Dure nuit pour les Quadrasailors de la Transquadra

Les concurrents de la Transquadra – Martinique ont été cueillis à froid par une météo techniquement exigeante sur ces premières heures de course. Deux démâtages sont à déplorer, Eric Thomas (Big Z) et Alexis Megret et Laurent Mahy (Comptoir Nautique). Hervé Bihan Pudec et Patrick Paris (Eureka) ont cassé leur vit de mulet. Personne n’est blessé, tous font ou vont faire route vers Funchal par leurs propres moyens.

 

Le reste de la flotte trace sur une route plus ou moins sud. Dès hier soir, des options se dessinaient. Quelques-uns, Louis-Marie Dussere (Raging Bee) en tête, préféraient une route très proche de l’orthodromie tandis qu’une majorité de la flotte optait pour une route sensiblement plus sud afin de se dégager au plus vite du dévent de l’île.

 

En milieu de nuit, ces sudistes se sont scindés en deux groupes : ceux qui persistent au sud pour aller chercher un alizé plus soutenu quitte à se rallonger la route, et ceux qui ont remis de l’ouest dans leur cap pour une trajectoire plus directe. Au pointage, de 6h, la flotte s’étale de façon assez homogène sur un axe nord/sud de (déjà) 100 milles.

 

En solitaire, Alexandre Ozon (Team 2 choc) est l’un des plus sud, il pointe assez largement en tête de ces sudistes (solitaires et doubles confondus).

« Le bulletin du ptit rose !
Après 24h de course… 262milles de parcourus !!!! Pas mal pour des bateaux de – de 10m Départ de folie, où T2C passera en tête la bouée en face de l’aéroport, ensuite direction sud pour longer le dévent de Madère du à son haut relief. Depuis le début sous spi médium et GV haute vent moyen de 23Kts avec qq claques à 30Kts et + La mer est légèrement croisée mais on arrive quand même à bien avancer. Le temps n’est pas au soleil, mais il fait bon. J’ai pris l’option plus sud avec un peu plus de pression, plus tard j’aurais surement un angle moins favorable, on verra mon option. Côté classement, c’est difficile de se donner une idée au vu du peu de tremps de course mais T2C et moi sommes bien positionnés.
La petite vie s’installe tranquillement à bord, avec des repas dignes d’un… reste ce ptit « reste » de grippe qui me chagrine un peu encore. Sinon tout bien, le matériel résiste bien mais est quand même mis à rude épreuve…
Au moment de ces lignes, on est dans 23kts de vent à 163° à environ 9,5kts et plus.
Gorsses bises à tous.
A bientôt.
Alex »

Philippe Girardin et Gwenael Thomas (Groupe 5) sont en tête du paquet à la troisième position. Patrick Roséo  (Safran Rouge) a lui aussi choisi l’option Sud, il reste au contact à la quatrième place. Jean Claude Paturel (Marélia) et Hugues Le Cardinal (Mascarade) sont dans le paquet sur une route plus directe respectivement à la sixième et neuvième place. Claude Dabir (Demain Des Laube) ferme la marche à la seizième place.

 

Chez les doubles, François Valraud et Daniel Péponnet (Bouznik) ont eux aussi empanné après le dévent et tracent, en tête des duos sur une trajectoire médiane, talonnés dans cette option par le Figaro Bénéteau Yuzu d’Olivier Monin et Aymeric Belloir. Gilles de Labarthe et Yves Boleis (Pour la vie) sont eux très proches de l’orthodromie, en troisième position.

Frank Loubaresse et Matthieu Foulquier Gazagnes pointent à la quatrième position sur TWINL – Banque d’affaires talonnés de près par Gilles Caminade et Sébastien Novara à bord de CHENAPAN à 3 milles derrière. Les deux équipages se livrent une belle bataille.

 

Des petites news de TwinL Banque d’affaires : « La 1ere nuit semble avoir été compliquée pour tous les bateaux; en ce qui nous concerne, dans les 30-35 noeuds, c’est la cloche du tangon qui lâche  le bras qui fait partir le bateau au lof et nous coute un joli cocotier avec le génois belge dans la mélée et l’obligation d’attendre le jour pour trouver comment démêler tout cela.

C’est 1 heure plus tard que le bout de bordure de la GV casse, retenue uniquement par le ris 1…et la nuit dernière, alors que nous comblions notre retard dans 20-25 noeuds, une survente à 30-35 nous explose le spi medium; bref 2 nuits agitées…Le moral reste bon et il nous tarde de voir un peu de soleil car pour l’instant, c’est plutôt bottes et 3 couches que short et teeshirt… »

 

 

 

 

Jacques Amédéo et Brice Tailliander ( Sephora Marine Pool) sont aussi dans le paquet à la seizième place. Il résume la situation technique et l’état d’esprit de beaucoup de concurrents :

 « Nous avons perdu beaucoup de places durant notre bagarre avec ce spi indocile, le moral était au plus bas durant la première nuit… mais la magie de la mer fait que nous sommes de nouveau très sereins, à fond dans le match, même si nous accusons un net déficit de vitesse »

Gilles Breteche et Jérome Croyère (Groupe 5) sont à la 28 ème place et accusent un retard de 60 milles.

Daniel Tinmazian et Gérard Guilluy (Asta la Vista) étaient eux arrivés dans le port madérien hier soir vers 21h (heure française). Daniel Tinmazian a pu être soigné dès hier soir à l’hôpital de Funchal : dans un empannage, il n’a pu éviter le palan de grand-voile… dents déchaussées et blessure à la joue. Il est pourtant prêt à repartir dès qu’ils auront remplacé leur étais endommagé. Courageux. Ils pourraient repartir dans la journée.

Entre alizé et alizé profond, les Quadrasailors sont en train de choisir leur voie…

Transquadra – Martinique, round 2 : Stresser ou ne pas stresser

J – 2 … Ça frémit sur les pontons de la Transquadra – Martinique à Quinta do Lorde (Madère). Les grains commencent à s’espacer, mais le vent reste fort. Les bateaux sont sagement à quai, et ceux, encore au sec, ne vont pas tarder à s’amarrer à leurs côtés. Pour beaucoup de bizuths de la course, cette transat est aussi leur première traversée de l’Atlantique : les sourires sont là, mais pour certains, un stress, bien légitime, commence à pointer.

 

Les bras chargés de packs d’eau, un aérien à la main ou un sac à voile sous le bras, les quadrasailors arrivent au bout de leurs joblist. Demain, les plus prêts, ceux qui en ont besoin, profiteront d’une accalmie bienvenue pour aller enfin naviguer. Dans 24 heures, la pression encore relativement légère ce jeudi, aura monté d’un cran.

 

Tout prévoir, ne rien oublier : est-ce possible ?

Le stress vient essentiellement, logiquement, de la casse potentielle. La préparation, l’anticipation et bien sûr l’expérience sont les meilleurs remèdes à ces possibles maux techniques : les bizuths comme les skippers expérimentés en ont bien conscience.

