CHAMPIONNAT MANCHE-ATLANTIQUE 2021 – ADEOSYS GAGNE EN DOUBLE ET OVERALL !

Par Patrice CARPENTIER

C’est une première du championnat Manche-Atlantique, le même bateau gagne dans les deux classements, sans avoir couru une seule fois en équipage… Il s’agit du JPK 10.10 Adéosys, le dernier exemplaire produit en 2019 par le chantier de Larmor Plage pour Ludovic Menahes.

Originaire de Brest, installé sur Vannes depuis 2004, sociétaire du club de La Trinité-sur-Mer et de l’UNCL, Ludovic a démarré la régate en dériveur avec David, puis a quitté la scène vélique pour se consacrer au management de sa société informatique. Il est revenu à sa passion en 2015 à bord de son First 31.7. Voyant que ce n’était pas incompatible avec ses obligations, à la fois professionnelles et familiales, il a acheté un JPK 10.10 pour participer à la Transquadra 2020, toujours en compagnie de son fidèle comparse David, lui-même propriétaire d’un J 92 sur lequel Ludovic a maintes fois posé son ciré entre 2007 et 2010.

En raison du Covid, les deux compères optent pour la Transat Cap Martinique, qui fut elle-même repoussée d’un an. Ils profitent de ce report pour effectuer des améliorations sur le bateau, parfaire leur préparation – Ludovic participe activement à la mise en place d’un groupe d’entraînement à La Trinité-sur-Mer – et courir en 2021 un maximum de régates inscrites au Championnat. Cette assiduité, couronnée par de belles performances réalisées tour à tour avec David, Jérôme Croyère et François Moriceau, vaut au JPK 10.10 d’achever la saison en grand vainqueur avec 7 courses à son actif et un total de 400 points en cumulant ses cinq meilleurs résultats, comme le veut le règlement.

@Paul Wyeth/RORC

Ludovic retiendra de cette belle saison beaucoup de plaisir, de joie, mais aussi un peu de frustration, car cela n’a pas été simple. « On dit souvent que ça se sauve par devant. Et bien non! Nous retiendrons qu’à chaque fois que nous avons été en tête, le vent nous a bloqué la route », retient ce sympathique skipper fort apprécié de ses pairs. Les agapes démarrent par la Gascogne 45/11. Toute nouvelle course au format inédit, disputée par une météo clémente exigeant une solide stratégie pour négocier des  anticyclones à travers le golfe de Gascogne à l’aller et au retour :

« On va faire la course en tête quasiment dès le départ en négociant bien toute notre descente ».

Adéosys est le premier à prendre l’option Sud vers l’Espagne et à couper la longitude 11°pour prendre le chemin du retour. La victoire en temps réel lui tendait les bras, mais une dernière bulle sur la route de l’arrivée à La Trinité-sur-Mer lui fut fatale. Le programme se poursuit avec La Trinité-Cherbourg (en remplacement de Cowes), une course de vitesse s’achevant comme d’habitude en tricotant avec de forts courants. Adéosys termine second battu par le JPK  10.80 d’Olivier Burgaud. Sa participation à Cowes-Dinard se solde par un « Pas la peine de s’étaler, on n’aura pas été bons… ».

Arrive le gros morceau de la saison avec un plateau de choix : la Rolex Fastnet. Ludovic et David font une excellente montée vers le « Rock » qu’ils contournent en tête de leur classe. Le retour est moins tonitruant (lire ses commentaires parus sur notre site). Le bel Adéosys mettra quand même un point d’honneur à finir 1er en réel du groupe IRC 4 et empochera au passage 99.6 pts. Retour dans le Morbihan pour la Nuit des Iles du Ponant (cette fois avec Francois Moriceau) : peu de vent, voire pas du tout. « Le début de la course est sympa, 5 – 8 nœuds de vent (c’est toujours bon quand on est collé aux bateaux avec un rating bien au-dessus), mais quand la nuit tombe, on ne voit plus le plan d’eau, bien trop calme à notre goût… Ce n’est plus du plaisir et on a hâte de terminer. (16h pour parcourir 40 milles…) ».

Au Télégramme à Lorient, il fait beau, le vent est modéré, variable et parfois ponctué de calmes comme lors de la manche 2 où Ludovic accompagné de Jérôme Croyère, alors en tête, se retrouve scotché et fort contrit de voir ses poursuivants le dépasser à gauche et à droite.  L’épisode final se nomme le Spi Ouest-France que l’armateur et skipper du JPK 10.10 résume par ces mots : « La 1ère journée, top, on ne pouvait pas faire mieux. Mais le samedi, comment dire… On a dû montrer tout ce qu’il ne fallait pas faire (bref, une journée à oublier). Le dimanche, dernier jour, il faut bien finir la saison. On va s’appliquer pour finir 2ème, juste derrière Papillon (le JPK 10.10 d’Alain et Jean-Marc) avec qui nous nous sommes entrainés tout l’hiver ». En guise de conclusion, il retient que pour faire « tout ça », il faut :

« Une femme et des enfants très conciliants qui acceptent toutes ces absences, des collaborateurs qui assurent chez Adeosys, une voilerie (Technique Voile) qui est à l’écoute et qui vous accompagne, et un groupe d’entraînement qui partage tout. Merci à vous tous ».

Article rédigé par Patrice CARPENTIER

Crédit photo : @Paul Wyeth/RORC

 

Laudato Si dans les eaux britanniques

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de Régis Vian, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique à bord de son voilier Laudato Si un A31.

Mon inscription au Fastnet cette année est mon plan B en cas de décalage de la Cap Martinique 2021 à laquelle je suis inscrit en solo. Rétrospectivement, c’est un plan B majuscule!

Cette édition de la Rolex Fastnet Race 2021 s’annonce particulière à plusieurs égards. La quarantaine imposée en Angleterre nous prive de l’ambiance unique qui règne à Cowes avant le départ de cette course mythique. L’arrivée à Cherbourg en lieu et place de Plymouth est une grande première. Enfin, la météo annonce  depuis plusieurs jours un début de course musclé, voire très musclé. Il va y avoir du spectacle quand les 350 bateaux inscrits vont devoir tirer des bords dans le Solent, pour rejoindre la pleine mer.

C’est ainsi que nous nous retrouvons le 8 août, avec mon cousin Thierry, à bord de mon fidèle A31 Laudato Si, à attendre notre coup de canon dans 30 noeuds de vent établis, au milieu de ce qui est sans doute la plus belle flotte de bateaux qu’une course peut réunir. Nous courons en catégorie IRC4 et duo.

Les trimarans Ultimes, les IMOCAS, les Class 40 et les maxi IRC (catégorie IRC ZÉRO) partiront avant nous. Le spectacle garanti est au rendez-vous. Nous en profiterons à peine car le vent prévu est aussi au rendez-vous. C’est chaud!

Nous prenons un très mauvais départ, et coupons la ligne avec 1 minute de retard, suite à un banal problème d’écoutes de génois qui s’emmêlent au mauvais moment. Mais dans ces conditions, il n’y a pas de problème banal. La sortie du Solent (le bras de mer entre la côte Anglaise et l’île de Wight) tient aussi toutes ses promesses. Le courant jusqu’à 5 noeuds qui s’oppose aux 30 à 35 noeuds de vent d’Ouest lève une mer dantesque, à la limite de ce que peut supporter notre A31, léger et bas sur l’eau.

Ces conditions vont se maintenir pendant plus de 24 heures. Nous sommes secoués et trempés en permanence, par la mer ou par la pluie. Eau douce ou eau salée, nous ne faisons plus la différence. Nous tirons péniblement des bords vers l’ouest et faisons le dos rond en attendant des conditions meilleures.

