GASCOGNE 45 5 2022 : LA formidable devenue classique de la Rochelle

Idée, née du team Transquadra de la rochelle, avec son coach Marc Reine, organisée par la Rochelle Nautique sous l’égide de la FFV, la 45 5 ambitionne d’emmener les coureurs à 170 miles à l’ouest dans le golfe de Gascogne, au nord de l’Espagne en aller-retour vers la fameuse bouée météo, 45 5.

Les organisateurs ont réussi à attirer 39 bateaux, malgré une année Transquadra puis Cap Martinique qui se déroule en même temps. L’organisation est à la hauteur de l’épreuve pilotée par la Rochelle Nautique : Etienne Chabry à l’organisation, Dominique Flayac aux contrôles sécurité, François Seruzier, Directeur de course, Patrick Maurin, Président du Comité de Course et Bernard Bonneau, Président du Jury.

Le départ donné le jeudi 5 mai à 16h, près des Minimes s’est réalisé dans des conditions météo parfaites, vent de 12 à 18 nœuds d’ouest, avec une rotation de 25° à droite, a permis la sortie du pertuis rochelais de tous les coureurs précédés par Kriter VIII, bateau amiral de la flotte. Après passage d’Antioche, au sud de Chassiron, Fripouille, l’excellent 3300 est le 1er à plonger sous code alors que l’ensemble de la flotte continue au près débridé tribord amure.

La plupart des bateaux passent progressivement sous code ou A3 pendant la nuit et font route directe dans un vent variable en direction de la bouée à virer, 45 5.

Le retour s’effectue au près babord amure, avec un vent très variable en force et en direction, permettant de naviguer sur un seul bord jusqu’à proximité d’Oléron permettant la reprise de service des voiles asymétriques grâce à une rotation gauche du vent à 5 – 10 miles du phare d’Antioche permettant à nouveau de naviguer vite à plus de 8 nœuds.

Pour finir une traversée du pertuis d’Antioche sous spi asymétrique et symétrique pour certains jusqu’à la ligne d’arrivée malgré un gros refus à ½ mile de la ligne d’arrivée située à la bouée des Minimes. Les premiers bateaux arrivent à 15h30, les suivant s’échelonnant jusqu’à dimanche matin.

Très belles performances de Juzzy, Thomas Bonnier, en double, suivi d’Eric Poyet sur Faribole. La suite du classement s’avère serrée. Mispik 7 de Benoit Fagart l’emporte en équipage. Vari, barré par Yann Jestin arrive à 16h 28mn et l’emporte en solo.

A noter la présence remarquée de Wilfrid Clerton qui passe la ligne d’arrivée en tête sur Kriter VIII à 15h24.

La sécurité était un des points clés, bien préparée, avec visites de sécurité et conformité de tous les bateaux avant le départ sous l’égide de Dominique Flayac, mise à disposition de balises de tracking par François Seruzier. Le port de la brassière avec longe obligatoire pendant toute l’épreuve, la veille permanente AIS et VHF, l’Iridium Go, conseillé. L’organisation a été rigoureuse et précise.

A terre, une prestation exceptionnelle, qui réalise un sans-faute depuis l’accueil des concurrents jusqu’à la remise des prix, le dimanche 8 mai à midi.

En effet, la convivialité est le maitre mot de cette régate originale avec un accueil des plus sympathiques avec des repas d’équipages très réussis. L’accueil avant et après la course par l’équipe de choc, était réalisé par Brigitte Apolda, Marie Flayac, Anne Phelipon Viviane Maurin et Jean-Claude Barré, tous bénévoles, qui proposaient, jour et nuit en continu, huîtres fraîches, entrecôtes frites pour les équipages au fil de leur arrivée dans une ambiance très conviviale très réussie.

Pour Brigitte Apolda, double casquette avec les contrôles sécurité et l’accueil au club « Les contrôles ça m’apprend plein de choses et notamment les contacts avec les coureurs et favorisent les rencontres, retrouver et reconnaître les coureurs dans le club a l’occasion des repas ».

Jean Claude Barré, à l’origine de cet accueil maintenant bien reconnu comportant huitres – qu’il a ouvertes toute la soirée – entrecôtes frites à toute heure au fil des arrivées des coureurs, organisation véritablement unique !

Viviane Maurin, Marie Flayac et Anne Phelippon avec Brigitte et Jean-Claude, assurent avec chaleur, gentillesse et disponibilité l’accueil et la prise en charge de tous les concurrents.

Paroles de concurrents :

Jérôme Apolda et Yan Sibé, sur Fastlane Élan 350 soulignent :

« un nombre de dauphins joueurs incroyables ! L’un d’entre eux faisait un flap dans l’eau avec sa nageoire à proximité du barreur.

Très beau temps, avec un vent de mer agréable dans un golfe de Gascogne peu agité.

La fin de course en cuillère pour rentrer dans le pertuis d’Antioche sous génois puis A3 » aura été un bon moment pour Philippe Triem sur Phu Cam.

A noter la présence d’équipages familiaux dont Alix Lefevre sur le Sun 3200 Kiralamur était l’une des trois femmes à participer à cette 45 5 avec son père, Pierre. Elle a aimé le départ « Tu sais pas trop où tu vas, ni ce qui va se passer… c’est très sympa. »

Partenaire de la 45 5 et de là Duo Cat Amania, Grassi bateaux est présent, pour Olivier « l’arrivée et l’accueil des femmes avec les huîtres, course chouette 100% La Rochelle. Cette course ouvre la saison avant l’Ar Men et la Duo. »

A venir également la prochaine course en solo : la fameuse course des Iles.

Clin d’œil à Henri Laurent qui a mis à disposition son Sun Fast 3200, Cœur de Chauffe, qui faisait hôtel pour Etienne Chabry et a permis d’accueillir tout le matériel de con voyage de concurrents !

Au total une course très réussie, organisée par la Rochelle Nautique avec Etienne Chabry omniprésent, en amont et tout au long de l’épreuve. Une réussite cette belle course, à l’année prochaine !

Site internet de l’épreuve : https://www.larochellenautique.com/gascogne_45_5/

Article rédigé par Penny Aubert et Alain Roland

44 ème SPI OUEST France du 14 au 18 avril : Retour à la tradition et aux fondamentaux pour ce Week end Pascal.

Près de 2400 marins seront attendus sur le plan d’eau de la baie de Quiberon au départ de La Trinité sur Mer.

Ce sera aussi l’occasion de retrouver le village et ses animations, de suivre les vidéos des compétitions diffusées en direct ou différées sur grand écran, de profiter de la réouverture du chapiteau, de découvrir les partenaires du spi Ouest France, d’échanger entre coureurs, membres de la SNT club organisateur de la partie sportive et les 200 bénévoles présents sur le site. 

