CHAMPIONNAT MANCHE-ATLANTIQUE 2021 – ADEOSYS GAGNE EN DOUBLE ET OVERALL !

Par Patrice CARPENTIER

C’est une première du championnat Manche-Atlantique, le même bateau gagne dans les deux classements, sans avoir couru une seule fois en équipage… Il s’agit du JPK 10.10 Adéosys, le dernier exemplaire produit en 2019 par le chantier de Larmor Plage pour Ludovic Menahes.

Originaire de Brest, installé sur Vannes depuis 2004, sociétaire du club de La Trinité-sur-Mer et de l’UNCL, Ludovic a démarré la régate en dériveur avec David, puis a quitté la scène vélique pour se consacrer au management de sa société informatique. Il est revenu à sa passion en 2015 à bord de son First 31.7. Voyant que ce n’était pas incompatible avec ses obligations, à la fois professionnelles et familiales, il a acheté un JPK 10.10 pour participer à la Transquadra 2020, toujours en compagnie de son fidèle comparse David, lui-même propriétaire d’un J 92 sur lequel Ludovic a maintes fois posé son ciré entre 2007 et 2010.

En raison du Covid, les deux compères optent pour la Transat Cap Martinique, qui fut elle-même repoussée d’un an. Ils profitent de ce report pour effectuer des améliorations sur le bateau, parfaire leur préparation – Ludovic participe activement à la mise en place d’un groupe d’entraînement à La Trinité-sur-Mer – et courir en 2021 un maximum de régates inscrites au Championnat. Cette assiduité, couronnée par de belles performances réalisées tour à tour avec David, Jérôme Croyère et François Moriceau, vaut au JPK 10.10 d’achever la saison en grand vainqueur avec 7 courses à son actif et un total de 400 points en cumulant ses cinq meilleurs résultats, comme le veut le règlement.

@Paul Wyeth/RORC

Ludovic retiendra de cette belle saison beaucoup de plaisir, de joie, mais aussi un peu de frustration, car cela n’a pas été simple. « On dit souvent que ça se sauve par devant. Et bien non! Nous retiendrons qu’à chaque fois que nous avons été en tête, le vent nous a bloqué la route », retient ce sympathique skipper fort apprécié de ses pairs. Les agapes démarrent par la Gascogne 45/11. Toute nouvelle course au format inédit, disputée par une météo clémente exigeant une solide stratégie pour négocier des  anticyclones à travers le golfe de Gascogne à l’aller et au retour :

« On va faire la course en tête quasiment dès le départ en négociant bien toute notre descente ».

Adéosys est le premier à prendre l’option Sud vers l’Espagne et à couper la longitude 11°pour prendre le chemin du retour. La victoire en temps réel lui tendait les bras, mais une dernière bulle sur la route de l’arrivée à La Trinité-sur-Mer lui fut fatale. Le programme se poursuit avec La Trinité-Cherbourg (en remplacement de Cowes), une course de vitesse s’achevant comme d’habitude en tricotant avec de forts courants. Adéosys termine second battu par le JPK  10.80 d’Olivier Burgaud. Sa participation à Cowes-Dinard se solde par un « Pas la peine de s’étaler, on n’aura pas été bons… ».

Arrive le gros morceau de la saison avec un plateau de choix : la Rolex Fastnet. Ludovic et David font une excellente montée vers le « Rock » qu’ils contournent en tête de leur classe. Le retour est moins tonitruant (lire ses commentaires parus sur notre site). Le bel Adéosys mettra quand même un point d’honneur à finir 1er en réel du groupe IRC 4 et empochera au passage 99.6 pts. Retour dans le Morbihan pour la Nuit des Iles du Ponant (cette fois avec Francois Moriceau) : peu de vent, voire pas du tout. « Le début de la course est sympa, 5 – 8 nœuds de vent (c’est toujours bon quand on est collé aux bateaux avec un rating bien au-dessus), mais quand la nuit tombe, on ne voit plus le plan d’eau, bien trop calme à notre goût… Ce n’est plus du plaisir et on a hâte de terminer. (16h pour parcourir 40 milles…) ».

Au Télégramme à Lorient, il fait beau, le vent est modéré, variable et parfois ponctué de calmes comme lors de la manche 2 où Ludovic accompagné de Jérôme Croyère, alors en tête, se retrouve scotché et fort contrit de voir ses poursuivants le dépasser à gauche et à droite.  L’épisode final se nomme le Spi Ouest-France que l’armateur et skipper du JPK 10.10 résume par ces mots : « La 1ère journée, top, on ne pouvait pas faire mieux. Mais le samedi, comment dire… On a dû montrer tout ce qu’il ne fallait pas faire (bref, une journée à oublier). Le dimanche, dernier jour, il faut bien finir la saison. On va s’appliquer pour finir 2ème, juste derrière Papillon (le JPK 10.10 d’Alain et Jean-Marc) avec qui nous nous sommes entrainés tout l’hiver ». En guise de conclusion, il retient que pour faire « tout ça », il faut :

« Une femme et des enfants très conciliants qui acceptent toutes ces absences, des collaborateurs qui assurent chez Adeosys, une voilerie (Technique Voile) qui est à l’écoute et qui vous accompagne, et un groupe d’entraînement qui partage tout. Merci à vous tous ».

Article rédigé par Patrice CARPENTIER

Crédit photo : @Paul Wyeth/RORC

 

Rolex Fastnet Race 2021: La Lady marseillaise brille sur la mythique course anglaise

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de l’équipage marseillais du voilier Lady First III, mené par Jean-Pierre Dréau, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique.

C’est un été 2021 so British qui a occupé Lady First III et son équipage. En effet, la sublime Lady marseillaise a quitté ses quartiers méditerranéens pour rejoindre la Manche et ses régates estivales pour la seconde fois consécutive.

En 2019, si la première campagne anglaise avait offert de célébrer une victoire sur La Trinité — Cowes, la Fastnet Race avait laissé à l’équipage un goût d’inachevé. Ce dernier avait nourri depuis deux ans une très forte envie de revenir pour démontrer ses mérites ! C’est ainsi que le 8 août dernier, le Mylius 60 armé par Jean-Pierre Dréau, membre de l’UNCL, prenait le départ de la mythique Rolex Fastnet Race pour la seconde fois.

En deux ans, ce bateau racé designé par l’architecte italien Alberto Simeone a bien progressé. L’évolution de ses appendices pensés par le célèbre Juan K a parachevé un navire déjà bien né. Si la machine a été fort bien préparée pendant la période hivernale, c’est aussi un équipage très entrainé qui s’est aligné au départ de la fameuse course anglaise.

Préparation technique, entrainements intensifs et ambitions affichées : tel est le cocktail de l’équipe de course marseillaise. Le programme hivernal, sous la houlette de Christopher Pratt, emmenant plusieurs fois le bateau à traverser jusqu’en Corse, a donné raison au vieil adage : le travail finit toujours par payer !

Les participations à La Trinité – Cherbourg début juillet, puis à la Channel Race à la fin du même mois, ont permis de valider en conditions réelles la performance du team. L’équipage, stabilisé pour l’occasion, s’est éprouvé directement sur la zone de course en Manche dans des circonstances qui — doit-on le souligner — diffèrent de celle qu’il connait habituellement. Le bateau  de  Jean-Pierre  DREAU  a  ainsi  parcouru  350 milles  entre  La  Trinité-sur-Mer  et Cherbourg via le phare d’Eddystone au large des côtes anglaises pour s’illustrer par une troisième place méritée.

Fin juillet, c’est cette fois-ci de Cherbourg que Lady First III s’est élancée à l’assaut de la Manche dans des conditions toniques. Elle bouclera le parcours en seulement treize heures de course et sur la 3e marche du podium !