La stratégie du premier jour sera conservatrice: ne pas casser le bateau, ne pas (trop) nous fatiguer. La course est longue. C’est pourquoi nous préférons partir vers le large plutôt que de tenter de profiter des courants autour de la pointe de Portland Bill, lieu peu recommandable par vent fort. Nous ne devons y perdre en théorie que 20 minutes. Nous y perdrons sans doute plus, car le groupe de tête de notre catégorie IRC4, passé par là, aura déjà beaucoup d’avance. Serions-nous passés sans rien casser? Nous ne le saurons jamais. C’est dans ce contexte que nous apprenons l’abandon de nos amis de Tagan, Alain et Marc. Coup dur!

Le soir du deuxième jour, à l’approche du Cap Lizard, le vent s’est calmé (un peu trop?). Nous pointons autour de nous quelques concurrents directs de notre catégorie: Bigfoot, Aldebaran et Oromotco devant nous, et Cavok pas très loin derrière. La nuit est fraîche, étoilée, humide et studieuse. Nous jouons quelques coups gagnants avec les courants du Cap Lizard et de Land’s End et nous retrouvons devant  Bigfoot et Aldebaran au passage des îles Scilly. Nous sommes bien dans la course, dans le tiers de tiers de tête de notre catégorie. Nous avons limité les dégâts, nous n’avons rien cassé et avons pu avaler notre premier repas chaud depuis le départ. Un semblant d’humanité s’installe à bord! Néanmoins, nous arrivons aux Scilly en début de flot, et nous devons naviguer six heures durant dans un courant contraire, là où les premiers sont passés sur un tapis roulant: premier passage à niveau, la barrière se ferme juste devant nous!

 

 

La traversée de la mer d’Irlande ressemble… à une traversée de mer d’Irlande. Vent de travers sud-ouest, beau temps le matin, pluie l’après-midi, grains et vagues pendant la nuit. Nous sommes de nouveaux mouillés et secoués. Nous prenons un front et sa rotation de vent au nord ouest comme prévu, 20 miles avant d’arriver au Fastnet. 20 miles à tirer des bords alors que ce nouveau vent est encore une fois favorable à ceux de devant: deuxième passage à niveau, nous sommes encore du mauvais côté de la barrière.

Nous virons le fameux rocher en milieu de journée, sous un ciel bleu sans nuage. Les côtes irlandaises en toile de fond s’ajoutent à la magie du lieu. C’est un moment intense, à la proportion des efforts qu’il a fallu produire pour arriver là. Pas le temps de rêver. Nous avons Oromocto à rattraper, et Bigfoot, Aldebaran et Cavok qui ne sont pas loin derrière.

Nous parvenons à charger un classement. Nous sommes 18èmes. C’est une bonne surprise pour nous. Nous avons honorablement limité les dégâts des premières 24 heures. Nous sommes aussi impressionnés par la course de nos amis Ludovic et David sur Raphael (#Adeosys – course au large), 1er en IRC4, et 2ème duo. Ils font une course incroyable!

La lecture des fichiers météo du jour est implacable: une dosable anticyclonique va ralentir fortement les bateaux de tête. Troisième passage à niveau, cette fois-ci en notre faveur! L’occasion est trop belle de revenir sur les bateaux de tête,  nous ne calculons plus trop nos efforts. Entre le Fastnet et les Scilly, nous sommes sous spi asymétrique. Le vent d’ouest-sud-ouest va refuser de quinze degrés. L’angle de vent est serré, et va se resserrer encore . Nous prenons une route sud qui nous permettra d’accompagner la rotation du vent et tenir le spi le plus longtemps possible.  Nous nous relayons à la barre toutes les heures, jusqu’au cœur de la nuit que nous terminons finalement sous génois. Nous tenons bien notre place, mais nous sentons que Cavok pousse fort derrière.

Changement de cap après les Scilly, direction Cherbourg! Le spi léger est sorti. Nous nous décalons un peu au nord de la route alors que nos camarades de jeu choisissent la route directe. C’est dur de maintenir les écarts, leur angle de vent est meilleur. Mais nous nos rattrapons bien lorsque nous remontons vers le DST des Casquets (dispositif de séparation de trafic pour les cargos). Finalement l’opération aura été bonne. Nous y avons néanmoins laissé quelques heures de sommeil! Cavok et Bigfoot toujours derrière, et Oromocto encore dans le viseur. Nous le dépasserons au sud d’Aurigny, à la faveur d’un petit décalage vers le sud, et nous sommes au coude à coude pour traverser le fameux raz Blanchard à la pointe du Cotentin. Il est fidèle à sa réputation. Sous l’effet des forts courants de marée, la mer est une vraie marmite.

Oromocto  nous a mis la pression jusqu’au bout!  Nous profiterons du paysage une autre fois. Nous coupons finalement la ligne d’arrivée moins de deux minutes avant lui, et quarante minutes avant Cavok. Bigfoot est plus loin derrière.

Quelle course! Elle n’est pas mythique par hasard! Le parcours est extraordinaire, la météo toujours exigeante, des rebondissements et des concurrents qui ne lâchent rien: cocktail parfait!

Nos classements sont au-delà de nos objectifs:

  • Classement IRC4: 10eme sur 70 partants (19 abandons)
  • Duo: 7eme sur 57 partants (21 abandons)
  • Overall (toutes classes IRC): 30eme sur 250 partants (70 abandons)

Résultats 2021 complets

Solenn for Pure Océan chez les anglais

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de Ludovic Gérard, sociétaire du Pôle Course au Large du CNTL et membre de l’UNCL, il revient pour nous sur cette course mythique.

La Rolex Fastnet Race est une des courses amateurs les plus intéressantes et dures au monde, beaucoup de régatiers rêvent d’y participer une fois dans sa vie. Au même titre qu’une transatlantique ou le passage du Cap Horn, cela fait partie des graals à conquérir pour tout régatier habitué des courses au large.

Inscrit à la Transat Cap Martinique en double, le report de la Transat à mai 2022, m’a laissé sur ma faim pour 2021. Après réflexion, décision est prise d’aller participer au Fastnet cette année, cela tombe bien, elle n’a lieu que les années impaires.

Pourquoi le Fastnet ?  Le démon de la course au large est terrible : c’est addictif. Il n’y a pas d’autre mot pour désigner cette soif de nouveaux horizons, de couchers et levers de soleil sur la mer, sans voir la côte, d’engagement physique et psychique pour tenir bon sur ces centaines de milles à parcourir, quelles que soient les conditions météo…  J’ai beaucoup couru sur les parcours Méditerranéens, évidemment entre Marseille – Porquerolles – Corse – Monaco – Barcelone mais aussi jusqu’à Malte, lors de nos deux participations à la Rolex Middle Sea Race que nous avons d’ailleurs remportée dans notre classe en 2019.
Alors pourquoi le Fastnet, en Manche ? Pourquoi aller dans l’humide et le frais, même en été ? Pourquoi s’imposer une telle logistique ? Pour le plaisir de courir évidemment mais aussi de se confronter à l’élite de la voile amateur et professionnelle européenne. Sortir de la routine des courses locales, de ce que l’on appelle en management « sa zone de confort », voilà qui procure adrénaline et qui est un ressort pour une progression continue, dans la vie professionnelle comme dans le sport amateur.

C’est aussi l’occasion pour porter les couleurs de la Fondation marseillaise Pure Ocean « là haut ». Parler de notre engagement pour la préservation des Oceans, l’éducation du grand public à ces problématiques et le soutien de programmes de recherches ayant trait à la préservation des océans et une meilleure connaissance de leurs richesses extraordinaires.

 

Cela fera deux ans que je soutiens cette Fondation avec mon voilier, notamment avec mes équipiers de double Philippe Mariani et Nicolas Brossay, et nous allons continuer.

Un Fastnet, ça se prépare ! D’abord il ne faut pas rater l’inscription : l’engouement est tel que toutes les places sont réservées dans l’heure qui suit l’ouverture, en février. C’est bon pour nous, première étape validée !
S’en suit la préparation de la logistique : décision est prise d’envoyer (et ramener) le bateau par camion sur Cherbourg.  Ce qui sera fait courant juillet, après vérifications du matériel de sécurité, choix des voiles à emmener pour la course, et  dématage avec Yannick Peduzzi, préparateur du bateau.