Course majeure de la voile Française connue par le nombre de séries et de participants le Spi Ouest France est devenu une des plus grande régate de voiliers habitables d’Europe mêlant professionnels et amateurs, monocoques et multicoques, bateaux de série IRC et prototypes IRC , croiseurs Osiris.

Le spi Ouest France première épreuve de la saison du bassin Atlantique reste un rendez-vous incontournable pour la construction navale. Les chantiers présenteront leurs dernières nouveautés.

Bien qu’en plein préparatif de Transat IRC Cap Martinique qui partira le 1er mai de La Trinité, les Duos seront présents.  

Les fidèles du Spi Ouest France aiment revenir chaque année sur des bateaux historiques ce qui justifie la création d’un classement spécifique UNCL Vintage pour les Half Tonner.

Majoritaire en nombre les flottes monotypes habitables et sports boat animent particulièrement le plan d’eau. Les jeunes aux dents longues se mesurent aux expérimentés leader de classes. La relève pour les années à venir est bien là.

Rond spécifique et voile spectacle pour les Foiler Easy to Fly. Ambiance Coupe de l’America sur ce support spécifique qui amène des régatiers de renommée internationale.

Au total 20 séries seront représentées sur 5 ronds de la baie de Quiberon, 400 bateaux participeront, 120 départs seront donnés, 30 arbitres veilleront au bon déroulement des régates sur le plan d’eau.

Dimanche 17 avril une sortie du port des 400 bateaux sous voile est organisée sous forme de grande parade avec comme invitée d’honneur la flotte des Pen Duick. Tout est fait pour rassembler les marins d’exception. En plus d’une régate reconnue, le Spi Ouest France devient un évènement culturel maritime, une grande fête de la voile accessible au public.

Crédit Photo : @SNT

La Société Nautique de la Trinité sur Mer (SNT), une référence pour nos régates en habitables

La SNT qui est l’un des clubs de voile les plus dynamiques en France, organise quatre belles épreuves inscrites aux Championnats UNCL 2022 Manche – Atlantique Equipages et Duo.

Le Spi Ouest-France BPGO : l’incontournable de début de saison !

Première épreuve de la saison en IRC, organisée par la Société Nautique de La Trinité-sur-Mer et Ouest-France avec le renfort de BPGO, le Spi Ouest-France BPGO est devenu au fil des ans la plus grande régate de voiliers habitables d’Europe au printemps, mêlant amateurs et professionnels, monocoques et multicoques, monotypes et voiliers de série IRC et Osiris Habitable.

En 2022, le Spi renoue avec le traditionnel week-end de Pâques et la SNT espère y retrouver les 350 voiliers qui avaient émargé en 2019 ainsi que de nouveaux équipages avant que la crise sanitaire ne remette tout en cause. La baie de Quiberon les attend. Le Spi Ouest-France se déroulera du 14 au 18 avril 2022 à La Trinité-sur-Mer. Cette épreuve est inscrite aux Championnats UNCL 2022 Manche – Atlantique Equipages et Duo.

A noter, cette année, en partenariat avec l’UNCL, la SNT ouvre le Spi Ouest France à la Classe IRC Vintage. Cette nouvelle classe IRC rassemble les anciens bateaux dont un modèle a été jaugé en IOR – donc pré 1994.

A lire aussi : Le Grand Prix du Crouesty invite la classe IRC Vintage
Règles d’éligibilité – IRC VINTAGE
Avis de course



ArMen Race Uship 2022 : La référence

Sixième épreuve des Championnats UNCL Manche – Atlantique Equipages et Duo, qui aura lieu du 26 au 29 mai 2022, cette course est une invitation au large.

Le parcours de 320 milles nautiques en équipage ou en double et sans escale, vous emmènera le temps d’un weekend, celui de l’Ascension, en direction de l’Archipel des Glénans et au-delà de la pointe de Penmarc’h pour aller contourner ensuite la pointe des corbeaux à l’Ile d’Yeu.

Le départ et l’arrivée se feront au port de la Trinité sur Mer, facilitant ainsi l’organisation pour les participants IRC, Osiris, Ultim, Imoca, Class 40 et Multi de toutes classes sont attendus. Le parcours sera le même pour toutes les classes IRC, double et équipages ce qui permettra d’avoir un classement OVERALL.

Avis de course



La Trinité – Cowes by Actual : une belle histoire franco-anglaise

La Trinité-Cowes by Actual peut être le préambule de la fameuse course du RORC « Cowes-Dinard- BSM ».

Comme avant le COVID les concurrents de Bretagne Nord et d’outre-manche sont attendus en nombre. Elle est ouverte à toutes les classes admises par le RORC pour courir « Cowes Dinard », en particulier les IRC (Coef.1 point au calendrier du RORC 2022), les Class40, les Multi…

En double ou en équipage, cette épreuve prestigieuse de 350 milles aura pour directeur de Course Yves Le Blévec. Tous les concurrents adorent ce parcours très tactique, tout en étant d’une simplicité biblique. Une ligne de départ avec le passage de La Teignouse, une ligne d’arrivée Full stop !

Accueil chaleureux de nos amis du RORC à Cowes en prime et l’ile de Wight et sa magie so British…



Nuit des Iles du Ponant : Superbe !

Pour renouer avec une belle épreuve après les vacances la SNT vous propose la troisième édition de La Nuit des Iles du Ponant en vous offrant un beau parcours de 131 milles « en huit » autour de Belle Ile et Groix, un parcours technique et des paysages de toutes beautés. Une Nuit mémorable…



Trophée SNT IRC de la course au large 2022

Annulé ces deux dernières années, la SNT reformate son trophée SNT- IRC de la Course au Large. Les trois plus beaux parcours sont retenus cette année : L’ArMen Race Uship, La Trinité Cowes by actual et La Nuit des Iles du Ponant. Depuis 2019, ce trophée est aux mains de nos amis de CODIAM…pour qui en 2022 ?

Le trophée sera remis lors du Nautic de Paris en 2022.

SOCIETE NAUTIQUE DE LA TRINITE-SUR-MER

Association Loi 1901, éligible au mécénat
Môle Éric Tabarly – 56470 LA TRINITE-SUR-MER –
Tél : 02 97 55 73 48
E-mail : accueil@snt-voile.org

L’UNCL dévoile les calendriers des Championnats 2022

Retrouvez dès à présent les calendriers des Championnats UNCL 2022 disponibles sur notre sire internet.