Après ces brillants résultats d’avant-saison, l’équipage entendait bien signaler sa présence sur cette quarante-neuvième édition de la régate du RORC. Emmené par trois figaristes émérites, Jean-Paul Mouren, Xavier Macaire et Ronan Treussart, il avait rodé ses manœuvres et son organisation. En tout, quatorze personnes, dont Jean-Pierre DREAU, se lancèrent dans la course dans des conditions pour le moins inhabituelles.

Il convient de souligner que cette édition de la Fastnet Race était hors norme à plusieurs égards. Tout d’abord, c’était la première fois que l’arrivée avait lieu en France, à Cherbourg, avec pour conséquence une rallonge de parcours de près de 150 miles. Ensuite, la crise sanitaire a une nouvelle fois perturbé le fonctionnement normal de nos régates préférées. Ainsi, les équipages engagés ont convoyé les bateaux la veille de la course. Ils ont finalement passé une nuit au mouillage à l’entrée d’un Solent déjà bien animé par un vent de sud-ouest et de la pluie.

L’atypie de cette édition trouva alors son paroxysme dans un départ de course dantesque. Quel départ ! Plus de 30 nœuds de vent et de la pluie dans un Solent bondé et chahuté par une mer croisée. Les 400 bateaux au départ s’élancèrent vents contre courant dans un véritable « chantier », encore  plus  impressionnant  que  d’habitude,  mettant  les  équipages  sous  pression  dès  les premières minutes de la régate. Ce début de course musclé n’était pas pour effrayer nos valeureux navigateurs bien préparés qui traversèrent sans difficulté majeure cette première étape.

Lady First III sortit « en un seul morceau » et en bonne position pour attaquer la longue remontée au près vers le phare du Fastnet. L’élégante, mais tempétueuse Lady pût faire parler le potentiel de sa carène et de ses nouveaux appendices sur ce parcours essentiellement au près. Grâce au travail de toute l’équipe, bien amarinée par les compétitions et entrainements d’avant- saison, et à une organisation de quarts efficiente, Lady First III a basculé au phare du Fastnet en très belle place.

Malgré plusieurs avaries à bord toutes surmontées — dont notamment un problème de hook de grand-voile l’obligeant à naviguer avec un ris pendant toute la course — l’équipage conservera son avantage et arrivera à Cherbourg avec les honneurs ! Quelles que soient les conditions à bord du bateau phocéen, on prend le temps de vivre. Concentré sur l’objectif, l’équipage n’en oublie pas pour autant le plaisir et l’heure anglaise ! C’est ainsi que nos courageux équipiers mangèrent tous les matins leurs œufs-bacon au petit-déjeuner. Peut- être bien une source de leur réussite (mais, ne le répétez pas, c’est un secret bien gardé !)

Sur cette édition 2021, Lady First III a réalisé une course pleine, restant aux avant-postes dans sa catégorie tout au long du parcours de 750 milles entre Cowes et Cherbourg. Le Mylius 60 prendra la quatrième place de sa catégorie, tout près du podium, et la onzième place du classement  général  toutes  catégories.  Grâce  à  ces  résultats,  l’équipage  signe la  meilleure performance française de cette année ! De quoi rendre fiers les équipiers et leur capitaine Jean- Pierre en récompense du travail consciencieux mené depuis la mise à l’eau en 2018.

Après cette saison estivale en Manche, la Lady a retrouvé la cité phocéenne pour les régates de rentrée. Elle s’est distinguée dès la mi-septembre par une seconde place remarquée sur la plus grande régate corporative d’Europe : la Juris’cup ! Toutefois, l’équipage ne se contente pas des résultats passés et se projette d’ores et déjà sur la saison 2022 avec un programme bien rempli. En effet, Lady First III s’alignera au départ de la Transat du RORC en janvier 2022 puis participera à la reconnue Caribbean 600 avant de revenir au printemps pour un programme méditerranéen placé comme toujours sous le signe de la performance et de la convivialité.

Par Amandine Deslandes – Directeur associé – MARSAIL

Chloé Terracol

Chargée de communication

MARSAIL | Sport – Évènementiel – Formation

Rolex Fastnet Race 2021 : Une édition particulière pour Sun Hill III et son équipage

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de François Charles, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique à bord de son voilier Sun Hill III.

Cette édition de la Rolex Fastnet Race était particulière pour Sun Hill III et son équipage. Comme tous les deux ans, l’aventure a commencé par l’inscription en janvier. Désormais habitué aux rouages du RORC (Royal Ocean Racing Club, organisateur de la course), François était devant son ordinateur prêt à cliquer et nous étions inscrits dans les 40 premières secondes, afin d’être sûrs de pouvoir faire cette course, qui se joue à guichets fermés tous les deux ans. Une première victoire.

Comme d’habitude, la saison Fastnet est une saison au programme riche en navigations, rien que pour pouvoir satisfaire aux exigences de qualification.

Pourtant, en 2021, ce fut bien différent. Les premières courses de la saison ont été annulées ou reportées en France. Participer au championnat du RORC était impossible au printemps pour les français, à cause des précautions sanitaires.

Si bien que Sun Hill III a pris son premier départ de régate de la saison en juillet, lors de la Cowes-Dinard. Avec toutes ces contraintes, nous n’avons pas pu, comme à l’accoutumée, tester différentes configurations d’équipage.

C’est donc en formation réduite que nous nous lançons sur cette édition avec à bord François Charles (barre, tactique, navigation), Jean-Gabriel Jourdan (N°1, réglages, barre), Olivier Leroux (barre, réglages navigation) et Jordan Ropars (réglages, intendance, barre, apnée).

Dimanche 8 août, c’est le jour J. L’équipage de Sun Hill III est prêt. Le bateau est rangé prêt à affronter une mer dure et des rafales de vent à plus de 35 nœuds.

À cause du mauvais temps, l’ordre des départs a été modifié. Les bateaux géants de l’IRC 0 et IRC 1 partiront avant les IRC 4 afin d’ éviter les collisions.

Notre départ, celui des IRC 4, est à 12h10, heure locale. Nous partons plutôt milieu de ligne, assez prudemment, avec deux ris dans la Grand-Voile et J3.

François ne juge pas opportun d’aller au contact des autres concurrents dans ces conditions. Après quelques minutes et déjà quelques virements l’équipage se sent plus à l’aise. Notre barreur/tacticien commence à retrouver ses marques et décide d’aller chercher les effets de côte le long de l’île de Wight, tout en conservant les effets du courant. Ça y est notre équipage est dans le match, nous recroisons avec les premiers du groupe. C’est parti pour 20 heures de près dans des conditions soutenues.

Passé les Needles, nous partons pour un long bord de près, tribord amure, avec les vagues de face. Nous faisons quelques sauts qui font dire régulièrement à l’équipage : « le Dehler 33 est vraiment un bon bateau ».

Avec le courant favorable qui faiblit et une grosse partie de la flotte qui est à gauche du plan d’eau, la tactique est de virer pour s’abriter derrière Portland Bill.

Au bout de quelques heures, la mer se calme, le bateau glisse au près sur l’eau. C’est un moment de répit apprécié par l’équipage qui en profite pour manger, un petit peu, toujours au rappel.

Après une nuit à faire du près, nous approchons de Dartmouth. Le vent est instable en direction et en force, sous le vent de cette côte. Nous essayons de nous approcher au plus de Start Point pour rester à l’abri du courant. Au petit matin, le vent s’est vraiment calmé. Après avoir renvoyé un ris au passage de Portland Bill en début de nuit, puis le second ris au lever du jour, il est maintenant temps de passer sous J2 et de ranger le J3 (voiles d’avant).

Nous effectuons plusieurs virements le long de la côte, en compagnie du X332 vainqueur de la course. Nous ne sommes pas trop préoccupés, ce bateau nous doit du temps.

À la mi-journée, devant Plymouth, une rotation de vent est annoncée, avec un vent plus fort au large. Nous virons donc pour faire route au 200°. Lorsque nous touchons ce nouveau vent, nous reprenons notre route vers l’ouest.

