Championnats UNCL Méditerranée 2021 – Les vainqueurs sont connus !

En 2021, une demi-saison riche de belles régates.

Le premier semestre 2021 a été marqué par une absence de régates IRC en Méditerranée du fait de la crise sanitaire. La principale victime de cette situation a été le Championnat d’Europe IRC qui aurait dû être organisé fin juin par le COYCHyères et qui n’a pas pu se dérouler au final. Il en fut de même pour la Porquerolles’ Race ou la DuoMax, alors que d’autres épreuves de début de saison ont pu être reportées sur le dernier trimestre, comme la Massilia Cup ou la SNIM, à des dates prévues initialement pour d’autres régates.

Dans ce contexte difficile la Rolex Giraglia et au Large de St Tropez ont ainsi constitué le réel début de la saison 2021 des Championnats IRC Med, respectivement pour les équipages et pour les duos et solos avec la mise en œuvre obligatoires de contraintes sanitaires rigoureuses. Mais ces contraintes et l’obligation pour certains propriétaires ou équipiers de se consacrer d’abord à la relance de leurs activités professionnelles ont pesé sur la fréquentation aux régates avec une diminution de quelques 20% environ du nombre d’inscrits par rapport aux mêmes épreuves de 2019.

La Classe IRC 0 (18 bateaux) n’a pas connu le succès des années précédentes avec l’arrêt de plusieurs teams français qui courraient en TP52, seules la Rolex Giraglia et Palerme Monaco ont permis à des bateaux IRC 0 essentiellement italiens de s’illustrer. Arobas 2, le plan Botin de Gérard Logel, Wallyño, le Wally 60 de Benoit de Froidmont, et Lorina 1895, le Swan 601 de Jean-Pierre Barjon, sont les seuls bateaux français de la classe, respectivement aux 2ème, 7ème et 8ème places.

A bordo di Nacira 69 « 12 »

Franco Niggeler – Cookson 50 Kuka 3

« On a couru 6 régates en 2021 et on est très heureux d’avoir vaincu notre classe au sein du championnat Med UNCL/IRC. Une belle initiative de l’UNCL ! En 2022, on espère pouvoir sortir de la Méditerranée et aller faire des régates en Australie… »

Le Championnat IRC 1 (29 bateaux classés) revient à un habitué, Tonnerre de Glen le Ker 46 de Dominique Tian, qui s’est imposé à la Massilia à Cup. Jacanda 3 le MAT 11.80 de Marc Rouanne, prend la seconde place, suivi du ICE 52 Mahana de Jean-Yves Thomas qui fût régulier. A noter dans cette classe, plusieurs bateaux compétitifs ont participé à des courses au large hors championnat comme Albator au Fastnet ou Daguet 3, Chenapan 4 ou Albator encore à la Rolex Middle Sea Race.

Tonnerre de Glen – Dominique Tian

« Un grand merci à tout mon équipage : Alexandre, Augustin, Aymeric, Barbara, Bruno, Carine, Christophe, Edouard, Eric, François-Xavier, Gilles & Gilles, Hervé, Jean-Christophe, Jean-Pierre, Joël, Lili, Marie, Oliver, Romain, Samuel, Serge et Serge, Stéphane, Stefano, Sylvie et William. Et Bravo aux organisateurs et bénévoles qui ont su s’adapter à la situation sanitaire et aux reports de leurs régates ! »

Dominique Tian

Le podium de la Classe IRC 2 (23 bateaux) revient à 3 bateaux bien connus qui se « tirent la bourre » depuis plusieurs saisons sur de nombreuses régates et pour 2021 c’est Sloughi, le First 40 de la famille Rivas qui sort vainqueur, suivi du toujours redoutable J133 Jivaro d’Yves Grosjean et du Sydney 46 Adrenaline de Michel Gendron.

Sloughi – Paul Rivas

Les Minots de la Nautique et leur A35 très affuté et skippé par Victor Bordes ont fait une réelle démonstration de maîtrise en IRC 3 (54 Bateaux) en gagnant quasiment toutes les régates auxquelles ils ont participé. L’initiative de la SN Marseille d’encourager ce très jeune équipage de laséristes (moyenne d’âge 19 ans) est une grande réussite et un exemple à suivre. Ce résultat ne doit pas occulter la première saison du magnifique Mat 10,70 Checkmate de Jean-Yves Legall qui finit second et le toujours redoutable Uka Uka le Mumm 30 de Stéphane Sollari troisième.

Les Minots de la Nautique – Victor Bordes

« C’est une récompense à la fois pour l’équipage et pour le Club qui nous fait toujours confiance en nous mettant à disposition ce super bateau. On s’est entrainé, on a réussi à prendre le bateau en main, et à gérer le projet comme on peut, avec nos emplois du temps respectifs. On fait tous des études et on navigue entre copains. Gagner une deuxième fois, c’est vraiment top ! On est vraiment super contents ».

Victor Bordes

L’équipe toulonnaise de Raging Bee, le célèbre JPK 10,10 vert et noir de Jean Luc Hamon toujours aussi véloce, remporte largement la classe IRC 4 (43 bateaux classés) devant Epsilon le SF3200 de Jean Rameil et l’A 31 Havana Glen, mené par Frédéric Tian.

Raging Bee – Jean Luc Hamon

« Mais qu’est ce qu’on fout là ? Nous n’avions jamais fait de double et la première course au large de Saint Tropez fut un baptême du feu. Nous remercions chaleureusement l’UNCL, tous les clubs organisateurs, notre club le CNMT, les comités de course, jury, jaugeurs, les bénévoles et toutes celles et ceux grâce à qui nous pouvons vivre ces moments intenses, joyeux et conviviaux. »

Jean Luc Hamon

Encore un équipage qui domine la saison en duo en récidivant en 2021, Pierre Perdoux et Pierre Grosgogeat ont survolé le Championnat Duo en remportant les 4 courses auxquelles ils ont participé avec leur JPK 10,10 Ilogan. Sébastien Henri est un nouveau venu en Duo, très prometteur et bien secondé par Victor Bordes ou Maxime Sorel à la SNIM, excusez du peu ! Ce qui l’amène à la méritée seconde place du Championnat Duo avec Télémaque 2 son JPK 10,10. Sur la 3ème marche du podium les frères Bommier mènent avec brio leur A31 Romarin devant les 38 bateaux de la classe duo.

ILOGAN – Pierre Perdoux et Pierre Grosgogeat

« On retiendra aussi un super état d’esprit de toute la flotte avec beaucoup de plaisir à se retrouver sur l’eau et à terre tout au long de la saison. Vive le DUO IRC en Méditerranée ! ».

Pierre Perdroux / Pierre Grosgogeat

Maintenant bien au point avec son JPK 10,30 Télémaque 3, Eric Merlier remporte la classe Solo (18 bateaux) devant l’inusable Michel de Bressy et son Figaro 2 Figolo et Richard Delpeut qui étrennait son tout nouveau JPK 10,30 Walili.