CHAMPIONNAT MANCHE-ATLANTIQUE 2021 – ADEOSYS GAGNE EN DOUBLE ET OVERALL !

Par Patrice CARPENTIER

C’est une première du championnat Manche-Atlantique, le même bateau gagne dans les deux classements, sans avoir couru une seule fois en équipage… Il s’agit du JPK 10.10 Adéosys, le dernier exemplaire produit en 2019 par le chantier de Larmor Plage pour Ludovic Menahes.

Originaire de Brest, installé sur Vannes depuis 2004, sociétaire du club de La Trinité-sur-Mer et de l’UNCL, Ludovic a démarré la régate en dériveur avec David, puis a quitté la scène vélique pour se consacrer au management de sa société informatique. Il est revenu à sa passion en 2015 à bord de son First 31.7. Voyant que ce n’était pas incompatible avec ses obligations, à la fois professionnelles et familiales, il a acheté un JPK 10.10 pour participer à la Transquadra 2020, toujours en compagnie de son fidèle comparse David, lui-même propriétaire d’un J 92 sur lequel Ludovic a maintes fois posé son ciré entre 2007 et 2010.

En raison du Covid, les deux compères optent pour la Transat Cap Martinique, qui fut elle-même repoussée d’un an. Ils profitent de ce report pour effectuer des améliorations sur le bateau, parfaire leur préparation – Ludovic participe activement à la mise en place d’un groupe d’entraînement à La Trinité-sur-Mer – et courir en 2021 un maximum de régates inscrites au Championnat. Cette assiduité, couronnée par de belles performances réalisées tour à tour avec David, Jérôme Croyère et François Moriceau, vaut au JPK 10.10 d’achever la saison en grand vainqueur avec 7 courses à son actif et un total de 400 points en cumulant ses cinq meilleurs résultats, comme le veut le règlement.

@Paul Wyeth/RORC

Ludovic retiendra de cette belle saison beaucoup de plaisir, de joie, mais aussi un peu de frustration, car cela n’a pas été simple. « On dit souvent que ça se sauve par devant. Et bien non! Nous retiendrons qu’à chaque fois que nous avons été en tête, le vent nous a bloqué la route », retient ce sympathique skipper fort apprécié de ses pairs. Les agapes démarrent par la Gascogne 45/11. Toute nouvelle course au format inédit, disputée par une météo clémente exigeant une solide stratégie pour négocier des  anticyclones à travers le golfe de Gascogne à l’aller et au retour :

« On va faire la course en tête quasiment dès le départ en négociant bien toute notre descente ».

Adéosys est le premier à prendre l’option Sud vers l’Espagne et à couper la longitude 11°pour prendre le chemin du retour. La victoire en temps réel lui tendait les bras, mais une dernière bulle sur la route de l’arrivée à La Trinité-sur-Mer lui fut fatale. Le programme se poursuit avec La Trinité-Cherbourg (en remplacement de Cowes), une course de vitesse s’achevant comme d’habitude en tricotant avec de forts courants. Adéosys termine second battu par le JPK  10.80 d’Olivier Burgaud. Sa participation à Cowes-Dinard se solde par un « Pas la peine de s’étaler, on n’aura pas été bons… ».

Arrive le gros morceau de la saison avec un plateau de choix : la Rolex Fastnet. Ludovic et David font une excellente montée vers le « Rock » qu’ils contournent en tête de leur classe. Le retour est moins tonitruant (lire ses commentaires parus sur notre site). Le bel Adéosys mettra quand même un point d’honneur à finir 1er en réel du groupe IRC 4 et empochera au passage 99.6 pts. Retour dans le Morbihan pour la Nuit des Iles du Ponant (cette fois avec Francois Moriceau) : peu de vent, voire pas du tout. « Le début de la course est sympa, 5 – 8 nœuds de vent (c’est toujours bon quand on est collé aux bateaux avec un rating bien au-dessus), mais quand la nuit tombe, on ne voit plus le plan d’eau, bien trop calme à notre goût… Ce n’est plus du plaisir et on a hâte de terminer. (16h pour parcourir 40 milles…) ».

Au Télégramme à Lorient, il fait beau, le vent est modéré, variable et parfois ponctué de calmes comme lors de la manche 2 où Ludovic accompagné de Jérôme Croyère, alors en tête, se retrouve scotché et fort contrit de voir ses poursuivants le dépasser à gauche et à droite.  L’épisode final se nomme le Spi Ouest-France que l’armateur et skipper du JPK 10.10 résume par ces mots : « La 1ère journée, top, on ne pouvait pas faire mieux. Mais le samedi, comment dire… On a dû montrer tout ce qu’il ne fallait pas faire (bref, une journée à oublier). Le dimanche, dernier jour, il faut bien finir la saison. On va s’appliquer pour finir 2ème, juste derrière Papillon (le JPK 10.10 d’Alain et Jean-Marc) avec qui nous nous sommes entrainés tout l’hiver ». En guise de conclusion, il retient que pour faire « tout ça », il faut :

« Une femme et des enfants très conciliants qui acceptent toutes ces absences, des collaborateurs qui assurent chez Adeosys, une voilerie (Technique Voile) qui est à l’écoute et qui vous accompagne, et un groupe d’entraînement qui partage tout. Merci à vous tous ».

Article rédigé par Patrice CARPENTIER

Crédit photo : @Paul Wyeth/RORC

 

Rolex Fastnet Race 2021: La Lady marseillaise brille sur la mythique course anglaise

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de l’équipage marseillais du voilier Lady First III, mené par Jean-Pierre Dréau, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique.

C’est un été 2021 so British qui a occupé Lady First III et son équipage. En effet, la sublime Lady marseillaise a quitté ses quartiers méditerranéens pour rejoindre la Manche et ses régates estivales pour la seconde fois consécutive.

En 2019, si la première campagne anglaise avait offert de célébrer une victoire sur La Trinité — Cowes, la Fastnet Race avait laissé à l’équipage un goût d’inachevé. Ce dernier avait nourri depuis deux ans une très forte envie de revenir pour démontrer ses mérites ! C’est ainsi que le 8 août dernier, le Mylius 60 armé par Jean-Pierre Dréau, membre de l’UNCL, prenait le départ de la mythique Rolex Fastnet Race pour la seconde fois.

En deux ans, ce bateau racé designé par l’architecte italien Alberto Simeone a bien progressé. L’évolution de ses appendices pensés par le célèbre Juan K a parachevé un navire déjà bien né. Si la machine a été fort bien préparée pendant la période hivernale, c’est aussi un équipage très entrainé qui s’est aligné au départ de la fameuse course anglaise.