Patrick Baggio, skipper de Vari, en double avec Yann Jestin : « C’est notre première transat, j’avoue que je pensais dormir un peu mieux en cette période de pré-départ (rires) ! En fait, c’est comme en avion : tu as une check-list, et il ne faut rien oublier. Le moindre grain de sable peut vite provoquer des soucis en chaîne. »

Paolo Mangione skipper de Blu, en double avec Jean-Philippe Germain : « Ce n’est pas tant la traversée qui m‘inquiète, car, j’avoue que comme je ne connais pas, je ne me rends pas compte, mais je sais que ça va être bien… Le stress vient de la préparation : j’ai l’impression que nous ne serons jamais prêts ! Le temps se rétrécit… Mais c’est super ! C’est une aventure géniale ! »

 

Denis Jacob et Bertrand Daniels (Edm Service) : « Ca va, on arrive encore à dormir (rires) ! La priorité est d’éviter la casse, le pépin qui pourrait gâcher toute l’aventure… il faut que tout se passe bien. »

 

L’humour de l’expérience

Philippe Ribaud, skipper de Matmut ITS Groupe, avec cinq Transquadra à son actif, sourit… « On oublie toujours quelque chose, mais quoi ? Je le saurai quand je serai en mer ! »

Bernard Avril, équipier d’Alain Roland sur Tikocco 6, trois Transquadra dans son sillage, s’amuse : « Nous serons prêts lorsque nous arriverons aux Antilles ! »

Bref, la préparation technique, l’angoisse de la casse sont au cœur des préoccupations de tous, l’expérience permet juste de l’exprimer avec humour !

 

Des milles anti-stress

Certains bizuths de la Transquadra s’appuient sur un long parcours maritime et/ou de régatier. Leur regard sur leur futur grand saut dans l’Atlantique devient alors une « régate » de 2700 milles (5000 km).

Adrien Follin et Gilles Debard sur Give me Five, excellents régatiers, novices au large : « Nous n’avons pas de stress par rapport à la transat en elle-même. Nous sommes plutôt concentrés sur la stratégie. Les routes toutes droites, ce n’est pas trop notre truc, on préfère lorsqu’il y a des coups tactiques à jouer… »

Alexandre Ozon, skipper de Team 2 choc (vainqueur de l’étape Lorient-Madère en solitaire) : « Gamin, j’ai beaucoup navigué au large avec mes parents. Là, c’est ma première transat en solitaire, en course, je ne vais pas prendre de risques, mais je n’ai pas de pression par rapport à la traversée. »

Patrick Paris, équipier d’Hervé Bihan-Poudec sur Eureka : « Je suis à l’aise au large, je fais des transats régulièrement, je régate en baie, mais je n’ai jamais transaté en course : associer les deux, ça va être génial, c’est ce qui m’intéresse ! On prépare ça depuis 3 ans… Il n’y a plus qu’à se faire plaisir ! »

Traverser l’Atlantique n’est jamais anodin. Tout peut arriver, « on oublie toujours quelque chose, mais quoi ? »… Alors, la seule façon de le savoir, c’est d’y aller !

 

Le coup d’envoi de la Transquadra – Martinique sera donné ce samedi 10 février à 13h au large de la marina de Quinta do Lorde, à Madère. Les premiers concurrents sont attendus en Martinique autour du 22 – 23 février.

La Transquadra – Martinique

Transat dédiée aux marins amateurs de plus de 40 ans

9e édition (créée en 1993)

3800 milles de course

2 étapes : Lorient ou Barcelone / Madère –  Madère / Martinique

2 départs : 16 juillet 2017 et 10 février 2018

1ères arrivées aux alentours du 23 février 2018, au Marin

 

La flotte de la Transquadra – Martinique au départ de la 2e étape

85 partants* (147 marins dont 4 femmes)

25 solitaires (22 partis de Lorient – 3 de Barcelone sur la 1ère étape)

60 doubles (51 partis de Lorient – 9 de Barcelone sur la 1ère étape)

10 étrangers (4 Allemands, 1 Portugais, 2 Suisses, 1 Ukrainien, 1 Belge, 1 Franco-italien)

 

* 6 changements d’équipiers ont été notifiés :

Henri Lunven remplace Michel Robinault aux côtés d’Olivier Lunven sur Pour Ferdinand

Aymeric Belloir remplace David Forveille aux côtés d’Olivier Monin sur Yuzu

Jérôme Croyères remplace Patrice Carpentier aux côtés de Gilles Brétéché sur Groupe 5

Laurent Bezely remplace Nicolas Letullier aux côtés de Laurent Letulllier sur Water Boys

Antoine Cestari remplace Jean-François de Prémorel aux côtés de Thierry de Champsavin sur Ensemble Pour

Frédéric Abts remplace Gilles Thomas aux côtés de Philippe Cozic sur Croque le vent

 

Cinq abandons sont malheureusement à déplorer depuis la 1ère étape pour des raisons personnelles, professionnelles ou de santé.

Matthieu et François Coville sur TPC Ouest

Sacha Guinchard et Bruno Sinonnet Utopia II

Blandine Médecin et Jean Rodelato sur Williwaw

Jorge Mitjavila-Casanova et Esther Alarcon sur Dr Feelgood

La paire Amaury Eloy Bernard Tcherniavsky (Magic Toy), abandon sur la première étape, ne sera pas non plus de la traversée.

 

Photos :

Crédit photos François van Malleghem / Transquadra – Martinique

RORC Carribean 600 le French Flair

Avec 87 yachts déjà engagés et plus attendus, la 10ème édition de la RORC Caribbean 600 aura une flotte record. Des équipes d’au moins 22 pays ont déjà participé à la célèbre course au large des Caraïbes. Depuis 2009, les voiliers de Grande-Bretagne et d’Amérique constituent la majorité de la flotte, et cette année ne fait pas exception, les deux pays représentant plus de 30 entrées. Pour la 10ème édition cependant, un nombre important de skippers venant de France seront sur la ligne de départ le lundi 19 février à Antigua. La course passionnante autour du centre des Caraïbes, comprend trois îles françaises comme marques de parcours ; Guadeloupe, Saint Martin et Saint-Barthélemy.

 

Le Français Eric de Turckheim avec son bateau Nivelt-Muratet 54 Teasing Machine, vainqueur de la RORC Transatlantic Race 2017, peut être considéré comme l’un des favoris pour remporter le Trophée RORC Caribbean 600, décerné au meilleur voilier IRC. Onze équipes françaises sont déjà enregistrées et leurs équipages devraient être renforcés par de jeunes  Figaristes guadeloupéens.