TELEMAQUE 3 – Eric Merlier

« Naturellement, je suis très heureux de remporter pour la deuxième fois le championnat solo Méditerranée. En 2018, j’avais un JPK 10,10 et depuis une quinzaine de mois j’ai un 10,30. On parle de solo mais en réalité c’est un duo le bateau et le skipper, au point de lui parler ! Il y a vraiment de quoi se faire plaisir et quand nous ne sommes pas suffisamment nombreux, on se tire la bourre avec nos copains en double ! »

Eric Merlier

Article rédigé Par Yves Ginoux

Crédit photo : © Pierik Jeannoutot

 

Deuxième titre de Champion IRC 3 Méditerranée pour le jeune équipage de la Société Nautique de Marseille

Communiqué de presse la SNM

Au terme d’une deuxième saison de régates dans le cadre du Championnat UNCL-IRC Méditerranée, les jeunes pousses de la Nautique vont une nouvelle fois être sacrés champions dans leur catégorie. Quand en 2019, à 17 ans, Victor Bordes Laridan et Matteo Sollari ont pris rendez-vous avec Pierre Sathal, alors président de la Société Nautique, pour lui demander d’emprunter un bateau du club pour faire une course en double la semaine suivante, ils n’avaient fait que de l’Optimist ou du Laser. On ne sait pas lequel des interlocuteurs prenait le plus de risque. Mais le Président n’a pas tremblé, et le message a été clair « le meilleur bateau, pour le meilleur résultat »

2021 : vainqueurs d’une vraie saison !
« On est tous très contents et fiers » partage le skipper, Victor Bordes « C’est une récompense à la fois pour l’équipage et pour le Club qui nous fait toujours confiance en nous mettant à disposition ce super bateau. On s’est entrainé, on a réussi à prendre le bateau en main, et à gérer le projet comme on peut, avec nos emplois du temps respectifs. On fait tous des études et on navigue entre copains. Gagner une deuxième fois, c’est vraiment top ! On est vraiment super contents. » En 2020, gagner des régates est devenu un challenge : les annulations se sont enchainées, et c’est donc cette année seulement, malgré un certain nombre de perturbations, que les Minots, qui sont également accompagnés par la voilerie BMS Elvstrom, ont pu cocher 6 épreuves qualifiantes. La saison a commencé avec de belles sensations dans la grande course de la Giraglia Rolex Cup, 240 milles au départ de San Remo – en tête de toute la flotte à la bouée de dégagement ! – avec du médium au près jusqu’au cap Corse, et de la forte brise au portant « Notre meilleur bord sous spi, de nuit, avec le bateau depuis qu’on l’a ! record de vitesse du bateau : 19,3 nœuds. Au retour, entre la Giraglia et Gênes, on a fait 41 milles en 3 heures en pleine nuit : 13 nœuds 6 de moyenne. » Au final, une place de second, tout comme au Trophée Semac, 2 journées parfaites avec 10-12 nœuds. Conditions plus compliquées à la Massilia Cup, avec une journée orageuse chargée d’éclairs et des rafales à 40 nœuds, mais les Minots finissent premiers, une place qu’il vont à nouveau décrocher au Grand Prix de Palavas, au Brescou d’or, à Cap d’Agde, et enfin à domicile, à la 55ème édition de la Semaine Nautique Internationale de la Méditerranée, à Marseille.

L’équipe se consolide
« L’an dernier, on avait eu du mal à trouver des équipiers, parce qu’une partie de l’équipe actuelle faisait encore du dériveur, mais maintenant qu’ils ont arrêté, on arrive à avoir un équipage stable » Signe de l’enracinement du projet, autour de Victor Bordes Laridan et Matteo Sollari, co-skipper et second pilier du projet – 19 ans tous les deux et études de commerce dans des établissement distincts – une équipe s’est peu à peu constituée. De cinq régatiers fidèles dès le départ, ils sont maintenant onze à participer au programme, entre 14 ans pour le plus jeune et 21 ans pour le plus âgé, sachant que le bateau en configuration régate requiert un plateau de neuf équipiers en même temps. Le team, qui se définit comme une bande de copains et dont le skipper et plus de la moitié de l’équipage sont issus du Pôle Espoir Marseille, comporte notamment deux paires de jumeaux, mais également trois frères et un cousin originaire de l’île de beauté. « On est tous étudiants. Ce support et ce programme sont extrêmement adaptés à notre situation. Actuellement, je dirais qu’on est meilleurs dans la brise, parce que ça étale un peu plus le niveau technique, et qu’on n’a pas forcément un bateau très privilégié dans les petits airs, mais quand il y a du petit temps, chaque fois on se dit qu’on ne va pas y arriver, puis au final, on y arrive quand même.
On s’implique dans le projet à fond pour atteindre notre objectif qui serait de porter haut les couleurs de la Nautique et d’avoir un titre au Championnat d’Europe, qui a été plusieurs fois déprogrammé, et pourquoi pas au Mondial, s’il a lieu ! »

L’équipage des Minots de la Nautique
Victor Bordes Laridan           skipper, barreur, tactique
Matteo Sollari                        co-skipper, n°1
Louis Barbet                           GV, tactique
Tom Lepièce                          n°2, piano
Jean-Philippe Dionisy Veiry  piano
François Barbet                      embraque
Théo Di Guglielmo                 embraque
Maxime Faure                        n°2
Thomas Faure                        n°3
Antoine Sollari                       mediaman
Antoine Barbet                       n°3

Les résultats du Championnat sur le site uncl.com

La Société Nautique de Marseille
La Société Nautique de Marseille est l’un des plus anciens clubs du yachting français. Fondée en 1887, affiliée à la Fédération Française de Voile et Club allié du Yacht Club de France, elle est le seul club représentant la France à l’International Council of Yachts Clubs, confirmant son appartenance au cercle très fermé et prestigieux des plus grands yachts clubs au monde. Tête de file de la Délégation de Service Public 2 attribuée par la Métropole Aix Marseille Provence, elle gère un plan d’eau de 8 pannes soit environ 500 bateaux dans le Vieux Port.
Engagée dans la préservation environnementale, La Nautique a mis en place une politique volontariste en la matière qui lui a valu l’obtention du label pavillon bleu et organise chaque année une opération de nettoyage du port.
Tout au long de l’année, la SNM organise de nombreuses régates et championnats, dont la célèbre Semaine Nautique Internationale de la Méditerranée – SNIM, le Vire Vire et des épreuves pour les voiliers classiques notamment grâce à son pôle de voiliers de tradition créé en 2008 le long du quai de Rive Neuve. La Nautique a été de multiples fois honoré du titre de meilleur club IRC français par L’Union Nationale pour la Course au Large.
Son implication au plus haut niveau l’a conduit à soutenir une pépinière de jeunes athlètes de haut niveau. Toute l’année, son école de Voile accueille et encadre des stagiaires.
La Nautique fêtera en 2022 ses 135 ans.

Lundi 8 novembre 2021

Société Nautique de Marseille
Henri Escojido, président
Pierre Sathal, vice-président, en charge de la régate
Chantal Benigni, responsable des événements nautiques

Site internet : www.lanautique.com

Relations Presse
Maguelonne Turcat
Portable (0)6 09 95 58 91
E-mail magturcat@gmail.com

Photo
Pierrick Jeannoutot

Solenn for Pure Ocean à la Rolex Middle Sea Race

La Rolex Middle Sea Race est souvent considérée comme le « Fastnet de la méditerranée » et n’aura pas failli sa réputation cette année encore. Nombreux sont les voiliers français venus défendre nos couleurs, dont nombreux sont aussi des membres de l’UNCL.

Avec mon fidèle 1080 « Solenn for Pure », après un convoyage express et non stop en solo (moins de 4 jours à plus de 7 nds de moyenne !), j’arrive arrive au Royal Malta Yacht Club. Pour finir une saison en solo et en double, dans l’optique de la transat Cap Martinique 2022 en double, j’ai décidé de courir la Middle Sea en duo cette année, avec Nicolas Brossay qui sera aussi mon équipier pour la transat. Après une 2ème place en IRC6 en 2018 et une victoire en IRC6 en 2019, en équipage, l’objectif est de finir sur le podium à nouveau dans notre classe.

L’accueil au RMYC est toujours aussi chaleureux, heureusement car coté météo nous ne sommes pas gâtés cette année avec une dépression qui s’installe au sud de l’Italie et Malte et apporte son lot de pluie et vent pour une dizaine de jours. Cette édition s’annonce ventée et humide, les records devraient tomber , notamment grâce aux maxis présents : Comanche, Rambler, Skorpios etc.