Préparation technique, entrainements intensifs et ambitions affichées : tel est le cocktail de l’équipe de course marseillaise. Le programme hivernal, sous la houlette de Christopher Pratt, emmenant plusieurs fois le bateau à traverser jusqu’en Corse, a donné raison au vieil adage : le travail finit toujours par payer !

Les participations à La Trinité – Cherbourg début juillet, puis à la Channel Race à la fin du même mois, ont permis de valider en conditions réelles la performance du team. L’équipage, stabilisé pour l’occasion, s’est éprouvé directement sur la zone de course en Manche dans des circonstances qui — doit-on le souligner — diffèrent de celle qu’il connait habituellement. Le bateau  de  Jean-Pierre  DREAU  a  ainsi  parcouru  350 milles  entre  La  Trinité-sur-Mer  et Cherbourg via le phare d’Eddystone au large des côtes anglaises pour s’illustrer par une troisième place méritée.

Fin juillet, c’est cette fois-ci de Cherbourg que Lady First III s’est élancée à l’assaut de la Manche dans des conditions toniques. Elle bouclera le parcours en seulement treize heures de course et sur la 3e marche du podium !

Après ces brillants résultats d’avant-saison, l’équipage entendait bien signaler sa présence sur cette quarante-neuvième édition de la régate du RORC. Emmené par trois figaristes émérites, Jean-Paul Mouren, Xavier Macaire et Ronan Treussart, il avait rodé ses manœuvres et son organisation. En tout, quatorze personnes, dont Jean-Pierre DREAU, se lancèrent dans la course dans des conditions pour le moins inhabituelles.

Il convient de souligner que cette édition de la Fastnet Race était hors norme à plusieurs égards. Tout d’abord, c’était la première fois que l’arrivée avait lieu en France, à Cherbourg, avec pour conséquence une rallonge de parcours de près de 150 miles. Ensuite, la crise sanitaire a une nouvelle fois perturbé le fonctionnement normal de nos régates préférées. Ainsi, les équipages engagés ont convoyé les bateaux la veille de la course. Ils ont finalement passé une nuit au mouillage à l’entrée d’un Solent déjà bien animé par un vent de sud-ouest et de la pluie.

L’atypie de cette édition trouva alors son paroxysme dans un départ de course dantesque. Quel départ ! Plus de 30 nœuds de vent et de la pluie dans un Solent bondé et chahuté par une mer croisée. Les 400 bateaux au départ s’élancèrent vents contre courant dans un véritable « chantier », encore  plus  impressionnant  que  d’habitude,  mettant  les  équipages  sous  pression  dès  les premières minutes de la régate. Ce début de course musclé n’était pas pour effrayer nos valeureux navigateurs bien préparés qui traversèrent sans difficulté majeure cette première étape.

Lady First III sortit « en un seul morceau » et en bonne position pour attaquer la longue remontée au près vers le phare du Fastnet. L’élégante, mais tempétueuse Lady pût faire parler le potentiel de sa carène et de ses nouveaux appendices sur ce parcours essentiellement au près. Grâce au travail de toute l’équipe, bien amarinée par les compétitions et entrainements d’avant- saison, et à une organisation de quarts efficiente, Lady First III a basculé au phare du Fastnet en très belle place.

Malgré plusieurs avaries à bord toutes surmontées — dont notamment un problème de hook de grand-voile l’obligeant à naviguer avec un ris pendant toute la course — l’équipage conservera son avantage et arrivera à Cherbourg avec les honneurs ! Quelles que soient les conditions à bord du bateau phocéen, on prend le temps de vivre. Concentré sur l’objectif, l’équipage n’en oublie pas pour autant le plaisir et l’heure anglaise ! C’est ainsi que nos courageux équipiers mangèrent tous les matins leurs œufs-bacon au petit-déjeuner. Peut- être bien une source de leur réussite (mais, ne le répétez pas, c’est un secret bien gardé !)

Sur cette édition 2021, Lady First III a réalisé une course pleine, restant aux avant-postes dans sa catégorie tout au long du parcours de 750 milles entre Cowes et Cherbourg. Le Mylius 60 prendra la quatrième place de sa catégorie, tout près du podium, et la onzième place du classement  général  toutes  catégories.  Grâce  à  ces  résultats,  l’équipage  signe la  meilleure performance française de cette année ! De quoi rendre fiers les équipiers et leur capitaine Jean- Pierre en récompense du travail consciencieux mené depuis la mise à l’eau en 2018.

Après cette saison estivale en Manche, la Lady a retrouvé la cité phocéenne pour les régates de rentrée. Elle s’est distinguée dès la mi-septembre par une seconde place remarquée sur la plus grande régate corporative d’Europe : la Juris’cup ! Toutefois, l’équipage ne se contente pas des résultats passés et se projette d’ores et déjà sur la saison 2022 avec un programme bien rempli. En effet, Lady First III s’alignera au départ de la Transat du RORC en janvier 2022 puis participera à la reconnue Caribbean 600 avant de revenir au printemps pour un programme méditerranéen placé comme toujours sous le signe de la performance et de la convivialité.

Par Amandine Deslandes – Directeur associé – MARSAIL

Chloé Terracol

Chargée de communication

MARSAIL | Sport – Évènementiel – Formation

Rolex Fastnet Race 2021 : Une édition particulière pour Sun Hill III et son équipage

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de François Charles, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique à bord de son voilier Sun Hill III.

Cette édition de la Rolex Fastnet Race était particulière pour Sun Hill III et son équipage. Comme tous les deux ans, l’aventure a commencé par l’inscription en janvier. Désormais habitué aux rouages du RORC (Royal Ocean Racing Club, organisateur de la course), François était devant son ordinateur prêt à cliquer et nous étions inscrits dans les 40 premières secondes, afin d’être sûrs de pouvoir faire cette course, qui se joue à guichets fermés tous les deux ans. Une première victoire.

Comme d’habitude, la saison Fastnet est une saison au programme riche en navigations, rien que pour pouvoir satisfaire aux exigences de qualification.

Pourtant, en 2021, ce fut bien différent. Les premières courses de la saison ont été annulées ou reportées en France. Participer au championnat du RORC était impossible au printemps pour les français, à cause des précautions sanitaires.

Si bien que Sun Hill III a pris son premier départ de régate de la saison en juillet, lors de la Cowes-Dinard. Avec toutes ces contraintes, nous n’avons pas pu, comme à l’accoutumée, tester différentes configurations d’équipage.

C’est donc en formation réduite que nous nous lançons sur cette édition avec à bord François Charles (barre, tactique, navigation), Jean-Gabriel Jourdan (N°1, réglages, barre), Olivier Leroux (barre, réglages navigation) et Jordan Ropars (réglages, intendance, barre, apnée).