William Le Coz me secondera sur cette course, il accueille le bateau à l’arrivée du camion et participera au rematage et mise à l’eau, gérés par Axe Sail à Chebourg.

Nous nous retrouvons le 5 août avec William à Cherbourg, sur le village délocalisé de la course pour confirmation d’inscription, remise en route du bateau, réglages et sortie en mer d’échauffement. Du fait des restrictions sanitaires pour entre en Angleterre, le RORC a très judicieusement organisé une 2ème chaine d’inscription à Cherbourg. Un gros travail de préparation de la navigation est nécessaire, car en Manche et Mer Celtique, nous allons rencontrer des courants de marée pouvant aller jusque 6-8 nœuds !

Nous décidons de traverser la Manche le samedi 7 aout en profitant d’un flux de Sud Ouest et passerons la nuit à couple dans une marina en face de Cowes.  Occasion d’une pinte et un burger dégustés après avoir débarqué clandestinement  pour rejoindre  le pub juste au-dessus de la marina.

Dimanche est le jour du départ, et la météo est conforme aux prévisions et à la réputation du Solent : nous voila cueillis par 30 nds de vent d’ouest, contre le courant de marée, avec une mer hachée et très dure. Imaginez la zone de départ avec 330 bateaux, chacun devant passer une « gate » avec voile de cape et tourmentin à poste.  Les départs s’enchainent tous les quarts d’heure, aux coups de canon traditionnels ! Et rajoutez un ferry qui passe de temps en temps au milieu de la flotte, voilà de quoi faire monter l’adrenaline. Nous sommes en IRC3, avec les équipages, le classement double est extrait par la suite.
Un concurrent hélas nous heurte sur l’arrière alors que nous hissions la grand’voile, causant des dommages que nous pensons mineurs au balcon arrière tribord. Pertubés, nous envoyons le solent sans les écoutes et le temps d’etre prêts, c’est déjà notre procédure du départ. Départ que nous prenons très moyennement du coup.

 

Nous nous attachons à appliquer la stratégie prévue et en jouant bien avec le courant, nous sortons du Solent avec un vent qui est encore monté d’un cran, avec le bon peloton, dans les 10 premiers de notre classe, ouf ! La sortie de la Manche se fera en tirant des bords le long de la Cornouaille à l’abri du courant pendant le flot, plus loin des cotes lors du jusant. Les cirés hauturiers et gilets sont de mise depuis le début de la course, et nous vivons et dormons tout habillés, prêts à sortir sur le pont.

Déjà 36 heures de mer et nous attaquons les Scilly et le contournement des Dispositifs de Séparation de Trafic dans la nuit de lundi à mardi, par un vent plus faible, avons depuis un moment laché le ris dans la Grand’Voile et remis le génois. C’est alors que le pilote automatique se met en grève. Il s’avère que les pieds du balcon arrière tordu laissent entrer l’eau et nous avons 3 seaux d’eau environ dans le coffre arrière, le pilote a été noyé. Les tentatives de réparation le mardi ne donneront rien et nous décidons de continuer et nous organiser pour nous relayer à la barre.
Nous rentrons dans un mode un peu dégradé de course puisque nous ne pouvons plus rien faire ensemble : manœuvres, analyses météo et routes, etc. Même les repas sont désormais pris à tour de rôle. Cela parait pas grand-chose, mais ces moments de vie « ensemble » en course au large sont importants et rythment les journées.

La mer Celtique jusqu’au Fastnet sera traversée quasiment d’un seul bord au près, et nous passons le Fastnet Rock du mardi au mercredi, en pleine nuit noire, sous la pluie. Ambiance de science fiction avec ce phare dont les faisceaux lumineux tournoient au-dessus des mats dans la nuit ! sans oublier les concurrents un peu partout, les zones de DST à éviter et nous voilà repartis cap au Sud Est.

Le passage d’un front nous apporte un peu de pluie mais surtout un bon vent de Nord Ouest, et c’est sous spi à 10 nds de moyenne que nous filons vers les Scilly, sous un grand soleil finalement.
Nous arrivons aux Scilly pour slalomer entre les rochers, les iles et les DST dans la nuit de mercredi à jeudi, et là , nous nous trouvons plantés dans 4 nœuds de vent, face à un courant de 2-3 nœuds, impossible de passer Bishop Rock !  4 h à batailler dans la nuit pour ne pas perdre avant de pouvoir se dégager et reprendre la route. Cet arrêt nous coutera une bonne dizaine de places en fait , nous voila dans les 20 de notre classe, sur 72.

C’est reparti pour la Manche jusque Cherbourg, nous décidons de passer plutôt coté Angleterre et plonger au dernier moment sur le DST du Raz Blanchard compte tenu du timing marées.
Arrivés à Cherbourg vendredi au petit matin, nous décompressons autour d’une bière bien sûr, contents d’avoir fini cette course !  plus de 70 bateaux ont abandonnés quand même, surtout lors des premières 24h très dures.

Un peu déçu certes du résultat sportif, je reste très content d’avoir mené ce projet à bien de Marseille à Marseille en passant par Cherbourg, Cowes, le Fastnet !  Finir les 700 milles de la course est déjà un beau résultat, et nul doute que l’envie est là d’y retourner en 2023, maintenant que je connais le parcours, et puis il faudra bien revenir pour faire un selfie devant le phare !

Infatigables, notre prochaine grande course sera la Rolex Middle Sea Race fin octobre, un grand tour de la Sicile au départ de Malte, 600 milles environ, avec Nicolas Brossay cette fois.

Petite anecdote pour conclure : il est souvent d’usage de remettre le pavillon de la course et des polos lors des courses à la voile, et bien au Fastnet, cela se mérite : ils sont remis après l’arrivée et non pas avant comme dans les autres courses !

Je vous invite, comme le font déjà nos mécènes que je remercie encore, à soutenir directement la Fondation Pure Ocean via le lien sur notre site web, et à nous suivre nous sur les réseaux sociaux :

 

Crédit photo Rick Tomlinson – RORC

 

Rolex Fastnet Race 2021 : une édition pas comme les autres !

De Patrice Carpentier

En raison du Covid, d’un nouveau parcours à destination de Cherbourg en Cotentin, et d’un vent musclé au départ, la Rolex Fastnet Race 2021 ne ressemblait pas aux précédentes éditions !

Compte tenu de la réglementation sanitaire britannique, nombreux furent les voiliers français et en provenance d’autres pays européens, à se regrouper dans le port de Cherbourg avant même le départ, de façon à rallier Cowes au dernier moment. Certains, ayant retenu une place dans une marina du Solent, sont partis le samedi matin pour une dernière nuit « tranquille », et d’autres plus tard pour rallier directement la ligne de départ dimanche matin. Le premier groupe fut étonné de découvrir un Cowes étonnamment calme la veille du départ de cet évènement emblématique habituellement marqué par une activité intense et festive !

Dimanche matin, le temps était pluvieux et le vent soutenu. En sortant dans le Solent pour se présenter sous voilure de tempête, tourmentin et voile de cape, à l’une des « gates » obligatoires de contrôle, on comprenait vite que le départ de la course face au vent dans un Solent rempli de plusieurs centaines de voiliers (337 pour être précis), ne serait pas une partie de plaisir. Mieux valait se mettre à l’abri dans la rivière de Cowes pour établir la voilure de circonstance, GV à 1 ris et foc ORC, avant de prendre son départ dans ce qui ressemblait peu ou prou à une fournaise balayée par 30 nds de vent et plus dans les rafales, et un méchant clapot. Le risque de collision était latent et quelques équipages furent contraints à l’abandon avant même le coup de canon. Et d’autres ensuite… Même si le RORC modifia opportunément l’ordre des départs pour éviter la dangereuse concentration des grands bateaux rattrapant les plus petits.