Les départs s’enchainent samedi 23 octobre à partir de 11h , c’est toujours aussi magique dans Grand Harbour de la Valette :  sous les fortifications et aux coups de canon !  Nous voila partis avec les IRC6, direction Capo Passero et Syracuse en Sicile. Un flux de 20 nœuds de Nord Est nous y emmène assez rapidement, la flotte s’étale et c’est le moment aussi où les plus grands nous rattrapent, voici à gauche Comanche, à droite Skorpios puis les autres machines de guerre TP52, Ker etc

La mer commence à bien se former, le vent ne mollit pas et nous approchons rapidement de Messine avec 30 nœuds de vent d’Est. L’ETNA restera caché dans les nuages, décidément je n’arriverai pas à le voir, les fois précédentes nous étions passés de nuit ! Nos amis et voisins de ponton sur Jubilee doivent abandonner hélas sur problème avec la cale d’étambrai du mat, nous les retrouverons à Malte.

Nous passons Messine en jouant dans des vents légers et un peu erratiques, et bien sur dans les courants et contre-courants et nous sortons dimanche en fin de matinée, direction le Stromboli à plus de 10 nœuds au petit largue, par un vent d’Est soufflant à 30 nœuds.

S’ensuit une belle glissade au portant vers Favignana à la pointe ouest de la Sicile. Nous décidons d’envoyer le spi lourd S4 après avoir arisé la grand’voile, et le bateau s’envole, nous filons à plus de 15 nœuds, avec des pointes à 20 nœuds, doublons quelques bateaux qui ne spient pas. Le vent soufflant plutôt à 40 nœuds, nous décidons d’affaler puis d’empanner pour nous recentrer sur la route. Babord amures, nous tentons d’envoyer l’asymétrique lourd A5, mais la sanction est immédiate avec un départ au lof violent, impossible à rattraper sans affaler le spi. Nous voila calmés pour quelques heures !  Le nord Sicile sera encore piégeux avec un vent mollissant et tournant de manière inattendue, la nuit s’avère assez longue avec beaucoup de manœuvres et peu de sommeil.  Petit temps pour le passage des iles à l’ouest de la Sicile, et c’est quasiment un regroupement pour la flotte avec les IRC 5 et 4 aussi … Le vent finit par s’orienter secteur Nord 20 nœuds et c’est sous grand spi que nous glissons vers Pantelleria et puis Lampedusa.

La fin de la course s’effectuera au près par 20 nœuds de vent et une mer très formée, surtout sur la côté Nord de Malte. Arrivée dans la nuit de mardi à mercredi, c’est l’édition la plus rapide pour Solenn for Pure Ocean !

Au final, nous finissons 1er réels des doubles, 2ème en compensé derrière le jpk 1010 Jangada, un duo anglais qui a très bien navigué et qui est bien revenu à la faveur de la molle à l’ouest Sicile, et 5eme des IRC6.

Un bilan plus que positif, le bateau va toujours aussi vite en course au large, et nous avons encore progressé dans la maitrise du bateau par vent fort. Cette course est dure et engagée, en double encore plus : nous n’avons pu dormir au mieux que par quelques tranches d’une heure ou 20 minutes, impossible de faire des quarts de deux heures sur cette course. Beaucoup de temps à la barre aussi, mais ça après la panne du pilote au Fastnet cet été, je commence à avoir l’habitude !

En ce qui nous concerne, l’hiver va être consacré à continuer à nous préparer pour la Transat avec des petites navigations offshore et des stages météo et stratégie, dans l’optique de la transat Cap Martinique.

Suivez nous et soutenez la fondation Pure Ocean en faisant un don sur le lien suivant, votre don ira en intégralité à la fondation : https://www.helloasso.com/associations/fonds-pure-ocean/formulaires/4

Plus d’informations :

https://www.rolexmiddlesearace.com/

https://www.facebook.com/jpksolenn

https://www.solennforpureocean.com/

 

 

Snim pluvieuse et venteuse, Snim heureuse !

Il est écrit qu’une Snim sans mistral n’est pas tout à fait une Snim ! Après trois jours sous l’influence d’un courant d’Est soutenu, l’ultime journée de régate au large de Marseille a confirmé l’adage, offrant un final musclé pour cette magnifique 55ème édition, disputée lors du long week-end de Toussaint.

Les matinées s’enchainent avec bonheur sous la grande tente de la Société Nautique de Marseille aussi bondée qu’un bus aux heures de pointe. Lors du briefing de 9 heures 30, Corinne Aubert puis Philippe Faure, respectivement à la tête des deux comités de course, distillent brièvement le menu de la journée sous une pluie battante. Seule différence avec les jours précédents : le vent est déjà orienté au Nord dans le vieux port, et devrait chasser les nuages chargés d’eau, avant que le mistral ne se mette en route, aussi subitement que violemment. Les équipages vont pouvoir prolonger le petit déjeuner et refaire le monde de la voile, la direction de course annonçant sagement un retard à terre, avant que le « ventilateur » ne sorte de sa torpeur en ce jour de Toussaint. Puis Antoine Henry, météorologue belge de l’épreuve confirme ce que toutes et tous savent déjà, pour avoir fait « chauffer » dès le saut du lit leurs applications météo via les modèles de prévision Gfs, Arôme, Icon, Nems ou encore Ecmwf. Du creusement et du déplacement de la fameuse dépression sur le golfe de Gênes, et donc du gradient de pression, vont dépendre la force et la direction du vent. Sur un ton très professoral, « Monsieur météo » déroule son bulletin, avant d’être applaudi par les marins.

Les Minots de la Nautique impériaux !
A onze heures, le ciel se déchire par le Nord, et les sept flottes larguent les amarres. A midi pile, en rade Nord et Sud, les départs sont donnés : Parcours construits pour les IRC en rade Nord et les Grand Surprise en rade Sud, côtier de 16 milles pour les Duos et Solos (Vesse, Canoubier, Sourdaras, îles du Frioul, Tiboulen, château d’If…). Le vent grimpe à 25 nœuds et plus, outre des rafales à 35 nœuds. Les figures libres sont au programme. Les figures libres sont au programme. Impressionnant, le jeune équipage « maison » des Minots de la Nautique – 19 ans de moyenne d’âge – mené par Victor Bordes, remporte les deux manches du jour dans un mistral à près de 30 nœuds ayant lavé le ciel en deux temps trois mouvements, et s’impose en IRC 3 en remportant quatre manches sur quatre. Dire que ces « gamins » n’étaient pas nés quand Yves Ginoux (second), a gagné sa première Snim, et qu’il disputait ici sa 40ème, dont 10 victorieuses !

Des comités de course réactifs !
Loïc Fournier-Foch est Breton, mais installé à Marseille depuis longtemps. Le mistral donc, il connaît. Il est à la tête de la société Team Winds qui loue depuis vingt ans des Grand Surprise notamment à La Trinité-Sur-Mer et Marseille. Lors de séminaires ou régates, impossibles de manquer ces monotypes aux noms de scène – Arlequin, Tigresse, Vieux farceur, Canaille, Va nu pieds ou Escogriffe… – et leurs spis jaune citron. Régatier réputé, il dispute forcément la Snim avec une bande de copains et la famille Fournier-Foch… et pas que pour participer. « Il y avait du niveau et on s’est bien amusé. Il y avait cette année des équipages qui d’habitude courent en IRC, mais pour X raisons sont venus en Grand Surprise. On a eu de très belles courses grâce à un comité de course vraiment réactif par rapport aux conditions météo. Et puis après le Covid où l’on n’a pu exercer notre métier qui est de louer des bateaux de course, disputer la Snim n’est que du bonheur. Les gens sont heureux de renaviguer. Tout le monde a la banane. Et puis il y a quelque chose qui vraiment est positif, c’est de voir qu’il y a de plus en plus de femmes à venir régater. Nous, on croit beaucoup à cet essor, et d’ailleurs dans la règle de classe des Grand Surprise, on a incité à former des équipages mixtes. La règle est de naviguer à sept, mais si il y a un équipage mixte, ils peuvent être huit – quatre filles et quatre garçons ! » Justement, Flavia Faggiana régate aussi en Grand Surprise. « J’ai l’impression que c’était un peu le début des vacances cette Snim. Je travaille dans la voile, et comme on a eu une grosse saison depuis la fin du confinement, c’était vraiment génial de retrouver les copines et les copains autour des bouées… » Dans cette catégorie, Confluence Arlequin mené par Thomas Fettig, l’emporte après une dernière manche d’anthologie, et un superbe mano a mano avec la famille Pailloux. « C’est ma 15ème Snim et ma première victoire, sur un bateau que je ne connaissais quasiment pas, notre GP 42 étant actuellement en chantier suite à une avarie » explique son skipper, licencié à la SNM comme tout son équipage.