Dimanche 8 août, c’est le jour J. L’équipage de Sun Hill III est prêt. Le bateau est rangé prêt à affronter une mer dure et des rafales de vent à plus de 35 nœuds.

À cause du mauvais temps, l’ordre des départs a été modifié. Les bateaux géants de l’IRC 0 et IRC 1 partiront avant les IRC 4 afin d’ éviter les collisions.

Notre départ, celui des IRC 4, est à 12h10, heure locale. Nous partons plutôt milieu de ligne, assez prudemment, avec deux ris dans la Grand-Voile et J3.

François ne juge pas opportun d’aller au contact des autres concurrents dans ces conditions. Après quelques minutes et déjà quelques virements l’équipage se sent plus à l’aise. Notre barreur/tacticien commence à retrouver ses marques et décide d’aller chercher les effets de côte le long de l’île de Wight, tout en conservant les effets du courant. Ça y est notre équipage est dans le match, nous recroisons avec les premiers du groupe. C’est parti pour 20 heures de près dans des conditions soutenues.

Passé les Needles, nous partons pour un long bord de près, tribord amure, avec les vagues de face. Nous faisons quelques sauts qui font dire régulièrement à l’équipage : « le Dehler 33 est vraiment un bon bateau ».

Avec le courant favorable qui faiblit et une grosse partie de la flotte qui est à gauche du plan d’eau, la tactique est de virer pour s’abriter derrière Portland Bill.

Au bout de quelques heures, la mer se calme, le bateau glisse au près sur l’eau. C’est un moment de répit apprécié par l’équipage qui en profite pour manger, un petit peu, toujours au rappel.

Après une nuit à faire du près, nous approchons de Dartmouth. Le vent est instable en direction et en force, sous le vent de cette côte. Nous essayons de nous approcher au plus de Start Point pour rester à l’abri du courant. Au petit matin, le vent s’est vraiment calmé. Après avoir renvoyé un ris au passage de Portland Bill en début de nuit, puis le second ris au lever du jour, il est maintenant temps de passer sous J2 et de ranger le J3 (voiles d’avant).

Nous effectuons plusieurs virements le long de la côte, en compagnie du X332 vainqueur de la course. Nous ne sommes pas trop préoccupés, ce bateau nous doit du temps.

À la mi-journée, devant Plymouth, une rotation de vent est annoncée, avec un vent plus fort au large. Nous virons donc pour faire route au 200°. Lorsque nous touchons ce nouveau vent, nous reprenons notre route vers l’ouest.

Ce petit décalage nous a permis de bien reprendre l’avantage, et de retrouver, même à distance, le JPK 1010, Raphaël, alors en tête, qui fait une superbe course en double.

Le vent continue de mollir, nous passons sous J1, toujours au près. Nous longeons la côte, chaque bord à terre est un gain sur la concurrence. En début de nuit, nous arrivons au bout de la Cornouaille. Nous avons plutôt bien tiré notre épingle du jeu et sommes toujours dans le trio de tête.

Cependant, l’équipage est fatigué. Olivier barre dans le tout petit temps, en essayant de conserver un maximum de vitesse. Jean-Gabriel et Jordan se relaient pour les manœuvres, tandis que François essaye de trouver la meilleure route pour échapper à la pétole et contourner le DST sans perdre trop de terrain. Nos camarades s’échappent pourtant. Winsome , Gioia, Raphaël ont désormais plusieurs milles d’avance sur nous. Entre les îles Scilly et le phare du Fastnet, Jean-Gabriel, Jordan et Olivier barrent à tour de rôle.

François travaille la tactique et récupère un peu. Dans cette remontée vers le Fastnet, en fin de nuit, le vent s’est de nouveau renforcé et a bien tourné. Nous pouvons envoyer le code 5. Nous naviguons vite pendant deux heures, ce qui nous permet de revenir un peu sur les concurrents de devant.

En temps compensé, Raphaël et Gioia sont les deux premiers bateaux à passer le Fastnet en IRC 4. Nous sommes troisièmes.

Nous sommes ravis de notre place, à 52 minutes de la première place est à 53 secondes de la seconde place.

Nos concurrents d’IRC 4B ont entre 1h30 et deux heures de retard sur nous.

 

Nous attaquons la descente vers les Scilly, plus motivés que jamais, sous spi symétrique.

Le plan pour cette descente est d’aller dans l’Est, pour conserver du vent. Vent qui doit doucement mollir par l’ouest d’après nos fichiers météo. Nous empannons donc, dès le passage du DST. Notre objectif est de passer dans l’Est du DST des Scilly en finissant sous Code 5, puis J1.

La descente est rapide, et tout l’équipage arrive à se reposer. Ça fait du bien de naviguer à plat.

Malheureusement, le début de nuit va être moins paisible et rapide que cette excellente journée.

Une fois tous les spis rangés, le DST contourné à bonne vitesse. Nous apercevons une grande quantité de feux de navigation devant nous. Il s’agit en fait de plusieurs concurrents à la dérive. Il n’y a plus un souffle de vent et il est trop tard pour faire demi-tour.

Nous pénétrons donc, nous aussi, dans cette zone sans vent.

Nous ne savons absolument pas combien de temps cela va durer, le fichier météo annonce entre 8 et 12 nœuds de vent. Jordan et François décident d’aller dormir pour être le plus en forme possible dès le redémarrage du bateau.

Jean-Gabriel et Olivier vont passer entre 2h30 et 3 heures à la recherche du moindre filet d’air tout en voyant une quarantaine de bateaux nous passer devant.

C’est frustrant, au classement de 3h30, nous sommes toujours premier en IRC 4, mais nous savons que ça ne va pas durer. Les autres avancent à 6 nœuds dans le Sud.

Au petit matin un léger souffle de vent, nous permet de relancer le bateau. Nous sommes coincés entre le DST et les ilots des Scilly que nous n’avons pas le droit de traverser. Nous rasons le phare de Bishop Rock pour éviter

un virement supplémentaire et arrivons enfin à reprendre une route similaire à celle de nos concurrents. Il est 9h00, nous sommes neuvièmes au classement IRC 4.

Après longue réflexion, François décide d’aller chercher Aurigny. Nous faisons marcher le bateau sous spi, avec un petit recalage le long des côtes anglaises. Ça va vite, il y a une vingtaine de nœuds, nous arrivons à bien descendre et nous entamons notre remontée au classement général.

Il n’y a pas beaucoup d’options possibles entre les Scilly et l’atterrissage sur le DST des Casquets. Pour la toute fin du parcours, trois possibilités s’offrent à nous :

1)   passer au nord du DST des Casquets (favorable en cas de courant contraire).