Le louvoyage en Manche fut tonique la première journée puis plus confortable quand le vent diminua. Des voiliers, la majorité des IRC qui représentent le 2/3 de la flotte, ont tricoté avec plus ou moins de bonheur le long des côtes britanniques jusqu’au DST des Scilly (les DST sont autant d’obstacles qui pimentent cette longue épreuve de désormais presque 700 nautiques en ligne droite). Les voiliers plus rapides, multicoques et IMOCA, ont poursuivi le bord tribord beaucoup plus au Sud en Manche, tel Apivia, le grand vainqueur en IMOCA, qui a été jusqu’au plateau des Minquiers avant de virer de bord.

En mer celtique, il a fallu encore tirer des bords avant de choquer les écoutes en direction du rocher du Fastnet avec là encore un DST à respecter, plus pour éviter que les descendants ne croisent les montants, que pour ne pas perturber un trafic commercial inexistant. Le vent avait tourné au NW pour le gros de la flotte IRC et c’est à bonne allure que les bateaux cinglaient de retour vers les Scilly. Un passage rendu compliqué par la présence d’une zone de calme à traverser – fallait-il passer au nord ou au sud du DST principal ? –. Selon l’heure de passage, la « bonne » option pouvait singulièrement changer. Globalement, il fallait mieux attaquer la Manche du côté des côtes britanniques plus et mieux ventées.

Ensuite ce fut un tout droit ou presque sous spi vent arrière, en direction de la pointe du Cotentin et un nouvel obstacle de taille : comment se positionner au niveau du DST des Casquets pour négocier au mieux Aurigny et dans la foulée le Raz Blanchard en fonction du (fort) courant à l’instant T ? Là encore, il y avait à gagner et à perdre ! L’arrivée à Cherbourg en Cotentin ajoute une nouvelle difficulté, et non des moindres, à ce Fastnet au format « saut d’obstacles ».

Les équipages Français s’imposent en IRC 3 et 4 (et en Double-Handed) et sont sur le podium en IRC 2. Saluons pour commencer la nouvelle victoire du JPK 10.30 Léon. C’était sans conteste le grand favori en IRC 3 et le duo normand, Alexis Loison/Guillaume Pirouelle, a une fois encore mené ce bateau à la victoire dans une catégorie particulièrement nombreuse et de haut niveau. Rappelons que Loison est rentré dans l’histoire de la course en remportant le classement toutes classes en 2013. S’il est respecté en France, Alexis est admiré en Angleterre pour cette incroyable victoire. C’était en effet la première fois qu’un équipage double (il était avec son père) remportait le Fastnet. Avec ce nouveau triomphe, Loison porte à cinq le nombre de ses titres sur la Rolex Fastnet Race… En IRC 3, il devance le duo mixte Henry Bomby (ancien de la Volvo) et Shirley Robertson (double championne olympique) à bord du Sun Fast 3300 Swell et un autre régional de l’étape, Raging-bee², le JPK 10.80 de Louis-Marie Dussère conduit en équipage.

En classe Double-Handed, on trouve Olivier Burgaud et Sylvain Pontu à la 3ème place sur leur JPK 10.80, derrière Léon et Swell. Au-delà du podium, il faut citer Ludovic Menahes et David Le Goff qui ont fait une super course sur leur JPK 10.10 Raphaël, mais ont joué de malchance sur la dernière portion en Manche. En IRC 4, on trouve aussi un équipage tricolore en tête d’affiche. Il s’agit du X 332 Trading Advice.com d’Alain Guelonnec. Depuis 4 éditions, ce sont toujours des Français qui ont remporté cette catégorie, mais c’est la première fois qu’un bateau de cette génération s’impose. Le X 332 a en effet été mis à l’eau en 2003 et son dessin date de 1990. Le skipper résume : « C’est dur à expliquer, nous sommes sur un vieux bateau. Les JPK étaient les favoris bien sûr mais avec ces conditions nous étions très rapides. Quand le vent est faible, ce bateau est fantastique ». François Charles, accoutumé aux places d’honneur sur le Fastnet se classe 3ème sur son Dehler 33 Sun Hill 3 (un voilier qui a lui aussi du mille sous l’étrave).

En IRC 2, le podium se compose de deux JPK 11.80 entre lesquels s’intercale un Oyster 48. Le premier des JPK est celui du britannique Thomas Keen qui s’adjuge la victoire au classement général IRC à l’issue d’une course quasi parfaite. L’autre 11.80 est Leclerc/Hennebont, celui de Richard Fromentin. Que ceux qui songent régater un jour sur un IRC Scow, notent que Palanad, premier Class40, aurait signé le deuxième temps compensé IRC toutes classes derrière le JPK de Thomas Keen à l’issue d’un parcours relativement équilibré entre le louvoyage, le reaching et le portant…

Un dernier mot pour féliciter l’organisation et l’accueil réservé par Cherbourg en Cotentin aux participants. Pour la première fois en 49 éditions (soit presque 100 ans !) que la course arrivait en France, les Normands ont mis le paquet. Bravo et merci à eux !

Site internet : https://www.rolexfastnetrace.com/fr/

Crédit photo : @ Paul Wyeth

De Patrice Carpentier, Membre de l’UNCL

La Celtikup Océaniques 2021 dans les mers bretonnes

Spécifiquement conçue pour les Double, cette course semi-hauturière avec escale jettera l’ancre cette année à Saint Quay Portrieux.

Du 31 juillet au 8 août

Traditionnellement le parcours de 450 milles, au départ de Lorient, se déroule selon trois étapes. Avec des escales à Douarnenez, Falmouth en Cornouailles (Grande Bretagne) et un retour direct sur Lorient, faisant un lien à la fois sportif et culturel entre la Cornouaille anglaise, la Bretagne et le Festival Interceltique de Lorient.

Compte tenu des contraintes sanitaires le parcours de cette année se fera dans les mers bretonnes et amènera les coureurs jusqu’à Saint Quay Portrieux.

Créée en 2006, par le C.N.P.Lorient, la CeltiKup Océaniques est conçue pour les doubles et compte au championnat UNCL 2021 Manche Atlantique.

L’épreuve est devenue un grand classique de la course au large en double. Elle est organisée par le Comité Nautique du Pays de Lorient (C.N.P.Lorient) avec le concours de la Société Nautique de Larmor (S.N.L.) du Foyer Laïque de Lanester (F.L.L.) du club de Douarnenez (la S.R.D.) et de l’association  » Sport Nautique de Saint Quay Portrieux ».

Les inscriptions se feront dans l’ordre d’arrivée des dossiers et seront limitées à quarante bateaux.

Site internet : http://www.cnplorient.fr/

PROGRAMME  2021 :

Vendredi 30 Juillet :

  • Confirmation d’inscription.
  • Chaine d’inscription définitive de 8 h30 à 19 h.
  • Pot d’accueil et soirée des équipages offerts par le CNP Lorient.

Samedi 31 juillet :

  • 11 h 00 Briefing de la course.
  • Parcours côtier
  • Départ vers Douarnenez

Dimanche 1 Août :

  • Arrivée à Douarnenez, remise des prix offerts par la municipalité et soirée des équipages offerte par le CNP Lorient.

Lundi 2 Août :

  • Départ vers Saint Quay Portrieux

Mardi 3 Août :

  • Arrivée à Saint Quay

Jeudi 5 Août :

  • Départ vers Lorient

Samedi 7 et Dimanche 8 Août :

  • Arrivée à Lorient
  • Remise des prix, sous forme de lots, dans le cadre du festival Interceltique de Lorient suivi d’un casse-croûte offert par le CNP Lorient.

Duo Cat Amania 2021: Philippe Girardin et Gwen Thomas vainqueurs sur Hey Jude

Cette grande classique autrefois connue sous le nom des « Vieux Safrans » réunit chaque année une cinquantaine de duos d’amateurs éclairés de plus de 40 ans *, sur un joli tracé à escales en Bretagne Sud. 6 parcours côtiers sont disputés en une semaine. Elle s’est jouée cette année du 19 au 25 juin dernier.

La cuvée 2021 de la Duo Catamania emmenait les coureurs naviguer direction Est, avec un programme au départ de La trinité sur Mer, puis passages par le Crouesty, Lorient la Base, Concarneau, Locmiquelic, Port Haliguen et un final à La Trinité le vendredi 25 juin !