Une organisation aux petits oignons
On a tendance à oublier que pour quatre jours de compétition, c’est six mois de préparation en amont, près de quarante bénévoles sur l’eau et vingt à terre. Du côté de l’organisation, on reconnaît que cette année a été très particulière et pas forcément simple – à l’image de la météo ce week-end – mais pour tous, le plus important, c’est que les équipages puissent être heureux d’être à la Snim et prendre du plaisir à régater. Henri Escojido, le président de la Société Nautique de Marseille, dresse le bilan de cette 55ème édition « Malgré la date tardive dans la saison et des conditions météo diverses, nous avons eu un plateau technique de haut vol, des bénévoles toujours aussi efficaces, des régates spectaculaires avec des équipages aguerris dans ces conditions, et peu de casse. On ne peut que se féliciter d’avoir pu rassembler 80 bateaux d’un tel niveau, et conserver et l’esprit et le prestige de la Snim. Rendez-vous dans six mois pour la 56ème édition du vendredi 15 au 18 avril 2022 ! »
Enfin, licencié à la Société Nautique de Marseille, Pierre Quiroga, le grand vainqueur de la Solitaire du Figaro en septembre dernier, n’a pas hésité à venir à Marseille – il va prendre le départ de la 15ème Transat Jacques Vabre le 7 novembre au Havre en Class 40 sur Endered avec Emmanuel Le Roch – pour la remise des prix. « Je suis à la maison, fier d’être dans mon club, et en plus j’adore ce lieu mythique. La Snim c’est la course de Méditerranée ! C’est celle qu’on a envie de gagner quand on fait de l’IRC. Je ne l’ai fait qu’une ou deux fois avec Jean-Paul Mouren, et j’espère bien venir la refaire l’an prochain, car ces dernières années ce n’était pas très compatible avec mon programme en Figaro. »

En bref
Elles et ils étaient à la SNIM 2021 :
Gilles André (équipier Tonnerre de Glenn), Marcel Auboiroux (skipper Feeling Good), Nathalie Acker (skipper Tiki Too), Marc Avazeri (skipper Trigresse), Thierry Berger (tacticien Vieux Farceur), Victor Bordes-Laridan (skipper Les Minots de l’Atlantique), Christophe Bouvet (boat captain Arobas), Michel Cohen-Addet (équipier Jacanda 3), Dominique d’Andrimont (skipper Blue 007), Michel de Bressy (skipper Figolo), Laurent Delage (tacticien Arobas), Richard Delpeut (skipper Walili), Flavia Fagianna (équipière Vieux Farceur), Loïc-Fournier Foch (skipper Vieux Farceur), Bernard Flory (skipper No Excape), Michel Gendron (skipper Adrénaline), Yves Ginoux (skipper Absolutely II), Pierre Grosgogeat (co-skipper Ilogan), Sébastien Henry (skipper Télémaque 2), Sylvie Harlé (présidente du Jury), Christophe Herbin (équipier Tonnerre de Glenn), Jean-Pierre Laville (régleur GV Absolutely II), Gérard Logel (skipper Arobas), Bruno Maerten (skipper Happy Few), Eric Merlier (skipper Télémaque 3), Cassandre Meunier (équipière Feeling Good), Nathalie Mouret (skipper Rollmop’s 5), Pierre Ortolan (skipper Patitifa), Marine Pailloux (barreuse Tigresse), Pierre Perdoux (co-skipper Ilogan), Marc Rouanne (skipper Jacanda 3), Lili Sebesi (marraine de la Snim, équipière Tonnerre de Glenn), Maxime Sorel (co-skipper Telemaque 2), Dominique Tian (skipper Tonnerre de Glenn), Hervé Wattine (Tonnerre de Glenn), Joël Xiberras (équipier Tonnerre de Glenn)…

Classement général final (sous réserve de réclamations)
IRC 0 à 1 :
1er : Arobas/IRC 52 (Gérard Logel), 2ème : Tonnerre de Glenn/Ker 46 (Dominique Tian)… 3ème : Jaconda 3/Matt 11,80 (Marc Rouanne)…
IRC 2 :
1er : Sloughi/First 40 (Paul Rivas), 2ème : Adrénaline/Sydney 46 (Michel Gendron), 3ème : Vito 2/A 40 RC (Gian Marco Malingri)…
IRC 3 :
1er : Les Minots de la Nautique/A 35 (Victor Bordes-Laridan), 2ème : Absolutely II/Farr 36 (Yves Ginoux), 3ème : Checkmate/Matt 1070 (Jean-Yves Le Gall)…
IRC 4 :
1er : Rostanbar 2/JPK 10.10 (Philippe Mazoyer), 2ème : Raging Bee/JPK 10.10 (Jean-Luc Hamon), 3ème : Blue 007/JPK 10.10  (Dominique d’Andrimont)…
Solos :
1er : Télémaque 3/JPK 10.30 (Eric Merlier), 2ème : Waili/JPK 10.30 (Richard Delpeut), 3ème : Figolo/JPK 10.30 (Michel de Bressy)…
Duos :
1er : Ilogan/JPK 10.10 (Pierre Perdoux et Pierre Grospogeat), 2ème : Télémaque 2/JPK 10.10 (Sébastien Henry et Maxime Sorel), 3ème : Romarin/A 31 (Antoine Bommier et Jean-Philippe Bommier)…
Grand Surprise :
1er : Confluence-Arlequin (Thomas Fettig), 2ème : Techsud-Tigresse (Marc Avazeri), 3ème : Team Winds-Vieux farceur (Loïc Fournier-Foch)…

Tous les résultats sur : www.lanautique.com

Classements des Championnats UNCL 2021 Méditerranée

 
La Semaine Nautique Internationale de la Méditerranée 2021 – 55e édition –
organisée par la Société Nautique de Marseille
–               Du vendredi 29 octobre au lundi 1er novembre (habituellement organisée le week-end de Pâques)
–               Ouverte aux IRC 0, 1, 2, 3 et 4 (solos, duos et équipages) et Monotypes
–               Inscrite au Championnat Equipage, Solo et Duo Méditerranée IRC – UNCL
–               80 bateaux
–               Régates en rade de Marseille pour les équipages
–               Grande course pour les 0,1,2,3, solos et duos
–               Marraine : Lili Sebesi, (Société Nautique de Marseille), Equipe de France de Voile, Barreuse de 49erFX, 9ème aux Jeux Olympique de Tokyo

Partenaires de l’organisation
LA BANQUE POPULAIRE MEDITERRANEE
VILLE DE MARSEILLE
AIX MARSEILLE PROVENCE METROPOLE
CONSEIL DEPARTEMENTAL
REGION SUD
FFVOILE
UNCL
YACHT CLUB DE FRANCE
USHIP
SEA YOU
VOILERIE BMS

Organisation
Société Nautique de Marseille
Henri Escojido, président
Pierre Sathal, vice-président en charge de la régate
Chantal Benigni, responsable des événements nautiques

Site internet : www.lanautique.com
Facebook : lanautique
Facebook Snim : La SNIM
Twitter : @La_Nautique
Instagram : lanautique

Relations Presse
Maguelonne Turcat
+33 6 09 95 58 91
magturcat@gmail.com

Photos : Piérick Jeannoutot

Championnat du monde IRC/ORC 2022

Le Comité International de l’IRC (IRC Board), le RORC et l’UNCL ont été choqués et déçus de constater à la lecture de l’avis de course publié par l’ORC et le YCCS, l’annonce d’un championnat du monde exclusivement ORC à Porto Cervo, en Italie, en juin 2022, annulant ainsi l’évènement conjoint IRC/ORC tel qu’il était précédemment convenu. Cette décision unilatérale et inattendue intervient à un moment où nous pensions que les négociations sur la finalisation d’un système de classement combiné se poursuivaient.