2)   passer au nord d’Aurigny juste sous le DST (favorable si le courant est dans le bon sens)

3)   et enfin passer au nord de Guernesey et dans le sud d’Aurigny. C’est cette dernière option que nous choisissons.

En effet, le courant n’aura pas tout à fait renversé au nord d’Aurigny à notre arrivée, alors que dans le sud il sera favorable.

Nous longeons la côte sous spi et arrivons dans le raz Blanchard quasiment à l’étale.

Arrivés au niveau du phare de la Hague, nous profitons d’un courant favorable qui nous fait marcher à 10 nœuds. Nous filons vers la ligne d’arrivée, proches du X-332 brestois et du Sun Fast 37 irlandais.

Nous terminons au final troisième IRC 4 (72 inscrits), à 16 minutes et 55 secondes du premier est à 7 minutes et

12 secondes du second.

Nous sommes heureux d’avoir terminé notre troisième Fastnet sans encombre.

Nous n’aurions pas parié pouvoir revenir sur le podium après cet arrêt de presque trois heures aux Scilly. Bravo à nos concurrents et mention spéciale pour le bateau irlandais qui est venu nous féliciter, s’excusant d’avoir profité de notre arrêt ! Nous espérons les retrouver en 2023 pour rejouer le match 😉 .

Nous avons passé une petite semaine de régate intense et nous conservons le souvenir d’une course exigeante avec la difficulté de son parcours et de la météo.

Nous nous sommes énormément amusés tous les quatre, le quatuor a parfaitement fonctionné. Nous aurions pu partir pour un deuxième tour dans la foulée.

 

Nous sommes prêts pour 2023, et comme en 2019 nous serions partants pour laisser Sun Hill 3 se reposer, pour découvrir de nouvelles sensations et nous compliquer un peu la tâche avec un bateau un peu plus sportif.

*DST : Dispositif de Séparation du Trafic (zone interdite en régate)

Crédit photo : Paul Wyeth/RORC

Laudato Si dans les eaux britanniques

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de Régis Vian, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique à bord de son voilier Laudato Si un A31.

Mon inscription au Fastnet cette année est mon plan B en cas de décalage de la Cap Martinique 2021 à laquelle je suis inscrit en solo. Rétrospectivement, c’est un plan B majuscule!

Cette édition de la Rolex Fastnet Race 2021 s’annonce particulière à plusieurs égards. La quarantaine imposée en Angleterre nous prive de l’ambiance unique qui règne à Cowes avant le départ de cette course mythique. L’arrivée à Cherbourg en lieu et place de Plymouth est une grande première. Enfin, la météo annonce  depuis plusieurs jours un début de course musclé, voire très musclé. Il va y avoir du spectacle quand les 350 bateaux inscrits vont devoir tirer des bords dans le Solent, pour rejoindre la pleine mer.

C’est ainsi que nous nous retrouvons le 8 août, avec mon cousin Thierry, à bord de mon fidèle A31 Laudato Si, à attendre notre coup de canon dans 30 noeuds de vent établis, au milieu de ce qui est sans doute la plus belle flotte de bateaux qu’une course peut réunir. Nous courons en catégorie IRC4 et duo.

Les trimarans Ultimes, les IMOCAS, les Class 40 et les maxi IRC (catégorie IRC ZÉRO) partiront avant nous. Le spectacle garanti est au rendez-vous. Nous en profiterons à peine car le vent prévu est aussi au rendez-vous. C’est chaud!

Nous prenons un très mauvais départ, et coupons la ligne avec 1 minute de retard, suite à un banal problème d’écoutes de génois qui s’emmêlent au mauvais moment. Mais dans ces conditions, il n’y a pas de problème banal. La sortie du Solent (le bras de mer entre la côte Anglaise et l’île de Wight) tient aussi toutes ses promesses. Le courant jusqu’à 5 noeuds qui s’oppose aux 30 à 35 noeuds de vent d’Ouest lève une mer dantesque, à la limite de ce que peut supporter notre A31, léger et bas sur l’eau.

Ces conditions vont se maintenir pendant plus de 24 heures. Nous sommes secoués et trempés en permanence, par la mer ou par la pluie. Eau douce ou eau salée, nous ne faisons plus la différence. Nous tirons péniblement des bords vers l’ouest et faisons le dos rond en attendant des conditions meilleures.

La stratégie du premier jour sera conservatrice: ne pas casser le bateau, ne pas (trop) nous fatiguer. La course est longue. C’est pourquoi nous préférons partir vers le large plutôt que de tenter de profiter des courants autour de la pointe de Portland Bill, lieu peu recommandable par vent fort. Nous ne devons y perdre en théorie que 20 minutes. Nous y perdrons sans doute plus, car le groupe de tête de notre catégorie IRC4, passé par là, aura déjà beaucoup d’avance. Serions-nous passés sans rien casser? Nous ne le saurons jamais. C’est dans ce contexte que nous apprenons l’abandon de nos amis de Tagan, Alain et Marc. Coup dur!

Le soir du deuxième jour, à l’approche du Cap Lizard, le vent s’est calmé (un peu trop?). Nous pointons autour de nous quelques concurrents directs de notre catégorie: Bigfoot, Aldebaran et Oromotco devant nous, et Cavok pas très loin derrière. La nuit est fraîche, étoilée, humide et studieuse. Nous jouons quelques coups gagnants avec les courants du Cap Lizard et de Land’s End et nous retrouvons devant  Bigfoot et Aldebaran au passage des îles Scilly. Nous sommes bien dans la course, dans le tiers de tiers de tête de notre catégorie. Nous avons limité les dégâts, nous n’avons rien cassé et avons pu avaler notre premier repas chaud depuis le départ. Un semblant d’humanité s’installe à bord! Néanmoins, nous arrivons aux Scilly en début de flot, et nous devons naviguer six heures durant dans un courant contraire, là où les premiers sont passés sur un tapis roulant: premier passage à niveau, la barrière se ferme juste devant nous!

 

 

La traversée de la mer d’Irlande ressemble… à une traversée de mer d’Irlande. Vent de travers sud-ouest, beau temps le matin, pluie l’après-midi, grains et vagues pendant la nuit. Nous sommes de nouveaux mouillés et secoués. Nous prenons un front et sa rotation de vent au nord ouest comme prévu, 20 miles avant d’arriver au Fastnet. 20 miles à tirer des bords alors que ce nouveau vent est encore une fois favorable à ceux de devant: deuxième passage à niveau, nous sommes encore du mauvais côté de la barrière.