Lors de la course de 2016, Teasing Machine d’Eric de Turckheim a terminé troisième au classement général et a remporté la course en IRC 1 avec son précédent bateau, un A13. Dans la perspective de la course, il commente: « Le RORC Caribbean 600 est une course très intéressante: le parcours offre de beaux paysages, en particulier autour de la Guadeloupe, mais il est aussi tactiquement difficile avec des flux d’airs perturbés par les terres et des conditions météos difficiles… La Belle et la Bête »

La RORC Caribbean 600 fait partie du championnat Class40 2018 et six concurrents sérieux sont en compétition cette année. La majorité vient de France et comprend Eärendil de Catherine Pourre, revenant après une terrible bataille l’année dernière :

« La course est très bien connue par les concurrents de Class40, elle est réputée concurrentielle, féroce et intense, avec beaucoup de problèmes de manœuvres et de tactiques », explique Catherine. « Tout cela dans un environnement magnifique avec des îles magnifiques, un climat délicieux et des gens adorables avec un accueil chaleureux. C’est une course physique pour les Class40 qui est très exigeante pour l’équipe, personne ne va dormir pendant toute la course! Vu que c’est plus exigeant pour l’équipage que pour le Fastnet, je serais très heureuse si nous pouvions terminer cette course en vainqueur, je suis sûre que je ne suis pas la seule! »

 

Bateaux français participants à la RORC Carribean 600 :

BateauxSkipperDesignHome Port
AlbatorPhilippe FrantzNmd43Saint Tropez
BhbArthur HubertClass 40Saint Malo
Capo DI ForaOlivier RapeaudLevrier Des Mers 20mCherbourg
EärendilCatherine PourreClass40La Trinité Sur Mer
Esprit ScoutMarc DubosClass40Port De La Rochelle
French Tech CaraîbosGilles LamireMulti50Saint Malo
Guyader GastronomieChristian GuyaderTs42Lorient
Niob6Olivier RapeaudActual 46
Noisy OysterBernard McGranaghanJ 122Port de Porquerolles
Sensation Class 40Marc LepesqueuxClass40
Teasing MachineEric de TurckheimNmd 54

RORC Caribbean 600 Régate Virtuelle

Huit cents marins ou plus participeront à la RORC Caribbean 600 cette année et si vous souhaitez vous mesurer à eux, participez à la régate virtuelle RORC Caribbean 600. Skippez votre bateau virtuel en temps réel, construisez votre stratégie sur ce parcours de 600 milles. (16 000 participants lors de cette dernière édition)

 

ROLEX SYDNEY HOBART 2017 A BORD DE BANQUE DE NOUVELLE CALEDONIE – JPK 1080

Par Alexis Loison – 2 ans après la jolie Rolex Sydney Hobart de COURRIER LEON mené par Gery Trentesaux et Michel Quintin , Michel décide de remettre le couvert avec cette fois son équipage calédonien. J’ai la chance de faire  à nouveau partie de l’aventure, toujours au poste de navigateur.

Nous voici donc à 1 semaine du départ tous réunis dans la marina du club organisateur, le CYCA . L’ambiance qui règne sur les pontons est particulièrement agréable. Les bateaux sont magnifiques , les organisateurs sont aux petits soins avec nous, c’est l’été,  (et apparemment quand c’est l’hiver là-bas ça reste quand même bien mieux que l’été à Cherbourg … ), bref tout va bien. Le bateau est très bien préparé, l’équipage particulièrement rodé mais  il reste tout de même 2 jours de boulot pour toute l’équipe afin de changer quelques drisses, préparer la nouvelle garde-robe, faire du rangement par le vide, installer l’ordi du bord, l’iridium, les logiciels météo, les caméras et surtout afin d’être en conformité avec les règles de sécurité en mer australiennes et des demandes spécifiques de l’organisateur. Malgré l’impression d’être en mode « ceinture et bretelles » , le contrôleur  nous fait quelques remarques  et  nous sort des phrases du genre  « oui mais … si vous vous retournez … ça le fait pas du tout votre bricolage  !! ». Bref, le ton est donné mais  quand on connaît l’historique de cette course, sa rigueur est entièrement justifiée.

Au final, après avoir tout collé, vissé, scotché, nous sommes bons pour le service, et nous voila dans cette magnifique baie de Sydney à tirer des bords devant l’Opéra pour réviser  toutes les manoeuvres, valider les voiles, la calibration de l’électronique, etc.  Cela change complètement d’il y a 2 ans où la préparation avait été bien plus laborieuse. La caisse à outils avait alors servi H-24 et  le shipchandler local se demande encore ce que l’on avait bien pu faire de tout le Sykaflex acheté chez lui !! Le réveillon de Noël marque la fin de nos entraînements, nous sommes prêts, motivés, l’avitaillement est à bord, il ne reste plus qu’à préparer nos sacs de nav . Exercice particulièrement  délicat, c’est un peu comme si on  partait  à la plage un jour de canicule  mais avec nos affaires de ski pour anticiper la fin de course … Et encore, cette année la météo s’annonce particulièrement clémente, les organisateurs disent même que nous ne pouvions  rêver mieux comme cadeau de Noël. Pour les « grosses luges » , comme Comanche, Wild Oats, TP52  et bien d’autres encore (liste bien trop longue à énumérer) c’est effectivement vrai, avec 100% de reaching et de portant dans du vent assez fort. Le record en temps réel qui était de seulement  1j  13 heures est  plus que menacé !

Pour les « petits », disons les IRC3 et IRC4, c’est effectivement une météo clémente, mais qui nous prive déjà de tout rêve de remporter l’Overall. En effet, un front associé à une bulle dépressionnaire et de nombreuses zones de transition seront sur notre route en fin de parcours. Cela donne en gros 2 jours de glisse avec du reaching dans 15 nœuds puis du VMG dans 15-30 nœuds « hors taxes ». Place ensuite à du près sur un seul bord dans 20 nœuds mollissant pour faire place à du petit temps très variable dans la baie de Hobart. Nous avons  des routages en 3 jours et quelques heures, ce qui reste plutôt rapide pour  avaler les 628 milles nautiques. Nous nous concentrons donc sur le double objectif qui est de remporter la catégorie IRC4 et si possible de battre le record des bateaux de moins de 11 mètres qui est détenu depuis 1975 ! Il y  a une fois de plus  de sacrés épouvantails dans notre catégorie, comme Dorade, un Yawl dessiné par les frères Stephens en 1931 mais qui parait comme neuf, ou Azzuro un autre plan S&S,  bijou de 34 pieds  seulement mais qui avait manqué de peu de nous battre il y a 2 ans (moins de 6 minutes à l’arrivée ), mais aussi le Sunfast 3600 Mister Lucky qui aime les conditions similaires au JPK 1080. Tout le monde parait dangereux, avec des  caractéristiques  et des ratings très différents. Nous comptons  sur la polyvalence de notre JPK 1080 !

 

JOUR J : Après un dernier briefing météo au CYCA  qui confirme les prévisions annoncées , nous voici sur la zone de départ. 3 lignes de départ sont prévues, espacées de 0.2 mille nautique chacune. Les « gros » partent devant nous pour éviter un embouteillage à la sortie de la baie type « Fastnet Race » et pour une parfaite équité, ils ont un parcours en baie de  0.2 mille nautique plus long que les concurrents de la ligne centrale, faite pour les « moyens » qui eux aussi ont un parcours plus long de 0.2 mn que la ligne la plus en retrait. C’est Boxing-Day, ou plutôt  «  Bazar-Day ». il y a des bateaux spectateurs partout, 10 hélicoptères, plus de 100 concurrents, cela forme un clapot très court, un fond sonore assommant  et le vent y est fortement perturbé. C’est très compliqué de se faufiler au milieu de tout cela mais nous  sortons de la baie en tête des IRC4 , entourés d’ IRC2 et 3. Nous  voici sous code 0 fractionné direction La Tasmanie . Première nuit très agréable, le « FR0 » est rapidement  remplacé par le A4, on est rapides, la lune permet de ranger les lampes, on fait attention à bien se reposer et à s’alimenter avant le vent fort prévu.