Il semble que l’ORC ne souhaite pas honorer notre engagement commun d’organiser des championnats du monde conjoints, engagement acté lors de la réunion annuelle de World Sailing à Barcelone en 2016. Nous espérons nous tromper et nous restons ouverts à un dialogue constructif.

Cette action a porté atteinte aux fondements de notre relation basée sur une confiance et un respect qui demeurent essentiels pour progresser. Si nous ne pouvons relancer notre engagement, nous devons considérer les options qui se présentent de manière à exercer notre droit d’organiser des championnats du monde IRC et ainsi, préserver le droit des régatiers utilisant notre système à concourir dans un cadre international au plus haut niveau.

Michael Boyd

Président de l’IRC Board.

25 octobre 2021.

 

The IRC Board, RORC and UNCL were shocked and disappointed to read the ORC/YCCS Notice of Race for an exclusive ORC World Championship in Porto Cervo, Italy, in June 2022 thereby cancelling the previously agreed joint IRC/ORC event   This was a totally unexpected unilateral decision at a time when we thought negotiations were continuing to finalise a combined scoring system.

It appears that ORC has no wish to honour our shared commitment to hold joint World Championships made at the World Sailing Annual Meeting in Barcelona in 2016. We hope that this is not true and we continue to be open to constructive dialogue.

This action has damaged the foundation of trust and respect which is essential for progress.

If we cannot re-engage, we must consider our options to exercise our right to hold separate IRC World Championships to preserve the rights of sailors using our rating system to compete internationally at the highest level.

 

Michael Boyd

IRC Board Chairman

25 October 2021

© Paul Wyeth/PWPictures.com

Une Snim au balcon : Rendez-vous à Marseille du 29 octobre au 1er novembre !

Plus d’un an et demi après la date initiale, la 55ème édition de la Semaine Nautique Internationale de la Méditerranée hisse enfin la grand-voile sur la plus belle rade du monde du vendredi 29 octobre au lundi 1er novembre. Épreuve de grade 3, inclue dans le Championnat de France UNCL IRC solo, double et équipage, le grand rendez-vous organisé par la Société Nautique de Marseille est habituellement inscrit à l’ouverture de la saison, au cours du week-end de Pâques. Du fait de la situation sanitaire, il occupe cette année une position stratégique bien différente à la clôture des régates de l’année. Un enjeu de plus qui n’a pas échappé aux concurrents les plus capés de la spécialité, qui seront bel et bien présents sur les lignes de départ du futur plan d’eau des JO 2024.

Un plateau de très haut niveau
« C’est une véritable réussite d’arriver à organiser cette Snim » évoque le président de la Nautique, Henri Escojido « Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont fait en sorte qu’elle existe, et à tous les participants. Nous retrouverons la Snim de printemps l’année prochaine, mais celle-ci n’est pas un pis-aller. C’est une vraie Snim » Malgré toutes les déprogrammations, et un calendrier sportif particulièrement dur à tenir depuis le milieu de l’été, la 55ème édition de la Snim s’annonce sous les meilleurs augures avec la présence annoncée d’excellents équipages, sur les deux ronds qui seront mouillés dans les deux rades de Marseille, et une grande course au programme – météo permettant – dès le vendredi 15h. C’est bien ce qui motive par exemple Sébastien Henri, co-skipper de Télémaque 2 à bord duquel il s’apprête à faire sa toute première Snim, en double « J’ai un passé de montagnard et de trailer qui ne me conduisait pas franchement à la voile » explique le coach sportif « Nous avons vécu une aventure de dingue sur le défi ultime Trail & Sail avec Christopher Pratt, et cela a scellé une amitié durable. Christopher est devenu mon coach voile, et moi je coache Christopher en Trail. Au-delà de ces échanges de bon procédé, nous partageons un système de valeurs, le besoin de nous confronter à nos limites et une même passion pour la nature. » L’engagement du skipper marseillais – qui porte les couleurs de la Nautique – dans la prochaine Transat Jacques Vabre a conduit Sébastien Henri a s’inscrire à la Snim aux côtés d’un autre marin : une des révélations du dernier Vendée Globe, le jeune skipper mayennais Maxime Sorel.

Une marraine olympique
Pour l’édition 2021, la marraine de la Snim est une athlète 100% Nautique : Lili Sebesi, barreuse en 49erFX, un dériveur vif et impétueux avec lequel – en duo avec Albane Dubois – elle a effectué un magnifique parcours aux Jeux de Tokyo qu’elles ont fini en 9ème position, sans perdre de vue ceux de Paris évidemment ! « Notre expérience très enrichissante nous motive évidemment pour continuer l’aventure » analyse la jeune sportive qui porte les couleurs de la SNM « La route est encore longue avant la sélection, mais on ne lâchera rien ! »
Très attentive à la course en monotype, qu’elle a notamment pratiquée en match racing, Lili suit également avec intérêt les évolutions des habitables, une discipline dans laquelle la mixité est toujours en devenir. « Je pense que la place des filles peut encore augmenter. Nous avons souvent été cantonnées à courir dans des équipages féminins. La vraie richesse vient incontestablement de l’addition, je crois beaucoup à la mixité à bord. »

 

Partenaires de l’organisation
LA BANQUE POPULAIRE MEDITERRANEE
VILLE DE MARSEILLE

AIX MARSEILLE PROVENCE METROPOLE
CONSEIL DEPARTEMENTAL
REGION SUD
FFVOILE
UNCL
YACHT CLUB DE FRANCE
USHIP
SEA YOU
VOILERIE BMS

Organisation
Société Nautique de Marseille
Henri Escojido, président
Pierre Sathal, vice-président en charge de la régate
Chantal Benigni, responsable des événements nautiques

Site internet : www.lanautique.com

Relations Presse
Maguelonne Turcat
+33 6 09 95 58 91
magturcat@gmail.com

Photo : Piérick Jeannoutot

Le Grand Prix de Palavas 2021

Les 9 et 10 octobre s’est déroulée la 4ème édition du Grand Prix de Palavas. Cette épreuve organisée par le Cercle Nautique de Palavas est inscrite au calendrier du Championnat Méditerranée Equipage de l’Union Nationale de la Course au Large.

Au vu des prévisions météorologiques, les organisateurs ont longtemps eu peur qu’une absence de vent sur les 2 journées de régate vienne gâcher la fête. C’était sans compter sur l’expérience de Paul-Edouard Despierres, Président du Comité de Course, et de son équipe. Ils ont su profiter d’un vent léger et variable en direction et en force pour permettre aux 15 bateaux inscrits de courir 6 manches sur des parcours construits.

Dans la classe IRC4, le Surprise Mister X de Marc Gascon du CNP n’a laissé aucune chance à ses adversaires en remportant les 6 manches. Le second est le J99 Jason de Romain Vidal du YCGM, le troisième étant le Sun Odyssey Boat-Ox de Frédéric Stéfanini du CNP. Pour les classes regroupées IRC1, 2 et 3, l’issue de la course a été incertaine jusqu’à la dernière manche. Les 3 premiers finissent dans un mouchoir de poche avec 1 point d’écart entre le premier et le troisième.

Le A35 Les Minots de la Nautique de Victor Bordes-Laridan de la SNM l’emporte devant le Farr40 Magic Express de Laurent Lavaysse du YCGM et le First40 Sloughi de Paul Rivas du CNP. C’est la  6ème et dernière manche digne d’un dernier épisode d’une série à suspense qui a fini par départager les 3 premiers. Le Farr40 Magic Express a été disqualifié pour avoir pris un départ prématuré et le A35 Les Minots de la Nautique finit premier mais avec moins de 4 secondes d’avance devant le First40 Sloughi après 45 minutes de course. L’équipage Les Minots de la Nautique venant de Marseille a une moyenne d’âge qui n’excède pas 20 ans démontrant que la valeur n’attend pas le nombre des années. Bravo à eux.