Ce petit décalage nous a permis de bien reprendre l’avantage, et de retrouver, même à distance, le JPK 1010, Raphaël, alors en tête, qui fait une superbe course en double.

Le vent continue de mollir, nous passons sous J1, toujours au près. Nous longeons la côte, chaque bord à terre est un gain sur la concurrence. En début de nuit, nous arrivons au bout de la Cornouaille. Nous avons plutôt bien tiré notre épingle du jeu et sommes toujours dans le trio de tête.

Cependant, l’équipage est fatigué. Olivier barre dans le tout petit temps, en essayant de conserver un maximum de vitesse. Jean-Gabriel et Jordan se relaient pour les manœuvres, tandis que François essaye de trouver la meilleure route pour échapper à la pétole et contourner le DST sans perdre trop de terrain. Nos camarades s’échappent pourtant. Winsome , Gioia, Raphaël ont désormais plusieurs milles d’avance sur nous. Entre les îles Scilly et le phare du Fastnet, Jean-Gabriel, Jordan et Olivier barrent à tour de rôle.

François travaille la tactique et récupère un peu. Dans cette remontée vers le Fastnet, en fin de nuit, le vent s’est de nouveau renforcé et a bien tourné. Nous pouvons envoyer le code 5. Nous naviguons vite pendant deux heures, ce qui nous permet de revenir un peu sur les concurrents de devant.

En temps compensé, Raphaël et Gioia sont les deux premiers bateaux à passer le Fastnet en IRC 4. Nous sommes troisièmes.

Nous sommes ravis de notre place, à 52 minutes de la première place est à 53 secondes de la seconde place.

Nos concurrents d’IRC 4B ont entre 1h30 et deux heures de retard sur nous.

 

Nous attaquons la descente vers les Scilly, plus motivés que jamais, sous spi symétrique.

Le plan pour cette descente est d’aller dans l’Est, pour conserver du vent. Vent qui doit doucement mollir par l’ouest d’après nos fichiers météo. Nous empannons donc, dès le passage du DST. Notre objectif est de passer dans l’Est du DST des Scilly en finissant sous Code 5, puis J1.

La descente est rapide, et tout l’équipage arrive à se reposer. Ça fait du bien de naviguer à plat.

Malheureusement, le début de nuit va être moins paisible et rapide que cette excellente journée.

Une fois tous les spis rangés, le DST contourné à bonne vitesse. Nous apercevons une grande quantité de feux de navigation devant nous. Il s’agit en fait de plusieurs concurrents à la dérive. Il n’y a plus un souffle de vent et il est trop tard pour faire demi-tour.

Nous pénétrons donc, nous aussi, dans cette zone sans vent.

Nous ne savons absolument pas combien de temps cela va durer, le fichier météo annonce entre 8 et 12 nœuds de vent. Jordan et François décident d’aller dormir pour être le plus en forme possible dès le redémarrage du bateau.

Jean-Gabriel et Olivier vont passer entre 2h30 et 3 heures à la recherche du moindre filet d’air tout en voyant une quarantaine de bateaux nous passer devant.

C’est frustrant, au classement de 3h30, nous sommes toujours premier en IRC 4, mais nous savons que ça ne va pas durer. Les autres avancent à 6 nœuds dans le Sud.

Au petit matin un léger souffle de vent, nous permet de relancer le bateau. Nous sommes coincés entre le DST et les ilots des Scilly que nous n’avons pas le droit de traverser. Nous rasons le phare de Bishop Rock pour éviter

un virement supplémentaire et arrivons enfin à reprendre une route similaire à celle de nos concurrents. Il est 9h00, nous sommes neuvièmes au classement IRC 4.

Après longue réflexion, François décide d’aller chercher Aurigny. Nous faisons marcher le bateau sous spi, avec un petit recalage le long des côtes anglaises. Ça va vite, il y a une vingtaine de nœuds, nous arrivons à bien descendre et nous entamons notre remontée au classement général.

Il n’y a pas beaucoup d’options possibles entre les Scilly et l’atterrissage sur le DST des Casquets. Pour la toute fin du parcours, trois possibilités s’offrent à nous :

1)   passer au nord du DST des Casquets (favorable en cas de courant contraire).

2)   passer au nord d’Aurigny juste sous le DST (favorable si le courant est dans le bon sens)

3)   et enfin passer au nord de Guernesey et dans le sud d’Aurigny. C’est cette dernière option que nous choisissons.

En effet, le courant n’aura pas tout à fait renversé au nord d’Aurigny à notre arrivée, alors que dans le sud il sera favorable.

Nous longeons la côte sous spi et arrivons dans le raz Blanchard quasiment à l’étale.

Arrivés au niveau du phare de la Hague, nous profitons d’un courant favorable qui nous fait marcher à 10 nœuds. Nous filons vers la ligne d’arrivée, proches du X-332 brestois et du Sun Fast 37 irlandais.

Nous terminons au final troisième IRC 4 (72 inscrits), à 16 minutes et 55 secondes du premier est à 7 minutes et

12 secondes du second.

Nous sommes heureux d’avoir terminé notre troisième Fastnet sans encombre.

Nous n’aurions pas parié pouvoir revenir sur le podium après cet arrêt de presque trois heures aux Scilly. Bravo à nos concurrents et mention spéciale pour le bateau irlandais qui est venu nous féliciter, s’excusant d’avoir profité de notre arrêt ! Nous espérons les retrouver en 2023 pour rejouer le match 😉 .

Nous avons passé une petite semaine de régate intense et nous conservons le souvenir d’une course exigeante avec la difficulté de son parcours et de la météo.

Nous nous sommes énormément amusés tous les quatre, le quatuor a parfaitement fonctionné. Nous aurions pu partir pour un deuxième tour dans la foulée.

 

Nous sommes prêts pour 2023, et comme en 2019 nous serions partants pour laisser Sun Hill 3 se reposer, pour découvrir de nouvelles sensations et nous compliquer un peu la tâche avec un bateau un peu plus sportif.

*DST : Dispositif de Séparation du Trafic (zone interdite en régate)

Crédit photo : Paul Wyeth/RORC

Laudato Si dans les eaux britanniques

Retour sur la dernière édition de la Rolex Fastnet Race à travers le récit de Régis Vian, membre de l’UNCL et qui revient pour nous sur cette édition si particulière et unique à bord de son voilier Laudato Si un A31.

Mon inscription au Fastnet cette année est mon plan B en cas de décalage de la Cap Martinique 2021 à laquelle je suis inscrit en solo. Rétrospectivement, c’est un plan B majuscule!

Cette édition de la Rolex Fastnet Race 2021 s’annonce particulière à plusieurs égards. La quarantaine imposée en Angleterre nous prive de l’ambiance unique qui règne à Cowes avant le départ de cette course mythique. L’arrivée à Cherbourg en lieu et place de Plymouth est une grande première. Enfin, la météo annonce  depuis plusieurs jours un début de course musclé, voire très musclé. Il va y avoir du spectacle quand les 350 bateaux inscrits vont devoir tirer des bords dans le Solent, pour rejoindre la pleine mer.

C’est ainsi que nous nous retrouvons le 8 août, avec mon cousin Thierry, à bord de mon fidèle A31 Laudato Si, à attendre notre coup de canon dans 30 noeuds de vent établis, au milieu de ce qui est sans doute la plus belle flotte de bateaux qu’une course peut réunir. Nous courons en catégorie IRC4 et duo.

Les trimarans Ultimes, les IMOCAS, les Class 40 et les maxi IRC (catégorie IRC ZÉRO) partiront avant nous. Le spectacle garanti est au rendez-vous. Nous en profiterons à peine car le vent prévu est aussi au rendez-vous. C’est chaud!