J+1, le vent adonne encore en matinée, varie beaucoup, on enchaîne les peelings A4 S2 A4 et je choisis d’empanner en  nous éloignant  de la route directe afin d’exploiter au maximum l’accélération de vent provoquée par la pointe Sud-Est de l’Australie. Les autres IRC4 ne suivent pas ou très peu, on verra bien. Assez  vite, le vent augmente, 25-30 nœuds, cela devient chaud. C’est encore annoncé à forcir, on fait une super « aile de mouette » le long de la pointe et nous choisissons d’affaler le A4 tangonné pour faire place au A5 plus petit juste après l’empannage, car on se dit que le « peeling gybe » va très mal se terminer. Nouvelle manœuvre éclair de l’équipage, on voit que les entraînements payent, et  nous voici lancés pleine balle dans le Détroit de Bass, 30-35 – et même 38 nœuds de vent sous A5 tangonné et une mer qui se forme progressivement mais sûrement. Ca fume !!!! les records de vitesse tombent au fur et à mesure que les tandems « barreurs régleurs » se remplacent. Boat Speed , 17 , 18 , 17 , 19 , etc. Michel nous sort même un 20,2 nœuds !! Sacrés planchistes!!!  Tout l’équipage est à l’arrière pour éviter l’enfournement, en tenue de combat, gilets, harnais et balises sur soi. La nuit s’annonce très tonique mais il faut absolument tenir, on a clairement une carte à jouer pour faire le break. Concentration Maximale dans cette nuit noire, on s’arrache malgré un bras de spi qui lâche , puis une amure, une mâchoire de tangon, et même un mousqueton tylaska de drisse qui s’ouvre en pleine charge . .. On sauve miraculeusement le A5 à chaque fois, qui ressort de son sac dès que possible .

J+2 , l’équipage est rincé à tous les sens du terme  de cette nuit incroyable mais je leur redonne le sourire avec l’annonce des classements en distance au but. En IRC 4, personne n’a suivi  notre trajectoire ni notre rythme, et nous avons maintenant 40 milles d’avance sur le second et 100 milles sur Azzuro.  Nous sommes d’ailleurs loin devant tous les IRC3 en temps réel !!! La route est  cependant encore longue, car aujourd’hui le front doit nous passer dessus dans l’après midi. Bientôt terminé le Tasman Express. Téléchargement des derniers gribs, cartes Iso, routages par centaines, on scrute l’horizon en attendant une grosse masse nuageuse. Rien, à part quelques petits nuages. Les gribs annoncent un renforcement de Nord avant son passage. Le vent ne fait que mollir, bizarre . Au final, le Front quasi invisible nous passe dessus et nous voici au près presque subitement. On galère un peu avec des génois qui déralinguent , on bricole et  ça y est 70 milles de près au programme en 3ème nuit. Dans une ambiance glaciale  « mais il fait – 8000°C là  !?!? », surtout pour  les Calédoniens, ça ressemble effectivement  à une traversée de la Manche  par 30 nœuds de Nord-Est au mois de mars.  Nuit très dure au rappel, mais aussi pour les barreurs  qui sont tous un peu cramés. Du coup,  les régleurs de GV avaient pour mission d’alerter les écarts de route de leur  barreur  qui s’endormait quelques secondes. Il faut tenir .

J+3 , la Tasmanie est en vue, et le vent  s’écroule. On se bagarre dans 5 petits nœuds de vent pour gagner la côte et si possible accrocher les brises thermiques. Génois light, FR0, S2, ça manœuvre encore et toujours. Tout dans le ciel est réuni pour que cela parte en brise thermique, on patiente. Finalement, on assiste à un combat entre les 2 vents et on passe notre temps à courir après « le nouveau vent ». On stresse beaucoup  car les vitesses de nos concurrents sont bien plus élevées que la notre et ils reviennent forts, notamment Dorade qui est annoncé en tête en temps compensé . Mais le Synoptique prend finalement le dessus, et 15 bons nœuds libérateurs descendent des collines et nous propulsent vers la ligne d’arrivée. Les écarts sont maintenant trop importants pour craindre de perdre la course. Comme il y a 2 ans, ambiance de folie sur les quais à Hobart. Retrouvailles avec les familles, Champagne pour l’équipage, on est fiers de nous !! Et comme il y a 2 ans de nombreux regards se tournent à nouveau sur ce bateau fabriqué à l’autre bout du monde, aux multiples astuces « tipycally french spirit »  et  surtout bien trop petit par rapports aux autres bateaux déjà arrivés …

Au nom de toute l’équipe, un grand merci à Michel  pour avoir concocté cette équipage aussi complémentaire que complice  mais aussi  de nous avoir permis  d’être au départ de cette grande épreuve de renommée internationale dans de si belles conditions . Merci également à nos nombreux supporters (familles et amis ) venus sur les pontons au départ et à l’arrivée. Merci au JPK 1080 Dream Pearls pour le prêt du Jib Top. Et enfin un grand merci à tous les partenaires du projet « LEON »  qui a encore devant lui de longues et belles histoires à raconter !! Vivement la prochaine !!

Alex

L’EQUIPAGE :

  • Michel QUINTIN «  Miiiiitcheeeelll Qwwouuuiiiiinnntiiiiiiinnnn !!!! » , barreur , LE BOSS
  • Yann RIGAL , «  le Tahitien », N°1 et média-man
  • Jean-Charles FOSSEY, « Jean-Claude » n°2 et responsable vidéo
  • Mathieu VIVIEN , « le mec qui boit de l’eau de mer » , piano, régleur
  • Jéremy PICOT , « Le jeune (autres surnoms censurés )  » , régleur , responsable du rangement
  • Cédric BOUCHET , « l’ami de JBW  » , régleur – barreur , responsable BLU
  • Jean-Marie DAURIS , «JM » ,  performeur , GV , barreur , vérificateur, régleur
  • Alexis LOISON , « le métropolitain » , navigateur et barreur

Cahiers du Fastnet 2017: LECLERC-HENNEBONT – Richard Fromentin

Le Fastnet, une régate mythique et un rêve d’avoir pu y participer. Pensez qu’en 4 minutes toutes les inscriptions étaient closes, incroyable !!!
C’est un parcours magique que nous découvrons tout au long de la traversée avec la chance inouïe de pouvoir admirer tous les lieux remarquables de jour et notamment le Phare du Fastnet, l’archipel des Scilly, le cap Lizard…

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Malgré la beauté des paysages nous sommes en régate et aux avant-postes. Night and Day ainsi que Foggy dew connaissant remarquablement le parcours utilisent parfaitement les effets de site et ont été plus opportunistes. C’est aussi leur terrain de jeux à l’année.

Dans la baie de Weymouth Night and Day rase la cote mais Foggy dew reste à nos cotés au large. Sur cette option nous accusons 1.4 milles de retard pour reprendre la tête malgré tout à la pointe de East Prawle.