La Ligue de Voile Occitanie qui aide les clubs pour l’organisation d’épreuves importantes en habitable a permis au CNP d’avoir 2 sponsors, Le Crédit Maritime Méditerranée filiale de Banque Populaire du Sud et la banque patrimoniale Le Conservateur. Le personnel des ces entreprises ont pu profiter de ce beau weekend pour aller sur l’eau et être au plus proche des bateaux en train de manœuvrer sur le plan d’eau de Palavas. Une découverte pour certains d’entre eux qui ne connaissaient pas notre sport.

En conclusion, le CNP a bien démarré sa saison offrant à la centaine de participants un weekend de régate exceptionnel qui fait suite au Trophée de l’Occitania Cup remporté par le Club à Sète. Tout cela est de bon augure pour une saison 2021-2022 que nous souhaitons pleine et entière.

Les résultats complets : http://www.cercle-nautique-palavas.com/grand-prix-de-palavas-2/

Pierre Carayon

Président du CNP

 

Rolex Fastnet Race 2021: La Lady marseillaise brille sur la mythique course anglaise

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de l’équipage marseillais du voilier Lady First III, mené par Jean-Pierre Dréau, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique.

C’est un été 2021 so British qui a occupé Lady First III et son équipage. En effet, la sublime Lady marseillaise a quitté ses quartiers méditerranéens pour rejoindre la Manche et ses régates estivales pour la seconde fois consécutive.

En 2019, si la première campagne anglaise avait offert de célébrer une victoire sur La Trinité — Cowes, la Fastnet Race avait laissé à l’équipage un goût d’inachevé. Ce dernier avait nourri depuis deux ans une très forte envie de revenir pour démontrer ses mérites ! C’est ainsi que le 8 août dernier, le Mylius 60 armé par Jean-Pierre Dréau, membre de l’UNCL, prenait le départ de la mythique Rolex Fastnet Race pour la seconde fois.

En deux ans, ce bateau racé designé par l’architecte italien Alberto Simeone a bien progressé. L’évolution de ses appendices pensés par le célèbre Juan K a parachevé un navire déjà bien né. Si la machine a été fort bien préparée pendant la période hivernale, c’est aussi un équipage très entrainé qui s’est aligné au départ de la fameuse course anglaise.

Préparation technique, entrainements intensifs et ambitions affichées : tel est le cocktail de l’équipe de course marseillaise. Le programme hivernal, sous la houlette de Christopher Pratt, emmenant plusieurs fois le bateau à traverser jusqu’en Corse, a donné raison au vieil adage : le travail finit toujours par payer !

Les participations à La Trinité – Cherbourg début juillet, puis à la Channel Race à la fin du même mois, ont permis de valider en conditions réelles la performance du team. L’équipage, stabilisé pour l’occasion, s’est éprouvé directement sur la zone de course en Manche dans des circonstances qui — doit-on le souligner — diffèrent de celle qu’il connait habituellement. Le bateau  de  Jean-Pierre  DREAU  a  ainsi  parcouru  350 milles  entre  La  Trinité-sur-Mer  et Cherbourg via le phare d’Eddystone au large des côtes anglaises pour s’illustrer par une troisième place méritée.

Fin juillet, c’est cette fois-ci de Cherbourg que Lady First III s’est élancée à l’assaut de la Manche dans des conditions toniques. Elle bouclera le parcours en seulement treize heures de course et sur la 3e marche du podium !

Après ces brillants résultats d’avant-saison, l’équipage entendait bien signaler sa présence sur cette quarante-neuvième édition de la régate du RORC. Emmené par trois figaristes émérites, Jean-Paul Mouren, Xavier Macaire et Ronan Treussart, il avait rodé ses manœuvres et son organisation. En tout, quatorze personnes, dont Jean-Pierre DREAU, se lancèrent dans la course dans des conditions pour le moins inhabituelles.

Il convient de souligner que cette édition de la Fastnet Race était hors norme à plusieurs égards. Tout d’abord, c’était la première fois que l’arrivée avait lieu en France, à Cherbourg, avec pour conséquence une rallonge de parcours de près de 150 miles. Ensuite, la crise sanitaire a une nouvelle fois perturbé le fonctionnement normal de nos régates préférées. Ainsi, les équipages engagés ont convoyé les bateaux la veille de la course. Ils ont finalement passé une nuit au mouillage à l’entrée d’un Solent déjà bien animé par un vent de sud-ouest et de la pluie.

L’atypie de cette édition trouva alors son paroxysme dans un départ de course dantesque. Quel départ ! Plus de 30 nœuds de vent et de la pluie dans un Solent bondé et chahuté par une mer croisée. Les 400 bateaux au départ s’élancèrent vents contre courant dans un véritable « chantier », encore  plus  impressionnant  que  d’habitude,  mettant  les  équipages  sous  pression  dès  les premières minutes de la régate. Ce début de course musclé n’était pas pour effrayer nos valeureux navigateurs bien préparés qui traversèrent sans difficulté majeure cette première étape.

Lady First III sortit « en un seul morceau » et en bonne position pour attaquer la longue remontée au près vers le phare du Fastnet. L’élégante, mais tempétueuse Lady pût faire parler le potentiel de sa carène et de ses nouveaux appendices sur ce parcours essentiellement au près. Grâce au travail de toute l’équipe, bien amarinée par les compétitions et entrainements d’avant- saison, et à une organisation de quarts efficiente, Lady First III a basculé au phare du Fastnet en très belle place.

Malgré plusieurs avaries à bord toutes surmontées — dont notamment un problème de hook de grand-voile l’obligeant à naviguer avec un ris pendant toute la course — l’équipage conservera son avantage et arrivera à Cherbourg avec les honneurs ! Quelles que soient les conditions à bord du bateau phocéen, on prend le temps de vivre. Concentré sur l’objectif, l’équipage n’en oublie pas pour autant le plaisir et l’heure anglaise ! C’est ainsi que nos courageux équipiers mangèrent tous les matins leurs œufs-bacon au petit-déjeuner. Peut- être bien une source de leur réussite (mais, ne le répétez pas, c’est un secret bien gardé !)

Sur cette édition 2021, Lady First III a réalisé une course pleine, restant aux avant-postes dans sa catégorie tout au long du parcours de 750 milles entre Cowes et Cherbourg. Le Mylius 60 prendra la quatrième place de sa catégorie, tout près du podium, et la onzième place du classement  général  toutes  catégories.  Grâce  à  ces  résultats,  l’équipage  signe la  meilleure performance française de cette année ! De quoi rendre fiers les équipiers et leur capitaine Jean- Pierre en récompense du travail consciencieux mené depuis la mise à l’eau en 2018.

Après cette saison estivale en Manche, la Lady a retrouvé la cité phocéenne pour les régates de rentrée. Elle s’est distinguée dès la mi-septembre par une seconde place remarquée sur la plus grande régate corporative d’Europe : la Juris’cup ! Toutefois, l’équipage ne se contente pas des résultats passés et se projette d’ores et déjà sur la saison 2022 avec un programme bien rempli. En effet, Lady First III s’alignera au départ de la Transat du RORC en janvier 2022 puis participera à la reconnue Caribbean 600 avant de revenir au printemps pour un programme méditerranéen placé comme toujours sous le signe de la performance et de la convivialité.

Par Amandine Deslandes – Directeur associé – MARSAIL

Chloé Terracol

Chargée de communication

MARSAIL | Sport – Évènementiel – Formation

Rolex Fastnet Race 2021 : Une édition particulière pour Sun Hill III et son équipage

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de François Charles, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique à bord de son voilier Sun Hill III.

Cette édition de la Rolex Fastnet Race était particulière pour Sun Hill III et son équipage. Comme tous les deux ans, l’aventure a commencé par l’inscription en janvier. Désormais habitué aux rouages du RORC (Royal Ocean Racing Club, organisateur de la course), François était devant son ordinateur prêt à cliquer et nous étions inscrits dans les 40 premières secondes, afin d’être sûrs de pouvoir faire cette course, qui se joue à guichets fermés tous les deux ans. Une première victoire.