Nous prenons un très mauvais départ, et coupons la ligne avec 1 minute de retard, suite à un banal problème d’écoutes de génois qui s’emmêlent au mauvais moment. Mais dans ces conditions, il n’y a pas de problème banal. La sortie du Solent (le bras de mer entre la côte Anglaise et l’île de Wight) tient aussi toutes ses promesses. Le courant jusqu’à 5 noeuds qui s’oppose aux 30 à 35 noeuds de vent d’Ouest lève une mer dantesque, à la limite de ce que peut supporter notre A31, léger et bas sur l’eau.

Ces conditions vont se maintenir pendant plus de 24 heures. Nous sommes secoués et trempés en permanence, par la mer ou par la pluie. Eau douce ou eau salée, nous ne faisons plus la différence. Nous tirons péniblement des bords vers l’ouest et faisons le dos rond en attendant des conditions meilleures.

La stratégie du premier jour sera conservatrice: ne pas casser le bateau, ne pas (trop) nous fatiguer. La course est longue. C’est pourquoi nous préférons partir vers le large plutôt que de tenter de profiter des courants autour de la pointe de Portland Bill, lieu peu recommandable par vent fort. Nous ne devons y perdre en théorie que 20 minutes. Nous y perdrons sans doute plus, car le groupe de tête de notre catégorie IRC4, passé par là, aura déjà beaucoup d’avance. Serions-nous passés sans rien casser? Nous ne le saurons jamais. C’est dans ce contexte que nous apprenons l’abandon de nos amis de Tagan, Alain et Marc. Coup dur!

Le soir du deuxième jour, à l’approche du Cap Lizard, le vent s’est calmé (un peu trop?). Nous pointons autour de nous quelques concurrents directs de notre catégorie: Bigfoot, Aldebaran et Oromotco devant nous, et Cavok pas très loin derrière. La nuit est fraîche, étoilée, humide et studieuse. Nous jouons quelques coups gagnants avec les courants du Cap Lizard et de Land’s End et nous retrouvons devant  Bigfoot et Aldebaran au passage des îles Scilly. Nous sommes bien dans la course, dans le tiers de tiers de tête de notre catégorie. Nous avons limité les dégâts, nous n’avons rien cassé et avons pu avaler notre premier repas chaud depuis le départ. Un semblant d’humanité s’installe à bord! Néanmoins, nous arrivons aux Scilly en début de flot, et nous devons naviguer six heures durant dans un courant contraire, là où les premiers sont passés sur un tapis roulant: premier passage à niveau, la barrière se ferme juste devant nous!

 

 

La traversée de la mer d’Irlande ressemble… à une traversée de mer d’Irlande. Vent de travers sud-ouest, beau temps le matin, pluie l’après-midi, grains et vagues pendant la nuit. Nous sommes de nouveaux mouillés et secoués. Nous prenons un front et sa rotation de vent au nord ouest comme prévu, 20 miles avant d’arriver au Fastnet. 20 miles à tirer des bords alors que ce nouveau vent est encore une fois favorable à ceux de devant: deuxième passage à niveau, nous sommes encore du mauvais côté de la barrière.

Nous virons le fameux rocher en milieu de journée, sous un ciel bleu sans nuage. Les côtes irlandaises en toile de fond s’ajoutent à la magie du lieu. C’est un moment intense, à la proportion des efforts qu’il a fallu produire pour arriver là. Pas le temps de rêver. Nous avons Oromocto à rattraper, et Bigfoot, Aldebaran et Cavok qui ne sont pas loin derrière.

Nous parvenons à charger un classement. Nous sommes 18èmes. C’est une bonne surprise pour nous. Nous avons honorablement limité les dégâts des premières 24 heures. Nous sommes aussi impressionnés par la course de nos amis Ludovic et David sur Raphael (#Adeosys – course au large), 1er en IRC4, et 2ème duo. Ils font une course incroyable!

La lecture des fichiers météo du jour est implacable: une dosable anticyclonique va ralentir fortement les bateaux de tête. Troisième passage à niveau, cette fois-ci en notre faveur! L’occasion est trop belle de revenir sur les bateaux de tête,  nous ne calculons plus trop nos efforts. Entre le Fastnet et les Scilly, nous sommes sous spi asymétrique. Le vent d’ouest-sud-ouest va refuser de quinze degrés. L’angle de vent est serré, et va se resserrer encore . Nous prenons une route sud qui nous permettra d’accompagner la rotation du vent et tenir le spi le plus longtemps possible.  Nous nous relayons à la barre toutes les heures, jusqu’au cœur de la nuit que nous terminons finalement sous génois. Nous tenons bien notre place, mais nous sentons que Cavok pousse fort derrière.

Changement de cap après les Scilly, direction Cherbourg! Le spi léger est sorti. Nous nous décalons un peu au nord de la route alors que nos camarades de jeu choisissent la route directe. C’est dur de maintenir les écarts, leur angle de vent est meilleur. Mais nous nos rattrapons bien lorsque nous remontons vers le DST des Casquets (dispositif de séparation de trafic pour les cargos). Finalement l’opération aura été bonne. Nous y avons néanmoins laissé quelques heures de sommeil! Cavok et Bigfoot toujours derrière, et Oromocto encore dans le viseur. Nous le dépasserons au sud d’Aurigny, à la faveur d’un petit décalage vers le sud, et nous sommes au coude à coude pour traverser le fameux raz Blanchard à la pointe du Cotentin. Il est fidèle à sa réputation. Sous l’effet des forts courants de marée, la mer est une vraie marmite.

Oromocto  nous a mis la pression jusqu’au bout!  Nous profiterons du paysage une autre fois. Nous coupons finalement la ligne d’arrivée moins de deux minutes avant lui, et quarante minutes avant Cavok. Bigfoot est plus loin derrière.

Quelle course! Elle n’est pas mythique par hasard! Le parcours est extraordinaire, la météo toujours exigeante, des rebondissements et des concurrents qui ne lâchent rien: cocktail parfait!

Nos classements sont au-delà de nos objectifs:

  • Classement IRC4: 10eme sur 70 partants (19 abandons)
  • Duo: 7eme sur 57 partants (21 abandons)
  • Overall (toutes classes IRC): 30eme sur 250 partants (70 abandons)

Résultats 2021 complets

Rolex Fastnet Race 2021 : une édition pas comme les autres !

De Patrice Carpentier

En raison du Covid, d’un nouveau parcours à destination de Cherbourg en Cotentin, et d’un vent musclé au départ, la Rolex Fastnet Race 2021 ne ressemblait pas aux précédentes éditions !

Compte tenu de la réglementation sanitaire britannique, nombreux furent les voiliers français et en provenance d’autres pays européens, à se regrouper dans le port de Cherbourg avant même le départ, de façon à rallier Cowes au dernier moment. Certains, ayant retenu une place dans une marina du Solent, sont partis le samedi matin pour une dernière nuit « tranquille », et d’autres plus tard pour rallier directement la ligne de départ dimanche matin. Le premier groupe fut étonné de découvrir un Cowes étonnamment calme la veille du départ de cet évènement emblématique habituellement marqué par une activité intense et festive !

Dimanche matin, le temps était pluvieux et le vent soutenu. En sortant dans le Solent pour se présenter sous voilure de tempête, tourmentin et voile de cape, à l’une des « gates » obligatoires de contrôle, on comprenait vite que le départ de la course face au vent dans un Solent rempli de plusieurs centaines de voiliers (337 pour être précis), ne serait pas une partie de plaisir. Mieux valait se mettre à l’abri dans la rivière de Cowes pour établir la voilure de circonstance, GV à 1 ris et foc ORC, avant de prendre son départ dans ce qui ressemblait peu ou prou à une fournaise balayée par 30 nds de vent et plus dans les rafales, et un méchant clapot. Le risque de collision était latent et quelques équipages furent contraints à l’abandon avant même le coup de canon. Et d’autres ensuite… Même si le RORC modifia opportunément l’ordre des départs pour éviter la dangereuse concentration des grands bateaux rattrapant les plus petits.