C’est dans la baie de Plymouth entre Salcombe et Cap Lizard que l’écart se fait définitivement. Nous laissons par erreur nos deux principaux adversaires se décaler à droite se protéger du courant à l’intérieur de la baie et bénéficier d’un retour du vent hélas plus rapide à la cote qu’au large. Rageant sur le coup mais pas suffisant pour baisser les bras nous resterons concentrés jusqu’au bout. La vitesse une fois de plus ne suffit pas. Il faut aussi aller au bon endroit.

Au Phare du Fastnet nous sommes 6 ème avec 9 milles de retards sur Night and Day et 6 milles sur Foggy dew . Nous devons tout faire pour recoller le podium et attaquer. L’idée a été de nous décaler plus que nos adversaires,  partir sur la gauche du plan d’eau en attendant une rotation droite pour empanner dans la molle mais le vent est  moins descendu que prévu et le retard n’a pas pu suffisamment se  combler. Nous remontons malgré tout au classement.

Ceci dit pour une première participation nous pouvons nous réjouir de notre très belle 3ème place. Il y en a quand même 80 derrière ! Notre équipage a été vaillant, solidaire et généreux dans l’effort. L’ambiance à bord studieuse.
L’objectif du podium a été atteint .

Nous étions 6 marins aguerris:

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  • Loulou ( Louis Marie Dussere ) notre navigateur
  • Jean louis Couedel notre Stewart 1ere classe et accessoirement N°1.
  • Kéké (Gérald Queouron) barreur regleur
  • Jeannot (Jean Frétigny) N°1 bis Régleur
  • Nono ( Bruno James) Barreur régleur
  • Richard Fromentin Skipper

Sydney-Hobart 2017 – Quest TP 52, par Max de Montgolfier (Numéro 1)

Fraîchement naturalisé Australien, je participe à ma 7ieme Hobart cette année. Nous nous alignons le 26 décembre au départ sur un bateau que nous connaissons bien. Le propriétaire, Paul Clitheroe, ayant décidé de ne pas participer à la course (mariage de son fils le 28 décembre !), il était primordial que le bateau fasse la course tout de même afin que Paul garde son équipage sur les autres courses de l’année. Mike Green, notre Sailing Master depuis 2015 (38 Sydney Hobart à son actif) a donc suggéré début 2017 à l’ancien propriétaire du bateau (Bob Steel, deux victoires overall dont 2008 sur ce même bateau) pour qui il est aussi Sailing Master de longue date, de faire un « deal » avec Paul afin que le bateau fasse toutes les courses d’avant saison en tant que « Balance » et la Sydney Hobart avec Bob Steel aux commandes sous le nom de « Quest ». Ils acceptent et nous voici le Mardi 26 décembre au départ de la course, avec un équipage plus que rodé car à 90% le même que les années précédentes.

 

Le challenge est de taille et nous savons qu’il sera difficile de réitérer les performances des deux dernières années (obtenues sous le nom de « Balance » – si vous suivez encore). Notre catégorie (IRC 1) est clairement la plus relevée avec 10 TP52s. Le bateau à battre et grandissime favori est le TP52 Ichi Ban, fraîchement mis à l’eau en 2017 (le nôtre datant de 2005…). Il y a aussi Mascalzone Latino (Cookson 50 Italien vainqueur de la Rolex Middle Sea Race en 2016) avec son équipage 100% pro à surveiller de près… plus toutes les autres « luges » (Volvo 70s, Ker 46, Cookson 50s…).

 

Le prévisions (Nord Est fort) de la course sont absolument idéales pour les bateaux de notre taille pour « l’overall » ainsi que pour les Super Maxis afin qu’ils battent le record de l’épreuve. La baie nous offre des conditions de « demoiselle » au départ (10nds d’Est), sous un temps gris. Nous sortons de la baie sans encombres et en bonne position (sans doute 6ieme bateau) – nous déployons notre Code 0 de tète + Genoa Staysail à la bouée de dégagement et filons plein Sud à 12nds. Les hélicoptères et autres bateaux spectateurs nous quittent après une heure, nous prenons notre rythme de course à ce moment. Nous utilisons les 10/12h qui suivent afin d’emmagasiner du repos car nous savons qu’il n’y aura pas (ou peu) d’opportunité de dormir de nouveau ensuite du fait du renforcement du vent qui est prévu. Nous restons relativement proche de la cote.

 

Vers 19h – après le « diner » (si on peut appeler cela comme ça…), le vent s’oriente Nord Est et se renforce. Nous « peelons » pour le A2 puis A4 dès qu’il forcit à 18nds+, nous marchons maintenant à 15/18nds et sommes en bonne posture – bien devant les « vieux » TP52 et Cookson et juste derrière Ichi Ban qui se trouve plus Offshore. A 6h du matin, nous empannons afin de profiter d’une bascule de Nord et après 17h de course, nous rentrons déjà dans Bass Strait avec 250miles parcourus. C’est à ce moment que le vent se renforce sensiblement avec 25nds constant et que le Sailing Master nous prévient qu’il va falloir pousser la bête et que les quarts sont finis jusqu’à nouvel ordre. La grande cavalcade commence alors et nous « bourrons comme des cochons » à 20nds de moyenne dans le détroit de Bass – dans une mer croisée, les deux barreurs « 25nds+ » (Mike Green 38 Hobart et Adam Brown 28 Hobart) se relaient toutes les deux heures ainsi que les « grinders » au moulin à café. Malgré deux ou trois départs au tas, un arrêt buffet après s’être pris un « sunfish » dans la quille , tout est en ordre de marche.

 

12h plus tard, nous avons parcouru 200miles de plus et sommes en tète overall. Ichi Ban et la plupart du reste de la flotte IRC 1 sont derrière nous et surtout beaucoup plus Offshore (18 miles pour Ichi Ban à ce moment). Nous apprendrons plus tard que tous nos compétiteurs directs naviguaient pendant toute la journée sous GV à 1 Ris (voire 2) + Spi ou Code 0 Fractionné alors que nous restions sous GV Haute et A4 de 270m2 (nous en avions deux – au cas où, mais malgré nos départs au tas dans 33nds notre A4 principal n’a pas bougé d’un poil) – bien que nous naviguions à des vitesses moyennes similaires, nous descendions à 145 / 150 degrés, 10 plus bas que eux…

 

Le reste de la course est sur le papier assez « straightforward », un empannage vers 21h avec une bascule de Nord Nord Ouest qui nous offrira une route directe vers Tasman Island (pointe Sud de la Tasmanie) distante de 110 miles environ. Le programme se déroule pour l’instant à la lettre, nous restons sous A4 dans un vent qui s’est de nouveau stabilisé autour des 20nds mais doit se renforcer à 25nds « fichier » à partir de 22/23h. La nuit s’installe vers 21h30, nous n’avons pas fermé l’œil ou presque (je dis presque car nous pouvions parfois nous « reposer » à l’arrière du bateau, les fesses coincées entre le radeau de survie et le winch de bastaque mais ces « siestes » étaient constamment interrompues par des douches d’eau de mer, agaçant !) depuis plus de 15h. Nous avons une belle demie lune jusqu’à 23h environ, après quoi nous n’y voyons plus rien.