Comme d’habitude, la saison Fastnet est une saison au programme riche en navigations, rien que pour pouvoir satisfaire aux exigences de qualification.

Pourtant, en 2021, ce fut bien différent. Les premières courses de la saison ont été annulées ou reportées en France. Participer au championnat du RORC était impossible au printemps pour les français, à cause des précautions sanitaires.

Si bien que Sun Hill III a pris son premier départ de régate de la saison en juillet, lors de la Cowes-Dinard. Avec toutes ces contraintes, nous n’avons pas pu, comme à l’accoutumée, tester différentes configurations d’équipage.

C’est donc en formation réduite que nous nous lançons sur cette édition avec à bord François Charles (barre, tactique, navigation), Jean-Gabriel Jourdan (N°1, réglages, barre), Olivier Leroux (barre, réglages navigation) et Jordan Ropars (réglages, intendance, barre, apnée).

Dimanche 8 août, c’est le jour J. L’équipage de Sun Hill III est prêt. Le bateau est rangé prêt à affronter une mer dure et des rafales de vent à plus de 35 nœuds.

À cause du mauvais temps, l’ordre des départs a été modifié. Les bateaux géants de l’IRC 0 et IRC 1 partiront avant les IRC 4 afin d’ éviter les collisions.

Notre départ, celui des IRC 4, est à 12h10, heure locale. Nous partons plutôt milieu de ligne, assez prudemment, avec deux ris dans la Grand-Voile et J3.

François ne juge pas opportun d’aller au contact des autres concurrents dans ces conditions. Après quelques minutes et déjà quelques virements l’équipage se sent plus à l’aise. Notre barreur/tacticien commence à retrouver ses marques et décide d’aller chercher les effets de côte le long de l’île de Wight, tout en conservant les effets du courant. Ça y est notre équipage est dans le match, nous recroisons avec les premiers du groupe. C’est parti pour 20 heures de près dans des conditions soutenues.

Passé les Needles, nous partons pour un long bord de près, tribord amure, avec les vagues de face. Nous faisons quelques sauts qui font dire régulièrement à l’équipage : « le Dehler 33 est vraiment un bon bateau ».

Avec le courant favorable qui faiblit et une grosse partie de la flotte qui est à gauche du plan d’eau, la tactique est de virer pour s’abriter derrière Portland Bill.

Au bout de quelques heures, la mer se calme, le bateau glisse au près sur l’eau. C’est un moment de répit apprécié par l’équipage qui en profite pour manger, un petit peu, toujours au rappel.

Après une nuit à faire du près, nous approchons de Dartmouth. Le vent est instable en direction et en force, sous le vent de cette côte. Nous essayons de nous approcher au plus de Start Point pour rester à l’abri du courant. Au petit matin, le vent s’est vraiment calmé. Après avoir renvoyé un ris au passage de Portland Bill en début de nuit, puis le second ris au lever du jour, il est maintenant temps de passer sous J2 et de ranger le J3 (voiles d’avant).

Nous effectuons plusieurs virements le long de la côte, en compagnie du X332 vainqueur de la course. Nous ne sommes pas trop préoccupés, ce bateau nous doit du temps.

À la mi-journée, devant Plymouth, une rotation de vent est annoncée, avec un vent plus fort au large. Nous virons donc pour faire route au 200°. Lorsque nous touchons ce nouveau vent, nous reprenons notre route vers l’ouest.

Ce petit décalage nous a permis de bien reprendre l’avantage, et de retrouver, même à distance, le JPK 1010, Raphaël, alors en tête, qui fait une superbe course en double.

Le vent continue de mollir, nous passons sous J1, toujours au près. Nous longeons la côte, chaque bord à terre est un gain sur la concurrence. En début de nuit, nous arrivons au bout de la Cornouaille. Nous avons plutôt bien tiré notre épingle du jeu et sommes toujours dans le trio de tête.

Cependant, l’équipage est fatigué. Olivier barre dans le tout petit temps, en essayant de conserver un maximum de vitesse. Jean-Gabriel et Jordan se relaient pour les manœuvres, tandis que François essaye de trouver la meilleure route pour échapper à la pétole et contourner le DST sans perdre trop de terrain. Nos camarades s’échappent pourtant. Winsome , Gioia, Raphaël ont désormais plusieurs milles d’avance sur nous. Entre les îles Scilly et le phare du Fastnet, Jean-Gabriel, Jordan et Olivier barrent à tour de rôle.

François travaille la tactique et récupère un peu. Dans cette remontée vers le Fastnet, en fin de nuit, le vent s’est de nouveau renforcé et a bien tourné. Nous pouvons envoyer le code 5. Nous naviguons vite pendant deux heures, ce qui nous permet de revenir un peu sur les concurrents de devant.

En temps compensé, Raphaël et Gioia sont les deux premiers bateaux à passer le Fastnet en IRC 4. Nous sommes troisièmes.

Nous sommes ravis de notre place, à 52 minutes de la première place est à 53 secondes de la seconde place.

Nos concurrents d’IRC 4B ont entre 1h30 et deux heures de retard sur nous.

 

Nous attaquons la descente vers les Scilly, plus motivés que jamais, sous spi symétrique.

Le plan pour cette descente est d’aller dans l’Est, pour conserver du vent. Vent qui doit doucement mollir par l’ouest d’après nos fichiers météo. Nous empannons donc, dès le passage du DST. Notre objectif est de passer dans l’Est du DST des Scilly en finissant sous Code 5, puis J1.

La descente est rapide, et tout l’équipage arrive à se reposer. Ça fait du bien de naviguer à plat.

Malheureusement, le début de nuit va être moins paisible et rapide que cette excellente journée.

Une fois tous les spis rangés, le DST contourné à bonne vitesse. Nous apercevons une grande quantité de feux de navigation devant nous. Il s’agit en fait de plusieurs concurrents à la dérive. Il n’y a plus un souffle de vent et il est trop tard pour faire demi-tour.

Nous pénétrons donc, nous aussi, dans cette zone sans vent.

Nous ne savons absolument pas combien de temps cela va durer, le fichier météo annonce entre 8 et 12 nœuds de vent. Jordan et François décident d’aller dormir pour être le plus en forme possible dès le redémarrage du bateau.

Jean-Gabriel et Olivier vont passer entre 2h30 et 3 heures à la recherche du moindre filet d’air tout en voyant une quarantaine de bateaux nous passer devant.

C’est frustrant, au classement de 3h30, nous sommes toujours premier en IRC 4, mais nous savons que ça ne va pas durer. Les autres avancent à 6 nœuds dans le Sud.

Au petit matin un léger souffle de vent, nous permet de relancer le bateau. Nous sommes coincés entre le DST et les ilots des Scilly que nous n’avons pas le droit de traverser. Nous rasons le phare de Bishop Rock pour éviter

un virement supplémentaire et arrivons enfin à reprendre une route similaire à celle de nos concurrents. Il est 9h00, nous sommes neuvièmes au classement IRC 4.

Après longue réflexion, François décide d’aller chercher Aurigny. Nous faisons marcher le bateau sous spi, avec un petit recalage le long des côtes anglaises. Ça va vite, il y a une vingtaine de nœuds, nous arrivons à bien descendre et nous entamons notre remontée au classement général.

Il n’y a pas beaucoup d’options possibles entre les Scilly et l’atterrissage sur le DST des Casquets. Pour la toute fin du parcours, trois possibilités s’offrent à nous :

1)   passer au nord du DST des Casquets (favorable en cas de courant contraire).

2)   passer au nord d’Aurigny juste sous le DST (favorable si le courant est dans le bon sens)

3)   et enfin passer au nord de Guernesey et dans le sud d’Aurigny. C’est cette dernière option que nous choisissons.

En effet, le courant n’aura pas tout à fait renversé au nord d’Aurigny à notre arrivée, alors que dans le sud il sera favorable.