Nous virons le fameux rocher en milieu de journée, sous un ciel bleu sans nuage. Les côtes irlandaises en toile de fond s’ajoutent à la magie du lieu. C’est un moment intense, à la proportion des efforts qu’il a fallu produire pour arriver là. Pas le temps de rêver. Nous avons Oromocto à rattraper, et Bigfoot, Aldebaran et Cavok qui ne sont pas loin derrière.

Nous parvenons à charger un classement. Nous sommes 18èmes. C’est une bonne surprise pour nous. Nous avons honorablement limité les dégâts des premières 24 heures. Nous sommes aussi impressionnés par la course de nos amis Ludovic et David sur Raphael (#Adeosys – course au large), 1er en IRC4, et 2ème duo. Ils font une course incroyable!

La lecture des fichiers météo du jour est implacable: une dosable anticyclonique va ralentir fortement les bateaux de tête. Troisième passage à niveau, cette fois-ci en notre faveur! L’occasion est trop belle de revenir sur les bateaux de tête,  nous ne calculons plus trop nos efforts. Entre le Fastnet et les Scilly, nous sommes sous spi asymétrique. Le vent d’ouest-sud-ouest va refuser de quinze degrés. L’angle de vent est serré, et va se resserrer encore . Nous prenons une route sud qui nous permettra d’accompagner la rotation du vent et tenir le spi le plus longtemps possible.  Nous nous relayons à la barre toutes les heures, jusqu’au cœur de la nuit que nous terminons finalement sous génois. Nous tenons bien notre place, mais nous sentons que Cavok pousse fort derrière.

Changement de cap après les Scilly, direction Cherbourg! Le spi léger est sorti. Nous nous décalons un peu au nord de la route alors que nos camarades de jeu choisissent la route directe. C’est dur de maintenir les écarts, leur angle de vent est meilleur. Mais nous nos rattrapons bien lorsque nous remontons vers le DST des Casquets (dispositif de séparation de trafic pour les cargos). Finalement l’opération aura été bonne. Nous y avons néanmoins laissé quelques heures de sommeil! Cavok et Bigfoot toujours derrière, et Oromocto encore dans le viseur. Nous le dépasserons au sud d’Aurigny, à la faveur d’un petit décalage vers le sud, et nous sommes au coude à coude pour traverser le fameux raz Blanchard à la pointe du Cotentin. Il est fidèle à sa réputation. Sous l’effet des forts courants de marée, la mer est une vraie marmite.

Oromocto  nous a mis la pression jusqu’au bout!  Nous profiterons du paysage une autre fois. Nous coupons finalement la ligne d’arrivée moins de deux minutes avant lui, et quarante minutes avant Cavok. Bigfoot est plus loin derrière.

Quelle course! Elle n’est pas mythique par hasard! Le parcours est extraordinaire, la météo toujours exigeante, des rebondissements et des concurrents qui ne lâchent rien: cocktail parfait!

Nos classements sont au-delà de nos objectifs:

  • Classement IRC4: 10eme sur 70 partants (19 abandons)
  • Duo: 7eme sur 57 partants (21 abandons)
  • Overall (toutes classes IRC): 30eme sur 250 partants (70 abandons)

Résultats 2021 complets

Rolex Fastnet Race 2021 : une édition pas comme les autres !

De Patrice Carpentier

En raison du Covid, d’un nouveau parcours à destination de Cherbourg en Cotentin, et d’un vent musclé au départ, la Rolex Fastnet Race 2021 ne ressemblait pas aux précédentes éditions !

Compte tenu de la réglementation sanitaire britannique, nombreux furent les voiliers français et en provenance d’autres pays européens, à se regrouper dans le port de Cherbourg avant même le départ, de façon à rallier Cowes au dernier moment. Certains, ayant retenu une place dans une marina du Solent, sont partis le samedi matin pour une dernière nuit « tranquille », et d’autres plus tard pour rallier directement la ligne de départ dimanche matin. Le premier groupe fut étonné de découvrir un Cowes étonnamment calme la veille du départ de cet évènement emblématique habituellement marqué par une activité intense et festive !

Dimanche matin, le temps était pluvieux et le vent soutenu. En sortant dans le Solent pour se présenter sous voilure de tempête, tourmentin et voile de cape, à l’une des « gates » obligatoires de contrôle, on comprenait vite que le départ de la course face au vent dans un Solent rempli de plusieurs centaines de voiliers (337 pour être précis), ne serait pas une partie de plaisir. Mieux valait se mettre à l’abri dans la rivière de Cowes pour établir la voilure de circonstance, GV à 1 ris et foc ORC, avant de prendre son départ dans ce qui ressemblait peu ou prou à une fournaise balayée par 30 nds de vent et plus dans les rafales, et un méchant clapot. Le risque de collision était latent et quelques équipages furent contraints à l’abandon avant même le coup de canon. Et d’autres ensuite… Même si le RORC modifia opportunément l’ordre des départs pour éviter la dangereuse concentration des grands bateaux rattrapant les plus petits.

Le louvoyage en Manche fut tonique la première journée puis plus confortable quand le vent diminua. Des voiliers, la majorité des IRC qui représentent le 2/3 de la flotte, ont tricoté avec plus ou moins de bonheur le long des côtes britanniques jusqu’au DST des Scilly (les DST sont autant d’obstacles qui pimentent cette longue épreuve de désormais presque 700 nautiques en ligne droite). Les voiliers plus rapides, multicoques et IMOCA, ont poursuivi le bord tribord beaucoup plus au Sud en Manche, tel Apivia, le grand vainqueur en IMOCA, qui a été jusqu’au plateau des Minquiers avant de virer de bord.

En mer celtique, il a fallu encore tirer des bords avant de choquer les écoutes en direction du rocher du Fastnet avec là encore un DST à respecter, plus pour éviter que les descendants ne croisent les montants, que pour ne pas perturber un trafic commercial inexistant. Le vent avait tourné au NW pour le gros de la flotte IRC et c’est à bonne allure que les bateaux cinglaient de retour vers les Scilly. Un passage rendu compliqué par la présence d’une zone de calme à traverser – fallait-il passer au nord ou au sud du DST principal ? –. Selon l’heure de passage, la « bonne » option pouvait singulièrement changer. Globalement, il fallait mieux attaquer la Manche du côté des côtes britanniques plus et mieux ventées.