Revivez la 4e journée de la Duo Cat Amania à bord de Chacastal 3 de François Badatcheff et Marc Carre

La semaine aura ravi les coureurs grâce à une organisation toujours impeccable de la Société Nautique de la Trinité-sur-Mer (SNT), des conditions variées, un niveau relevé sans jamais oublier l’ambiance tant plébiscitée. « C’est une belle semaine de régate qui se termine, » explique Gilles Bricout, le Président du Comité de Course : « Nous avons pu courir six belles étapes malgré des conditions pas si simples. Pendant cette dernière journée, nous avons construit un parcours qui a permis aux concurrents de naviguer sur toutes les allures ».

Ils étaient 55 duos sur la ligne de départ le 20 juin dernier. Pour ce premier jour de course et dans un vent un peu oscillant, les équipages devaient relier La Trinité-sur-Mer au port du Crouesty en réalisant un parcours de 34 milles dans la baie de Quiberon. Après six heures de navigation et un leadership incontesté sur tout le parcours, Philippe Girardin et Gwen Thomas, sur Hey Jude, remportent cette première manche en temps réel et en temps compensé. Ils ont su creuser l’écart dès le départ et s’imposer face à une flotte engagée. Avec l’ouverture de la course à des plus petites unités, les écarts sont assez importants mais la motivation des coureurs reste la même, à l’image de Bertrand Albe et Loïc Ricolleau, sur Alhea un First 31.7, qui ont tenu bon et coupent la ligne avec plus d’1h45 d’écart avec le J120 des premiers.

Jacques Montecot, skipper de Loire Odyssée Pecab : « C’était une belle première journée ! Nous avons pris un bon départ mais surtout, nous avons bien joué au moment de la pétole. Nous avons été sur les réglages tout le temps pour faire avancer quoi qu’il arrive le bateau et le positionner sur la droite d’où le vent devait arriver. Et ça a payé, nous avons été dans les premiers à toucher de l’air. Je participe à la Duo Cat-Amania chaque année et comme toujours le niveau est très bon et l’ambiance est géniale. Nous nous amusons comme des fous, on ne lâche rien et c’est jouissif ! »

Pour la deuxième journée de course, la météo n’a pas gâté les équipages.

Après un début au moteur qui a mené les concurrents du port du Crouesty à la Teignouse, le Comité de Course a lancé une manche vers 13h00. Direction les Birvideaux sous le soleil et dans un vent qui s’est maintenu aux alentours de 10 nœuds et qui a permis un beau départ sous spi. 16 milles à parcourir direction L’île de Groix où le Comité de Course a mis en place l’arrivée. Avec des conditions compliquées, la flotte s’est étendue et les écarts se sont creusés entre les concurrents. Les premiers à avoir coupé la ligne sont Stéphane Bodin et David le Goff sur le JPK 10.30 Wasabii, après 3h de course. Cette belle performance leur permet de remonter au classement général provisoire dont la tête est toujours tenue par Philippe Girardin et Gwen Thomas (Hey Jude) qui ont coupé la ligne en deuxième position.

Stéphane Bodin, skipper de Wasabii : « C’était une chouette journée et nous sommes ravis. Nous avons pris un super départ et ensuite c’était facile, il suffisait de garder une bonne vitesse. Tout le monde dit que le JPK 10.30 ne marche pas dans le petit temps, ce n’est pas vrai !! J’ai déjà participé à la Duo Cat Amania sept ou huit fois mais c’est la première fois avec ce bateau. Je l’ai acheté avec l’objectif de courir la Transquadra et la Cap Martinique en 2022. Avec mon partenaire Davis le Goff, ça fonctionne très bien. Je fais partie du centre d’entraînement de La Rochelle, je voulais venir me mesurer aux Bretons. La Duo Cat Amania rassemble les meilleurs en IRC, c’est donc un super moyen de jauger le bateau avant les transats. »

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas à la Duo Cat Amania 2021. Pour ce troisième jour de course, le vent a été soutenu tout au long du parcours, Gilles Bricout, le Président du Comité de Course en a même profité pour rallonger le parcours prévu. Ce sont donc 46 milles que les 55 duos ont parcouru entre Lorient et Concarneau, en contournant tout d’abord l’île de Groix puis en passant par l’archipel des Glénan. Des conditions musclées avec un vent de 20-25 nœuds allant jusqu’à 30 nœuds à l’arrivée, qui ont ravi les coureurs, très affûtés après une saison hivernale riche en entraînements.

Le match est très ouvert et ce sont Olivier Burgaud et Sylvain Pontu sur le JPK 10.80 Contre Vents et Cancers Gustave Roussy qui remportent la manche du jour et montent ainsi sur la première marche du podium provisoire devant Philippe Girardin et Gwen Thomas (Hey Jude). Ces deux duos sont à couteaux tirés et prennent déjà une confortable avance sur leurs concurrents au général provisoire.

Olivier Burgaud et Sylvain Pontu sur le JPK 10.80 Contre Vents et Cancers Gustave Roussy

Quatrième jour de course pour la Duo Cat Amania 2021, 53 duos ont quitté Concarneau pour Locmiquélic. En effet, deux bateaux étaient non partants ce matin. Les concurrents ont parcouru 40 milles via les Glénan et Men Tréas avant de s’engager dans le chenal de Lorient pour rallier Locmiquélic, le tout dans un vent aux alentours de 10 nœuds le matin et 5 nœuds l’après-midi.

Le podium du jour est exclusivement composé de Sun Fast 3200 avec en première place Alain Roland et Stéphane Ayrault (Tikocco 6), suivis de Jean-François Nouel et Cédric Huchet (Hakuna Matata) et de Loïc Blons et Stéphane Letertre (Delta Voiles Bretagne) qui réalisent leur plus belle performance de la semaine.

C’est sous un magnifique soleil que les 54 équipages de la Duo Cat Amania 2021 ont abordé cette cinquième et avant-dernière journée de course. 41 milles depuis Locmiquélic avec pour destination Port-Haliguen en passant par les Chats, les Birvideaux, les Galères et le passage du Béniguet, de quoi profiter pleinement des conditions idéales. Mise à part une petite pétole au niveau des Chats, le vent a été de la partie tout au long de la journée, avec un départ sous spi dans 8/10 nœuds et l’arrivée dans 15 à 18 nœuds au niveau de Quiberon.

Ce sont Jean-François Cheriaux et Henri Lefebvre sur le JPK 10.10 Ad Hoc qui remportent la manche du jour. Philippe Girardin et Gwen Thomas (Hey Jude) coupent la ligne en tête mais ne prennent que la deuxième place du classement du jour. Au général provisoire, Philippe Girardin et Gwen Thomas (Hey Jude) ont repris le leadership devant Olivier Burgaud et Sylvain Pontu (Contre Vents et Cancers Gustave Roussy).

Faute de vent, le départ de la sixième et dernière journée a été donné deux heures plus tard que prévu. Un parcours de 25 milles de Port-Haliguen à La Trinité-sur-Mer. Une dernière manche décisive et âprement disputée entre les deux duos de tête au classement général provisoire, Olivier Burgaud et Sylvain Pontu (Contre Vents et Cancers Gustave Roussy) et Philippe Girardin et Gwen Thomas (Hey Jude). Ce sont ces derniers qui l’emportent après une âpre bagarre avec leurs copains tout au long de la semaine. Les très réguliers Loïc Blons et Stéphane Letertre (Delta Voiles Bretagne) maintiennent leur troisième place sur le podium face à des adversaires qui n’auront pas réussi à les faire frémir.