 

 Vers 1h du matin, lors d’un changement de barreur, une rafale d’environ 35nds surprend le nouveau barreur (Mike Green), le bateau part au tas – à 90 (ou moins) degrés du vent, le mat dans l’eau. Au passage, Mike tombe sous le vent, se rattrape à la barre a roue sous le vent et la casse en trois morceaux. Les équipiers au vent tombent aussi, car en s’agrippant aux filières au vent, celles-ci rompent – trois d’entre eux se retrouvent à moitié dans l’eau sous le vent, les autres se rattrapent à ce qu’ils trouvent au passage. Mike est inconscient pendant quelques secondes et nous ne savons pas si il nous manque des équipiers. Etant au moulin à café au moment de l’accident, je suis le plus proche de Mike, réalisant son immobilité, je me précipite sur lui et l’attrape par le gilet, il reprend conscience. Le bateau est toujours couché. Nous nous comptons et fort heureusement les 13 équipiers sont toujours à bord ! Nous remettons tant bien que mal le bateau à l’endroit mais c’est le chaos car nous ne savons pas l’étendue des dégâts, nous affalons le spi. Une fois les vérifications faites (et réparations temporaires sur filières effectuées) nous renvoyons le Sprit Top et continuons à bourrer à 19nds vers Tasman. Nous renvoyons le Spi A2 en approche de Tasman dans de la molle mais devons faire deux empannages alors que Ichi Ban a tout fait sur un bord (ce que nous aurions fait aussi en restant sous A4 tout le long… too bad).

 

Il est 4h du matin, le jour se lève et nous contournons Tasman Island. Nous avons 10 miles de retard (environ 1heure) sur Ichi Ban.. Ils nous rendent environ 55mns donc il y a toujours espoir. Ils gardent du vent tout le long et finissent un peu plus de heure devant nous. Nous passons la ligne d’arrivée après 1 jour et 20 heures de course. Ils gagnent overall en IRC, nous finissons seconds. Les Italiens finissent une heure après nous. Nous nous « consolons » avec la victoire Toutes Classes ORCi.

 

Notre « incident » de la dernière nuit nous prive sans doute d’une chance de nouvelle victoire overall mais nous n’avons aucun regret. Nous arrivons à Hobart avec des souvenirs incroyables plein la tête.  Il fallait pousser le bateau à 110% afin d’avoir de rester au contact de Ichi Ban, ce que nous avons fait. Leur victoire est amplement méritée du fait de leur superbe course mais aussi de la persévérance de son propriétaire depuis tant d’années – la victoire leur était promise en 2016 sur leur « ancien » TP 52 mais la Derwent River en avait décidé autrement…

 

Vivement 2018.

 

Max de Montgolfier

Cahiers du Fastnet 2017: Mayero – Jean Passini

Mes dernières participations au Fastnet remontent à l’époque où nous naviguions sur le Two Tonner « RELANCE » de mon père , en 1981 et 1983. Nous étions retournés à Cowes ensuite pour d’autres courses avec un autre bateau. Depuis, l’Eté était consacré aux croisières familiales et on réservait le printemps pour les courses en équipage entre amis et famille.

Cette fois, pour 2017, notre programme comprenait, le Spi Ouest-France, l’Armen race, comme toujours, puis le Fastnet avec une redescente de Plymouth en croisière rapide mais familiale. La logistique s’annonçait un peu complexe, mais nous y sommes bien parvenus et avons concilié l’ensemble des souhaits et objectifs.

Nous avons été réellement enthousiasmé par cette course, une première pour 6 des 7 membres d’équipage ! Nous avons redécouvert à quel point nos amis Anglais aiment la mer et leurs bateaux. Cowes respire la mer et les bateaux, quel que soit leur taille ou leur âge. On prend soin de tout ce qui navigue ! Comme me le disait un de mes équipiers, « ici on ne croise que des navigateurs ! » tout est dédié aux bateaux , à leur esthétique , à leur entretien , et à leur performance.

Nous participons en IRC3. Les 7 membres de l’équipage de Mayero (X 37) incluent trois jeunes de moins de 25 ans dont mes deux fils. L’opération Fastnet avait déjà débuté dès le Mardi qui précède , pour parcourir les 340 Mn qui nous séparent de Cowes. Montée dans des conditions un peu musclée, rapide et parfois humide.

C’est le dimanche 6 aout, sous le soleil, que nous prenons un bon départ. Nous sommes gonflés à blocs par ces bords de près magnifiques et par l’excitation que suscite le fait d’être enfin en course. Portés par une brise bien soutenue, nous tirons des bords dans le Solent pour sortir avec le courant, très rapidement vers les Needles. Nous sommes bien placés, avec parmi nous des bateaux performants et cela nous porte toute la journée y compris lorsque nous choisissons d’aller plutôt à terre pour passer les pointes successives qui se présentent avec un courant contraire. Le passage de Portland Bill est incroyable ! 50 Mètres de trop et on est jeté à l’extérieur par le courant ! Nous sommes plusieurs concurrents à enchainer les virements de bord, sans cesse, comme pour sauter un sommet le plus rapidement possible. Les départs échelonnées par le RORC, avec les grandes classes derrière nous, feront que , sans cesse , nous serons rattrapés par de plus gros bateaux et nous même rattraperons les plus petits. Cela anime la course de façon incroyable tout au long du parcours.

Toute la côte sud se déroule au près, et nécessite beaucoup d’attention pour le passage de chaque pointe, afin d’éviter les vents faibles, et tenter de profiter des courants ou des contre courants et d’une mer aplanie. Il n’y a qu’à la fin de notre parcours à terre, le Lundi après-midi que nous rencontrons des calmes dans la baie de Falmouth avant le passage du cap Lizard. Le doute s’installe sur la qualité de notre option, nous sommes pourtant bien entourés, mais nous tardons à redémarrer lorsque l’air rentre un peu. Il rentre du Nord-Ouest , là où nous irons dans quelques heures … Puis c’est Land’s end et le premier grand choix de passage du TSS ! Grande hésitation à bord entre ce qui avait été décidé en amont et la situation qui se présente. Tel que nous sommes là, et avec ces conditions, le passage Est s’impose, on y va et on ne le regrettera pas, sauf le petit « gauche » à la sortie du TSS qui n’était pas indispensable.

Toute la mer Celtique se fait au près, pratiquement sans bord favorable ! Ce près interminable depuis le départ fatigue un peu l’équipage, la mer est agitée, mais nous tirons des bords avec d’autre bateaux que nous ne quittons pas et cela nous motive pour tirer profit des rotations. les virements sont fréquents ! En pleine mer Celtique il faut éviter les tribords, et cela fait pourtant 50 heures que nous sommes partis ! Le soleil est présent, les dauphins aussi. Dans l’après-midi, nous touchons une petite bascule à droite comme prévu et la route directe tribord amure devient possible. Pendant la nuit le vent monte comme attendu, cela devient plus musclé, nous réduisons la toile. La mer est agitée mais nous progressons rapidement. Nous prévoyons un passage du Fastnet à 06h du matin. Mais lorsque la brise s’est accentuée, dans le nuit (la 3ème) , le bateau fut moins à son aise que certains concurrents aux formes plus appropriées et nous perdons quelques places.