Le louvoyage en Manche fut tonique la première journée puis plus confortable quand le vent diminua. Des voiliers, la majorité des IRC qui représentent le 2/3 de la flotte, ont tricoté avec plus ou moins de bonheur le long des côtes britanniques jusqu’au DST des Scilly (les DST sont autant d’obstacles qui pimentent cette longue épreuve de désormais presque 700 nautiques en ligne droite). Les voiliers plus rapides, multicoques et IMOCA, ont poursuivi le bord tribord beaucoup plus au Sud en Manche, tel Apivia, le grand vainqueur en IMOCA, qui a été jusqu’au plateau des Minquiers avant de virer de bord.

En mer celtique, il a fallu encore tirer des bords avant de choquer les écoutes en direction du rocher du Fastnet avec là encore un DST à respecter, plus pour éviter que les descendants ne croisent les montants, que pour ne pas perturber un trafic commercial inexistant. Le vent avait tourné au NW pour le gros de la flotte IRC et c’est à bonne allure que les bateaux cinglaient de retour vers les Scilly. Un passage rendu compliqué par la présence d’une zone de calme à traverser – fallait-il passer au nord ou au sud du DST principal ? –. Selon l’heure de passage, la « bonne » option pouvait singulièrement changer. Globalement, il fallait mieux attaquer la Manche du côté des côtes britanniques plus et mieux ventées.

Ensuite ce fut un tout droit ou presque sous spi vent arrière, en direction de la pointe du Cotentin et un nouvel obstacle de taille : comment se positionner au niveau du DST des Casquets pour négocier au mieux Aurigny et dans la foulée le Raz Blanchard en fonction du (fort) courant à l’instant T ? Là encore, il y avait à gagner et à perdre ! L’arrivée à Cherbourg en Cotentin ajoute une nouvelle difficulté, et non des moindres, à ce Fastnet au format « saut d’obstacles ».

Les équipages Français s’imposent en IRC 3 et 4 (et en Double-Handed) et sont sur le podium en IRC 2. Saluons pour commencer la nouvelle victoire du JPK 10.30 Léon. C’était sans conteste le grand favori en IRC 3 et le duo normand, Alexis Loison/Guillaume Pirouelle, a une fois encore mené ce bateau à la victoire dans une catégorie particulièrement nombreuse et de haut niveau. Rappelons que Loison est rentré dans l’histoire de la course en remportant le classement toutes classes en 2013. S’il est respecté en France, Alexis est admiré en Angleterre pour cette incroyable victoire. C’était en effet la première fois qu’un équipage double (il était avec son père) remportait le Fastnet. Avec ce nouveau triomphe, Loison porte à cinq le nombre de ses titres sur la Rolex Fastnet Race… En IRC 3, il devance le duo mixte Henry Bomby (ancien de la Volvo) et Shirley Robertson (double championne olympique) à bord du Sun Fast 3300 Swell et un autre régional de l’étape, Raging-bee², le JPK 10.80 de Louis-Marie Dussère conduit en équipage.

En classe Double-Handed, on trouve Olivier Burgaud et Sylvain Pontu à la 3ème place sur leur JPK 10.80, derrière Léon et Swell. Au-delà du podium, il faut citer Ludovic Menahes et David Le Goff qui ont fait une super course sur leur JPK 10.10 Raphaël, mais ont joué de malchance sur la dernière portion en Manche. En IRC 4, on trouve aussi un équipage tricolore en tête d’affiche. Il s’agit du X 332 Trading Advice.com d’Alain Guelonnec. Depuis 4 éditions, ce sont toujours des Français qui ont remporté cette catégorie, mais c’est la première fois qu’un bateau de cette génération s’impose. Le X 332 a en effet été mis à l’eau en 2003 et son dessin date de 1990. Le skipper résume : « C’est dur à expliquer, nous sommes sur un vieux bateau. Les JPK étaient les favoris bien sûr mais avec ces conditions nous étions très rapides. Quand le vent est faible, ce bateau est fantastique ». François Charles, accoutumé aux places d’honneur sur le Fastnet se classe 3ème sur son Dehler 33 Sun Hill 3 (un voilier qui a lui aussi du mille sous l’étrave).

En IRC 2, le podium se compose de deux JPK 11.80 entre lesquels s’intercale un Oyster 48. Le premier des JPK est celui du britannique Thomas Keen qui s’adjuge la victoire au classement général IRC à l’issue d’une course quasi parfaite. L’autre 11.80 est Leclerc/Hennebont, celui de Richard Fromentin. Que ceux qui songent régater un jour sur un IRC Scow, notent que Palanad, premier Class40, aurait signé le deuxième temps compensé IRC toutes classes derrière le JPK de Thomas Keen à l’issue d’un parcours relativement équilibré entre le louvoyage, le reaching et le portant…

Un dernier mot pour féliciter l’organisation et l’accueil réservé par Cherbourg en Cotentin aux participants. Pour la première fois en 49 éditions (soit presque 100 ans !) que la course arrivait en France, les Normands ont mis le paquet. Bravo et merci à eux !

Site internet : https://www.rolexfastnetrace.com/fr/

Crédit photo : @ Paul Wyeth

De Patrice Carpentier, Membre de l’UNCL

ROLEX FASTNET RACE 2021: Les arrivées se succèdent au port de Cherbourg

James Neville, le Commodore du RORC, un régatier averti engagé sur la Fastnet Race est arrivé dans la nuit de mercredi a jeudi premier en IRC 1 à bord d’INO XXX. La présidente de l’UNCL, Anne de Bagneaux Savatier était présente à son arrivée au port de Cherbourg pour féliciter cette belle performance.

Le Commodore est également deuxième du classement overall provisoire, une sacrée performance. INO XXX a franchi la ligne d’arrivée à 23 h34 dans la nuit de mercredi a jeudi avec un temps de course de 3 jours 10 heures 39 minutes et 58 secondes. Cette performance représente un travail de longue haleine, consistant à prendre de l’avance puis à la consolider à chaque occasion. « Nous sommes très heureux d’avoir tenu bon et d’être restés en tête de notre classe jusqu’au rocher », raconte Neville.

James Neville et son équipage s’imposent en IRC 1
(@ Paul Wyeth)

James Neville, le Commodore du RORC, premier de sa classe IRC 1 à bord d’INO XXX. La présidente de l’UNCL, Anne de Bagneaux Savatier était présente à son arrivée

Mais cette année, l’une des batailles les plus intenses était en IRC 3. Ici, le grand favori était sans conteste le JPK 1030 Léon, skippé par Alexis Loison, toujours en double, cette fois ci avec le Havrais Guillaume Pirouelle. Le duo remporte l’édition 2021 après le titre déjà acquis en 2019 avec Jean-Pierre Kelbert, patron du chantier JPK.

Cette année la bataille était bien plus serrée comme l’explique Alexis : « Peut-être parce que la météo était différente, et je pense que toutes les équipes en doubles ont beaucoup travaillés cette année pour être meilleur. Nous avons vu beaucoup de bateaux très bien préparés, surtout en IRC double.  Je suis très heureux de gagner à nouveau et très satisfait de notre performance. Nous avons poussé très fort à bord et c’est bon pour Guillaume et moi. Nous nous sommes bien entraînés ensemble toute l’année avec le Figaro, alors remporter la Rolex Fastnet Race dans notre catégorie est une grande réussite. » conclu Alexis Loison.

Victoire en IRC Double & IRC 3 pour le JPK 1030 Léon d’Alexis Loison, en duo avec Guillaume Pirouelle
@Paul Wyeth/pwpictures.com

Le voilier Winsome, du célèbre Harry Heijst, membre de l UNCL, du RORC et du Royal Yacht Squadron, habitué à truster les places d’honneur, ne devrait pas faillir à la tradition pour la 49ème édition de la Rolex Fastnet Race, qui arrivait pour la 1ère fois en France, à Cherbourg en Cotentin, qui a réussi un très bel accueil pour cette première édition !