 

Philippe Girardin et Gwen Thomas (Hey Jude)

Philippe Girardin et Gwen ThomasHey Jude : « Notre victoire ne s’est pas jouée à grand-chose. Nous avons essayé de diminuer nos défauts et d’exploiter le bateau à 100% sur ses qualités. Nous naviguons ensemble depuis très longtemps et nous nous connaissons par cœur, nous sommes toujours d’accord. Nous tenons à souligner la qualité exceptionnelle de l’organisation de cette régate ainsi que le travail du Président de Comité de Course Gilles Bricout, qui prend toujours les bonnes décisions. On voit qu’il domine son sujet, c’est un vrai marin. Nous avons eu la chance d’avoir eu comme concurrent Olivier Burgaud, un très bon ami et un excellent coureur. Nous avons joué toute la semaine pour la première place du podium et, même si j’aurais été ravi qu’Olivier gagne, je suis encore plus content de remporter une nouvelle fois la Duo Cat Amania. »

Classement Duo Catamania :

https://www.duocatamania.com/classements-2021.html

Photo : @studioleguillou

Gascogne 45/5: 350 milles dans le Golf de Gascogne

Conçue essentiellement pour les Duos, la flotte la plus représentée (23 IRC1, 15 IRC2) et les Solos, l’épreuve était aussi ouverte aux équipages.

Retour sur cette édition à travers le récit du duo inédit (voir plus bas) composé de Patrice Carpentier et Alix, avec le JPK 9.60 Groupe 5 Planète Urgence.

 

MERCI ALIX

« En raison d’une météo incertaine et de mon obligation de rallier La Trinité sur Mer le 9 juin, décision fut prise à La Rochelle d’opter pour la 45/5 au lieu de la 45/11, initialement programmée, et ce faisant de nous mesurer aux nombreux concurrents rochelais. Jeudi, le 3 juin, mon camarade Jérôme Croyère apprend que sa femme doit subir une opération chirurgicale.

Après une rapide analyse météo, il nous apparaît impossible qu’il puisse sereinement effectuer la course. Il me faut rapidement trouver un(e) équipier(e) de substitution car le départ a lieu dans quelques heures. J’en avise immédiatement Xavier Dagault qui possède une voilerie éponyme à La Rochelle. Et tout aussi rapidement, une de ses employées prénommée Alix me dit qu’elle est partante avec non seulement le consentement mais plus encore les encouragements de son employeur. Le temps de rassembler ses vêtements de navigation et de pourvoir sa cambuse en aliments sans Gluten, la jeune Alix qui a une solide expérience de la navigation, moins de la régate hauturière, me rejoint à bord. Quelques mots suffisent à expliquer à cette élégante personne le maniement du bateau et la lecture du piano. Alix pige tout de suite et l’expérience montrera que point n’est besoin de répéter les choses. J’ai vraiment une chance inouïe de me retrouver avec une équipière de cette qualité qui parle volontiers de ses expériences, de sa vie à La Rochelle à bord d’un Romanée, et qui voue une adoration aux mammifères aquatiques, notamment les dauphins croisés dans le golfe de Gascogne et même un cachalot.

 

Dès la sortie du pertuis d’Antioche, le vent forcit comme prévu et c’est du tout droit vers la bouée météo située par 45°12 N et 5°W. Enfin du presque tout droit car chacun a son idée comment concilier une vitesse optimale avec la trajectoire recommandée. La nuit ressemble à un ballet lumineux oscillant entre le blanc, le vert et le rouge au gré des caps suivis avec parfois des situations bord à bord du meilleur effet… Le jour se lève tôt, merci mois de juin. Il fait beau mais le vent mollit et devient variable en direction. D’une position dessous la flotte, on se retrouve plutôt au dessus car je ne tiens pas à tirer un bord pour contourner la bouée météo. Les voiliers croisés à ce point de ralliement me rassurent. Le ciel bleu est de rigueur durant la journée mais le vent devient carrément évanescent en fin d’après midi, perturbé par une houle résiduelle pour le parcours retour. On s’occupe avec de fréquentes manœuvres entre le grand spi bleu lourd, le spi rouge un peu moins grand mais plus léger, notre magnifique Code 0 tout neuf, et le foc (on ne peut plus décemment qualifier de génois cette voile d’avant IRC devenue riquiqui avec le temps). Un bateau que je surveille de près à l’AIS est le J 99 de l’ami Grassi accompagné de sa fille Amélie (un des rares « autres » équipages mixtes de la course !). Il serre le vent de très près avec son spi et il va plus vite que notre JPK 9.60. La nuit n’apporte pas de changement notable sinon que les « grands » voiliers disparaissent de notre AIS comme s’il y avait en permanence un peu plus de pression devant ou tout simplement parce qu’ils vont naturellement plus vite… ?

Le vent forcit enfin dans l’après midi de samedi en prenant de la droite. C’est au reaching serré que la partie s’achève à belle allure nous permettant de couper la ligne d’arrivée en tout début de nuit alors que les voiliers plus loin derrière vont souffrir d’un nouveau ramollissement. Nous finissons 3ème en TR des « doubles » de notre groupe (23 partants) et aussi 3ème en TC car le JPK 10.10 SNA-Numerobis de Jean Passini et Dominique Dubeau a fait une course remarquable et finit loin devant, et le SF 3200 Pour Aster Bretagne de Pascal et Eric Chalaux, crédité d’un TCF de 0.982 alors que notre « mobylette » certes un peu gonflée accuse 0.992, s’adjuge la deuxième place sur le podium.

Voir article : Gascogne 45/5 ET Cap 45/11 2021 : Des régatiers HEUREUX !

A la lecture des résultats, je ne peux m’empêcher de tirer un grand coup de chapeau au solitaire Alex Ozon, une fois encore imbattu toutes catégories confondues à bord de son SF 3300 Sapristi, sinon par le grand Akela 50 mené en équipage (60 voiliers en tout étaient au départ de la 45/5 !).  

J’ai été enchanté par ces deux jours et demi de navigation en compagnie d’Alix et je salue tout le travail accompli par Etienne Chabry et son équipe de la SRR. »

Patrice Carpentier

Groupe 5 Planète Urgence

Crédit Photo : Christophe Breschi

christophe@breschi-photo-video.com

La CAP 45/11 : un format qui fait mouche

Les régatiers qui ont participé à cette épreuve inscrite aux Championnats UNCL 2021 Manche – Atlantique sont heureux. Le format proposé avec un passage de ligne plutôt que de bouée ou WP ouvre bien le jeu et rend la régate encore plus intéressante. Le parcours loin des côtes de 750 milles, pour les novices, est plus rassurant et permet donc plus facilement de se lancer.

Retour sur cette première édition à travers le récit du duo vainqueur, Ludovic Menahes et David Le Goff, qui monte sur la première marche du podium après plus de cinq jours en mer avec leur JPK 10.10 Adeosys.

« Parti, jeudi 16h de la Rochelle, pour une course au large de 750 miles, on va en faire 950 !

Jeudi 3 juin :
Le départ se passe très bien, on sort bien devant. On sait qu’il faut aller vite pour ne pas se faire marcher dessus par les gros ratings. Passage de la pointe d’Oléron sous génois en tête de la flotte. Puis on envoie le Code 0 pour aller au plus vite vers le bas de l’anticyclone qui est installé dans le milieu du Golfe de Gascogne.

Le début de soirée se passe bien, on tient les Figaro 2 et le 3300, mais le vent monte et sans ballast, on ne peut rivaliser.

Vendredi 4 juin :
Toujours sous code 0, la descente va au mieux (190 miles parcouru en 24h). Vers 15h, le vent commence franchement à disparaître. Il va falloir encore plus plonger vers le Sud. Envoi du spi… et vers 19h, alors que l’on commence à buter contre le 1er système météo, on aperçoit les gros ratings (on comprend qu’on est 1er en réel), en train de chercher à descendre péniblement, on plonge encore plus. Mais freinés par la molle devant, les autres, nous reviennent dessus. Patrick ISOARD « Santosha pour Uship », nous passera un petit appel « Salut, les gars, je vous passe le bonjour, tout se passe bien… je commence à voir votre bateau, on arrive » (car ils sont tous un peu regroupé derrière ». Ce ne sera pas son seul appel !

1h après, c’est reparti, on se sauve à nouveau et on part pour une grande descente sous spi vers le Cap Ortegal.