Enfin, bientôt , nous allons pouvoir abattre et contourner le fameux Rocher. Le passage est rapide, avec le lever du soleil, l’hélicoptère vient de repartir en Irlande et ne nous filmera donc pas ! Enfin sous Spi, l’équipage se détend , nous verrons ensuite que cela nous coûte un peu .Mais les repas sont plus faciles à prendre et un peu de rangement s’impose. Le vent faiblit dans l’après-midi. Cette fois les écarts en latéral s’accentuent et on est un peu seul avec un ou deux IRC2 qui ne parviennent pas à nous semer. Mais nous restons un peu trop à l’Est et il s’avèrera que l’Ouest était plus porteur et ceux qui prévoient de contourner le TSS par l’Ouest en profiteront nécessairement. Nous restons parfaitement dans la course avec un classement provisoire à la 15 ou 16ème place en IRC3 qui comptent 84 participants. Au contournement de BISHOP Rock nous admirons les Scilly, archipel que nous aimons beaucoup pour l’avoir souvent visité en croisière. Un dernier bord, une dernière journée au travers, avec ce vent du Nord/ Nord-Ouest toujours aussi froid ! pas si facile ce bord entre Spi, code zéro ou génois, il faut bien connaitre son bateau et être réactif, ça passe , puis ça s’arrête , ça repasse, les écarts changent ! Faut- il s’écarter de la pointe ? aller à la côte ? privilégier le débridé ? on s’en sort bien et on régate avec un magnifique Swan 44 des USA , qui finit par passer avec toute la toile, trinquette et Spi asymétrique.

Il est temps d’arriver , notre acharnement à accélérer jusqu’au bout a eu raison de notre spi medium, gardé un peu trop longtemps, c’est-à-dire juste après la phrase exprimant le caractère irraisonnable de la situation et la nécessité d’y remédier… Nous arrivons à Plymouth, la nuit tombée, avec un magnifique feu d’artifice que la petite dizaine de bateaux qui passent la ligne dans le même quart d’heure admirent en commun, là où l’on nous demande d’attendre avant de rejoindre la marina où nous serons magnifiquement bien accueillis par l’organisation de la course, mais aussi et surtout par mes deux filles avec leurs maris, qui avaient hâte de nous retrouver.

Nous sommes contents de notre place de 16ème dans cette grande classe des IRC3, nous sommes aussi 6ème en IRC3B qui compte 43 bateaux, plus proches en rating. Il y avait de nombreux « passages à niveaux » et il ne fallait pas faire d’erreur car cela pouvait coûter très cher. Notre première partie de course a été très bénéfique pour notre classement.

Le Fastnet est une course d’endurance, avec de nombreux passages stratégiques, qu’il faut anticiper sans cesse en s’adaptant à la situation réelle. La présence des concurrents bord à bord, nous impose une pression forte pour aller vite et tirer le meilleur parti de notre bateau tout en gérant le sommeil et les repas pour que dans la durée la performance ne chute pas. Comme bien souvent, nous avons rencontré des conditions assez changeantes, une météo plutôt clémente malgré les températures fraiches et le côté un peu brutal de faire la totalité du chemin aller au près et le retour au portant. La pleine lune, ou presque a éclairé notre chemin, nos nuits , et les dauphins ont été sans cesse à nos côtés en Mer Celtique . Encore une fois, nous retiendrons de magnifiques images de mer dans nos têtes jusqu’à notre prochaine participation.

Jean PASSINI 28 Aout 2017

Cahiers du Fastnet 2017: Lann Ael 2 – Didier Gaudoux

Lann Ael 2 prend un départ prudent au milieu des « gros bateaux » de l’IRC1 qui nous rendent la vie un peu compliquée. Rapidement nous trouvons notre place dans la procession qui sort du Solent et cherchons nos points de repères habituels Codiam, l’ Ange de Milon, Erivale. C’est la première fois que nous naviguons avec eux dans notre nouvelle configuration, dans du médium, et nous sommes un peu rassurés sur notre compromis cap vitesse sur le long bord bâbord qui nous emmène vers l’Ouest.

Avec nos camarades, nous longeons à terre Portland Bill mais Codiam s’échappe en repartant au large : bien joué ! Avant d’arrivée à Lizard au passage du front nous nous arrêtons complétement en tombant dans une molle terrible. Vitesse surface = 0 nœud. Ça part par devant et ça revient derrière, moment très compliqué !!, mais finalement nous repartons après une longue « pause » mais plus de Codiam à l’AIS. Nous faisons notre route, le choix de l’Est du DST ayant été fait en amont. Tout le monde s’applique à bien faire marcher le bateau et Fred Duthil notre navigateur dessine une très belle trace jusqu’au Fastnet. Au Rocher nous sommes 4eme en IRC1, et cela booste le moral de tout le monde car nous venons de faire 360 miles de près. Le meilleur est à venir et nous attaquons dans la descente au portant avec de grands surfs jusqu’aux Scilly.

L’équipage s’arrache et se relaie au winch toutes les demi-heures pendant toute la descente. Superbe travail de toute l’équipe pendant 12 heures et nous remontons des gros bateaux.

Arrivée aux Scilly, l’AIS nous confirme que nous sommes avec des gros ratings. Je branche mon téléphone et je vois s’afficher pleins de messages d’encouragement du genre « accrochez-vous », « vous êtes super bien ».

Je remonte un peu excité de la table à carte en annonçant à l’équipe que nous nous battons pour le podium. De très appliqués, ils deviennent super appliqués et nous commençons ce très long bord de reaching tout droit sans personne vraiment à coté de nous.

Le vent faiblit dans la baie de Plymouth, nous sommes contre le courant et je commence à douter sans le dire à l’équipage. On se relaie à la barre toutes les heures car la fatigue se fait sentir. Puis quelques centaines de mètres avant la ligne surgit dans la nuit un énorme zodiac qui en arrivant près du bateau nous éclaire avec de puissants projecteurs et se met à filmer le bateau sous toutes les coutures. Et là nous réalisons que tous les efforts de ces deux dernières années sont fantastiquement récompensés.

Un très, très, grand merci à l’équipage non seulement pour leur engagement pendant cette course mais surtout d’avoir cru dans ce projet. Une mention particulière à ceux qui m’ont accompagné dans les moments difficiles. Ils se reconnaitront ! Un grand bravo pour nos navigateur tacticien Fred Duthil et Christian Ponthieu qui ont fait un super job et pour mes deux enfants navigants qui depuis tant d’années font partie de l’équipage et entretiennent la flamme. Enfin sans le soutien de mon épouse, je ne suis pas sûr que ce projet existerait et cette victoire lui est dédiée.

 

Didier Gaudoux

La DRHEAM CUP – Destination Cotentin 2018 : les inscriptions sont ouvertes

La conférence de presse de présentation de la deuxième édition de la DRHEAM CUP-Destination Cotentin a eu lieu samedi 2 décembre dans le cadre du Salon NAUTIC de Paris, l’occasion d’ouvrir officiellement les inscriptions. L’épreuve, dont l’un des deux parcours sera qualificatif pour la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, aura lieu du jeudi 19 au dimanche 29 juillet 2018, elle s’élancera de La Trinité-sur-Mer pour arriver à Cherbourg-en-Cotentin.

DRHEAM CUP-Destination Cotentin, rendez-vous en juillet !