Harry Heijst, membre de l UNCL

L’UNCL félicite l’ensemble de ses membres présents pour cette très belle édition de la Rolex Fastnet Race 2021.

Plus d’informations à venir…

Crédit photo : @ Paul Wyeth

Coup d’envoi de la Rolex Fastnet Race 2021

La 49ème édition de la Rolex Fastnet Race, dont le coup d’envoi sera donné de Cowes le 8 août prochain, s’annonce une nouvelle fois très disputée. Et pour la première fois de son histoire, cette course mythique organisée par le RORC (Royal Ocean Racing Club), mettra le cap sur la France avec une arrivée à Cherbourg. Les plus rapides sont attendus dès le 9 août dans le port Normand, après avoir bouclé un parcours de 695 Milles Nautiques.

Un plateau d’exception attendu

Cette édition rassemble des concurrents représentant 25 nations. Des anglais bien présents et des français en nombre.

Plus de 450 bateaux seront sur la ligne de départ, dont 400 IRC Equipages, duos et solos, en lice pour la Fastnet Challenge Cup et défendre leur classement ou leur titre aux Championnats UNCL Manche Atlantique 2021.

Les bateaux français ont gagné trois des quatre dernières éditions et ces anciens vainqueurs seront à nouveau présents : Alexis Loison (2013) à bord du JPK 10.30 Léon, Géry Trentesaux (2015) à bord du Class 40 Courrier Redman d’Antoine Carpentier. Enfin, Didier Gaudoux, vainqueur en 2017 avec son JND Lann Ael 2.

En dix ans, le nombre de duos a doublé sur la Rolex Fastnet Race.

L’année 2020 et le contexte sanitaire ont encore accéléré cette tendance et ce sont les équipages doubles qui ont cumulé le plus d’heures en mer au cours de la saison. Cette nouvelle édition marque un nouveau tournant avec 89 bateaux engagés contre 64 il y a seulement deux ans.

Un certificat de jauge en temps et en heure

L’UNCL attire l’attention des coureurs sur la date limite de présentation du certificat IRC à l’organisation (29/07/2021 -12h00, heure anglaise). Les dernières demandes de certificat IRC (nouveau certificat, revalidation ou modification) devront être adressées au Centre de Calcul IRC ( irc@uncl.com ) au moins 5 jours ouvrés avant cette date, soit avant le jeudi 22/07/2021 – 13h00 heure française. Passée cette date, le Centre de Calcul ne traitera aucune demande.

LIEN VERS L’AVIS DE COURSE :

https://www.rolexfastnetrace.com/downloads/2021_docs/2021_rolex_fastnet_race_notice_of_race.pdf

 

An IRC certificate in due time

The UNCL draws the competitors’ attention to the deadline for submitting the IRC certificate to the organisation (29/07/2021 -12h00, English time). The last requests for an IRC certificate (new certificate, revalidation or amendment) shall be sent to the French IRC Centre de Calcul (irc@uncl.com ) at least 5 working days before this date, this means before Thursday 22/07/2021 – 13:00 French time. After this date, the French IRC Centre de Calcul will not process any requests.

Pour la première fois, la Rolex Fastnet Race s’achèvera en France. Cherbourg accueillera l’arrivée de la course en 2021 et 2023.

Bien habitué à accueillir de grands événements nautiques, de la Solitaire du Figaro au Tour de France à la Voile, en passant par – plus récemment, la Drheam Cup – le port historique situé au sommet de la pointe du Cotentin, offrira un spectacle et une ambiance de bord de mer d’une ampleur sans précédent.

Dans un contexte sanitaire toujours compliqué du fait de la pandémie, l’association Arrivée Fastnet Cherbourg met tout en oeuvre pour pouvoir accueillir la course dans les meilleures conditions possibles et travaille d’ores et déjà sur la mise en place de protocoles sanitaires stricts afin de garantir les conditions de sécurité nécessaires à l’arrivée à Cherbourg.

Crédit photos :

© Kurt Arrigo/Rolex

© JM Enault

Gascogne 45/5: 350 milles dans le Golf de Gascogne

Conçue essentiellement pour les Duos, la flotte la plus représentée (23 IRC1, 15 IRC2) et les Solos, l’épreuve était aussi ouverte aux équipages.

Retour sur cette édition à travers le récit du duo inédit (voir plus bas) composé de Patrice Carpentier et Alix, avec le JPK 9.60 Groupe 5 Planète Urgence.

 

MERCI ALIX

« En raison d’une météo incertaine et de mon obligation de rallier La Trinité sur Mer le 9 juin, décision fut prise à La Rochelle d’opter pour la 45/5 au lieu de la 45/11, initialement programmée, et ce faisant de nous mesurer aux nombreux concurrents rochelais. Jeudi, le 3 juin, mon camarade Jérôme Croyère apprend que sa femme doit subir une opération chirurgicale.

Après une rapide analyse météo, il nous apparaît impossible qu’il puisse sereinement effectuer la course. Il me faut rapidement trouver un(e) équipier(e) de substitution car le départ a lieu dans quelques heures. J’en avise immédiatement Xavier Dagault qui possède une voilerie éponyme à La Rochelle. Et tout aussi rapidement, une de ses employées prénommée Alix me dit qu’elle est partante avec non seulement le consentement mais plus encore les encouragements de son employeur. Le temps de rassembler ses vêtements de navigation et de pourvoir sa cambuse en aliments sans Gluten, la jeune Alix qui a une solide expérience de la navigation, moins de la régate hauturière, me rejoint à bord. Quelques mots suffisent à expliquer à cette élégante personne le maniement du bateau et la lecture du piano. Alix pige tout de suite et l’expérience montrera que point n’est besoin de répéter les choses. J’ai vraiment une chance inouïe de me retrouver avec une équipière de cette qualité qui parle volontiers de ses expériences, de sa vie à La Rochelle à bord d’un Romanée, et qui voue une adoration aux mammifères aquatiques, notamment les dauphins croisés dans le golfe de Gascogne et même un cachalot.

 

Dès la sortie du pertuis d’Antioche, le vent forcit comme prévu et c’est du tout droit vers la bouée météo située par 45°12 N et 5°W. Enfin du presque tout droit car chacun a son idée comment concilier une vitesse optimale avec la trajectoire recommandée. La nuit ressemble à un ballet lumineux oscillant entre le blanc, le vert et le rouge au gré des caps suivis avec parfois des situations bord à bord du meilleur effet… Le jour se lève tôt, merci mois de juin. Il fait beau mais le vent mollit et devient variable en direction. D’une position dessous la flotte, on se retrouve plutôt au dessus car je ne tiens pas à tirer un bord pour contourner la bouée météo. Les voiliers croisés à ce point de ralliement me rassurent. Le ciel bleu est de rigueur durant la journée mais le vent devient carrément évanescent en fin d’après midi, perturbé par une houle résiduelle pour le parcours retour. On s’occupe avec de fréquentes manœuvres entre le grand spi bleu lourd, le spi rouge un peu moins grand mais plus léger, notre magnifique Code 0 tout neuf, et le foc (on ne peut plus décemment qualifier de génois cette voile d’avant IRC devenue riquiqui avec le temps). Un bateau que je surveille de près à l’AIS est le J 99 de l’ami Grassi accompagné de sa fille Amélie (un des rares « autres » équipages mixtes de la course !). Il serre le vent de très près avec son spi et il va plus vite que notre JPK 9.60. La nuit n’apporte pas de changement notable sinon que les « grands » voiliers disparaissent de notre AIS comme s’il y avait en permanence un peu plus de pression devant ou tout simplement parce qu’ils vont naturellement plus vite… ?