Ensuite ce fut un tout droit ou presque sous spi vent arrière, en direction de la pointe du Cotentin et un nouvel obstacle de taille : comment se positionner au niveau du DST des Casquets pour négocier au mieux Aurigny et dans la foulée le Raz Blanchard en fonction du (fort) courant à l’instant T ? Là encore, il y avait à gagner et à perdre ! L’arrivée à Cherbourg en Cotentin ajoute une nouvelle difficulté, et non des moindres, à ce Fastnet au format « saut d’obstacles ».

Les équipages Français s’imposent en IRC 3 et 4 (et en Double-Handed) et sont sur le podium en IRC 2. Saluons pour commencer la nouvelle victoire du JPK 10.30 Léon. C’était sans conteste le grand favori en IRC 3 et le duo normand, Alexis Loison/Guillaume Pirouelle, a une fois encore mené ce bateau à la victoire dans une catégorie particulièrement nombreuse et de haut niveau. Rappelons que Loison est rentré dans l’histoire de la course en remportant le classement toutes classes en 2013. S’il est respecté en France, Alexis est admiré en Angleterre pour cette incroyable victoire. C’était en effet la première fois qu’un équipage double (il était avec son père) remportait le Fastnet. Avec ce nouveau triomphe, Loison porte à cinq le nombre de ses titres sur la Rolex Fastnet Race… En IRC 3, il devance le duo mixte Henry Bomby (ancien de la Volvo) et Shirley Robertson (double championne olympique) à bord du Sun Fast 3300 Swell et un autre régional de l’étape, Raging-bee², le JPK 10.80 de Louis-Marie Dussère conduit en équipage.

En classe Double-Handed, on trouve Olivier Burgaud et Sylvain Pontu à la 3ème place sur leur JPK 10.80, derrière Léon et Swell. Au-delà du podium, il faut citer Ludovic Menahes et David Le Goff qui ont fait une super course sur leur JPK 10.10 Raphaël, mais ont joué de malchance sur la dernière portion en Manche. En IRC 4, on trouve aussi un équipage tricolore en tête d’affiche. Il s’agit du X 332 Trading Advice.com d’Alain Guelonnec. Depuis 4 éditions, ce sont toujours des Français qui ont remporté cette catégorie, mais c’est la première fois qu’un bateau de cette génération s’impose. Le X 332 a en effet été mis à l’eau en 2003 et son dessin date de 1990. Le skipper résume : « C’est dur à expliquer, nous sommes sur un vieux bateau. Les JPK étaient les favoris bien sûr mais avec ces conditions nous étions très rapides. Quand le vent est faible, ce bateau est fantastique ». François Charles, accoutumé aux places d’honneur sur le Fastnet se classe 3ème sur son Dehler 33 Sun Hill 3 (un voilier qui a lui aussi du mille sous l’étrave).

En IRC 2, le podium se compose de deux JPK 11.80 entre lesquels s’intercale un Oyster 48. Le premier des JPK est celui du britannique Thomas Keen qui s’adjuge la victoire au classement général IRC à l’issue d’une course quasi parfaite. L’autre 11.80 est Leclerc/Hennebont, celui de Richard Fromentin. Que ceux qui songent régater un jour sur un IRC Scow, notent que Palanad, premier Class40, aurait signé le deuxième temps compensé IRC toutes classes derrière le JPK de Thomas Keen à l’issue d’un parcours relativement équilibré entre le louvoyage, le reaching et le portant…

Un dernier mot pour féliciter l’organisation et l’accueil réservé par Cherbourg en Cotentin aux participants. Pour la première fois en 49 éditions (soit presque 100 ans !) que la course arrivait en France, les Normands ont mis le paquet. Bravo et merci à eux !

Site internet : https://www.rolexfastnetrace.com/fr/

Crédit photo : @ Paul Wyeth

De Patrice Carpentier, Membre de l’UNCL

ROLEX FASTNET RACE 2021: Les arrivées se succèdent au port de Cherbourg

James Neville, le Commodore du RORC, un régatier averti engagé sur la Fastnet Race est arrivé dans la nuit de mercredi a jeudi premier en IRC 1 à bord d’INO XXX. La présidente de l’UNCL, Anne de Bagneaux Savatier était présente à son arrivée au port de Cherbourg pour féliciter cette belle performance.

Le Commodore est également deuxième du classement overall provisoire, une sacrée performance. INO XXX a franchi la ligne d’arrivée à 23 h34 dans la nuit de mercredi a jeudi avec un temps de course de 3 jours 10 heures 39 minutes et 58 secondes. Cette performance représente un travail de longue haleine, consistant à prendre de l’avance puis à la consolider à chaque occasion. « Nous sommes très heureux d’avoir tenu bon et d’être restés en tête de notre classe jusqu’au rocher », raconte Neville.

James Neville et son équipage s’imposent en IRC 1
(@ Paul Wyeth)

James Neville, le Commodore du RORC, premier de sa classe IRC 1 à bord d’INO XXX. La présidente de l’UNCL, Anne de Bagneaux Savatier était présente à son arrivée

Mais cette année, l’une des batailles les plus intenses était en IRC 3. Ici, le grand favori était sans conteste le JPK 1030 Léon, skippé par Alexis Loison, toujours en double, cette fois ci avec le Havrais Guillaume Pirouelle. Le duo remporte l’édition 2021 après le titre déjà acquis en 2019 avec Jean-Pierre Kelbert, patron du chantier JPK.

Cette année la bataille était bien plus serrée comme l’explique Alexis : « Peut-être parce que la météo était différente, et je pense que toutes les équipes en doubles ont beaucoup travaillés cette année pour être meilleur. Nous avons vu beaucoup de bateaux très bien préparés, surtout en IRC double.  Je suis très heureux de gagner à nouveau et très satisfait de notre performance. Nous avons poussé très fort à bord et c’est bon pour Guillaume et moi. Nous nous sommes bien entraînés ensemble toute l’année avec le Figaro, alors remporter la Rolex Fastnet Race dans notre catégorie est une grande réussite. » conclu Alexis Loison.

Victoire en IRC Double & IRC 3 pour le JPK 1030 Léon d’Alexis Loison, en duo avec Guillaume Pirouelle
@Paul Wyeth/pwpictures.com

Le voilier Winsome, du célèbre Harry Heijst, membre de l UNCL, du RORC et du Royal Yacht Squadron, habitué à truster les places d’honneur, ne devrait pas faillir à la tradition pour la 49ème édition de la Rolex Fastnet Race, qui arrivait pour la 1ère fois en France, à Cherbourg en Cotentin, qui a réussi un très bel accueil pour cette première édition !

Harry Heijst, membre de l UNCL

L’UNCL félicite l’ensemble de ses membres présents pour cette très belle édition de la Rolex Fastnet Race 2021.

Plus d’informations à venir…

Crédit photo : @ Paul Wyeth