Nous longeons la côte sous spi et arrivons dans le raz Blanchard quasiment à l’étale.

Arrivés au niveau du phare de la Hague, nous profitons d’un courant favorable qui nous fait marcher à 10 nœuds. Nous filons vers la ligne d’arrivée, proches du X-332 brestois et du Sun Fast 37 irlandais.

Nous terminons au final troisième IRC 4 (72 inscrits), à 16 minutes et 55 secondes du premier est à 7 minutes et

12 secondes du second.

Nous sommes heureux d’avoir terminé notre troisième Fastnet sans encombre.

Nous n’aurions pas parié pouvoir revenir sur le podium après cet arrêt de presque trois heures aux Scilly. Bravo à nos concurrents et mention spéciale pour le bateau irlandais qui est venu nous féliciter, s’excusant d’avoir profité de notre arrêt ! Nous espérons les retrouver en 2023 pour rejouer le match 😉 .

Nous avons passé une petite semaine de régate intense et nous conservons le souvenir d’une course exigeante avec la difficulté de son parcours et de la météo.

Nous nous sommes énormément amusés tous les quatre, le quatuor a parfaitement fonctionné. Nous aurions pu partir pour un deuxième tour dans la foulée.

 

Nous sommes prêts pour 2023, et comme en 2019 nous serions partants pour laisser Sun Hill 3 se reposer, pour découvrir de nouvelles sensations et nous compliquer un peu la tâche avec un bateau un peu plus sportif.

*DST : Dispositif de Séparation du Trafic (zone interdite en régate)

Crédit photo : Paul Wyeth/RORC

Adeosys premier au phare du Fatsnet

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de Ludovic Menahes, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique à bord de son voilier Adeosys .

Départ, le dimanche 8 août de Cowes. Pour le Fastnet. La course au large, la plus ancienne et réputée la plus dure. (elle va être à la hauteur de ce que l’on en dit).
Groupe IRC 4 et Double.

C’est notre première Fastnet en duo et la mise en jambe est de taille. Les premières 24h s’annoncent salées….. 30 nœuds, une mer cassante,… bref, on part à 10h du ponton avec un gros repas dans le ventre car on ne va pas manger correctement pendant ces 24h.

Départ 12h, dans le Solent (baie sud Angleterre), en retard sur la ligne, mal positionnés, à cause d’un problème d’accroche de notre voile d’avant. Nous sommes sous solent et GV 1 ris (28 nœuds, rafales à 32). Certains ont pris 2 Ris, d’autres ont aussi mis leur ORC (toute petite voile d’avant). Ce n’est pas si grave, avec un bon travail, on arrive à sortir des Needles, avec la tête de notre flotte,

Puis, nous voici en manche, 3h que nous sommes partis, nous sommes trempés de la tête au pied… Première rotation de vent, on prend et on part vers les côtes anglaises pour se protéger du courant de face qui va arriver. Cela va être de la survie, toute la nuit. Au près, dans 30 nœuds. Le bateau va bien, va vite, (mais le pilote ne peut faire un travail correct), on va se relayer toutes les 2h à la barre, harnachés au bateau.

Dans la matinée, du 2ème jour, moins de vent, la mer s’aplatie un peu, on prend enfin le temps de respirer. On refait un point météo. On regarde, autour de nous, Léon (JPK 10.30) est juste devant et Aileau (une 1ère pour nous le JPK 10.80 est derrière). On a du réseau, on regarde notre position, nous sommes 1er IRC 4 et 2ème IRC Double. C’est réconfortant, on oublierait presque que l’on est trempés de la tête aux pieds. Dans la journée, nous nous sauvons avec le groupe de bateau IRC 3 (la taille au dessus…).

Puis, la 2ème nuit, c’est la négociation du passage des iles Scilly. Compliqué, le vent tombe vers minuit. Nous sommes encore le long des côtes, mais il faut descendre pour passer entre les 2 DST … guerre des nerfs, 2h sans vent… on voit certains bateaux repartir, puis s’arrêter. On va finalement sortir très bien à nouveau de ce passage.

Au petit matin, du 2ème jour, nous sommes dans la traversée de la mer Celtique, à naviguer avec des JPK 10.80, 10.30, SF 3600, voire même plus grand… bref pas avec les bateaux de notre groupe. Le vent s’oriente petit à petit, ce qui nous permet d’envoyer notre Code 0 sans câble Technique Voile #Laballe, les autres suivent, puis le vent forcit mais on ne veut pas les lâcher, alors « ils ont des ballast (lest rempli d’eau) et bien nous on va prendre un Ris ». 100 miles plus loin, à 4h du matin, à part un ou 2, nous les avons tous tenu. Rincés, à la limite du rouge, nous prenons notre position au passage du Fastnet. Toujours 2ème IRC Double, 1er IRC 4 en réel et compensé avec presque 1h d’avance sur le second et 30 milles d’avance sur le futur vainqueur.

C’est top (on aurait bien voulu voir le phare, tout de même !), mais la descente va être compliquée, moins d’air que nos poursuivants, ils vont grapiller tout le temps des milles. On sait déjà qu’il va nous falloir de la chance pour garder notre position, car cela part par devant et revient par derrière et nous nous sommes au milieu. Bref au milieu de 2 systèmes météo !

Retour et descente vers les iles Scilly, le 3ème jour. Super confortable sous grand Spi, enfin le bateau est à plat. On sera à une moyenne de 8 nœuds quand derrière, c’est du 10-12 nœuds…

Arrivée au milieu des DST et des Scilly, au matin du 4ème jour, on reprend notre position, nous sommes passés 3ème IRC Double et toujours 1er IRC 4, mais les bateaux se rapprochent. A la sortie des Scilly, les gros IRC double sont passés, la porte se referme pour nous. On va passer des heures à attendre du vent… et derrière, cela revient, revient… Puis on repart, mais pour aller à Cherbourg, nous n’avons plus d’autre choix que de faire du sud et de rallonger la route.

Au petit du matin du 4ème jour, nous sommes toujours avec les bateaux du groupe supérieur IRC3, que nous avons tenu tout le long, mais pour la première fois, on voit des bateaux de notre groupe, en visu… On comprend que c’est fait, nous sommes récupérés et c’est perdu. Nous ne sommes même plus 1er en réel (mais 4ième). Ils ont eu un vent différent, ils ont fait route directe alors que nous nous avons parcouru beaucoup plus de route dans cette derrière descente..

Un peu touché au moral, on se reprend et on va cravacher toute cette dernière matinée pour reprendre notre place de 1er en réel. Une bonne négociation des divers courants, le long du DST des Casquets, d’Origni, du Raz Blanchard, et au passage de la Hague, nous avons repris notre position de leader en temps réel. Un petit soulagement !

Pour les classements :

  • 116ème en temps et 30ème en temps compensé sur 314 bateaux. (9ème au Fastnet toutes classes confondues)
  • 5ème en IRC Double sur 59 bateaux (2ème au Fastnet)
  • 8ème en IRC 4 sur 70 bateaux (1er au Fastnet)

Félicitations à Trading Advices.com , nos amis brestois, venus pour gagner, qui au passage du Fastnet, se sont dit, c’est fini Adeosys a gagné (plus de 5h d’avance), mais n’ont rien lâché, grapillé miles par miles pour finir 15 minutes derrière nous.

Petites anecdotes :

  • La 1ère nuit, j’ai volé de la table à carte sur la cuisine. Bobo à la tête, du sang partout…
  • Empannage avec le stick (pièce qui permet de tenir la barre), qui se désolidarise. Un peu déconcertant lors de la manœuvre.
  • Pour sa seconde participation, David n’a encore pas pu voir le Rocher du Fastnet, peut-être que pour gagner, il faut le voir ?

Au final, le Fastnet aura confirmé que c’est une course dure. On s’est même dit avec David, jamais on ne revient en double sur un si petit bateau… Mais le JPK10.10 est vraiment un très bon bateau de près dans la brise, la piaule…. On reste sur notre faim, étant passé tout proche de le gagner. On va donc revenir !

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