Le vent forcit enfin dans l’après midi de samedi en prenant de la droite. C’est au reaching serré que la partie s’achève à belle allure nous permettant de couper la ligne d’arrivée en tout début de nuit alors que les voiliers plus loin derrière vont souffrir d’un nouveau ramollissement. Nous finissons 3ème en TR des « doubles » de notre groupe (23 partants) et aussi 3ème en TC car le JPK 10.10 SNA-Numerobis de Jean Passini et Dominique Dubeau a fait une course remarquable et finit loin devant, et le SF 3200 Pour Aster Bretagne de Pascal et Eric Chalaux, crédité d’un TCF de 0.982 alors que notre « mobylette » certes un peu gonflée accuse 0.992, s’adjuge la deuxième place sur le podium.

Voir article : Gascogne 45/5 ET Cap 45/11 2021 : Des régatiers HEUREUX !

A la lecture des résultats, je ne peux m’empêcher de tirer un grand coup de chapeau au solitaire Alex Ozon, une fois encore imbattu toutes catégories confondues à bord de son SF 3300 Sapristi, sinon par le grand Akela 50 mené en équipage (60 voiliers en tout étaient au départ de la 45/5 !).  

J’ai été enchanté par ces deux jours et demi de navigation en compagnie d’Alix et je salue tout le travail accompli par Etienne Chabry et son équipe de la SRR. »

Patrice Carpentier

Groupe 5 Planète Urgence

Crédit Photo : Christophe Breschi

christophe@breschi-photo-video.com

La CAP 45/11 : un format qui fait mouche

Les régatiers qui ont participé à cette épreuve inscrite aux Championnats UNCL 2021 Manche – Atlantique sont heureux. Le format proposé avec un passage de ligne plutôt que de bouée ou WP ouvre bien le jeu et rend la régate encore plus intéressante. Le parcours loin des côtes de 750 milles, pour les novices, est plus rassurant et permet donc plus facilement de se lancer.

Retour sur cette première édition à travers le récit du duo vainqueur, Ludovic Menahes et David Le Goff, qui monte sur la première marche du podium après plus de cinq jours en mer avec leur JPK 10.10 Adeosys.

« Parti, jeudi 16h de la Rochelle, pour une course au large de 750 miles, on va en faire 950 !

Jeudi 3 juin :
Le départ se passe très bien, on sort bien devant. On sait qu’il faut aller vite pour ne pas se faire marcher dessus par les gros ratings. Passage de la pointe d’Oléron sous génois en tête de la flotte. Puis on envoie le Code 0 pour aller au plus vite vers le bas de l’anticyclone qui est installé dans le milieu du Golfe de Gascogne.

Le début de soirée se passe bien, on tient les Figaro 2 et le 3300, mais le vent monte et sans ballast, on ne peut rivaliser.

Vendredi 4 juin :
Toujours sous code 0, la descente va au mieux (190 miles parcouru en 24h). Vers 15h, le vent commence franchement à disparaître. Il va falloir encore plus plonger vers le Sud. Envoi du spi… et vers 19h, alors que l’on commence à buter contre le 1er système météo, on aperçoit les gros ratings (on comprend qu’on est 1er en réel), en train de chercher à descendre péniblement, on plonge encore plus. Mais freinés par la molle devant, les autres, nous reviennent dessus. Patrick ISOARD « Santosha pour Uship », nous passera un petit appel « Salut, les gars, je vous passe le bonjour, tout se passe bien… je commence à voir votre bateau, on arrive » (car ils sont tous un peu regroupé derrière ». Ce ne sera pas son seul appel !

1h après, c’est reparti, on se sauve à nouveau et on part pour une grande descente sous spi vers le Cap Ortegal.

Samedi 5 juin :
Toujours sous spi, on va parcourir en 24h plus de 200 miles, avec au passage 4h de surf à 12 nœuds. On a ce qu’on était venu chercher. Mais on va à nouveau ralentir car en fin d’après-midi, on a fait un peu trop de nord dans notre route. On voit à nouveau les bateaux derrière. Et Patrick, nous passe son petit appel !

Dimanche 6 juin :
A 7h, toujours 1er des 2 flottes, on coupe la longitude des 11° au point 44°28.275N – 10°59.978. Et c’est parti pour une remontée qui va se faire au près…sur 400 miles… ! 

Toute la journée, on va prendre de l’avance, le bateau marche tout seul au près, toujours dans nos polaires (100%), c’est top. Mais… une nouvelle bulle va nous arrêter vers 18h. Et quelques heures après… Patrick à nouveau la VHF !
On ressort le code 0, on accepte de replonger plus Sud pour s’extraire des basses pressions et on repart.

Lundi 7 juin :
On est encore reparti. Mais la météo est compliquée. Aucun fichier Grib n’est en phase avec la réalité, on comprend que l’anticyclone devant a été coupé en 2 et a formé une longue dorsale, on ne sait plus par où on va vraiment pouvoir passer.  Plus les heures avancent plus le bateau ralenti, mais on a peu de solutions, à moins de faire du sud. Option non retenue, on rentre à la Trinité, on ne retourne pas en Espagne.

Les heures qui passent dans la molle sont pénibles. (Nouvel appel de Patrick !)

Mardi 8 juin :
On n’arrive pas à aller dans l’Est, impossible, et là, on voit Pierrick « ZEPHYRIN », qui 10 miles plus au sud, arrive, lui, à faire de l’Est. On vient de perdre notre 1ère place en réel après 5 jours en tête.

Il va falloir attendre le milieu de journée pour repartir et plus on monte plus le vent forcit, c’est parti pour une remontée au près débridé de 130 miles. 

Pierrick prend l’extérieur de Belle-Ile, il peut se retrouver sans vent, on passera donc par l’intérieur surtout que l’on doit arriver à la bonne heure pour avoir le courant avec nous. 

Il finira finalement 49 minutes devant nous. Et arrivés au ponton, on apprendra que Blue Oscar est arrivé, il y a 2 heures. Problème d’émission de sa position… donc avons-nous été 1er réel pendant 5 jours sur 6 ?!

Au final, super transat, surtout que c’était notre première. On a pu valider pleins de points et surtout découvert que l’on pouvait passer beaucoup de temps à la table à carte à analyser notre routage et que lorsque tout va tout seul, le pilote sait faire le boulot… il va falloir amener des films et des livres pour les prochaines.

On finira 1er des doubles, 2ème au scratch et 3ème réel. 

Merci aux organisateurs d’avoir proposé ce format original. C’est un succès.
Merci à Patrick, d’avoir sans cesse mis la pression 😉

Grand Bravo à Pierrick PENVEN en solo – doublé Brestois, quoi… 😉

Petit clin d’œil à TECHNIQUE VOLIES et son code 0 sans câbles (#Herewesail)

Dommage que le suivi de course à terre n’ait pas fonctionné pour les personnes qui acceptent nos absences ! »

ADEOSYS, Ludo & David

Crédit Photo : Christophe Breschi

christophe@breschi-photo-video.com

Gascogne 45/5 ET Cap 45/11 2021 : Des régatiers HEUREUX !

Le départ de la Gascogne 45/5 et de la première édition de la Cap 45/11 a été donné le 3 juin dernier en baie de La Rochelle.

Deux courses, une même ligne de départ et deux parcours hauturiers simples dessinés pour les IRC Duos et Solos.

Avec le report à 2022 de la Cap Martinique, la SRR, la SNT et l’UNCL se sont associés pour organiser ensemble cette nouvelle course au large, la Cap 45/11 qui s’élançait en même temps que la traditionnelle Gascogne 45/5.

Un retour aux affaires qui a fait mouche puisque 85 bateaux étaient au départ, toutes voiles dehors, créant une belle animation dans la baie Rochelaise.

Il a fallu jouer avec Eole en prenant des options audacieuses, réussies ou perdantes, comme on le constate sur les classements de ces deux courses.


750 milles pour la Cap 45/11

La première édition de la Cap 45/11 vient de s’achever à la Trinité-sur-Mer. Les premiers concurrents ont donc mis un peu moins de 6 jours à boucler ce parcours inédit.