Autour de Jacques Civilise, les officiels et skippers présents lors du coup d’envoi au Nautic de Paris – Samedi 2 décembre – © Rosalba /DRHEAM Promotion

Annoncée dans un premier temps en août, la DRHEAM CUP-Destination Cotentin 2018 aura finalement lieu au mois de juillet : le village ouvrira officiellement ses portes le jeudi 19 juillet à La Trinité-sur-Mer, tandis que le DRHEAM-TROPHY, prologue auquel participeront des jeunes issus de la « Bretagne des terres » dans le cadre de l’opération Rêves de Large, aura lieu le samedi 21 juillet en baie de Quiberon.

Le départ de la course sera donné, grâce aux moyens nautiques de la Société Nautique de La Trinité (SNT) le lundi 23 juillet, avec deux parcours à destination de Cherbourg-en-Cotentin : le plus grand, de 736 milles via le Fastnet, sera qualificatif pour la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2018, mais également ouvert aux plus grandes unités qui souhaitent s’y aligner en double ou en équipage ; le second, de 428 milles, passera par Wolf Rock et sera réservé aux autres unités, IRC, Osiris Habitable, mini6,50 et éventuellement « Classiques », l’objectif étant de concentrer les arrivées sur deux jours pour accueillir toute la flotte avec la même chaleur dans le Cotentin.

Pour conclure l’édition 2018, et en collaboration avec les équipes notamment du Yacht Club de Cherbourg, les concurrents seront invités à la DRHEAM-PARADE en rade de Cherbourg-en-Cotentin, avec à leur bord des jeunes qui rêvent de large, et qui vivront ainsi leur première expérience maritime.

« Ce sont deux parcours très complets qui exigeront vitesse, bonne lecture du plan d’eau et stratégie. Le plus long ressemble au Fastnet, la partie bretonne en plus, avec beaucoup de courants à négocier et la possibilité d’affronter des vents assez forts, que ce soit à Ouessant, Wolf Rock ou en Mer d’Irlande, qui peut être difficile même en été, et la traversée de la Manche en perpendiculaire pour redescendre sur Cherbourg », explique Sylvie Viant qui assurera la Direction de Course.

Une course « OPEN », les inscriptions sont ouvertes

Départ Prologue Edition 2016 – ©Th.Martinez/Sea&amp

Créateur et organisateur de la DRHEAM CUP-Destination Cotentin, Jacques Civilise a souhaité que la course soit à la fois un rendez-vous sportif majeur, appelé à s’inscrire durablement toutes les années paires dans le paysage international de la course hauturière, et un moment de partage entre marins professionnels et amateurs. C’est pour ça qu’elle sera « OPEN », ouverte à tous : tous les bateaux hauturiers de 6,50 mètres et plus sont ainsi acceptés et le format est complètement libre, ce qui signifie que l’épreuve peut être courue en solitaire, en  double ou en équipage.

L’objectif de l’organisateur est également, comme lors de la première édition à laquelle avaient participé des Britanniques, des Italiens, des Néerlandais et des Belges, d’accueillir des équipages venus de l’étranger qui seront les bienvenus, en Bretagne et en Normandie. Les inscriptions sont désormais officiellement ouvertes, les équipes ou skippers désirant prendre le départ de la DRHEAM CUP-Destination Cotentin sont invités à effectuer cette formalité en ligne le plus vite possible, afin de garantir leur présence sur la ligne de départ en juillet 2018, les places sont limitées.

 La DRHEAM CUP – Destination Cotentin inscrite au calendrier de plusieurs classes

Port d’arrivée : Cherbourg-en-Cotentin ©JM Enault

Avant le départ de la récente Transat Jacques Vabre, les représentants de la Class40, en signant une convention avec Jacques Civilise, ont officiellement confirmé l’inscription de la DRHEAM CUP-Destination Cotentin au Championnat de la classe en 2018.

« La DRHEAM CUP-Destination Cotentin s’intègre parfaitement dans le calendrier 2018 de la Class40. Entre ceux qui voudront la courir en équipage ou double et ceux qui viseront la qualification pour la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, de nombreux représentants de la Class40 devraient y participer, d’autant que les organisateurs sont vraiment à notre écoute. C’est en outre une bonne idée de faire arriver cette course à Cherbourg, un très beau plan d’eau et un port accessible en permanence. Cherbourg a par le passé accueilli des épreuves majeures comme la Solitaire du Figaro ou la Course de l’Europe, le fait de recevoir La DRHEAM CUP-Destination Cotentin est l’occasion pour la ville de renouer avec les grands événements de la voile », s’est réjoui Halvard Mabire, président de la Class40.

D’autres classes ont également fait la même démarche, comme la classe Multi2000, l’IRC, ou la Classe IMOCA qui a annoncé l’inscription de la Course a son Calendrier Évènementiel et pour finir la class MULTI50 tandis que les Ultims devraient également être de la partie, comme en 2016, mais avec pour certains skippers l’objectif de décrocher entre La Trinité-sur-Mer et Cherbourg-en-Cotentin leur qualification pour la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Le plateau de la DRHEAM CUP – Destination Cotentin 2018 s’annonce donc particulièrement fourni, ce qui réjouit son organisateur, Jacques Civilise, conscient de la responsabilité qui est la sienne d’accueillir tous les participants dans les meilleures conditions : « Avec une quarantaine de bateaux en 2016, la première DRHEAM CUP s’était déjà avérée un succès, cette seconde édition devrait permettre à l’épreuve de franchir un important cap supplémentaire en termes de participation, d’organisation et de médiatisation ».

 

Programme Prévisionnel de LA DRHEAM CUP – Destination Cotentin 2018

  • Jeudi 19 et vendredi 20 juillet : Ouverture du village, contrôles des inscriptions et de sécurité
  • Samedi 21 juillet : Prologue le DRHEAM-TROPHY
  • Dimanche 22 juillet : Contrôles de sécurité (suite) et Relations Publiques
  • Lundi 23 juillet : Départ de la grande course la DRHEAM CUP – Destination Cotentin
  • Mercredi 25 au vendredi 27 juillet : Arrivées des bateaux à Cherbourg-en-Cotentin
  • Samedi 28 juillet : Remise des prix
  • Dimanche 29 juillet : Post-logue la DRHEAM-PARADE

 

 

Les Classements  2016

Le podium (toutes classes) : 1. Arkema (Lalou Roucayrol), 2. Le Souffle du Nord (Thomas Ruyant), 3. A Capella Soreal (Charlie Capelle)

Les vainqueurs par classe :

  • Multi50 : Arkema (Lalou Roucayrol)
  • M2K : A Capella Soreal (Charlie Capelle)
  • Imoca : Le Souffle du Nord (Thomas Ruyant)
  • Class40 : Colombre XL (Massimo Juris)
  • Mini 6.50 : Raoul Pastèque (Romain Bolzinger)
  • IRC : Groupe 5 (Patrice Carpentier)
  • IRC 1 : Team Vendée 192-Les Parrains (Benjamin Dutreux)
  • IRC 2 : Fleur du Sud (Patrick Molitor)
  • IRC Double : Groupe 5 (Patrice Carpentier)

 

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Image en introduction : Drheam Cup 2016 – Thierry Martinez