Samedi 5 juin :
Toujours sous spi, on va parcourir en 24h plus de 200 miles, avec au passage 4h de surf à 12 nœuds. On a ce qu’on était venu chercher. Mais on va à nouveau ralentir car en fin d’après-midi, on a fait un peu trop de nord dans notre route. On voit à nouveau les bateaux derrière. Et Patrick, nous passe son petit appel !

Dimanche 6 juin :
A 7h, toujours 1er des 2 flottes, on coupe la longitude des 11° au point 44°28.275N – 10°59.978. Et c’est parti pour une remontée qui va se faire au près…sur 400 miles… ! 

Toute la journée, on va prendre de l’avance, le bateau marche tout seul au près, toujours dans nos polaires (100%), c’est top. Mais… une nouvelle bulle va nous arrêter vers 18h. Et quelques heures après… Patrick à nouveau la VHF !
On ressort le code 0, on accepte de replonger plus Sud pour s’extraire des basses pressions et on repart.

Lundi 7 juin :
On est encore reparti. Mais la météo est compliquée. Aucun fichier Grib n’est en phase avec la réalité, on comprend que l’anticyclone devant a été coupé en 2 et a formé une longue dorsale, on ne sait plus par où on va vraiment pouvoir passer.  Plus les heures avancent plus le bateau ralenti, mais on a peu de solutions, à moins de faire du sud. Option non retenue, on rentre à la Trinité, on ne retourne pas en Espagne.

Les heures qui passent dans la molle sont pénibles. (Nouvel appel de Patrick !)

Mardi 8 juin :
On n’arrive pas à aller dans l’Est, impossible, et là, on voit Pierrick « ZEPHYRIN », qui 10 miles plus au sud, arrive, lui, à faire de l’Est. On vient de perdre notre 1ère place en réel après 5 jours en tête.

Il va falloir attendre le milieu de journée pour repartir et plus on monte plus le vent forcit, c’est parti pour une remontée au près débridé de 130 miles. 

Pierrick prend l’extérieur de Belle-Ile, il peut se retrouver sans vent, on passera donc par l’intérieur surtout que l’on doit arriver à la bonne heure pour avoir le courant avec nous. 

Il finira finalement 49 minutes devant nous. Et arrivés au ponton, on apprendra que Blue Oscar est arrivé, il y a 2 heures. Problème d’émission de sa position… donc avons-nous été 1er réel pendant 5 jours sur 6 ?!

Au final, super transat, surtout que c’était notre première. On a pu valider pleins de points et surtout découvert que l’on pouvait passer beaucoup de temps à la table à carte à analyser notre routage et que lorsque tout va tout seul, le pilote sait faire le boulot… il va falloir amener des films et des livres pour les prochaines.

On finira 1er des doubles, 2ème au scratch et 3ème réel. 

Merci aux organisateurs d’avoir proposé ce format original. C’est un succès.
Merci à Patrick, d’avoir sans cesse mis la pression 😉

Grand Bravo à Pierrick PENVEN en solo – doublé Brestois, quoi… 😉

Petit clin d’œil à TECHNIQUE VOLIES et son code 0 sans câbles (#Herewesail)

Dommage que le suivi de course à terre n’ait pas fonctionné pour les personnes qui acceptent nos absences ! »

ADEOSYS, Ludo & David

Crédit Photo : Christophe Breschi

christophe@breschi-photo-video.com

Gascogne 45/5 ET Cap 45/11 2021 : Des régatiers HEUREUX !

Le départ de la Gascogne 45/5 et de la première édition de la Cap 45/11 a été donné le 3 juin dernier en baie de La Rochelle.

Deux courses, une même ligne de départ et deux parcours hauturiers simples dessinés pour les IRC Duos et Solos.

Avec le report à 2022 de la Cap Martinique, la SRR, la SNT et l’UNCL se sont associés pour organiser ensemble cette nouvelle course au large, la Cap 45/11 qui s’élançait en même temps que la traditionnelle Gascogne 45/5.

Un retour aux affaires qui a fait mouche puisque 85 bateaux étaient au départ, toutes voiles dehors, créant une belle animation dans la baie Rochelaise.

Il a fallu jouer avec Eole en prenant des options audacieuses, réussies ou perdantes, comme on le constate sur les classements de ces deux courses.


750 milles pour la Cap 45/11

La première édition de la Cap 45/11 vient de s’achever à la Trinité-sur-Mer. Les premiers concurrents ont donc mis un peu moins de 6 jours à boucler ce parcours inédit.

Les premiers à s’élancer de La Rochelle étaient les 7 duos et 10 solos IRC de la Cap 45/11 pour un long parcours de 750 milles qui leur demandaient d’aller virer la bouée météo située par 45°N de latitude et 5°W de longitude, puis de couper la longitude 11W, là où ils le souhaitaient avant de remonter vers la ligne d’arrivée à la Trinité-sur Mer.

La principale marque de parcours était la 11è longitude, c’est à dire que les coureurs devaient prendre une droite et non un point comme c’est le cas habituellement. Cette innovation a ouvert le champ des possibles avec une foule d’options déployée par les 21 concurrents.

 « C’est génial, il y a eu tout un tas de choix en matière de stratégies car il y a quand même eu 230 milles d’écart Nord Sud au moment de chercher la longitude. Le concept fait l’unanimité » se réjouissent Thibaut Derville et Jean Philippe Cau.

Les faibles conditions météo ont très vite créé de grands écarts entre les premiers et les derniers. Le suspens était intense entre le groupe des sudistes qui ont plutôt privilégié une navigation le long du Cap Finistère et 3 bateaux (Ad Hoc, Project Rescue Ocean et Oceanvox) qui avaient opté pour une route plus nord. Une option audacieuse.

En temps réel, ce sont David Alonso et Thomas Salisbury qui franchissent la ligne en premiers à bord d’un Sun Fast 3300 en un peu moins de 6 jours de course après près de 1000 Milles parcourus, mais le grand vainqueur est Pierrick Penven qui s’impose en temps compensé sur son Sun Fast 3200. Le Brestois, habitué à naviguer en solo, est allé chercher le vent au plus près de la Gascogne et cette option a payé :

« C’était une super course, super intense » explique le skipper de Zephyrin qui a prévu de participer à la prochaine Transquadra. « C’est une excellente préparation, cela permet de valider pas mal de choses avant la transat. Le fait d’aller chercher une longitude a ouvert le jeu. On pouvait faire ce qu’on voulait, ce qui a demandé beaucoup de réflexion » explique -t-il.

Du côté des Duos, le JPK 10.10 Adeosys de L. Menahes et D. Le Goff montent sur la première marche du podium après plus de cinq jours en mer. Ils sont suivis au classement par Blue Oscar, le Sun Fast 3300 de David ALONSO et Tomas CUNAT SALISBURY. Ces derniers ont franchis la ligne d’arrivée premiers en temps réel dans le groupe des duos avec deux heures d’avance seulement sur Adeosys qui a mené en temps réel la course pendant 5 jours et perdu sa place dans la dernière nuit ! L’autre JPK 10.10 ROGER PRADIER OUTDOOR LIGHTING – SEC, mené par Tristan DE WITTE et Marcel DUTREUX clôture le podium à la troisième place.