Les premiers à s’élancer de La Rochelle étaient les 7 duos et 10 solos IRC de la Cap 45/11 pour un long parcours de 750 milles qui leur demandaient d’aller virer la bouée météo située par 45°N de latitude et 5°W de longitude, puis de couper la longitude 11W, là où ils le souhaitaient avant de remonter vers la ligne d’arrivée à la Trinité-sur Mer.

La principale marque de parcours était la 11è longitude, c’est à dire que les coureurs devaient prendre une droite et non un point comme c’est le cas habituellement. Cette innovation a ouvert le champ des possibles avec une foule d’options déployée par les 21 concurrents.

 « C’est génial, il y a eu tout un tas de choix en matière de stratégies car il y a quand même eu 230 milles d’écart Nord Sud au moment de chercher la longitude. Le concept fait l’unanimité » se réjouissent Thibaut Derville et Jean Philippe Cau.

Les faibles conditions météo ont très vite créé de grands écarts entre les premiers et les derniers. Le suspens était intense entre le groupe des sudistes qui ont plutôt privilégié une navigation le long du Cap Finistère et 3 bateaux (Ad Hoc, Project Rescue Ocean et Oceanvox) qui avaient opté pour une route plus nord. Une option audacieuse.

En temps réel, ce sont David Alonso et Thomas Salisbury qui franchissent la ligne en premiers à bord d’un Sun Fast 3300 en un peu moins de 6 jours de course après près de 1000 Milles parcourus, mais le grand vainqueur est Pierrick Penven qui s’impose en temps compensé sur son Sun Fast 3200. Le Brestois, habitué à naviguer en solo, est allé chercher le vent au plus près de la Gascogne et cette option a payé :

« C’était une super course, super intense » explique le skipper de Zephyrin qui a prévu de participer à la prochaine Transquadra. « C’est une excellente préparation, cela permet de valider pas mal de choses avant la transat. Le fait d’aller chercher une longitude a ouvert le jeu. On pouvait faire ce qu’on voulait, ce qui a demandé beaucoup de réflexion » explique -t-il.

Du côté des Duos, le JPK 10.10 Adeosys de L. Menahes et D. Le Goff montent sur la première marche du podium après plus de cinq jours en mer. Ils sont suivis au classement par Blue Oscar, le Sun Fast 3300 de David ALONSO et Tomas CUNAT SALISBURY. Ces derniers ont franchis la ligne d’arrivée premiers en temps réel dans le groupe des duos avec deux heures d’avance seulement sur Adeosys qui a mené en temps réel la course pendant 5 jours et perdu sa place dans la dernière nuit ! L’autre JPK 10.10 ROGER PRADIER OUTDOOR LIGHTING – SEC, mené par Tristan DE WITTE et Marcel DUTREUX clôture le podium à la troisième place.

 

Une belle, longue et fatigante épreuve qui a malheureusement mis les marins en face d’une fâcheuse réalité, comme nous le relatent Brice et Jacques sur Nambas :

« Il y a des objets que l’on n’aimerait jamais rencontrer en mer, et pourtant la mer est une décharge où l’on trouve de tout à la dérive. Le skipper de Zéphirin a du plonger pour dégager du matériel de pêche pris dans sa quille. Nous sommes passée à quelques mètres d’un embrouillamini de filets pris dans de vieilles aussières, de flotteurs et j’en passe ! Des objets en tout genre, un fût dont on pouvait voir dur le couvercle le sigle « produit dangereux », une latte en plastique, un madrier en bois…

Et au milieu de tout ça, les dauphins, permanents compagnons de voyage qui continuent à nous ravir.Dernière nuit en mer, devant nous Belle Isle est à 13h. Quelle belle navigation, même si la pétole de la nuit dernière nous a un peu fatigués, tant nous devions en permanence surveiller les réglages et les caprices d’elle. Notre JPK va bien. Nous n’avons qu’une vague idée de notre classement, mais nous savons que nous marchons pas trop mal. Merci aux organisateurs d’avoir eu l’idée de cette course. Les conditions très douces l’ont rendue plus facile … Le 11ème méridien c’est loin ! »

Pierrick Penven : vainqueur en solo sur la Cap 45/11

« C’était une super course, super intense avec beaucoup d’options. La météo nous a mis plusieurs dorsales sur la route, des grosses, des petites, … Il y a eu des choses très contrastées. Cette course est une excellente préparation avant d’attaquer une transat. Le fait de devoir aller chercher une longitude (et non une marque) change beaucoup de choses. Ça demande beaucoup de réflexion car on peut faire ce que l’on veut. »

La Cap 45/11 a démontré le bien-fondé de son concept et va vite trouver sa place dans le calendrier des Championnats UNCL Manche – Atlantique 2021.

Informations et résultats complets : http://srr-sailing.com/s/11972/45.5

 

 

Gascogne 45/5: 350 milles dans le Golf de Gascogne

Conçue essentiellement pour les Duos, la flotte la plus représentée (23 IRC1, 15 IRC2) et les Solos, l’épreuve était aussi ouverte aux équipages.

Ces derniers se sont élancés avec les 16 solos, suivis de la flotte des duos IRC1, puis des duos IRC2 en quatrième départ, pour un parcours de 350 milles qui leur demandait d’aller virer la même bouée météo dans le Golf de Gascogne avant de revenir vers La Rochelle.

Là aussi, le manque de vent a vite créé des écarts. Les options sud ou nord se sont vites dessinées et des petits groupes se sont créés. Après une première nuit difficile, selon les témoignages de certains coureurs, la flotte de la 45/5 se dirigeait lentement vers La Rochelle. Sur l’ensemble du plan d’eau les conditions sont calmes et les vitesses affichées de 5 à 6 nds. Seul Akela reste rapide avec une moyenne de 7 nds. Derrière, la pétole s’installe. Ils seront plusieurs à en faire les frais et abandonner.

Et le premier, toutes classes confondues en temps réel est Akela, l’Akela 50 d’Hervé D’Arexy et son équipage, qui a franchi la ligne à 12H01 le 5 juin, dans quelques petits noeuds de vent. A 40 nautiques derrière, ses poursuivants les plus proches ont mis de longues heures pour achever leur course.

Un coup de chapeau au solo Alexandre Ozon sur son Sun Fast 3300 Sapristi qui s’impose dans sa catégorie, devant Festa 2 un autre Sun Fast 3300 mené par Jean François Hamon et devant le JPK 10.30 Wasabi de Stéphane Bodin.

Chez les double IRC1, Sna-Numerobis mené par Jean Passini et Dominique Dubeau, l’emporte devant Pour Aster Bretagne (Pascal Bernede et Eric Chalaux), Patrice Carpentier et Jaekel Alix sur le JPK 9.60 Group 5 sont eux en troisième position.

Le duo composé d’Eric Guigne et Tanguy Caron sur leur Sun Fast 3600 Ose Ladybug prend la tête de la flotte des IRC2, suivis du JPK 10.80 Timeline (Jérome Huillard d’Aignaux /Jean Baptiste Vezin) suivi d’un autre Sun Fast 3600 Spritz mené par Bertrand Le Marec et Yann Dube.

Treize bateaux répartis dans les différentes catégories ont abandonné. Tous sont arrivés à bon port.

Le club Rochelais a de nouveau résonné des retrouvailles des régatiers. Et une fois la course refaite, on commençait à parler de la suite de la saison et des projets 2022.

Les organisateurs étaient heureux d’avoir pu mettre en commun, dans le contexte actuel, leurs forces et leurs moyens pour offrir aux passionnés de course offshore une opportunité de naviguer au large dans les meilleures conditions.

Une belle montée en puissance et un entraînement parfait pour les doubles et les solos qui partiront fin août sur la Transquadra ou au printemps prochain sur la Cap-Martinique.

La Cap 45/11 a démontré le bien-fondé de son concept et va vite trouver sa place dans le calendrier des courses IRC.

Informations et résultats complets : http://srr-sailing.com/s/11982/45.11