née et accueillait au sein d’une même flotte petits et grands bateaux, au moment où la jauge IOR démarrait.

Nous avons une pensée pour sa famille …

Cher Alain, nous te souhaitons un long bord de portant dans un ciel d’azur …

 

Pour l’UNCL

Philippe SERENON

 

Les 150 ans du Yacht Club de France

Cette année le Yacht Club de France célébrait ses 150 ans. Outre le magnifique livre signé Jacques Taglang qui vaut largement son prix, une soirée magnifique fut organisée jeudi 9 novembre place Vendôme et près de 500 personnalités du monde du Yachting s’y sont rendues.

Le YCF est d’abord une société d’encouragement ce qui a un sens juridique précis et à ce titre, lors de la soirée, plusieurs facettes du monde maritime, de l’America’s Cup à Tara ou Jolokia étaient représentées. Le YCF avait confié à l’UNCL le soin de représenter la course au large et nos représentants furent d’ailleurs les premiers appelés sur l’estrade : Gery Trentesaux pour son palmarès en IRC, Patrice Roynette pour son expérience multifacettes, Philippe Péché qui s’embarque dans le Golden Globe et Olivier Marc qui conduit la rénovation stratégique de l’UNCL.

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Outre les mets et vins délicieux signés Potel et Chabaud, cela fut l’occasion de rencontrer ou retrouver amis et personnalités dont notre député Jimmy Pahun qui a tant de fois animé les diners de l’UNCL avec talent et humour. Tribun une fois, tribun toujours ! Quand même, l’UNCL quelle école …

Rappelons que l’UNCL et le YCF sont les deux seuls clubs nationaux liés par une fidèle et durable amitié entre clubs alliés.

Philippe SERENON

Quel avenir pour les courses en double ?

Tip & Shaft/Connect-Paris ● 20 septembre 2017 – 10h30-14h30

à l’Auditorium AG2R La Mondiale

 

Un peu moins de cinq mois après le succès de la première édition de Tip & Shaft/Connect – Nantes, et à 7 semaines du départ de la Transat Jacques Vabre, Tip & Shaft vous propose une matinale de rencontres et de débat pour évaluer et analyser les courses en double, leurs retombées, leur économie et leur évolution.

Que pèsent les épreuves en duo dans un pays, la France, qui ne jure que par le solitaire?
Quels sont les modèles économiques des principales épreuves ?
Quel intérêt pour les sponsors des courses et des bateaux ?
Le double peut-il relancer les courses à handicap ?
Quel impact le double peut-il avoir sur l’internationalisation de la course au large ?

Venez rencontrer les meilleurs experts et partager les retours d’expériences des principaux acteurs de la course au large !

DERNIÈRES PLACES DISPONIBLES !