 

Une belle, longue et fatigante épreuve qui a malheureusement mis les marins en face d’une fâcheuse réalité, comme nous le relatent Brice et Jacques sur Nambas :

« Il y a des objets que l’on n’aimerait jamais rencontrer en mer, et pourtant la mer est une décharge où l’on trouve de tout à la dérive. Le skipper de Zéphirin a du plonger pour dégager du matériel de pêche pris dans sa quille. Nous sommes passée à quelques mètres d’un embrouillamini de filets pris dans de vieilles aussières, de flotteurs et j’en passe ! Des objets en tout genre, un fût dont on pouvait voir dur le couvercle le sigle « produit dangereux », une latte en plastique, un madrier en bois…

Et au milieu de tout ça, les dauphins, permanents compagnons de voyage qui continuent à nous ravir.Dernière nuit en mer, devant nous Belle Isle est à 13h. Quelle belle navigation, même si la pétole de la nuit dernière nous a un peu fatigués, tant nous devions en permanence surveiller les réglages et les caprices d’elle. Notre JPK va bien. Nous n’avons qu’une vague idée de notre classement, mais nous savons que nous marchons pas trop mal. Merci aux organisateurs d’avoir eu l’idée de cette course. Les conditions très douces l’ont rendue plus facile … Le 11ème méridien c’est loin ! »

Pierrick Penven : vainqueur en solo sur la Cap 45/11

« C’était une super course, super intense avec beaucoup d’options. La météo nous a mis plusieurs dorsales sur la route, des grosses, des petites, … Il y a eu des choses très contrastées. Cette course est une excellente préparation avant d’attaquer une transat. Le fait de devoir aller chercher une longitude (et non une marque) change beaucoup de choses. Ça demande beaucoup de réflexion car on peut faire ce que l’on veut. »

La Cap 45/11 a démontré le bien-fondé de son concept et va vite trouver sa place dans le calendrier des Championnats UNCL Manche – Atlantique 2021.

Informations et résultats complets : http://srr-sailing.com/s/11972/45.5

 

 

Gascogne 45/5: 350 milles dans le Golf de Gascogne

Conçue essentiellement pour les Duos, la flotte la plus représentée (23 IRC1, 15 IRC2) et les Solos, l’épreuve était aussi ouverte aux équipages.

Ces derniers se sont élancés avec les 16 solos, suivis de la flotte des duos IRC1, puis des duos IRC2 en quatrième départ, pour un parcours de 350 milles qui leur demandait d’aller virer la même bouée météo dans le Golf de Gascogne avant de revenir vers La Rochelle.

Là aussi, le manque de vent a vite créé des écarts. Les options sud ou nord se sont vites dessinées et des petits groupes se sont créés. Après une première nuit difficile, selon les témoignages de certains coureurs, la flotte de la 45/5 se dirigeait lentement vers La Rochelle. Sur l’ensemble du plan d’eau les conditions sont calmes et les vitesses affichées de 5 à 6 nds. Seul Akela reste rapide avec une moyenne de 7 nds. Derrière, la pétole s’installe. Ils seront plusieurs à en faire les frais et abandonner.

Et le premier, toutes classes confondues en temps réel est Akela, l’Akela 50 d’Hervé D’Arexy et son équipage, qui a franchi la ligne à 12H01 le 5 juin, dans quelques petits noeuds de vent. A 40 nautiques derrière, ses poursuivants les plus proches ont mis de longues heures pour achever leur course.

Un coup de chapeau au solo Alexandre Ozon sur son Sun Fast 3300 Sapristi qui s’impose dans sa catégorie, devant Festa 2 un autre Sun Fast 3300 mené par Jean François Hamon et devant le JPK 10.30 Wasabi de Stéphane Bodin.

Chez les double IRC1, Sna-Numerobis mené par Jean Passini et Dominique Dubeau, l’emporte devant Pour Aster Bretagne (Pascal Bernede et Eric Chalaux), Patrice Carpentier et Jaekel Alix sur le JPK 9.60 Group 5 sont eux en troisième position.

Le duo composé d’Eric Guigne et Tanguy Caron sur leur Sun Fast 3600 Ose Ladybug prend la tête de la flotte des IRC2, suivis du JPK 10.80 Timeline (Jérome Huillard d’Aignaux /Jean Baptiste Vezin) suivi d’un autre Sun Fast 3600 Spritz mené par Bertrand Le Marec et Yann Dube.

Treize bateaux répartis dans les différentes catégories ont abandonné. Tous sont arrivés à bon port.

Le club Rochelais a de nouveau résonné des retrouvailles des régatiers. Et une fois la course refaite, on commençait à parler de la suite de la saison et des projets 2022.

Les organisateurs étaient heureux d’avoir pu mettre en commun, dans le contexte actuel, leurs forces et leurs moyens pour offrir aux passionnés de course offshore une opportunité de naviguer au large dans les meilleures conditions.

Une belle montée en puissance et un entraînement parfait pour les doubles et les solos qui partiront fin août sur la Transquadra ou au printemps prochain sur la Cap-Martinique.

La Cap 45/11 a démontré le bien-fondé de son concept et va vite trouver sa place dans le calendrier des courses IRC.

Informations et résultats complets : http://srr-sailing.com/s/11982/45.11

45/5 et Cap 45/11, un même départ, deux parcours

Ce concept inédit de course au large fait mouche, avec 80 IRC Duos et Solos inscrits à ce jour.

En raison du report de la Cap-Martinique au 1er mai 2022, la SRR, l’UNCL et la SNT ont décidé de faire cause commune et d’organiser ensemble une nouvelle course au large dénommée CAP 45/11.

Le 3 juin prochain, cette nouvelle épreuve s’élancera de La Rochelle sur la même ligne et en même temps que la traditionnelle 45/5.

Article UNCL: https://www.uncl.com/2021/03/22/actualites-courses/gascogne-45-5-et-cap-45-11-les-inscriptions-sont-ouvertes/

Un même départ à La Rochelle et deux parcours simples dessinés pour les IRC Duo-Solo.

Le défi de celui de la Gascogne 45/5, déjà réputé et très apprécié des régatiers, est d’aller virer la bouée météo située par 45°13N de latitude et 5°W de longitude. Une navigation de près de 350 Milles dans le Golfe de Gascogne et retour sur La Rochelle pour la ligne d’arrivée.

Le parcours Cap 45/11, qui se courra sur environ 750 milles, est innovant puisque les coureurs après avoir viré la même bouée météo devront couper la longitude 11°W, là où ils le souhaitent et rentrer à La Trinité-sur-Mer, berceau de la Cap Martinique.

Si les autorisations sont données et à ce jour c’est bien parti, et même si les courses devront se courir avec des protocoles particuliers, ces deux Courses au large, qualificatives pour le Fastnet 2021, la Transquadra 2021 et la Cap Martinique 2022, auront une saveur toute particulière après un début de saison quelque peu bousculé, et permettront enfin aux concurrents de se mesurer et de capitaliser sur toute leur préparation déjà engrangée.

A ce jour 80 bateaux sont inscrits, preuve de l’engouement des régatiers pour ces courses au large et de l’énorme travail fourni par les deux clubs organisateurs et l’UNCL. Ils seront 58, 18 solos, 36 duos et 4 équipages, au départ de la 45/5, et 22 sur la Cap 45/11 dont 10 solos et 12 Duos.

Cette forte mobilisation promet de belles images et de belles luttes dans la baie de La Rochelle puis dans le Golfe de Gascogne et jusqu’aux abords de La Trinité.

Site internet : http://www.srr-sailing.com/s/11972/45.5

PROGRAMME MODIFIE : du 2 au 6 juin 2021

Attention : Majoration des droits d’inscription après le 16 avril !

Les festivités ne sont pas programmées, en l’attente des dispositions réglementaires.

Du 29 mai au Mercredi 2 juin

  • 9h00 / 18h00 sur rendez-vous – Jauge et contrôles

         Présence des bateaux obligatoire à partir du 2 juin 9h.

Mercredi 2 juin

  • 18h00 – Briefing Sécurité, Distribution des balises en sortie

Jeudi 3 juin

  • 13h30 – Briefing météo
  • 16h00 – Signal d’attention

Dimanche 6 juin

  • Entre 12h00 et 14h00 – Proclamation des Résultats

 

 

Contacts :

  • SRR : Etienne CHABRY, Vice-Président chargé de l’habitable, Société des Régates Rochelaises,

Mail : etienne.chabry@srr-saling.com, tél : 06 83 87 66 92

  • UNCL et Cap-Martinique : Jean-Philippe CAU, Thibaut DERVILLE

Mail : transatirc@gmail.com, tél JPC : 06 80 11 43 84, tél TD 06 11 37 86 15